XIV PRÉFACE
il y a seulement trente ans, en écrire une seule? Sans doute quelques-uns des problèmes qui y sont résolus ne peuvent passer pour bien nouveaux. Ils furent posés, du moins pressentis par les plus anciens philosophes grecs dont la tradition nous soit parvenue. La matière est-elle un tout continu? Sinon, quelle structure doit-on lui attribuer? Les molécules, les atomes ont-ils une réalité saisissable? Peuvent-ils se manifester assez directement à nous pour nous permettre de les peser, de les dénombrer? Quelles sont leurs dimensions ? Ont-ils eux-mêmes une structure? Ne faudra-t-il pas en venir, avec Pascal, à voir dans chacun d'eux un monde en raccourci et, dans les particules infimes de ces microcosmes, d'autres mondes à l'infini? Au premier de ces échelons, tout au moins, la structure discontinue de la matière est presque devenue une réalité tangible. Non qu'on puisse se flatter de voir une molécule. Nos organes, agrégats de tissus dont chaque cellule est elle-même un organisme, nos instruments dont chaque pièce est un entassement moléculaire formidable, nous parquent