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METHODE A L'OXYDE DE CARBONE

Ce procédé de mesure de la masse sanguine est basé sur la propriété que possède l'oxyde de carbone de former avec l'hémoglobine une combinaison très stable: la carboxyhémoglobine. Dans cette réaction, l'oxyde de carbone se substitue volume par volume à l'oxygène. |

On fait respirer au sujet, pendant un quart d'heure environ, une certaine quantité de gaz contenant des proportions bien déterminées de CO.

Après ce temps, on mesure la quantité d'oxyde de carbone qui reste dans l'appareil. On connaît donc ainsi le volume de CO fixé par la masse sanguine.

D'autre part, l'analyse des gaz du sang, nous donne le volume d'oxyde de carbone pour une quantité connue de sang.

Connaissant la quantité totale de CO fixée et la quantité de CO fixée sur 100 cc, de sang, une simple règle de trois nous donne le volume de la masse totale de sang.

Voici la technique préconisée par Gréhant et Quinquaud:

1) On prend du sang, 30 cc. environ, que l'on défibrine.

2) Dans une cloche graduée et fermée par un robinet à trois voies, on fait un mélange de 5 litres d'oxygène, de 1 litre d'hydrogène et d'autant de fois 100 cc. d'oxyde.

de carbone pur que le poids de l'animal renferme de multiples de 7 kg. 300.

3) Sur Ja tête de l'animal, on fixe une muselière en çaoutchouc laquelle est reliée à la grande cloche. On fait durer la respiration du mélange gazeux de 9 à 18 minutes. sie) af

4) Dans la dernière minute, on prend un échantillon de sang partiellement intoxiqué et on le défibrine.

5) On mesure le volume du gaz restant dans la cloche. ll suffit d'en prendre 100 cc., d'absorber l'anhydride carbonique par la potasse, d'en soumettre une quantité déterminée à l'analyse eudiométrique: par le calcul, on a le volume de gaz qui reste dans la cloche et dans les poumons. |

6) Un litre de gaz expiré et additionné de trois litres & air est introduit dans un ballon de caoutchouc. Ce mélange gazeux traverse:

a) une série de barboteurs à potasse et à eau de baryte qui le dépouillent de l'anhydride carbonique.

b) un long tube en verre de Bohême renfermant de la tournure de cuivre chauffée au rouge.

c) un second tube renfermant de l'eau de baryte qui absorbe l'anthydride carbonique provenant de la combustion de l'oxyde de carbone.

Le carbonate de baryte est décomposé par un acide, dans le vide; l'anhydride carbonique est retiré à l'aide de la pompe à mercure. Ce volume de CO2 correspond à un volume égal de CO.

7) On détermine le pouvoir absorbant de deux échantillons de sang. l'un pris avant l'intoxication, l'autre après. Le second absorbe beaucoup moins d'oxygène que le premier: la différence indique exactement le volume d'oxyde de carbone qui a été fixé.

Ce dosage de l'oxyde de carbone repose donc sur la différence de capacité respiratoire qui existe entre le sang

normal de l'animal et le sang de ce même animal après inhalation d'oxyde de carbone.

En 1913, Nicloux proposa une nouvelle technique pour l'extraction des gaz du sang et le dosage de l'oxyde de carbone. L'appareil de Nicloux donne des résultats très exacts. De plus, son maniement est simple et son prix de revient peu élevé.

Description : Cet appareil (voir figure 1) se compose d'un ballon à long col. de 200 cc. Il est fermé par un bouchon rodé et creux, traversé par un tube t qui pénètre

fig. I — Appareil de Nicloux

jusqu'au fond du ballon À. Ce ballon est terminé à sa partie supérieure par le tube t. Ces deux tubes sont munis chacuns d’un robinet R et R'. Le tube t, élargi à sa ‘ partie supérieure supporte une éprouvette E. Le tube t possède un renflement rodé auquel vient s'appliquer une tulipe C. Autour du long col du ballon À. s'adapte un ” anchon M, à deux tubulures, et servant de réfrigérant.

Fonctionnement: On plonge les deux tiers de l'appareil dans un bain de chlorure de calcium à 110°, ou plus cimplement dans de l'eau à l'ébullition.

On introduit dans le ballon À une quantité d'acide phosphorique à 45° Baumé égale à la quantité de sang à analyser, puis une fois et demi ce même volume d'eau distillée (c'est-à-dire que pour 25 cc. de sang à analyser, en introduit 25 cc. d'acide phosphorique et environ 40 cc. d'eau distillée).

On ferme le robinet R. Au moyen d'une pompe à eau reliée au tube t', on fait le vide dans l'appareil. On ferme le robinet R', et on remplit d'eau ce tube t’. Au moyen de l'éprouvette E, on introduit alors le sang dans le ballon. On lave avec soin l'éprouvette avec une quantité d'eau distillée bouillie égale à celle du sang. Le sang, au contact de l'acide phosphorique et sous l'influence du vide, mousse abondamment et cette mousse se localise surtout dans le co! du ballon. Pour la faire disparaître, on retire le ballon du bain et on le refroidit par un jet de pissette. Puis, à l’aide d'un entonnoir relié à la tubulure s par un tube de caoutchouc, on introduit 10 à 15 cc. d'eau distillée bouillie en ouvrant et refermant brusquement le robinet R’. On doit bien veiller à ne pas laisser entrer d'air. L'eau aspirée par le vide qui règne dans le ballon, pénètre dans le col violemment et entraîne avec elle la Inousse,

On laisse bouillir pendant un quart d'heure environ. On ajoute alors de l'eau distillée bouillante jusqu'à ce

que le vide de l'appareil soit entièrement comblé.

