ACTE PREMIER. SCENE V
Si, si, d'en haut, d'en bas, grands ou petits, venez,
Tous les déshérités, tous les abandonnés.
Tous ceux qu'a mal repus ou trop repus la vie!
C'est pour tous que la table adorable est servie.
femme, c'est pour toi, donc. N'y viendras-tu pas^
Partager avec nous le fraternel repas?
Oui; je le vois déjà te poindre au fond de l'àme,
Le lis consolateur que ton espoir réclame.
Laisse-le doucement grandir, tout doucement.
Bientôt arrivera l'inefTable moment
Où tu vas en sentir Todeur suave et pure.
Alors, viens me chercher, tout en haut de Suburre.
J'y catéchise, dans leurs bouges, leurs taudis.
Des vappes, des filous, des louves, des bandits,
Des meurtriers, un tas de gueux de toute espèce,
Déchets d'humanité qu'avec sa lie épaisse
Rome infâme a cent fois vomis et revomis.
Et qui sont des souffrants comme toi, mes amis.
Là, de mon Dieu d'amour, dont leurs cœurs sont le trône.
Pauvre cœur désolé, je te ferai l'aumône,
Et c'est dans cet immonde et céleste abreuvoir
Que tu boiras le vin de ton rêve. Au revoir!