L'ABANDON DE L'ÉTHER
Les découvertes de la physique moderne ont conduit les physiciens à deux conceptions de l’univers fort re E ee
1 1 1 ps di è ré e dématérialis
La première peut être illustrée du nom suggestif re : Elle consiste à réduire la matière à n'être que
tion de la matière.
de condensation, ou même de
lieu des points singuliers de torsion, ne n, d’un milieu doué d’inertie et de propriétés mécaniques :
destructio .
l’éther diélectrique de Faraday et de Maxwell. Un électron
é 1 ait comme un serait qu’un simple trou dans l’éther qui se comporteraït cet
1 ï é 1 ù ité.
ogressant dans un fluide parfait, dépourvu de viscosit Le]
projectile pr es ve les flancs d’un tel projectile se formerait un bourrelet liquide et,
une zone de profonds remous : son inertie Propre serait
« ? + rrière | se he e suit. Au départ,
accrue de toute l’inertie du sillage bips créé qui 1 pi une partie de l’énergie de la bouche à feu ; dépenserait à ee . u fluide déplacé en même temps que la NPA imertie du e fois le mouvement acquis, il se perpÉtee sans orps emporte avec lui son sillage. L cena mais il ne pourrait pas se déplacer é à ses lignes de force, et son
l’inertie d mobile; mais, un résistance, puisque le € n'aurait pas d'inertie propre, sans entraîner l’éther ambiant agripp À se a inertie proviendrait de celle de V'éther ainsi eee é LA Fe se son sillage électromagnétique. La matière se subtilise alors e
é : V’é ag istance et en réalité tout ce que dans l’éther, et l’éther gagne en consista
perd la matière.
Cette conceptio
lumière l'importance du L Poe aimants dans les phénomènes électriques et magnétiques.
n dérive des travaux de Faradayÿ qui ont mis en milieu qui entoure les conducteurs et les L’attention
CONCLUSION. 105 des physiciens s’est portée vers l'étude des champs électrique et magnétique à l’intérieur desquels l’énergie se concentre, la matière ne servant plus que de support à ces champs. Mais, au lieu de les concevoir comme des réalités substantielles existant d’une façon indépendante, on a prétendu les expliquer par les états mécaniques de ce milieu hypothétique, l’éther, l'énergie électrique n’étant que l’énergic potentielle de ses déformations, et l’énergie magnétique, que l’énergie cinétique de ses déplacements. L’éther devient le milieu actif dans lequel les transports et les transformations de l’énergie sont régis par les équations du champ électromagnétique de Maxwell et de Hertz; et l’on vide ainsi peu à peu la matière de tout son contenu physique pour le reporter à l’éther qui devient la seule réalité subsistante.
Allant plus loin, le D' Gustave Le Bon (1) a écrit le poème des métamorphoses de la matière. Imaginons qne les électrons, en lesquels se désagrègent finalement les édifices moléculaires qui constituent les corps, soient engendrés par des vortex au sein d’un fluide universel, analogue à l’éther gyrostatique de Lord Kelvin, Au lieu de considérer ces vortex comme indestructibles, conformément aux équations hydrodynamiques de Cauchy et d’Helmholtz, Imaginons, gratuitement d’ailleurs, qu’ils s’évanouissent à la longue dans le fluide originel, comme une trombe marine dans l'Océan, sous formes d'ondes liquides, dues au ralentissement progressif de leur vitesse. L'énergie rotatoire de l’électron sera transformée en énergie rayonnante qui ira se perdre à l'infini, en balayant tout l’espace. Ainsi la matière se désagrège en électrons qui, eux-mêmes, s’évanouissent en ondulations éthérées, si bien qu’il y a perte définitive de la matière et dissipation sans retour de l'énergie. Au principe universel d’invariance, que les Physiologues d’Ionie avaient mis à la base de la philosophie de la nature et qui en assurait l’intelligibilité : « Rien ne se crée, rien ne se perd », doit être substitué le principe contraire « Rien ne se crée, tout se perd ». Le monde marche à une définitive banqueroute et l’éther, dont on a beau affirmer qu’il est la matrice des
mondes, se révèle comme étant leur définitif tombeau. Ainsi le Dr Gus- Ÿ
(*) Dr G. Le Box, L'évolution de la matière. — Sur la critique de cette théorie [c/. L. Roucrer, L’inertie de l'énergie (Revue scientifique, 13-20 octobre .
tave Le Bon a été, en une prose somptueuse, le Zarathoustra annonçant, après la mort des dieux, le crépuscule de leur création. Ces conceptions se heurtent à des difficultés insurmontables. L'éther se révèle comme doué de propriétés mécaniques contradie toires, et les tentatives d'explication des phénomènes dcctromagné tiques à partir de lui ont toutes échoué. S'il existe, il ne pra être totalement entraîné par la matière, comme le prouve rm de Fizeau; il ne peut être entraîné partiellement par la matière, comme le démontre le principe d’action et de réaction il ne peut être immobile, comme l’implique le principe de relativité. Plus insaisissable que Protée, il n’y a plus qu’à lui dresser un procès-verbal de carence. À ces antinomies, la théorie du D' Gustave Le Bon ajoute de nouvelles difficultés. Les équations hydrodynamiques de Cauchy et d'Helmholtz montrent que les vortex engendrés dans un fluide parfait, homogène et incompressible, sont éternels. La théorie électronique me rayonnement lie l'apparition de celui-ci à la présence d me qui jouent le rôle d'agents de présence dans la transformation es différentes formes d’énergies en rayonnement, et qui permettent ces transformations, à la condition de rester inaltérés, comme les agents lytiques dans la catalyse. Leur disparition entraînerait ner précisément celle du rayonnement dans lequel on voudrait les faire s’évanouir. Enfin, si l’on abandonne le principe d'invariance des Physiologues d’Ionie, c’est la possibilité même de la science qui Se trouve mise en cause, La science étant la recherche des lois de la nature, c’est-à-dire des invariants de l’universel devenir, a serait pe valable, en première approximation, que pour RATE Le la désintégration de la matière et le rayonnement de 1 énergie à 1 infini seraient pratiquement insignifiants; et le AGE métaphysique surgirait de comprendre comment l'univers, s’il n’a pas eu de commencement, ne s’est pas encore définitivement évanout depuis des millénaires, dans l’éther «immobile et dormant ».