‹ La Maternité Cantonale de Saint-MauriceChapitre 12 sur 27 · RU "LE · texte numérisé non relu

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aidées sont signalées aux œuvres qui paraissent pouvoir leur être utiles.

Assistance médicale. — Nous ne parlerons ici que mesures prises, au moment de l’accouchement et pendant les suites de couche, en ce qui concerne la lutte contre la syphilis et la tuberculose.

Pour la syphilis, le souci est double : dépister et traiter.

On attache une grande importance à la recherche des signes pouvant provenir de l’enfant où des annexes. Des cas peuvent être ainsi dépistés.

Le traitement de la mère n’a en général pas une grande importance pendant la courte période qu’elle passe à la Maternité.

Il n’en est pas de même du traitement de l'enfant. Ce traitement est institué suivant les indications fournies par le dispensaire antisyphilitique. Lorsque l’enfant doit être traité, il reçoit dès la naissance des injections sous-cutanées de sulfarsénol, suivant la méthode adoptée par M. Marcel Pinard à Baudelocque (1). L'enfant reçoit le premier jour une très petite dose, c’est-à-dire deux à cinq milligrammes; puis les doses sont progressivement augmentées de 1/2 ou 1 centigr. chaque fois, suivant le poids de l’enfant. Les premières piqûres sont faites tous les 4 ou 5 jours. Les suivantes seraient faites tous les 8 jours,

(1) Marcel PINARD et Pierre GrRAUD. Traitement de la syphilis chez le nourrisson (Bulletin de la Société Française de Dermatologie et Syphiligraphie, 1921, n° 8).

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mais elles ne sont, en général, pas faites à la Maternité. En effet, à la sortie de la mère, il lui est recommandé formellement de se rendre régulièrement au dispensaire antisyphilitique pour que le traitement soit continué, pour elle et son enfant. Ii lui est remis une fiche sur laquelle sont portés les renseignements cliniques recueillis à la Maternité, et l'indication des doses déjà reçues par l’enfant.

Pour la tuberculose, on s’efforcera encore de dépister les cas pouvant intéresser les femmes qui ne se sont pas fait examiner à la consultation pendant la gestation. |

Le seul traitement important à ce moment, est le traitement prophylactique pour l’enfant.

Lorsque l’enquête, aussi complète que possible, a permis de s'assurer de l’existence certaine de lésions tuberculeuses contagieuses chez la mère, l’enfant est isolé de sa mère dès la naissance. La mère est placée dans une chambre isolée. L’enfant est placé dans la salle commune; il est, si possible, nourri au lait de nourrice. À cet effet, une des mères nourrices de la Maison Maternelle, ayant elle-même suffisamment de lait pour nourrir un 2 enfant, reconnue non atteinte de maladie contagieuse, vient, aux heures des tétées, à la Maternité, tire aseptiquement la quantité de lait nécessaire. Ce lait est ensuite donné à l’enfant au verre, La courbe de poids de l’enfant est placée au lit de la mère; celle-ci peut par conséquent vérifier chaque jour l’accroissement de poids de son enfant. Tous les jours, la surveillante présente de loin, et sans

entrer dans la chambre, l’enfant à sa mère. A la sortie de la Maternité, l’enfant est conduit à la crèche de lPhôpital Laënnec où il est examiné et, en général, gardé quelque temps en observation, avant d’être envoyé dans un centre de placement surveillé.

Lorsqu’au contraire la mère a été reconnue indemne de lésions contagieuses, mais que le père est signalé comme étant contagieux, la mère allaite normalement son enfant pendant son séjour à la Maternité Cantonale. Il lui est même recommandé d’allaiter son enfant le plus longtemps possible, en dehors de chez elle. La Maison Maternelle est le refuge tout indiqué où elle peut, à sa sortie de la Maternité, nourrir son enfant au sein dans de bonnes conditions aussi longtemps qu’elle le veut. Ce n’est que lorsque l’enfant sera assez fort pour être sevré sans danger, qu’il sera envoyé directement. de la Maison Maternelle dans un centre d'élevage surveillé. Il partira ainsi dans de très bonnes conditions, n’ayant jamais été en contact avec son père contagieux, et ayant été élevé au sein aussi longtemps que la situation de sa mère le lui aura permis.

Les enfants nés dans ces conditions à la Maternité Cantonale ont pu être placés dans des conditions particulièrement favorables, grâce à la bienveillante intervention de Mme Arnold Séligmann, qui dirige l'Œuvre du Placement Familial des Tout Petits.

La Consultation des Mères nourrices

Elle a lieu tous les samedis après-midi. Elle est assu-

rée par le médecin-adjoint, assisté de l’interne et de la sage- femme de garde.

Elle est très régulièrement suivie par la plupart des femmes accouchées à la Maternité.

Les enfants sont pesés. La surveillante note sur la fiche de l'enfant : le poids, la différence avec le poids précédent et la moyenne d’accroissement par jour; la mère vient, avec cette fiche, présenter son enfant au médecin.

Là encore, on s'inquiète non seulement des questions concernant l’allaitement, l'hygiène générale, les conditions sociales, mais aussi du dépistage des cas de syphilis et de tuberculose qui auraient pu jusque-là passer inaperçus, ou qui auraient été négligés par les parents.

Certains enfants syphilitiques peuvent être traités, lorsque, pour une raison quelconque, la mère ne peut se rendre régulièrement au dispensaire antisyphilitique. id

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