‹ La médaille miraculeuseChapitre 14 sur 65 · ni · texte numérisé non relu

ni

eu le malheur de la perdre. C'est ce qu'elle nous enseigne par les signes symboliques gravés sur la seconde face de la médaille : Rien ne sera écrit au revers de la médaille..., ce qu'il représente en dit asse\ à l'âme chrétienne... Les Cœurs sacrés de Jésus et de Marie, mis au-dessous de la croix, nous disent que la pureté se conserve ou se rachète par l'amour, par l'union au Sauveur... L'amour couvre la multitude des péchés, l'amour est le lien de la perfection, la consommation de toutes les vertus... L'amour assure la fidélité. Il doit être plus fort que la mort pour nous faire mourir au monde, au péché et à nousmêmes, afin de nous attacher inséparablement à Jésus crucifié... C'est ce que veut encore nous apprendre Marie par le signe de la croix uni à son saint nom. Il est placé au-dessus des deux Cœurs, parce que le véritable amour conduit au sacrifice; il immole, il enchaîne, il cloue à la croix de Jésus-Christ, et cette union de souffrances ici-bas assure l'union glorieuse et éternelle

Enfants de Marie, répondons à son amoureuse tendresse ; soyons dociles aux salutaires leçons de notre divine Mère, sachons reconnaître ce témoignage inappréciable de son ingénieuse libéralité. Allons à Marie avec la simplicité d'un enfant qui presse avec amour ses mains pleines de grâces jusqu'à ce qu'il ait obtenu l'objet de sa demande. Regardons toujours cette Étoile de la mer au milieu des orages dont la vie est agitée : invoquons Marie. Ne nous lassons jamais de recou-

V I. IMMACULEE-CONCEPTION IIQ

ri r à son aimable protection; jamais elle ne ^e la d'écouter nos demandes. Puissent son souvenir et son amour régner toujours dans nos esprits et dans nos ml Puisse notre bouche répéter sans cesse la douce invocation : « O Marie, conçue sans péché, fric; pour nous, qui avons recours à mus ! i et quand notre voix sera éteinte, puisse la médaille miraculeuse rester collée sur nos lèvres mourantes, et que le dernier battement de notre cœur proteste que nous voulons mourir en disant avec amour : a O Marie, conçue sans péchés prit\ pour nous, qui avons recours a vous.'!! i

M A HIC, J AiOIN lERMf.

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CHAPITRK VI

ES PAR LA MLliA ILLR MIRACULE <

Grâces obtenues Je /'v/j à té

-. Le Dieu du ciel, disait l'ange à T hic

et à ^e>n nls; chantez ses Louang mi tous

morteli pour Les bienfaits dont il voua a

corn, r il est bon de cacher le du K< >i :

mais il rieux de rir et de publier lei

nentum bonum est; "perd autem Dei revel iteri

rificum est1. Béni toit donc partout ours

. Dieu du ciel et de la terre, pou: :' MOI

nombre qiTil se plaît à répandre sur nous par Marie! Adorons le mystère des destinées de la Mère du Roi des Rois, qui mérite bien, à ce titre, le nom de Reine, dit saint Athanase : mais ne ravissons ni à Dieu ni à Marie l'honneur et la gloire qui leur sont dus; publions les œuvres de la puissance et de la bonté du Seigneur envers les hommes, par l'entremise de l'Immaculée Vierge qu'il a établie dépositaire et dispensatrice des trésors de sa miséricorde, de cette miséricorde qui embrasse nos infirmités corporelles aussi bien que nos besoins spirituels.

Le récit des grâces extraordinaires obtenues par le moyen de la médaille de l'Immaculée-Conception sera pour les âmes une source de précieuses bénédictions. En présence de ces prodiges de miséricorde, de tant de guérisons, de tant de conversions, le lecteur sera porté à remercier Dieu et à glorifier sa sainte Mère; ceux qui aiment déjà Marie seront excités à l'aimer davantage, les chrétiens indifférents, ceux qui sont éprouvés par la souffrance, ceux qui ont le malheur d'être dans l'état du péché sentiront se ranimer leur confiance et invoqueront avec amour celle que L'Eglise appelle à si juste titre, le salut des infirmes, le refuge des pécheurs, la consolatrice des affligés.

Ce résultat est un fait démontré par l'expérience. Tout le monde sait du reste qu'un exemple de vertu, un trait ou se révèle clairement l'action de Dieu, agissent bien plus puissamment sur l'âme qu'une simple considération ou une suite de raisonnements : Verba

0S1BNUU PAS LA MhDAILLK MIRACLLKUSF. ! l3

movent, exempta trahunt; Les paroles peuvent émouvoir, les exemples eut rament.

Nous espérons un autre avantage de la publication de ces récits. Ccst que les fidèles comprendront que le titre auquel Marie est le plus sensible est celui d'Immaculée; elle ne sait rien refuser à ceux qui l'invoquent avec une foi vive, en lui rappelant qu'elle a été conçue sans péché. C'est du reste L'Eglise de Rome qui nous dévoile en quelque sorte toute la miséricordieuse tendresse de son Oeur.ct qui nous présente le culte desa G neeption toutesainte.commelesûrm d'y puiser tous, et selon toute la mesure de nos besoins : Sacra VirgO Maria... sentiant omnes tuum juvamen quicumque célébrant tuam sanctam Conccp- Honem%\ et Celtes, ce vœu de la Mère de toutes les . que nous appellerions volontiers prophétie, COmplît depuis longtemps. Nous tYOttl eu récemment entre les mains un recueil, composé en r par un Père de la Compagnie de Jésus, avec approbation de l'Ordinaire, contenant soixante-deux conversions ou guérisons qui ne semblent rien moins que miraculeuses, et obtenues en divers lieux par l'invocation de Marie conçue sans péché. C'est aussi un fitit assez Connu, que celui rapporte dans la vie du

