‹ La martyreChapitre 46 sur 117 · ACTE II. SCÈ:<îE VIII. 8l · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈ:<îE VIII. 8l

SERGIUS

Je suis le dernier descendant D'une gens dont l'aïeul le plus grand et le pire Fut ce Catilina, précurseur de Tempire, César manqué, tué dans Tceuf par les hasards. Tous les crimes de tous les monstrueux Césars Dont, s'il avait pu vaincre, il eût été le père, Mon àme abominable en était le repaire.

Mon âme était un bois où rugissaient, lâchés Dans la rage et le rut, les plus hideux péchés, Un bois aux noirs marais, aux troncs morts, aux rocs chauves. Qui grouillait de serpents, de spectres et de fauves. Gloire à toi, Johannès, dont les mots tout-puissants En ont fait un pré vert plein d'agneaux bondissants !

TRULLA, se précipitant aux genoux de Johannès.

Ah! la mienne, la mienne était une sentine, Bourbier où tout un peuple en rlbote piétine; Et par moment encor (tiens, tout à l'heure, vieux, Souviens- toi, quand je t'ai parlé, l'air envieux. De la mime, en songeant à jadis), par moment. Comme le chien retourne à son vomissement.

De la bourbe qui bout, brusquement réchauffée. Il me remonte au cœur quelque ancienne bouffée.

Mais tu m'en guériras, Johannès, n'est-ce pas? Tu laveras mon cœur jusqu'au fond le plus bas. Tu le dois. Tu le peux.

JOHANNÈS

J'y tâcherai, pauvre être. Et la tendre bonté qu'à tous tu fais paraître,

(Désignant Murrhina.)

A celle-là surtout, que quitta sa raison.

T'assure une complète et proche guérison.

TRULLA,

Merci ! Merci !

(A Flammeola.)

Comme il est doux! Comme il console!

Songe qu'il rend l'espoir ainsi même à la folle.

(Secouant Murrhina.)

Murrhina !

MURRmNA, d*une voix égarée.

Mort ! Il est mort, le petit enfant.

Et c'est moi qui l'ai fait mourir en l'étouffant. J'avais si peur de la vieille aux yeux de noctue !

(Avec épouvante et horreur.)

Ah ! la vieille ! . . . Elle et l'homme, ils m'avaient tant battue ! Mort! Il est mort, l'enfant! Quand le trou l'engloutit.

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