‹ La massière; comédie en quatre actesChapitre 82 sur 118 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

MADAME MARÊZE, JACQUES.

.MAI» a. mi; maiièze.

A li ! mon petit, je ne le dis pas à Ion père; mais que je suis tourmentée à cause de toi! Voyons, voyons, qu'est-ce qu'il y a?

Maman, j'aime mademoiselle Dupuy.

MADAME MAIIÈZE.

Qui ça, mademoiselle Dupuy?

Mademoiselle Juliette, si lu veux... Tu supposes bien qu'elle a un nom de famille?...

MADAME MAHKZi:

Je ne l'en empêche pas.

JACQUES

Je l'aime... (ne dis rien, maman, tu parleras tout à l'heure)... je l'aime, depuis le jour où je l'ai rencontrée ici — tu te souviens? — et où je l'ai défendue contre toi... Nous avons causé, nous avons fait un pacte d'amitié... A partir de ce moment-là, je n'ai plus pensé qu'à elle... J'en ai passé des heures à l'attendre dans la rue, quand elle sortait de son petit cours, ou, le soir, quand elle rentrait chez elle... et cela, pour la voir seulement de loin... ou, quelquefois pour la rencontrer comme par hasard et causer un peu avec elle... C'est pour cela que je rentrais souvent tard à la maison; mais je n'osais pas vous dire pourquoi... Une fois, je l'ai vue à l'exposition des Raffet... Une autre fois, elle a bien voulu venir à Versailles avec moi et un de mes camarades — un garçon très sérieux, — pour qu'elle n'ait pas peur... Enfin, avant-hier, nous avons visité ensemble la salle des Primitifs... parce que je lui avais parlé de tableaux qu'elle ne connaissait pas ou qu'elle n'avait pas bien vus... Nous nous entendons très

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