B. Pierre Fourrier, fondateur de la congrégation de

ftimplei paroles ; i Marie û ne sans peche», por: mlianec, soûl

i. Ortu\ c \ . M. i. .m.

rent une multitude de malades dans un temps d'épidémie. Le même moyen obtint une protection non moins visible à Nemours, dans une circonstance où cette ville était menacée du pillage, et il en a procuré de semblables à Paris, en i83o. Mais bornons-nous aux grâces obtenues par le moyen de la médaille mira' culeuse. Par le choix que nous en faisons, on verra qu'en répandant ses faveurs spécialement sur la France, T Immaculée Marie donne aussi des preuves éclatantes de sa protection dans tous les pays où la médaille est connue et portée avec piété.

Parmi les traits de protection obtenus par la médaille, dans le diocèse de Paris, neuf, dont trois conversions et six guérisons, ont été examinés dans tous leurs détails et reconnus vrais par le promoteur, dans renquête de i836; nous les indiquons dans cette édition, en ajoutant à leur titre : constaté.

Nous avons retranché un grand nombre des faits rapportés dans l'édition de 1842, afin d'insérer dans cette édition nouvelle, sans trop grossir le volume, des traits plus récents, puisés à bonne source, qui serviront à montrer que la médaille n'est pas moins miraculeuse de nos jours qu'aux premiers temps de son apparition.

Les grâces extraordinaires dont elle a été l'instrument formeraient une chaîne non interrompue depuis 1 832 jusqu'aujourd'hui, si, malheureusement, faute d'en tenir note, une lacune de plusieurs années ne s'était glissée dans les documents que nous possédons.

A L'avenir, s'il plaît à Dieu, une pareille omission ! renoo . et les faits authentiques qui nous seront lés seront ei

ment, pour 1 i g] ire de Marie conçue tan pour rectification de riteurs.

CONVl RSION iiV\ militau

Le 14 avril [833, il arriva à l'hospice d'Alei. IC un militaire malade, qui venait de l'hôpital de Vitré [Ile-et-Vilaine . OÙ il avait horriblement tait soutFrir, par ses impiétés, le italières de

Saint-Augustin, qui sont cl ;i établi

ment : circonstance que nous ont fait connaître des [UJ avaient été te- le la manière indi-

gne dont il • • les soins de leur inépuisable

charité. Arrive à l'hôpital d'Alençon, il ne tarda pas montra :"il était, irréligieux, impie et d'une

iéreté brutale. M. l'aumônier s' cm; ie le

visiter, compatissant a son état de souffrance, et l'onverture du jubilé tut une occasion toute naturelle de lui dire quelques mots de cette grâce t dînaire, et de l'exhorter tout doucement à imiter mple des autres militaires qui commençaient Ce malheureux ne lui répondit par des outr > ' .mônicr n'iiiM

itent.i. pendant quel : tant,

de lui parler de sa santé avec beaucoup d'intérêt; le malade lui répondait à peine, paraissant fort ennuyé de ses visites et de ses paroles. Les Filles de la Charité, auxquelles cet hospice est confié, n'étaient pas mieux accueillies, malgré tous les soins qu'elles lui prodiguaient. Sa maladie s'aggravait : voyant que les consolations de la religion lui devenaient plus nécessaires, M. l'aumônier l'engagea de nouveau à recourir au bon Dieu; mais le malade ne lui répondit que par des blasphèmes : a Ah! oui, le bon Dieu, il se/... bien de moi. » Et à quelques observations pleines de charité que M. l'abbé lui fit sur un tel propos, il ajouta : « // n'aime pas le Français, votre bon Dieu : vous dites qu'il est bon et qu'il m'aime; s'il m'aimait, est-ce qu'il me forait souffrir comme ça? est-ce que j'ai mérité ça, moi? » Ces impiétés excitaient de plus en plus le zèle charitable du ministre d'un Dieu mort pour sauver les pécheurs, et il lui parla avec force de la justice et de la miséricordieuse bonté du Seigneur. Le malade l'interrompit bientôt par des invectives : « Vous m ennuyé^ laissez-moi tranquille, alle\-vous-en d'ici; je n'ai besoin ni de vous, ni de vos sermons»; et il se retourna pour ne plus le voir. Il en agissait de même envers les sœurs, et il ne savait que proférer les blasphèmes les plus horribles contre la religion et les personnes qui lui en rappelaient le souvenir, au point que les autres militaires étaient indignés des propos qu'il affectait surtout de [proférer, après qu'on lui avait adressé quelques exhortations, ou que

OBTENUES PAU l.\ MEDAILLE MIRACULEUSE. 12 ~

Ton avait tait quelques petites lectures ou la prière dans la salle; et il ne paraissait satisfait que quand il avait vomi tout ce qu'il savait d'impiétés et d'imprécations. On passa quelques jours sans lui parler de religion, mais en redoublant d'attentions et de soins pour tout ce qui pouvait lui taire plaisir, et n'osant presque plus espérer de le voir revenir à Dieu, car sa maladie empirait, et ses sentiments semblaient iUSti empirer: on ie contentait de prier et de faire prier pour lui. La sœur de la salle, qui avait une grande confiance dans la protection de la sainte Vie: promise à la médaille, se sentit comme pressée d'en attacher une au pied de son lit , et elle le lit : le malade persévérait dans ses mauvaises disposition^ et l'indignait même de voir que quelques militaires se disposaient, par la confession, à gagner le jubile. Il y avait déjà six jours que la médaille était attachée au pied de son lit, et on redoublait de prières pour la conversion de ce malheureux, dont on désespérait Un jour ou tous les convalescents de la salle assistaient au salut du très-saint Sacrement, la s. L-ur s'approcha du lit dtl malade, détacha la médaille et la lui présenta,

en lui disant : * Regarde^ cette médaille, elle est ndrûr

culcusc ; je l'ai suspendue a votre lit depuis qucla: jours, je mus ai mU $OUi lu protection de la sainte

