CALCIUM
Chaux carbonatée, che-hoei, Pen-tsao; szi-chuy, Tatar. , 408; han-xiu-xe, Cleyer, 150; shih-hwui, ying-shwuishih, peh-shwui-shih } F. P. S., 637, 178; kan-shuyshih, Hanbury, 9.
Sous ce nom, les Chinois désignent un carbonate de chaux compacte, blanc-bleuâtre, qu'ils récoltent dans certains lieux élevés, dans la persuasion qu'il possède alors toutes ses vertus.
Sous le nom de choui-che (choy-szy , Tatar., 58), nous possédons un morceau de calcaire rouge -grisâtre, très-impur, qui semble mêlé d'une notable proportion de fer et d'argile, et nous paraît plutôt une marne qu'un calcaire proprement dit.
Sous les noms de hai-feou-che } Pen-tsao, hai-che, feou-che, fou-che, nous avons une concrétion calcaire très-légère qui semble formée d'une agglomération peu dense de grains et dont la tex-
ture est presque identique à celle du quartz ncctique de Saint- Ouen.
Nous avons reçu aussi un spécimen de craie, chaux carbonatée terreuse, tout à fait analogue à celle dite deMeudon, sous le nom Aefen-sy, Pen-tsao, tchin-fen, que porte aussi un échantillon de fard; ce fard (kouan-fen, kwang-fen, F. P. S., 193, 697, ktvang-fun, Hanbury, 10) est un composé de poudre très-fine de carbonate de chaux, obtenue sans doute par précipitation et colorée en rouge par une substance végétale extraite du carthame. Ce fard est étendu sur une plaque de coton cardé avec laquelle on frotte légèrement le visage. M. Porter Smith signale, sous le nom de shwai-fen (640) , une poudre très-fine de marbre ou de craie qu on emploie à falsifier le blanc de fard.
La craie, assez rare en Chine, houa-fen (hwa-fen, pek-tu-fen, F. P. S., 227), y est presque toujours confondue avec le kaolin et d'autres minerais terreux.
Le han-choui-che est un carbonate de chaux cristallisé, quelquefois coloré en brun.
Nous possédons encore sous le nom de choui-tchong-che , Pentsao (chung-jsO'shih , Hanbury, 11), une arragonite qui est en rognons arrondis, comme si elle avait été roulée dans les torrents des montagnes; ces échantillons sont, les uns très-clairs, et ce sont ceux que les médecins chinois emploient ; les autres sont de couleur grise plus ou moins foncée : tous ont une structure fibreuse très-marquée.
Nous avons aussi, sous le nom de che-jong , shih-chung-ju , F. P. S., 1094, quelques fragments de stalactites. La poudre des échantillons fistuleux passe comme galactogogue , tonique, sédative ; elle est excellente pour la toux. Les stalagmites, shili-shw'ung, F. P. S., 1095, passent pour jouir des mêmes propriétés.
Le marbre, tao-houa-che (tao-hwa-shih , F. P. S., 696), n'entre pas dans la thérapeutique ordinaire chinoise.
Très-répandue dans le Hou-nan , le Sse-tchuen, le Hou-pe, le Kiang-si, la chaux carbonatée sert, par sa calcination, à faire de la chaux , qui n'est plus employée en médecine , mais qui était
usitée autrefois comme astringente , épilatoire , caustique et absorbante.
On fait quelquefois usage du kouan-fen comme antidiarrhéique.
Le carbonate de chaux passe , d'après le Pen-tsao , pour rafraîchissant, antiphlogistique et diurétique. Calciné et réduit en poudre, il sert comme dentifrice quand les gencives sont saignantes; on remploie aussi contre les brûlures, mêlé à de l'huile, fang-ho-yu, F. P. S., 199.
Chaux sulfatée , sélénite, che-liao, Pen-tsao; xe-cao, Cleyer, 166; szi-gao, Tatar. , 412; iun-mu-czi, Tatar., 239; chi-kao,\ï\er] che-kao, Mérat, Delens; yn-liao, shïh-kao, Hanbury, 14; shih-hau, si-li-shih, hiuen-tsing-shih , F. P. S., 500, 1035; siae-ko, Carey, 156.
On trouve la chaux sulfatée fibreuse dans le Chan-tong et près de Tsin-cheou ; ses fibres blanchâtres , assez ténues , lui donnent un aspect soyeux.
Sous le nom de ling-choui-che , Pen-tsao, nous avons reçu un échantillon de sélénite fibreuse à fibres assez fines et d'une couleur rosée claire.
Sous celui de kan-choui-che , Pen-tsao, et sous celui fthiuenmi-che, ou iun-mi-czy, Tatar., 239, nous possédons un échantillon également fibreux, blanchâtre, mais à fibres grossières. Sous celui de fung-ly-sse , nous avons reçu un échantillon lamelleux, translucide, et un peu sali par des matières étrangères.
Nous possédons aussi un spécimen de chaux sulfatée, cristallisée en petits cristaux mal définis, mais qui se rapprochent de la forme lenticulaire; nous l'avons reçu sous le nom iïhiuen-che, Pen-tsao; hiuen-tsing-shih, Hanbury, 13. Cette variété, qui provient du Chan-si et du Pe-tchi-li , où elle paraît être en rapport avec le sel gemme, est employée comme rafraîchissante, antirhumatismale; on l'insuffle dans les yeux pour certaines ophthalmies.
Le sulfate de chaux passe pour antiphlogistique, antirhumatismal, alexipharmaque, siccatif et vulnéraire. Les Chinois lui
is LA MATIERE MEDICALE CHEZ LES CHINOIS.
attribuent une action énergique sur la sécrétion lactée et contre l'incontinence d'urine; ils l'appliquent aussi avec avantage, en
poudre, sur le> brûlures. Sous tonne de plâtre, shah-shih-hau } Y. 1\ S., 894, on s'en sert comme siccatif dans les affections
herpétiques. 11 sert quelquefois à adultérer le ealoniel.
