ACTE QUATRIÈME
drame que je déchaîne sans le savoir. Je ne veux pas le prolonger par ma présence. Je me sentirais gênée devant mon maître, comme si j'étais coupable; je me dirais que je lui vaux sans doute des ennuis à la maison; je serais obligée d'éviter monsieur Jacques dans la rue... je ne serais plus libre de mes pas, de mes gestes, de mes yeux... Non, non, je ne veux pas d'une vie pareille!... J'aurais dû déjà prendre parti... J'hésitais parce qu'il faut vivre... Mais on peut vivre partout... Je m'en vais... Je ne quitte pas seulement l'atelier, car, si je restais à Paris, vous ne seriez pas encore tranquille, vous craindriez des rencontres, les mauvaises plaisanteries du hasard, les regrets ou la pitié de monsieur Marèze... Je quitte Paris avec les miens, je vous débarrasse. Vous avez ma promesse, madame.
Elle se lève.
MADAME MARÈZE.
Mais, mais... où irez-vous?
JULIETTE
Oh! je puis vous le dire... Sans ça vous croiriez que je veux vous impressionner par un beau geste
H ([tic je joue le tout pour le tout... On m'a offert dernièrement une place de professeur de dessin dans un pensionnat de jeunes filles à Lyon. J'irai.
Mais... comment vivrez-vous?... Car enfin...
JULIETTE
Permettez-moi de vous dire respectueusement que cela c'est mon affaire, (saluant.) Madame...
MADAME MARÈZE.
INon! non!... Je ne veux pas que vous sortiez comme ça!... Vous m'étonnez vraiment... Vous m'étonnez... Je commence à croire que je ne vous connaissais pas très bien. . . Je ne m'attendais pas. . . Non, non, restez... Je suis ennuyée... liés ennuyée... (Allant à une porte et appelant.) Marèze ! Écoutez, mademoiselle... Ce que vous m'avez dit de vos relations avec Jacques... je vous demande seulement de le répéter devant mon mari. Vous ne pouvez pas me refuser ça.
JULIETTE
De grâce, madame...