Vierge d'une manièrt t<>ui UUet et j'ai lé con-

fiance d obtenir votre COHVtTSioti par fOfl I0COSH

tte bonne Mère, bien certainement clic prie p <:o | ftjj da>: ce' moment. » Il ne K

les yeux; mais déjà la grâce opérait au dedans de lui, car il ne s'irrita pas, ce qui lui arrivait toutes les fois qu'on lui parlait de religion. La sœur profita de ce calme pour lui parler des miséricordes du Seigneur, et l'exhorter encore à regarder la médaille qu'elle venait d'attacher au pied du lit en dedans. Après plusieurs instances, il ouvrit les yeux et y regarda : « Je ne vois pas votre médaille, répondit-il à la sœur, mais une chandelle que vous vene\ sans doute d'allumer; oui, c'est bien une lumière. » C'était à cinq heures du soir, le i3 juin; son lit était placé de manière à ne recevoir aucune réverbération du soleil, et M. l'aumônier, après avoir examiné le local, s'assura qu'il ne pouvait en recevoir en aucun moment dans cette direction. « Vous vous trompe^, lui dit la sœur, regarde\ bien. » Il répéta avec beaucoup d'assurance : a Mais fy vois bien, et c'est certainement une lumière.* Etonnée au plus haut point, mais craignant que la vue du malade ne fût affaiblie, la sœur lui montra d'autres objets bien plus éloignés, qu'il distingua parfaitement, et il continua de voir cette lumière durant plus d'un quart d'heure. Pendant cet intervalle, la sœur lui parla du bon Dieu, et tout à coup il se sentit pénétré de crainte et d'amour. « Je ne veux pas mourir dans l'état où je suis, s'écria-t-il; avertisse^ de suite M le chapelain de venir me confesser. » Un des autres malades prononça tout haut un blasphème : « Oh ! faites donc taire ce malheureux qui jure, dit-il à la sœur; oh! je vous en prie, faites-le taire. »

od; pas f.\ médaille mu i 29

J lis encore^ dit ici M. L'aumônier, /

et les effets de c-i7/t' médaille; je la cornu je la regardais comme une médaille ordinaire* On vint me dire que ce malade me demandait ; j'accourus ix. et je vis par moi-même un changement complet dan^ rttiments.Je le félicitai et Venc

ra( :ns connaître le principe de ce changement^

et je m'empressai de lui demander s'il desirait secon- . et il n'y mit point de délai; feus lieu d'admi- • bonne VOÏ i le plaisir qu'il manifestait à

me revoir toutes les te je retournais auprès de

lui. Je voulus le faire expliquer lui-même, lui demandant s'il n'a înt par complaisance, ou pour te débarrasser des sollicitations dont il était V objet depuis longtemps* — Non, me répondit-il, je us demande, parce que je veux sérieusement me

c tir de l'état de yeehe. Dés ce moment

on ne vit plus en lui Le même homme. Amant jusque-là il avait été difficile, brutal et scandaleux, autant il devint facile, patient, doux et édifiant dans ses parole ■ Il d ira et deman

crement l'y disposa; il les reçut avec une

; bien vive, et ne pouvait entuiti primer

eur. Il soutirait horriblement, et pourtant

1 ne le vit plu- al moment dans L'impatience

ni la mauvaise humeur. Ainsi continua-t-il de donner

.[ les pr d'une

vraie COI bonheur él

religieux, et je pourrais dire tout à fait dévots, dit M. l'aumônier, Jusqu'à son dernier soupir, qu'il rendit le 27 juin i833

Nota. Ces détails nous sont certifiés véritables par M. Yver Bordeaux, chapelain de l'Hôtel-Dieu; par es sœurs de la Charité; par la femme Bidon, malade; Julien Prével, infirmier; Royer (Jean-François), militaire au 7» de cuirassiers; et Marie Favry infirmière , tous témoins oculaires , avec un grand nombre d'autres militaires partis de cette ville, lorsque nous demandâmes la relation authentique de ce fait. l

GUERISON

UE MADEMOISELLE AUKELJE B*** ( PARIS ).— I cS - .

CONSTATÉ

Le récit de cette guérison nous fut adressé par la personne elle-même, au mois de mai i834.

«Je fus atteinte le 3 novembre ,833 d'une fièvre typhoïde pour laquelle je fus traitée par un habile médecin et par les sœurs de charité, qui n'épargnèrent rien pour ma guérison. Au bout d'un mois on parvint à mc mettre cn ém de prendre ^ ^

nourriture, et j'eus le bonheur de pouvoir assister à Ja sainte messe, et de faire la sainte communion le lour de 1 Immaculée-Conception. J'étais cependant

