ACTE PREMIER. SCENE IIÏ. - I
C'est la conception qu'ils se font de la vie. Et que la tienne y pût rattiser son flambeau.
FLAMMEOLA.
Eh bien?
ZYTHOPHANÈS.
Eh bien! non, va. Ce n*est ni gai ni beau.
Ils méprisent l'idée et la splendeur des formes. La raison et ses lois, néant! L'art et ses normes. Rien ! Plus de joie ! On est sur terre pour pâtir. Le rêve? Confesser l'absurde, être un... martyr! Plus on est misérable, infirme, affreux, débile, Pauvre d'esprit, souffrant de corps, mieux on jubile. Le niveau des plus bas sert de commun niveau. Bref, c'est l'apothéose, en leur monde nouveau, De tout ce qui nous fait horreur, à nous, vieux monde. Du dément dans l'infâme et du laid dans l'immonde.
FLAMMEOLA.
Hélas! si même en vous, flots de boue et de sang. Je ne puis espérer le bain rajeunissant, Il faudra donc que j'aille aux flots des fleuves sombres Chercher le bain d'oubli parmi les pâles Ombres!
ZYTHOPHANÈS.
Que dis-tu là?
ao LA MARTYRE.
FLAMMEOLA.
Je dis., vrai, quoiqu'en déclamant.
Je dis... que je voudrais mourir.
ZYTHOPHANÈS.
Comment !
FLAMMEOLA.
Comment?
Je ne sais trop. Mais toi, cher, qui sais tant de choses, Apprends-le-moi. La coupe en main et sous les roses Nous en disserterons finement à loisir; Et je compte sur ton amour pour me choisir Une mort à qui rien en moi ne se rebelle.
Une mort tout ensemble et très douce et très belle.
ZYTHOPHANÈS,
Charmant!.. J'y penserai, bien!
FLAMMEOLA.
Ne sois pas moqueur!
Ce que je t*ai dit là vient du fond de mon cœur.
ZYTHOPHA?îÈS.
Mais, voyons, ce n'est pas possible!