Ch.ua fi.uatée, tsee-ehe-hijiui ; tszf-shih-ying > F. P. S., 44<S; tsze-slrih-ying , Hanbury, 15.
En morceaux irréguliers, d'un vert mélangé de violet , pro\enant du Canton et du Tche-kiang.
On calcine, on lave au vinaigre et on remploie connue rafraîchissant, sédatif et tonique; on en fait usage dans la stérilité et les affections chroniques de poitrine.
On lui substitue quelquefois des cristaux de quartz.
Farine fossile, ehe-mien.
Cette farine fossile , sur laquelle Biol a publié autrefois des renseignements tics-curieux, est blanche et sert quelquefois de nourriture au peuple; mais son principal emploi est de combattre les éructations. -
Dolomie, houa-ju-chc; hiva-luy-sMhj Haubury. \2;/ucajû-s/uh,F.V. S., 386, GTS.
En masses irrégulières, arrondies, mamelonnées, granulaires,
gris foncé à l'extérieur, verdâtres à l'intérieur, qu'on trouve dans le Tche-kiang, le Ilou-nan, le Chan-si et le Chen-si.
La dolomie est indiquée par Tatarinov, choy-szi, 58, comme faisant partie de la matière médicale chinoise. Porter Smith dit qu'elle est fréquemment usitée , à l'intérieur et à l'extérieur, en poudre, comme astringente, styptique, vulnéraire, et quelle sert surtout dans les affections des yeux.
Tatarinov dit quon fait aussi usage de la magnésie earbonatée
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ferrifère, qu'il nomme lu-f/cui-szi, 275 ilu-ka7i-shihyY . P. S., 077 j, lou-kan-che, Pen-tsao, lou-sien-sing ; mais on donne fréquemment ce nom à la calamine. Elle se présente sous forme de rognons terreux, de couleur jaunâtre, assez lentement solubles dans l'acide nitrique avec une effervescence moyenne.
Magnésie sulfatée, hou-siao; k'u-siau, F. P. S., 413.
Mlle est confondue par le Pen-tsao avec le nitre, dans les eaux mères duquel elle resterait. Elle passe pour rafraîchissante , stomachique, purgative, hydragogue et désobstruante.
AliUMIMIUM.
Corixdon, émeri, kin-kan-che ; lnn-kang~shih , F. P. S., 306 ; hai-kin-cha; mo-houang-che.
Souvent confondu avec le diamant , dont il partage , dit-on , les propriétés incroyables.
On fait souvent usage de l'émeri pour remplacer les cristaux hyalins de corindon.
Alumine sulfatée alcalixe, alun, pe-fan; ly-che; pih-fan, Hanbury, 27; pe-fan, Coll.; bay-fan, Tatar., 8; pehfan, F. P. Smith.
L'alun est employé dans la thérapeutique chinoise aux mêmes usages qu'en Europe, mais seulement après avoir été calciné ; on en fait surtout un usage fréquent pour purifier l'eau et la rendre potable en précipitant les matières organiques qui la souillent. Il porte des traces évidentes de cristallisation et ne renferme généralement pas trace de fer. L'alun, employé pour l'usage médical, est purifié par dissolution à chaud et filtration à travers du papier, et évaporé lentement.
On dit aussi que lorsque les pêcheurs rencontrent à la mer de grandes espèces de Rhizostomes au corps gélatineux, ils saupou-
drent ces animaux d'une certaine quantité d'alun pulvérisé, pour en augmenter la consistance.
L'alun passe pour avoir des propriétés rafraîchissantes, antiphlogistiques, styptiques, vulnéraires, détergentes et apéritives. Les Chinois l'emploient dans l'apoplexie, les maux de gorge de diverses sortes, l'aphonie, et diverses affections de l'estomac, de la bouche, des fosses nasales, des yeux et des oreilles; ils le prescrivent aussi contre la jaunisse, les dérangements menstruels, et diverses affections cutanées. L'alun fait encore partie des pilules fan-lahhouan, dans lesquelles il est mêlé à de la cire jaune. Les Chinois font un fréquent usage de l'alun calciné, k'u-fan, pah-shih, F. P. S., 45, pulvérisé et très-employé par les femmes pour dessécher les ulcérations produites par les bandages de leurs pieds ; on s'en sert aussi contre les fongosités des gencives et en applications sur les surfaces suppurantes.
L'alun était primitivement importé de Perse, de Kouan-lan et Ta-tsin. On le recueille aujourd'hui des roches schisteuses argileuses du Tche-kiang, du Hou-nan et du Nang-houi. On en tire aussi du Chan-si, du Sse-tchuen et du Chan-tong. Pour obtenir l'alun , on grille la roche (fan-che) à un feu de broussailles , et on traite par l'eau dans de vastes cuves; on concentre le liquide dans des bassines à fond de fer et à parois de bois, et on fait cristalliser dans des réservoirs en masses solides qu'on débite ensuite en morceaux pour la facilité du commerce.
Alun ferrugineux, tte-fan, F. P. S., 44; hong-fan.
Peu usité, il est le plus souvent remplacé par du sulfate de fer à moitié décomposé par la chaleur.
Alunite, cttih-shih-cha, F. P. S., 45; chih-shih-chej Hanbury, 25; tche-che-tche , Pen-tsao.
Terre alumineuse, rouge pale ou blanche, en masses friables, irrégulières, qui se rapproche beaucoup par sa composition du kaolin, d'après M. Morland jeune.
Saphir, py-yu.
Entre dans la composition de quelques médicaments (confections).