OH: PAR LA Ml DAILLE Mil I .M

-faible, et il m'était impossible de m'appliquer i

rien. Dans cette espèce de défaillance, je pris un peu de chocolat, mais aussitôt la fièvre me reprit et redoubla tous les jours jusqu'à Nbél. \: >rs le médecin dit qu'il n'v avait plus d'espoir. On me tit voir a un autre médecin qui, m'ayant auscultée, déclara que j'étais poitrinaire au dernier degré, qu'on pouvait cependant t r de quelques vésicatoires; ceux-ci

ne produisirent aucun effet. Le - 7 décembre, les médecins me trouvèrent dans un très-mauvais état, et dirent aux sœurs que la mort avançait à grands pas. Du reste, j'étais froide depuis deux jours. Je tus administrée le même jour à six heures et demie; sur les neuf heures, oïl crut que j'allais rendre le dernier soupir. 1 .1 coup, une de nos bonnes sœurs qui était auprès de moi eut la pensée de mettre sur la médaille: je la bai BC beaucoup de

. et je me trouvai mieux. Le lendemain

malin, le mo; nie de mon état qui

s'améliora au point qu'au bout de deux jours il ne me :t plus de fièvre. J'avais un grand appétit, je reccupation puis je me trouve

en parfaite santé. Je ne doute pas, monsieur, que je ne doive ma guéri e, ma 1

.r pour elle semble avoir redoubl

plus grand bonheur c ^on

de m .crer a I une

munaui nt de bien touchants

tublil '.nue .

l32 GRACES EXTRAORDINAIRES

Jésus; et c'est de sa protection que j'attends l'accomplissement de mes desseins.

« Votre très-respectueuse...

« Aurélie B***. »

Nota. Les neuf sœurs de rétablissement nous ont confirmé la vérité de tous ces détails, et l'un des deux médecins n'hésite point à déclarer cette guérison surnaturelle.

Au reste, cette jeune personne est depuis lors dans un état de santé parfaite. Ses vœux sont accomplis : rimmaculée Marie lui a aussi obtenu la grâce d'être admise dans la communauté qu'elle désirait. C'est pourquoi nous ne nommons point celle-ci.

GUÉRISON d'une religieuse (paris). — 1834»

CONSTATÉ

(Ce trait est connu de bien des personnes; cependant, pour éviter le trop grand nombre de visites, madame la supérieure nous prie de ne pas publier le nom de sa communauté )

Une jeune religieuse, de vingt-sept ans et demi, et

professe depuis huit ans dans un ordre spécialement

consacré à la sainte Vierge (Paris), avait été retenue à

l'infirmerie par diverses sortes de souffrances pendant

:e de cinq mois. Au moment où elle espérait

UTTT,

OBN Ml n PAS LA MÉDAILLE

entrer en conv idem des plus -

se manifesta : Vos de 1 lliche se d(

retira, la jambe tut attaquée de paralysie, et la malade un mui> sur son lit sans é] r aucun soula-

gement des remèdes humains. Deux médecins et un chirurgien l'étant consultés à plusieurs reprises, profèrent que le déplacement d< (tait cause par humeur irritante, qu'ils ne répondaient pas

I de la malade, même en employant les

. et qu'elle resterait boiteuse

et douloureux traitement. Cependant

celle-ci recourait à la sainte ' mme une Bile

une mère : une religieuse de sa maison lui

avait rté une de ces médailles, qu'on lui avait

îmc miraculeuse; l'ayant re

:e, elle li mmença. le

samedi i,r m . une neuvaine à l.i sainte

Vierg I [UC la malade prenait étaient

. elle perdit le sommeil et • • Elle était travaillée d'une grande ti^ vidant, ayant pris un pende l vins la nuit

du vendredi suivant v elle fut tout a c

: cillée par une commotion douloureuse qui •

Mit les > leur place: la jambe, raccourcie d'en-

i presque au ni

l'autre, et r rce naturelle. Dans leui

le lendemain matin, ! lecins turent ;

nièrent cependant de ne point

mal le dimanche, demi de la

vaine, ld guérison parut avec éclat. La religieuse se leva sans difficulté, et courut, sans aucun soutien, baiser les pieds d'une statue de Marie placée sur la cheminée de l'infirmerie; puis, revêtue de ses habits et accompagnée de la mère infirmière, elle descendit une douzaine de marches pour aller adorer le Saint- Sacrement; ensuite elle se rendit à la communauté, où madame la supérieure avec ses mères et ses sœurs réunies lui donnèrent le baiser de félicitation. Cette touchante scène fut terminée par la récitation du Te Dewn et du Sub tuum. Il ne resta, pendant quelques jours, à cette religieuse, qu'un peu de faiblesse, et encore ne la ressentait-elle que dans la jambe qui n'avait pas souffert, ce qui provenait de ce qu'elle avait été alitée pendant six mois.

Deux des médecins reconnurent avec toute la communauté qu'il y avait là une faveur surnaturelle. L'un d'eux a même déclaré, dans un certificat du 4 mai 1834, que, sans vouloir caractériser un fait aussi extraordinaire, il observe que dans cette circonstance il y a eu . i° luxation spontanée; 20 réduction spontanée, trois jours de convalescence; et que ces deux dernières circonstances sont pour lui sans exemple dans les fastes de la chirurgie.

Depuis lors, la religieuse n'a plus ressenti aucune atteinte de cette infirmité.

G DÉ P ISO N

M. L'abbé Bégin, témoin oculaire de cette guérison, opérée dans rhospice Saint-Maur dont il est l'aumônier, eo dressa un procès-verbal dans lequel il esi taté : i que la * était dans un état d'infir-

mité réelle; 2' qu'elle tut guérie le 14 mar

3* qu'elle déclare n'avoir employé que la médaille et la prière ce pr erbal est signé de cent personnes

dudit hospice.

