ACTE DEUXIEME
MADAME MAHÈZE.
C'est heureux !
Je dis seulement que papa vaut mieux que ça. Je dis que la valeur de notre travail échappe au Gouvernement et aux bonshommes officiels, et que je ne reconnais pas leur compétence. Je dis qu'il est ridicule qu'un artiste quête toute sa vie, comme un potache, des prix et des couronnes. Je ne trouve pas ça fier, voilà!
MADAME MAHÈZE.
D'abord, mon entant, il ne s'agit plus de recevoir des prix, mais d'être de ceux qui les donnent.
Est-ce que Vélasquez, est-ce que Rembrandt en étaient, de l'Institut?
MADAME MAKÈZE.
Ça tient peut-être à ce qu'il n'y en avait pas de leur temps. Mais ton père sera content d'en être.
et toi-même, lu ne seras pas fâché qu'il en soit, car tu en profiteras.
JACQUES
Je m en fiche, maman.
MADAME MARÈZE.
Tu es un enfant, tu as les idées de ton âge.
JACQUES
Les idées de mon âge? Tu tombes bien ! il n'y a que moi qui ai ces idées-là parmi mes camarades. Les autres ne songent déjà qu'aux prix et aux médailles et commettraient des crimes pour les décrocher... Moi, je continue à penser ce que je pensais quand papa travaillait dans son coin, tout à son art, sans aspirer à devenir officiel, et quand Puvis de Chavannes — qui n'en était pas, de l'Institut, — disait que nous étions une famille de peintres d'autrefois, la dernière. Les idées que vous me reprochez, ce sont celles où vous m'avez élevé, rappelez-vous.
MADAME MARÈZE.
Parce que, à cette époque-là, ton père ne ven-