FAUSSURES GÉNÉRALES SECTION I. — LE SCANDALE ET LA RESPONSABILITÉ
229. Souci de l'apparence. — Le souci du « qu’en dirat-on » parait la préoccupation qui hante avant tout l'esprit de ce qu'on appelle « le monde ». Être n'est rien, paraître est tout, et c’est ainsi que les plus basses turpitudes peuvent se cacher sous les dehors les plus respectables. La considération toute particulière qui s'attache à notre époque à la fortune, à la possession du « vil métal », fait passer bien souvent sur les origines et rend peu scrupuleux à l'égard du choix des relations. Il y a plus, et pour la conduite de chacun, l'indulgence pour les faits même graves est extrême, dès lors que les apparences sont sauves.
Ce respect excessif de l'apparence au mépris du fond est peut-être le critérium le plus saisissant des torts d’une société hypocrite, dont beaucoup de membres ne pratiquent à peu près aucune des vertus qu'ils prônent à grand renfort d'indignation contre ceux qui, non plus vertueux, mais plus sincères, laissent apparaître leurs écarts et leurs faiblesses, sans les masquer sous le voile trompeur de l’austérité ou du dévouement. :
De là, le faux code d'honneur qui fait considérer un homme comme profondément blessé dans sa dignité, lorsque vient à sa connaissance un fait préexistant, mais jusque-là ignoré de lui (Voir N° 151 à 153); de là, la façon curieuse d'envisager l’adultère et la façon de le réprimer; de là, le cri d'horreur