ACTE III. SCÈNE V
Mais qu'un jour, tu pourras enfin m'ouvrir tes bras. Et sans pécher, sans être un objet d'anathème. Sans qu'il en soit jaloux, me murmurer : je t'aime!
JOHAN?îÈS, tristement.
Je ne pourrai le faire et t'aimer sans remords
Que dans le sein de Christ, lorsque nous serons morts.
(Encore plus tristement.)
Hélas !
FLAMMEOLA, joyeuse et timide à la fois.
Tu dis (( hélas! » Est-ce un regret?
joha:*:^ès.
Peut-être.
Car nul n'est aussi pur qu'il voudrait le paraître. Mais, qui sait,, après tout, si mon devoir n'est pas De marcher vers ce but où tu tournes mes pas? Qui sait si ce n'est point le vrai crime, au contraire, Un tel devoir s'ofTrant à moi, de m'y soustraire? Préférer au salut du monde ton salut.
Apôtre, c'est à quoi ta charité conclut!
O Christ, inspire-moi. Dieu de miséricorde!
(Il demeure silencieux.)
FLAMMEOLA, anxieuse et suppliante*
Parle!
laa LA MARTYRE.
lOHA^XÈS.
Un très vague espoir?
FLAMMEOLA.
Pas plus.
JOHAN.NÈS.
Je le l'accorde.
FLAMMEOLA.
Ah! si vague qu'il soit, mes vœux en sont contents! Mais dis-moi, cet espoir, qu'aussi, toi, tu l'attends. Dis-moi qu'à mon amour ce qu'en toi j'intéresse. Ce n'est pas ta pitié seule, et c'est ta tendresse,
JOHANNES, d'une voU lente et émue.
Oui, ma tendresse.
FLAMMEOLA 9 éclatant de joie.
mon cher aimé, sois béni!
Tu m'aimes!
JOHANNÈS, terrifié, et se reprenant.
Femme ! . . .