« Madame ('.. Il*", veuve (i"\ ;ée de ixante-

:11s, admise en qualité de pauvre dans l'hospice

3 lint-Maur, était, par suite d'une chute survenue

le ~ août : dans un tel étal d'infirmité qu'elle

ne marchait que très-difficilement, à l'aide d'une

béquille, et que le secours d'un bras étranger lui

était souvent : ire. Elle ne s'asseyait qu'avec

peine, et ce n'était qu'avec plus de peine en qu'elle parvenait a se relever. Monter un escalier était pour elle une chose extraordinairement difficile;

elle n'en venait 1 se cramponnant i

ce qui lui offrait quelque prise. Il lui était absolument impossible de se baisser.de se mettre a gen déplier la jambe gauche, principal siège dtl mal

elle ne pouvait s'en servir qu'en la traînant.

« Telle était l.i triste situation vie la malade d

remiers jours de mars \t I it une heu-

ï 36 GRACES EXTRAORDINAIRES

reuse nouvelle fit briller dans son cœur un rayon d'espérance. On lui avait parlé, au mois de janvier de la même année, d'une médaille que Ton disait miraculeuse, portant empreinte, d'un côté, Marie écrasant la tête du serpent infernal , et répandant à pleines mains des grâces figurées par des rayons avec l'invocation : O Marie conçue sans péché, prie^ pour nous qui avons recours à vous, et de l'autre, les SS. Cœurs de Jésus et de Marie, et la lettre M surmontée d'une croix. On lui parla aussi de quelques-unes des merveilles qu'elle avait opérées Dès lors elle sentit naître et nourrit dans son cœur le consolant espoir de trouver quelque soulagement dans l'usage de cette médaille qu'on lui avait promise. Sans cesse elle soupirait après le moment heureux où il lui serait donné de la posséder Que le temps parut long à l'ardeur de ses désirs! Ils furent enfin accomplis. Le 6 mars, elle reçut comme un présent du ciel la médaille tant désirée, et s'empressa de se disposer par le sacrement de pénitence à la faveur qu'elle attendait. Le lendemain, premier vendredi du mois, elle commença par la sainte communion une neuvaine aux SS. Cœurs de Jésus et de Marie Vingt fois le jour et la nuit elle pressait sur ses lèvres la médaille qu'elle portait suspendue à son cou Cependant le Seigneur mit sa foi et sa confiance à une nouvelle épreuve durant plusieurs jours de sa neuvaine Ses douleurs augmentèrent beaucoup, mais elles ne firent que fortifier sa foi et affermir sa confiance, et bientôt le plus heureux

O!'.' PAS LA KÉDAJ

iltat fut la récompense des prie: livre

femme.

« A peine sept de ces précieux jours s'étaient-ils écoulés, qu'elle fut délii louloureuses infir-

mités dont elle était si cruellement travaillée depuis sept mois. Je ne saurais vous dépeindre nement

et l'admiration dont chacun fut frappé en voyant, le 14 mars au matin, cette personne, si impotente en- la veille, marcher avec une extrême facilité sans

aucui urs étrang touiller,

monter et descendre ; et tout le

Je de crier au miracle, d lifier mutuellement

d'une ^uer: prodigieuse, et tour a tour de 1

lîcîter de CCI BUr et de rendre g1 a Dieu et à

Marie. Madame h supérieure, qui lui avait prodi

ue journalier 'Telle était in-

firme, et qui avait pour ainsi dire chaque jour été

in de h'^ souffrances, voulut qu'un Te Deutn fut

chante par la Communauté tout entière dans la chapelle de la maison, et célébrât solennellement e extraordinaire.

/'. S. J'oubliais de vous dire que la veUV< ii"' erve to ■ libre de ton a membres

et ne lent pi us de son ancienne infirmiu

\ ici M ; eur jugea a pi iter

au ; -verbal dont on vient de lire l'extrait :

\ ' peut et doit êtn

M. Vabbè .

r 38 GRACES EXTRAORDINAIRES

de tant de personnes qui ont tout vu de leurs propres yeux, et qui en ont parlé en conscience sans autre intérêt que la vérité

« Châlons, le 0 0 mai 1834.

« •}• M. S. F. V., Evêque de Châlons. »

CONVERSIONS

DE M. DE CASTILLON, CAPITAINE DANS LE 2 1e LEGER, ET D'UNE FEMME. — 1834.

Extrait d'une lettre de la Sœur C*** (Hérault) à M. E***.

« 1} novembre 18^4.

« Il est du devoir des enfants de faire glorifier leur mère, et c'en est un bien doux pour moi de vous faire connaître deux traits de l'immense bonté de Marie conçue sans péché :

« Le premier regarde un militaire malade dans notre maison. Quoique nous eussions eu déjà plusieurs exemples de conversions opérées par le moyen de la médaille sur des militaires jusque-là fort obstinés, nous n'en avions pas vu d'aussi frappant. M. Frédéric de Gastillon, âgé de trente-cinq ans, capitaine dans le 21" léger, entra à l'hôpital le 29 avril, atteint de paralysie du côté gauche, et au dernier degré de phthisie Nous l'avons gardé fort longtemps, son état était alarmant; mais comment oser parler religion à un jeune militaire qui se faisait gloire de n'en point

OE: l.\ MEDAILLE Mtn vct'LFJ -

avoir; Je me contentais encore d'étudier les pn . du mal: j'avais soin de me tenir s ub :oso au courant de son état, et j'essayais par; lui faire connaître

le danger; mais inutilement. Ufl jour OÙ il -tait plus mal. et OU je pouvais le voir seul, je me rendis au-

de lui, et me hasardai à lui demander s"i] était catholique. « Oui. ma sœur. - me répondit-il en me

rdant fixement; je le priai alors d'accepter une médaille, de la porter, et d'invoquer fréquemment

Marie Immaculée : je lui dis que j'étais convaincue que, s'il le faisait avec foi, cette bonne Mère lui obtiendrait le ml il avait besoin pour supporiouleurs avec patience et avec mérite. Il la reçut avec reconnaissance, mais sans vouloir jamais

tettre sur lui.

