ACTE QUATRIÈME
MADAME MARÈZE.
Ce qui peut t'intéresser, mon ami, ce n'est pas ce que j'ai dit à mademoiselle; c'est ce que mademoiselle m'a dit.
MARÈZE.
Eh bien, qu'est-ce qu'elle t'a dit?
MADAME MARÈZE.
Ton fils est un serin. Quand il nous a joué sa grande scène hier, nous nous figurions qu'il était d'accord avec mademoiselle, que du moins elle était au courant. Eh bien, pas du tout. Jamais il ne lui a dit un mot d'amour ni de mariage.
MARÈZE, ahuri, à Juliette.
C'est vrai?
JULIETTE
Oui, cher maître.
MARÈZE.
Vous ignoriez sa démarche d'hier?
au
JULIETTE
Absolument.
MAREZE.
Ainsi... tout s'est passé dans sa tête?
Il paraît.
JULIETTE
MAREZE
Eh bien, mais... c'est parfait... C'est idiot, mais c'est parfait... Sapristi! j'ai un fameux poids de moins... (se ravisant.) Oui, mais... dites-moi, Juliette... ce que je vais vous demander est un peu délicat... mais vous pouvez tout dire à votre vieux maître... Si ce nigaud a pu se faire une illusion de cette taille... ne serait-ce pas qu'il a cru... sans qu'un mot précis ait été prononcé... que votre manière d'être avec lui l'autorisait... Enfin... vous, Juliette... vous ne l'aimez pas ? vous ne pouvez pas l'aimer?
JULIETTE
Evidemment, cher maître, je ne puis pas.