SODIUM
Sel gemme, sel marin, tsin-yen, che-yen, Pen-tsao; shihyen, F. P. S., 1013; cin-ian, szi-ian, Tatarinov, 92,
Le chlorure de sodium constitue un grand nombre de variétés , auxquelles les Chinois appliquent des noms différents.
Sous le nom de kouang-ming-yen , Pen-tsao, nous avons reçu un sel brillant provenant du Yu-tcheou et dont les Persans et les Thibétains font un grand usage pour saler leurs aliments; par ses caractères extérieurs, ce sel offre toute l'apparence de l'alun.
Des échantillons de chlorure de sodium grisâtre, provenant de l'exposition des eaux de la mer dans des marais salants , nous ont été envoyés sous les noms de che-yen, Pen-tsao, et tche-yn, Pen-
tsao. L'empereur s'est réservé le monopole de ce sel, qui se fabrique clans le Kouang-tong, le Chan-tong, le Tche-kiang et le Tchin-ly.
Lelse-yen est le sel obtenu des sources salées ou de puits d'une grande profondeur; on l'extrait au moyen de vases de bambou qu'on y plonge et qu'on retire alternativement pour les déverser dans des citernes.
On concentre l'eau par la chaleur, quelquefois obtenue par la combustion du pétrole.
M. Hanbury désigne sous le nom de naou-sha (8) un chlorure de sodium cristallin très-estimé , de couleur vert-cendré et mélangé d'une grande quantité de matières terreuses.
Le jung-y en, ts'ing-yen, kwang-ming-yen , F. P. S., 1014, est un chlorure de sodium cristallisé du Kan-sou et du Pe-tchi-li qui se présente sous forme de cristaux cubiques, noirâtres, qu'on préconise contre les affections du foie et de la rate. D'après Tatarinov, on donne quelquefois le nom de szi-ian à du natron impur.
Le chlorure de sodium se trouve dans presque toutes les provinces de l'empire chinois, mais sa récolte est l'objet de grandes restrictions de la part du gouvernement; la contrebande s'en exerce sur une vaste échelle.
Très-employé dans la préparation et la conservation des aliments des Chinois, le sel est souvent mêlé au thé en boisson. Au point de vue médical , on en fait usage comme émétique , stomachique , anthelmintique , et comme contre-poison : on en fait des applications externes chaudes dans les douleurs de poitrine et les coliques.
Les Chinois pensent qu'il a une action pernicieuse sur les poumons. H jouit parmi le peuple d'une grande réputation comme réconfortant.
Le sel gemme sert quelquefois à faire divers objets qui servent comme charmes magiques.
Soude boratée, borax, tinckal; j)ang-cha , pong-cha , Pentsao; pen-ssa, Tatarinov, 317; pang-sha, Hanbury, G;
p'ang-sha, fiung-sha, yueh-shih, hwang-pung-sha, F. P. S., 151, 1151; guet-siac, Carey, 63.
En masses blanchâtres, cristallines.
On le recueille sur les bords de certains lacs du Thibet.
Le borax est usité comme stomachique, antiphlogistique; il passe pour excellent contre le muguet des jeunes enfants et les angines. Les buveurs en prennent une certaine quantité avant de faire leurs libations, en vue de prévenir l'ivresse résultant de leurs excès.
Soude carbonatée, natron; keen, Hanbury; han, Men, F. P. Smith, 775, 1067.
Ce sel naturel es timporté en grande quantité de la Mongolie et du Thibet; il se présente en masses irrégulières, à surface blanche effleurie, poreuses et translucides à l'intérieur, difficiles à dissoudre dans l'eau. Il contient toujours des sulfates.
Le natron de Mongolie, que nous n'avons pas eu occasion d'examiner, a été importé à Hambourg en 1845, d'après M. Hanbury.
Les Chinois en font un grand usage dans l'économie domestique en guise de savon; ils s'en servent quelquefois comme purgatif et désobstruant. Ils en font quelquefois aussi usage , pour remplacer l'alun , pouf clarifier l'eau , et trouvent que ce sel rend l'eau plus douce. Du reste, le Pen-tsao a indiqué l'emploi des vases de plomb pour conserver l'eau , et dit qu'on prévient ainsi la formation du goitre.
Soude nitratée, po-siao; poli-siau, pi-siau, F. P. S.,
Ce sel , qui forme des efflorescences dans le Sse-tchuen et le Chan-tong, est presque toujours confondu avec lenitre, qu'on recueille dans les mêmes conditions. On l'emploie comme purgatif et diurétique; il entre également dans la composition de quelques collyres.
Soude sulfatée, hiuen-ming-fen, tzian , Tatar., 443; yuenming-fen, Hanbury, 7; hiuen-ming-fen , peh-lung-fen , F. P. S. , 1669; tche-yen, Debeaux.
Préconisée par Liu-hiuen-chin, prêtre botaniste qui vivait deux siècles avant Jésus-Christ, la soude sulfatée, qui porte son nom , de même qu'en Europe on lui a donné le nom de sel de Glauber, passe pour jouir des propriétés les plus merveilleuses contre un grand nombre de maladies, et est surtout très-vantée dans tous les ouvrages des alchimistes chinois. On donne les procédés, les plus minutieux et les plus ridicules pour obtenir la purification de ce sel, qui, du reste, est fréquemment confondu par les Chinois avec le nitre. Quoi qu'il en soit, on l'administre contre les fièvres avec délire , l'épistaxis , les obstructions intestinales ; on le prend aussi en vue d'arriver à l'âge le plus avancé.
Hiuen-ming-fen, sel d'urine. (Voir Homme.)