‹ La matière et lénergieChapitre 3 sur 17 · KM · texte numérisé non relu

KM

8 = pa mm UET Un

où & est la déviation du rayon qui passe devant une masse sphérique M (la masse d’un astre par exemple), K la constante de la gravitation, R la distance du centre de la sphère au rayon. Pour un rayon passant au voisinage de la surface du Soleil, il vient & — 0,083, ce qui constitue une grandeur mesurable, en observant. par exemple, la position d’une étoile près du bord du Soleil, au moment d’une éclipse totale.

En vertu du principe de l’équivalence d’Einstein, une radiation lumineuse à l’intériéur d’un système qui subit une accélération devra se comporter comme un projectile : au lieu de décrire une ligne droite, elle décrira une parabole. Des observateurs enfermés dans le boulet de Jules Verne, qui tomberait en chute accélérée, pourraient done, à l’aide d'expériences optiques, se rendre compte de l’état d’accélération du système, sans savoir du reste s’ils doivent l’attribuer à la présence d’un champ gravifique ou à l’état d'accélération de leur boulet.

L’équivalence entre la masse inerte et la masse pondérable entraîne celle des effets produits sur les phénomènes physiques par un champ de gravitation ou par un état d'accélération convenable du système de référence auquel on les rapporte. Il doit en résulter que le potentiel de gravitation agit sur le cours du temps et sur les dimensions des corps de la même façon que l'accélération. Or, il suit du groupe de Lorentz qu’un corps est d’autant plus contracté dans le sens de sa translation, pour des observateurs O, qui le voient passer, et que la vitesse des phénomènes qui s’y déroulent, mesurée par ces mêmes observateurs, est d'autant plus ralentie que le corps est en mouvement plus accéléré par rapport à eux. Pareillement, un corps sera d'autant plus contracté et la marche des phénomènes dont il est le siège d'autant plus ralentie que le potentiel de gravitation du lieu où il se trouve sera plus élevé. Deux chronomètres égaux, placés à des distances inégales du Soleil, auront une marche différente et le plus éloigné avancera sur le plus rapproché. Or, une molécule chimiquement définie, qui émet, en vertu de ses oscillations, une lumière spectrale déterminée, constitue un chronomètre de dimensions atomiques. Si donc on observe, à l’aide d’un spectroscope, deux molécules iden-

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