‹ La Maternité Cantonale de Saint-MauriceChapitre 25 sur 27 · RAS · texte numérisé non relu

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nité cantonale. Accouchement (N° 381) compliqué par une hémorragie de la délivrance. Suites de couches normales. Accroissement de poids normal pour l’enfant.

Il est conseillé à la femme de laisser placer son enfant dans un centre d'élevage surveillé. Mais, malgré toutes les recommandations, elle refuse de se séparer de son enfant et rentre chez elle.

Elle est signalée à l'Office d'Hygiène mais il est impossible d’obtenir un résultat favorable.

En lisant ces quelques observations concernant les cas de tuberculose, on peut se rendre compte que d’une part le dépistage a fonctionné d’une façon assez satisfaisante, grâce à la liaison constante et intime avec le dispensaire; mais que d’autre part il a été vraiment difficile, dans certains cas, d’arriver à un résultat satisfaisant pour l'isolement des enfants; que dans

d’autres cas «enfin, les résultats ont été malheureuse- ment franchement mauvais.

Il faut recconnaître que la tâche est souvent très ardue. En effet le sacrifice demandé aux parents de se séparer de leur enfant dès sa naissance est énorme; il entre en conflit avec les lois les plus belles, les plus douces et les plus naturelles.

Il faut d’abord que le médecin spécialiste, qui a autorité nécessaire pour affirmer son opinion, basée sur une observation complète, arrive à convaincre la malade. L’accoucheur doit joindre tout son appui moral.

Mais ce n’est pas tout; il ne faut pas oublier en effet que, sortie de la consultation la malade sera soumise

à des influences souvent hostiles, nous n’avons pu que trop souvent le constater. Le conjoint, les parents, les amis ne comprennent pas forcément tout de suite l'intérêt des conseils qui ont été donnés. Ils émettent de nombreuses objections; généralement la femme ne peut pas les réfuter elle-même; elle perd parfois la conviction qu’elle avait acquise.

C’est alors là que devient si important l’un des beaux rôles de l'infirmière visiteuse; c’est elle qui va aller convaincre l’entourage si possible et signer avec le mari, les parents, un pacte d’alliance; c’est elle qui de temps en temps ira renouveler les recommandations, qui s’oublient vite, et donner des conseils appropriés aux cas particuliers qu’elle pourra reconnaître sur place.

Nous devons dire ici que les infirmières “isiteuses du dispensaire du 12° arrondissement, place Lachambaudie, avec qui une véritable collaboration s’est établie, font preuve d’un dévouement et d’un ztle admirables. C’est certainement en grande partie à elles que sont dûs quelques résultats heureux, que nsus avons indiqués dans ce travail.

Quels ont été, en résumé, d’après les observations, les résultats obtenus à la Maternité Cantonale, pour la prophylaxie de la tuberculose ?

Pour Mme D... (Obs. 22) le résultat, ai point de vue tuberculeux, aurait été bon, mais malheureusement, à cause d’une syphilis négligée par la mère, l'enfant, débile, n’a vécu que 2 mois.

Pour Mme N.. {Obs. 23), grâce au traitement : à la surveillance attentive de la mère, l’amélioration de la maladie a permis d'autoriser l’allaitement au sein, à condition que la malade soit très fréquemment examinée au dispensaire. Il y a tout lieu d’espérer que la mère qui s’est toujours montrée très docile et confiante continuera à se faire surveiller et que le résultat se maintiendra excellent.

Pour Mme C... (Obs. 24), grâce à l’intervention heureuse de l'infirmière visiteuse à qui elle a éte signalée, 2 enfants ont pu être placés. Malheureusement il n’a pas été possible d’obtenir de la mère qu’elle se sépare de son nourrisson. Cette malade continuera à être surveillée et il est possible que l’on puisse un jour sauver aussi ce 3 enfant.

Pour Mme L.. (Obs. 25), le bon résultat obtenu à la Maternité Cantonale, où l'isolement avait été parfait, permettait d'espérer un succès complet. Malheureusement, par suite d’un changement complet d’attitude, expiicable seulement par la mauvaise influerce d’une visite, la brusque décision prise par la malade de quitter l'hôpital Laënnec en emmenant son enfant, vint détruire complètement le résultat pénibiement obtenu jusque-là.

Pour Mme B... (Obs. 21), le résultat a été franchement mauvais. On s’est heurté à un entêtement invincible de la femme que l’on ne peut expliquer que par des influences hostiles subies par la femme en dehors de la Maternité et du dispensaire, puisque ia femme

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n’est même pas venue accoucher à la Maternité Cantonale.

Il était cependant permis de supposer que, plus encore qu’une autre, elle était susceptible de comprendre l'importance «et la logique des conseils qui lui étaient donnés. En effet, d’après les renseignements qu’ellemême fournissait à l’interrogatoire, elle savait que

son père €t sa mère étaient morts tubercuileux, qu’ils

avaient eu 10 enfants, que 7 de ces enfants étaient morts en bas-âge, et que des 3 enfants vivants, dont elle, tous trois étaient tuberculeux. Il est évident que tous ces arguments ont été utilisés à la consultation pour essayer de la convaincre de l'utilité de se séparer de son enfant voué, si elle le gardait, comme tous ses frères et sœurs à elle, et elle-même, à la maladie ou à la mort. Rien n’a pu la convaincre.

Tous ces cas que nous venons d’étudier concernent des tuberculoses pulmonaires contagieuses de la mère.

Pour les cas de tuberculose du mari, un seul a été nettement favorable.

C’est celui de l’observation 26. L'enfant a été envoyé en nourrice à la campagne, après avoir été nourri au sein par sa mère, pendant 1 mois environ. Il n’a jamais été en contact avec son père malade.

L'observation 27 montre que malheureusement les parents n’avaient pas tout d’abord écouté les conseils qui leur avaient été donnés. Grâce cependant à l’inter-

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vention de linfirmière visiteuse l’enfant a pu être placé dans un centre quelque temps après sa sortie de la Maternité Cantonale. Mais il était hélas trop tard; l'enfant, déjà contaminé au foyer, est mort à quelque temps de là, de méningite tuberculeuse. :

Franchement mauvais a été le cas de l'observation n° 28 (Mme M..). Le mari, convoqué à la Maternité, a montré un entêtement borné et n’a pas voulu comprendre l’importance des conseils qui lui ont été donnés. Cet homme, réformé pour tuberculose contractée pendant la guerre, avait été soigné dans un sanatorium, d’où il était parti sur sa demande. Il ne tenait aucun compte des conseils qui, sûrement lvi avaient été donnés au sanatorium, il crachaït constamment. Conscient du mal qu’il pouvait faire autour de lui, il ne prenait aucune précaution. Il est navrant que dans un pareil cas, des mesures ne puissent être imposées.

Malgré les échecs, certes assez nombreux. il reste cependant certain que les quelques résultats heureux justifient déjà largement l'effort déployé et le récompensent.

C’est, nous le répétons, en développant au maximum et en appliquant judicieusement les moyens de collaboration avec le dispensaire que, dans une petite maternité du type de la Maternité Cantonale de Saint- Maurice, on pourra améliorer encore les résultats.

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L'étude du fonctionnement de la Maternité Cantoanale à porté sur : le service d’accouchements. la consuliation des femmes en état de gestation, et la consultation des mères nourrices.

Depuis l'ouverture, le + avril 1921, jusqu’au 1* octebre 192 :

SN accouchements ont été pratiqués.

229 consultations ont été données à des femmes en état de gestation. |

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