a Cependant notre confiance en la sainte VU

liminua pas. surtout quand nous la lui vîmes placer à côté de son lit. I ir de la salle eui

soin d'en taire mettre une autre dans la toi le de

oreiller. Plusieurs jours se passèrent-, les forces du

ide diminuaient de plus en plus, et d^ tprès

ir tente en vain, a plusieurs reprises, d'obtenir

son consentement pour la visite d'un prêtre, le i 5

. a l'instant même ou l'on vint me dire qu'il ne Brait peut-être pas la nuit, je lis prier i:

siasiique de venir, et je l'introduisis auprès de lui. uvames très-mal en effet, mais tOUJ

inflexible Je me retirai après quelques moi

le lai tritable prêtre qui n'en put

du reste rien tirer que cette parole désespérante : « Laissez-moi tranquille : demain je serai mort, et « tout sera fini. » Il lui fallut donc le laisser, mais vous sentez avec quelle peine. Cependant nous redoublions d'ardeur à invoquer la Vierge Immaculée, et cette bonne Mère ne tarda pas à changer le cœur de notre malheureux malade.

« Dès le jour suivant, il demande au médecin qu'il lui dise sans crainte ce qu'il pense de son état, s'il le croit mortel, parce qu'il veut mettre ordre à ses affaires; et le soir, aussitôt que la sœur de la salle entra, il lui dit avec beaucoup de calme et de repentir : « Oh! que je suis fâché d'avoir si mal reçu « madame la supérieure et le respectable ecclésias- « tique quelle m avait amené! Faites-leur-en bien « mes excuses, je vous en prie, et qu'ils viennent me « revoir. » Vous sentez que je ne perdis pas de temps. Le lendemain matin ils entrèrent en matière, et pendant neuf jours que M. de Castillon vécut encore, l'aumônier fit des séances de deux heures plusieurs fois par jour. Après la première confession du malade, un officier de ses amis étant venu le voir : « Si vous <( étie-{ venu quelques moments plus tôt, lui dit M. de « Casrlllon, sans respect humain, vous m'aurie^ trouvé « en bonne compagnie ; j'étais avec M. le curé, et je <(. suis on ne peut plus content. * Il eut le bonheur de recevoir tous les sacrements, avec des sentiments admirables. Voici ses dernières paroles, il pria ce monsieur de les écrire : « Je meurs dans la religion

On: par LA MÉDAILLE MIKACI : 141

1 de un . je l'aime et la révère : je demande

1 humblement yard' m à Dieu de ne l'avoir pas t >lf- « jours pratiquée publiquement. Ex il expira dans

la paix du Seigneur, Le >3 octobre

« Voici le second lait Depuis dix-huit ans une femme vivait, au grand scandale de tout le monde, avec un malheureux qui avait lui-même abandonne

m femme et mfants. Elle ajoutait à sa mau

conduite une impiété peu ordinaire, affichant partout qu'elle ne croyait ni a Dieu, ni à Tente: moquant de tout ce que la religion a de plus sa

Quoique dangereusement malade, elle protestait que jamais elle ne Qfesserait. La s lut V". yant

son mal empirer horriblement et sa fin approcher, eut recours a la sainte Vierge, lui mit la médaille au cou. et commença une neuvaine pour obtenir sa Conversion par le secours de celle qui nous montre de plus en plus tOU9 l« jours qu'elle est notre Mère, et une mère de miséricorde. Vers le milieu de la neuvaine, cette pauvre malheureuse se trouve toute changée, tait sa confession, renonçant bien pour toujours au malheureux qui L'avait perdue, et manifestant autant de douleur de sa vie p 1 ta nt de [u'elle avait jusque-la affiché d'impie; . :isieur, ce dont j'ai cri.

taire part pour L'édification r la gloii M irie. 1' •:; - Qt et di

Nota. Ces deux traits nous confirment bien ce que dit saint Bernard, qu'on n'invoque jamais Marie en vain; mais quel malheur pour ceux qui refusent son secours! Une personne très-respectable nous a rapporté qu'un malade à qui elle avait donné la médaille, et sur qui la grâce commençait à agir, voulut tout à coup qu'on la lui retirât, disant : « Ça me fait mal, je « ri y tiens plus. » Elle la lui retire pour l'apaiser, et il expire aussitôt sans aucun sentiment de conversion. Ceci s'est passé sous les yeux de cette personne, octobre 1834.

CONVERSION ET GLERISON DE MADAME PERON, ET GUERISON DE SA FILLE. — 1834.

CONSTATÉ

Nota. C'est madame Péron elle-même qui nous a donné tous ces détails. Elle demeure à Paris, rue des Petites-Ecuries, n° 24. Nous donnons son propre récit, écrit sous sa dictée et en présence de la sœur qui la visitait dans sa maladie, le 26 février i835 :

« J'étais malade depuis huit ans et affligée d'une perte de sang très-considérable; je souffrais beaucoup et presque continuellement. J'étais sans force, je prenais peu de nourriture, et le peu que j'en prenais ne faisait qu'augmenter mon mal, qui peu à peu achevait de m'épuiscr. Je ne me souviens pas d'avoir eu pendant ces huit années plus de huit jours entiers de

PAR l.\ MÉDAILLE Mil . îqj

relâche : le reste du temps je Le passais souvent au lit.

