CONCLUSIONS
La mastite syphilitique est plus fréquente qu'on ne l’admet habituellement, car elle est souvent méconnue et prise pour un cancer.
Nous en avons rassemblé 38 cas.
Dans treize cas, la mastite est apparue à une phase de début de la période secondaire (et même dans un cas à la période préroséolique) ; dans neuf cas à une date plus tardive de la période secondaire ; douze fois, la mastite survint au cours de la période tertaire et quatre fois au cours de l’heredosyphilis.
La date d'apparition s'échelonne donc depuis la deuxième semaine de la syphilis jusqu'à 30 ans environ après le chancre.
Elle s'observe surtout chez la femme, mais on la rencontre aussi chez l’homme (12 cas sur 38).
Le traumatisme, la grossesse, la puerpéralité ne paraissent pas constituer des causes prédisposantes importantes.
Cliniquement, la mastite syphilitique se présente sous deux formes distinctes : une forme nodulaire, avec noyaux rénitents, habituellement multiples et une forme infiltrée en masse, dure, parfois ligneuse,
à limites peu précises. La peau conserve habituellement sa coloration normale : parfois la tuméfaction adhère à la peau. Dans certains cas, la lésion aboutit à la suppuration. Les ganglions sont ordinairement indemnes.
Le diagnostic doit se poser avec les autres mastites aiguës (puerpérales) ou chroniques, l’adenofibrome du sein, la maladie kystique de Reclus, le sarcome et surtout l’epithelioma du sem.
L'étude des observations montre que le diagnostic clinique est souvent difficile entre les deux affections, Car la mastite peut présenter les signes qu’on attribue d'ordinaire au cañcer : douleur, adhérence à la peau, adénopathie axillaire, état général altéré.
La recherche des antécédents, la réaction de Wassermann (quand elle sera positive) et surtout la biopsie permettront dans les cas difficiles d'arriver à un diagnostic exact.
Sous l'influence du traitement, les lésions récentes (secondaires) disparaissent rapidement et fondent comme neige au soleil : mais les lésions plus anciennes (lertiaires et héréditaires), en raison du tissu scléreux et fibreux qu'elles contiennent, sont beaucoup plus longues à disparaître. Il ne faudrait donc pas conclure au cancer sous prétexte qu'une lésion ne disparaît pas en six semaines sous l'influence du traitement ; il a fallu parfois six mois et plus pour amener la régression de la mastile.
Vu, te Doyen, H. Rocer. Vu le président de la thèse,
JEANSELME.
Vu et permis d'imprimer Le Recteur de l’Académie de Paris,