On adapte à l'orifice s la tulipe C remplie d'eau et qui sert de cuve à eau. On ouvre le robinet R': les qaz s'échappent de l'appareil — grâce à la pression obtenue en versant de l'eau dans l'éprouvette E — et sont recueillis dans un tube gradué.

Dosage du gaz extrait du sang.

Ce dosage se fait au moyen de l'eudiomètre de Gréhant-Nicloux.

Le gaz, qu'on vient de recueillir de l'appareil de Nicloux, contient de l'oxygène, de l'azote, de l'anhydride carbonique et de l'oxyde de carbone.

On élimine l'anhydride carbonique au moyen de soude

ou de potasse. Le mélange gazeux est introduit dans la microcloche de Nicloux (Voir figure IT). Celle-ci est for-

fig. II . Microcloche de Nicloux

mée d'une cloche de 12 mm, de diamètre, surmontée d'un long tube étroit d'une capacité de 2,50 cc. Ce tube, appelé « mesureur » est gradué en cinquantièmes de cc.

On mesure le volume du gaz dans le mesureur (cette opération doit se faire sous l'eau et dans des conditions de pression et de température bien déterminées) puis on fait passer ce gaz dans la cloche de l'appareil. Ensuite, on introduit un fil de platine jusqu'au fond du mesureur.

La microcloche, bouchée avec le doigt, est adaptée sous l'eau, d'une façon hermétique, au grisoumètre, On fait passer un courant fourni par un petit accumulateur (4 ampères - 4 volts). L'oxyde de carbone brüle en fixant de l'oxygène et produit de l'anhydride carbonique.

On retire alors la microcloche du grisoumètre et après avoir absorbé l'anhydride carbonique formé par de la po- . tasse, on fait repasser le gaz restant dans le mesureur. On lit alors le volume gazeux en ayant soin de se mettre dans les mêmes conditions de température et de pression que pour la première lecture.

Calcul du résultat, L'équation: 2 CO + O2 = 2 CO2 2: vol. +. 1 vol, — 2 vol

volumes d'oxyde de carbone fixent un volume d'oxygène pour donner deux volumes d'anhydride carbonique. Cet anhydride carbonique est éliminé par la potasse et il s’ensuit donc que pour trois volumes de gaz qui disparaissent, deux proviennent de l'oxyde de carbone.

Si À est la différence entre la première et la deuxième lecture sur le mesureur de Nicloux, le volume d'oxyde de carbone correspondant est de 2A ou C. (Volume d'oxyde

de carbone renfermé dans 25 cc. de sang, quantité de sang analysée).

Soit V la quantité d'oxyde de carbone absorbée par le

montre que deux

sujet. Connaissant les valeurs de V. et de C., une simple équation va nous donner la masse totale de sang.

Va RC WE 025 On a:— = — d'où M =——— NPe25 e

En 1926, Roos prouva que le sang normal contenait de l'oxyde de carbone, Ce CO est un déchet du métabolisme, mais ne se trouve dans le sang humain qu à la teneur de 0,057 %. Il n'y a donc pas lieu d'en tenir compte dans le calcul.

METHODE COLORIMETRIQUE.

Ces méthodes sont basées sur l'introduction dans le courant sanguin d'un colorant qui se prête facilement au dosage colorimétrique.

Les colorants choisis par les différents auteurs: rouge vital, rouge vital brillant, rouge congo, rouge trypan, bleu trypan, appartiennent presque tous à la série de la benzidine et possèdent les qualités suivantes:

a) Ils ne sont pas toxiques aux doses employées.

b) Ils se mélangent intimement au plasma.

c) Ils persistent assez longtemps dans le courant sanguin.

d) Ils sont aisément dosables au colorimètre.

Nous allons prendre comme type de ces méthodes, celle que préconisèrent Keith, Rowntree et Geraghty. en 1915, dans leur travail paru dans: the Archives of internal médicine.

Le colorant employé est le rouge vital ou dinaphtoldisulfonate sodique diazotétraméthyltriphenylméthane.

La solution de colorant à employer est une solution aqueuse à 1,5 % qu'on doit préparer extemporanement.

La dose injectable est de 3 milligrammes par kilog de poids.

Le sujet ayant été pesé, on lui prend 10 cc. de sang qu'on additionne d'oxalate de sodium pour prévenir la coagulation. Ce sang est centrifugé pendant 30 minutes à 3000 tours-minute, et le plasma ainsi obtenu est utilisé pour la fabrication de l'étalon colorimétrique. Cet étalon est à faire pour chaque individu en particulier.

On injecte dans la veine la dose exacte du colorant.

Trois minutes après, on prend 10 cc. de sang, mais au bras opposé à celui qui a reçu l'injection de colorant. Encore 3 minutes plus tard, on reprend 10 cc. de sang.

Ces échantillons de sang sont oxalatés mis dans des tubes gradués et bouchés pour éviter l'évaporation et centrifugés à 3000 tours-minute pendant une demi-heure.

On note alors les proportions relatives de globules rouges et de plasma.

Le plasma est pipetté soigneusement et mis dans un tube témoin.

Nous avons donc trois tubes témoins: le ler contenant du plasma sans colorant, les 2ième et 3ième contenant du plasma et l: colorant à une concentration inconnue.

La préparation colorimétrique standard est faite comme suit: 0,5 cc. de la solution de colorant utilisée pour l'injection, est diluée sur le champ, dans 100 cc. d'une solution à 8 0/00 de NaCI. Une partie de cette préparation est mélangée à une partie du plasma pris au patient avant l'injection colorante, et à deux parties de la solution à 8 0/00 de NaCI, donnant donc une dilution de 1 (à l'usage cette

dilution s'est révélée la meilleure).

Les tubes 2 et 3 sont dilués avec trois parties de la solution de NaCI à 8 0/00 et placés dans le colorimètre en regard du tube standard,

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