sans pouvoir me livrer au travail nécessaire pour aider mon pauvre mari à nourrir sa famille : il m'est même arrivé de demeurer alitée pendant dix-huit moisuite J'ai consulte plusieurs médecins qui mepre

ordinaires dj le mala-

nsque j'aie reçu de soulagement notable. I mari ne pouvant suffire à tant de dépenses, et ne de terme à mes maux, perdait courage et

lier au de ' iant,

quelques personnes charitables cherchaient à l'encou-

/.' ne faut pas vous désespérer comme vous

faiteSy m n pauvre Bourbonnais, il faut montrer du

caractère; votre femme est bien malade, nuis elle

1 en reviendra, et vos amis ne vous abandonneront

n- moi, voyant que les remèdes ne produisaient aucun effet, et que nousdépc mmoins ICOUp d'argent, je renonçai aux médecins : je t'u^

aucun, ne m'attendant plus qu'à mourir lentement.

u Lnc de mes voisi . . ;ui connaissait bien ma

position, vint un jour me voir, et me dit qu'il ne

fallait pas [n'abandonner ainsi, que je devais de n0U-

. taire venir un médecin. Je lui manifestai mon

OppOsiti r la raison que nous n'avions pas de

: payer les vi Elle me yv l'ap-

I irité. Je lui G - ol jue,

(qu

priver de secours de plus malheureux que moi. Cette bonne dame insista, et je la laissai faire.

« Le lendemain je reçus la visite de ma sœur Marie (de la paroisse Saint-Vincent-de-Paul), qui me procura quelques secours, m'encourageant à supporter mes souffrances, et me consolant de son mieux. Je peux bien dire que le bonheur est entré dans ma maison avec cette bonne sœur. Elle m'envoya bientôt un médecin qui, après avoir examiné et apprécié ma position, lui dit, comme je l'ai su depuis, que j'étais perdue, qu'il fallait m'envoyer à l'hôpital, pour épargner à ma famille le spectacle de ma mort, et que j'avais peu de temps à vivre. En apprenant cette nouvelle, ma sœur Marie crut devoir s'occuper plus spécialement du salut de mon âme. Je n'étais pas ennemie de la religion, mais je la pratiquais assez mal : j'allais quelquefois aux offices de la paroisse, quand mes souffrances et mes occupations me le permettaient; cependant, je le dis à ma honte, il y avait bien des années que je ne fréquentais plus les sacrements. Quand la sœur me demanda, après plusieurs autres questions, si j'allais à confesse, je répondis non, en rougissant. Elle m'exhorta à le faire, et je lui dis : « Je « me confesserai quand je serai guérie. » La bonne S'jcur, peu satisfaite de ma réponse évasive, m'engagea de nouveau à recevoir un prêtre, a Ma sœur, répli- « quai-je, je n'aime pas à être persécutée pour ces rtes de choses : quand je serai guérie, j'irai à confesse. » Je vis bien que cette réponse faisait de la

HM'h PAS LA MEDAILLE MIRACULEUS 14?

pein 1 L-ur, qui ne laissa pasde me continu-,

visi: es soins. Cependant mon mal empira. La

nuit du samedi au dimanche c'était au commencement d'octobre i83^ . pavais tout le corps glac . on esa tyi vainement de me réchauffer : c'était comme le froid de la mort qui m'avait saisie. On parlait de réciter sur moi les Prières des agonisants; j'entendais

une partie de ce qu'on disait, sans pouvoir parler moi-même. Comme pétais si mal, mon mari dit à ma fille aînée de se coucher, et lui-même, me croyant plus tranquille parce que je respirais faiblement, se jeta sur un lit, tout habille, pour s ter un peu;

Étant levé quelques instants plus tard, il vint main sur ma : >u il trouva

une sueur I [ui le lit frémir. Il me crut morte

et se mit a crier : 1 Euphémie c'est \c nom de ma u fille aînée), Euphémie, quel malheur! ta mère

1 morte. Euphémie se leva, et se mit a crier comme son père. Leurs cris éveillèrent madame Pellevé, ma ::ie, qui vint ! .1/; madame} lui dit

•< mon mari en fa voyant, ma femme est morte.

Kpri t conformer a la i olom

Dieu, cette dame s'approcha de moi, et avant mis tain sur mon e-eur Y •:. \ ria-t-elle, clic

1 n'est pat m n ectur bat encore, i Ils allu-

mèrent du feu et me réchauffèrent un peu.

« Madame Pellevé alla d i matin raconter

tout cela a la sœur Marie, qui elle-même courut le médecin, i // n'j' a rien là qui m

I j.f) GRACES EXTRAORDINAIRES

« répondit-il, cette dame a deux maladies incurables. « Outre ses pertes de sang, elle est poitrinaire au « dernier degré, comme je vous l'ai déjà dit, et si « elle n'est pas encore morte, elle ne passera pas la ajournée. » J'avais en effet la poitrine bien faible depuis longtemps, et tous les médecins, réunis en consultation, avaient toujours déclaré que je ne guérirais pas.

« A deux heures de l'après-midi, je reçus la visite de ma sceur Marie, qui me trouva un peu moins mal. Je parlais. « Aimez-vous bien la sainte Vierge? » me dit-elle. — Oui, ma sœur. » En effet, j'avais toujours eu quelque confiance en cette bonne M'ère. « Si vous « l'aimiez bien, je vous donnerais quelque chose qui « vous guérirait. — Oh! oui, je serai bientôt guérie»; je voulais parler de la mort, car je sentais que je m'en allais. Alors elle me montra une médaille et me dit • « Prenez cette médaille de la sainte Vierge qui « vous guérira, si vous avez une grande confiance. » La vue de cette médaille me réjouit; je la pris, et je la baisai de bon cœur, car j'avais bien envie de guérir. Alors la sœur me récita tout haut la petite prière que je ne pouvais point lire, et m'engagea à la répéter tous les jours; je promis d'y ajouter cinq Pater et cinq Ave Maria; ensuite elle me mit la médaille au cou. Au même instant, il se passa dans moi quelque chose de nouveau et d'étrange, ce fut une révolution générale dans tout mon corps, j'eus la chair de poule à tous les membres. Il n'y avait pourtant rien de

0B1 ''\!< LA MEDAILLE Mil sF. 147

pénible, au contraire, je me mi lar-

mes de joie. Je n'étais : ..rie, mais je sel

je pouvais guérir, et pavais une confiance qui ne venait pas ,1e moi.

