LE DUALISME DE LA MATIÈRE ET DU RAYONNEMENT
à l’é it à re théorie : celle
À renoncer à l’éther, on est conduit à une toute aut re de la matérialisation de l’énergie. L'énergie sort du domaine fantomatique des impondérables pour prendre consistance, comme les
CONCLUSION. 107 ombres des Champs-Élysées évoquées par Ulysse sur la rive cimérienne, Elle apparaît comme douée d'inertie, de poids et de structure et se manifeste sous deux formes : l’une s’appelle, en vertu d’une longue prescription, La matière; l'autre, le rayonnement.
La matière est caractérisée par sa structure, c’est-à-dire par le nombre et la nature des électrons et peut-être des restes positifs qui la constituent, ainsi que par sa propriété de se mouvoir selon des vitesses allant, par rapport à un système de référence, de O à V. Nous ne connaissons d'elle, comme l'avait dit Ostwald, que ses effets énergétiques : le champ électrique de l’électron au repos, le champ magnétique de l’électron en mouvement, le champ gravifique des édifices moléculaires formés des architectures d’électrons, les effets cinétiques produits par leur force vive. L’électron se révèle comme un grain d'électricité résineuse, de sorte que la matière n’est bien qu’une forme d'énergie, prodigieusement accumulée dans une région très circonscrite de l’espace. Elle ne perd pas pour cela, comme dans la théorie précédente, la réalité et les caractères substantiels que la perception extérieure et le sens commun s’accordaient jusqu'ici à lui attribuer, puisque l’énergie, qui en est l'essence, est douée de masse, de poids et de structure. :
Le rayonnement est une forme d’énergie qui n’apparaît plus comme propagée sous l'espèce d'ondes continues par un milieu hypothétique, mais comme expulsée sous forme d’unités discrètes dans l’espace vide de matière, avec la vitesse uniforme de la lumière. Il est doué, lui aussi, d'inertie, de pesanteur et de structure. La communauté de ses propriétés fondamentales avec celles de la matière : permet d'expliquer son action sur celle-ci. Une radiation lumineuse,
représentant une certaine quantité de mouvement, est rigoureusement assimilable à un projectile matériel. C’est pour cela que, en vertu du principe de l’action et de la réaction, elle exerce une répulsion sur la source matérielle qui l’émet et une propulsion sur l’obstacle matériel qui l’absorbe. L’antique problème métaphysique de l’action de l’impondérable sur le pondérable, de la force sur la matière, qui se posait sous sa forme la plus moderne et la plus urgente au sujet de la
pression de radiation, disparaît dès lors comme un pseudo-problèime.