SCENE VI
JOHANNÈS, FLAMMEOLA.
JOHAN^iÈS.
Quel trouble étrange! Tout mon être en est conquis.
Et pourtant ce n*est pas terrible; c'est exquis.
Ces musiques de rêve aux ailes caressantes.
Les images que tu jetais, éblouissantes,
Evoquant au soleil de blanches visions,
Les mots fleuris d'espoir qu'ensemble nous disions
l6'| LA MARTYRE.
A côté de ces fleurs mourantes dans ce vase, Qui mêlaient en mourant leur âme à notre extase. Tout cela m'enveloppe encore, et je me sens Comme étreint par des bras très doux et très puissants.
FLAMMEOLA.
Ohî n'y résiste pas, à cette forte étreinte!
Tu t'y peux désormais abandonner sans crainte Dans Talanguissement tendre qui nous unit.
Comme un couple d'oiseaux au creux tiède d'un nid. Johannès !
JOnA>'!fÈS.
Oui, dis-moi mon nom de ta voix lente.
FLAMMEOLA, en lui prenant la main.
Johannès î
JOHA>N£S, en dégagant sa main.
Ne prends pas ainsi ma main brûlante.
FLAMMEOLA, la lui reprenant.
La mienne est plus brûlante encore, n'est-ce pas.^
JOHA^iNÈS.
Oui, plus brûlante.
(Ils restent silencieux un moment, les yeux dans les yeux.)