‹ La martyreChapitre 10 sur 117 · ACTE PREMIER. SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. SCENE III

Sourire un peu quand tu t'amuses d'un Bdella,

Des bonheurs de ma vie il me reste... cela.

Je t'en rends grâces; mais, conviens-en, ce n'est guère.

Morne paix où je meurs, qui te fera la guerre?

Qu*ai-je encore à connaître? Et d'où me viendrait-il,

Inespérable, vierge, ou brutal, ou subtil.

Mais offrant à mes vœux leur suprême ressource,

L'àpre.émoi dont j'ai soif sans en savoir la source?

ZTTHOPHANÈS.

Ah ! la source où ton cœur flétri reverdirait.

Ma sagesse aux yeux courts n'en a pas le secret.

Moi, c'est à l'humble lait maternel de la terre

Que mon désir, content de peu, se désaltère.

Jamais je n'eus besoin d'un autre, et je m'y tiens.

Mais quels besoins sans nom et sans but, que les tiens!

En rafraîchir l'avide aridité de cendre.

Le peut-on ? J'ai cherché. Quoi ! Dans quel puits descendre ?

J'irais partout, après de pareils entretiens.

FLAMMEOLA.

Partout I

ZYTHOPHANÈS.

J'y suis allé. Jusque chez les Chrétiens, Tu vois !

l8 LA MARTYRE.

FLAMMEOLA.

Ah ! Et c'est vrai, ce qui court sur leur compte?

ZYTHOPHANÈS.

Tout, non. Mais je pensais : « Des bourdes qu'on en conte « Si le quart seulement n'est pas trop mensonger, (' Flammeôla peut-être, en leur culte étranger, « Trouvera- telle un brin de neuf qui la réveille. >>

FLAMMEOLA.

Et m'en rapportes-tu quelque étrange merveille?

ZTTHOPHANÈS.

Ils adorent, dit-on, un agneau mis en croix.

Et mangent de la chair humaine.

FLAMMEOLA.

Tu le croi$?

ZYÏHOPHANÈS.

C'est possible. Des gens de rien, de la vermine, Un tas de gueux suant la haine et la famine, Qu'ils en arrivent là, je n'en suis pas surpris. Mais ces détails n'avaient, en somme, pas grand prix. Ce qui m'intéressait, songeant à ton envie.

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