‹ La massière; comédie en quatre actesChapitre 109 sur 118 · JU METTE · texte numérisé non relu

JU METTE

Si, mon cher maître, il y a quelque chose de ehangé. Les figures que nous faisons en sont la

preuve... El c'est pourquoi je quitte l'atelier, et je quitte même Paris... J'ai dit mes raisons à madame Marèze ; elle les a parfaitement comprises et vous les redira. Il me serait trop pénible de les répéter moi-même.

MARÈZE.

Quoi? Qu'est-ce qu'elle dit? Elle aussi est folle !... Vous êtes folle, Juliette... Vos raisons, je m'en moque... Si vos raisons s'appellent Jacques, le garçon voyagera... D'abord vous n'avez pas le droit de me quitter. J e vais lâcher un gros mot ; tant pis ! Ce serait de l'ingratitude. (Geste douloureux de Juliette.) Elle n'est pas dans votre cœur, je le sais. Alors, pourquoi agir comme si elle y était?... J'ai besoin de vous, moi... Vous m'êtes nécessaire... même pour mon art... parce qu'on ne fait pas seulement de la peinture avec la tête et avec la main, mais avec un cœur où fleurit quelque chose. . . et c'est vous ma dernière fleur. . . Et puis. . . j'ai l'air de ne penser qu'à moi dans tout cela... mais je n'ai pas le droit non plus, moi, de vous abandonner... Quitter Paris ? Qu'est-ce que vous feriez? Donner des leçons de dessin, si vous en trouvez, dans un couvent de province?... Et encore, il n'y en a plus, de couvents !... Ce serait

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