Ma i eur Marie me laissa dans cet état; quand elle fut partie, mon mari, qui était reste immobile au pied de mon lit, me dit : « Il faut mettre toute ta i confiance eu la sainte ViergCi notiS allons tous faire « la neuvaine pour toi. , Vers le soir, je pus me soulever moi-même dans mon lit, ce qui n'étonna pas peu. Le mardi je demandai un bouillon, qu'on me donna enfin, et yen de temps après, je pris une Mes

venaient, je n guérie. Enfin le jeudi,

je voulus aller a L'église pour remercier la sainte

Vierg l'y opposa, mais j'insistai et on me 1

taire. Chemin taisant et étant seule, car je ne voulus pas qu'< :i m'aCCOmp je rencontrai ma sœur

e qui ne me voyait pas. Je lui pris la main : a Comment , me dit-elle, c'est vous! — Oui, ma

îr, c'est bien moi. je vais a la messe, je suis rie. — 1m qu'est-ce <l>n^ qui vous a guérie si « vite? — ('/est 1* sainte Vierge, et je vais la remer- « cier, I I eur n'en revenait pas d'etonneme: lui racontai comment cela l'était tait doucement eu moins de trois jours, et je me rendis a 1 entendre la I I IVC plus

rien de mes mau\, je jouis d'une bonne lanf

is en journée, et C1 la médaille

miraculeuse que l'en suis red<. ibl

]j.,X GRACES EXTRAORDINAIRES

Ce n'est pas seulement la guérison du corps que la sainte Vierge obtint à madame Péron, elle a aussi guéri son âme : elle se choisit aussitôt un directeur, se confessa et continue à le faire depuis; sa vie est même très-édifiante. Comme elle a un grand regret devoir vécu si longtemps éloignée de Dieu, elle trouve son bonheur maintenant à s'approcher souvent des sacrements; deux choses lui arrachent bien des larmes : le souvenir de sa vie passée, et la reconnaissance pour sa double guérison.

Ce n'est pas tout : la sainte Vierge paraît avoir choisi cette famille pour faire éclater sa puissance. Madame Péron a une fille, âgée de seize ans, qui depuis la guérison de sa mère s'est donnée à Dieu d'une manière toute particulière, employant aux exercices de piété tous les moments que lui laissent ses occupations, édifiant ses compagnes dans la confrérie de sa paroisse tant qu'elle a pu en faire partie : car elle habite un autre quartier.

Le père aussi fut vivement touché des prodiges opérés sur sa femme; il porte la médaille, et en a éprouvé d'heureux effets.

Madame Péron a encore une petite fille, âgée de six ans et demi, qui avait une grande difficulté à parler, ou plutôt qui ne parlait pas, bien qu'elle ne fût pas muette. Elle avait la langue si embarrassée, qu'elle ne finissait presque jamais un mot, déconcertant les plus patients. On la plaignait d'autant plus qu'elle était fort intelligente : « C'est bien dommage qu'elle ne

Su i : ^l

or PAS I.v KÉDAILL1 WRACC1 1 40

parle pas . disaient toutes les personnes témoins Je son infirmité. Quand la sœur Marie vit cette petite tille : Pourquoi ne l'cnvoyez-vous pas a l'école, ditelle a M mère, au lieu de la Laisser la dans la maison tout le jourr — \ : comme elle parle , repon-

dit la mère qui n'aimait guère à la taire connaître.

pendant elle se rendit à l'invitation de la s eur, et la petite Hortensealla a l'école chez Les sœurs de la paroi S difficulté était toujours la même, il lui fallait cinq minutes pour prononcer la moitié d'un mot. Q lelques jours après, la sœur Marie, qui plaignait

lUCOUp cet entant, parla à sa mère d'une neuvaine

îr obtenir i : ■ Comment t ma sœur,

Hortenst guérir! c'est impossible^ c'est un défaut de naissance! La sa ir entait pressée de plus

en plus, et elle insista. La neuvaine fut commem c'était un samedi ; elle consistait à entendre tous la sainte messe et a reciter quelques prières

à la sainte Vierge. On mit la médaille au cou de

Ul petite qui devait suivre toute la neuvaine. I premiers jours, point de changement; mais le jeudi, en sortant de la messe du Saint-Sacrement, Hoiteil

SI distinctement et avec autant d'aisance que qui que ce suit. Les premiers qui l'entendirent

en étaient dans L'admiration; le bruit s'en répandit, on venait d ur la voir, on l'inter-

na repondait; oo regardait si c'était

naissait, cl 011 s'en retournait en disant : < .1 la bonne hem un

bon miracle; une guérison subite, et d'un défaut de naissance! »

La petite Hortense, aimant à montrer sa médaille, s'en allait disant à tous ceux quelle connaissait ou qui la félicitaient : « La sainte Vierge ma guérie. »

En actions de grâces d'un si grand bienfait, on eut Tidée de consacrer l'enfant à Marie, ce qui fut fait le jour de la Présentation (21 novembre), dans la même chapelle où avait eu lieu la vision de la médaille; et arin de perpétuer la reconnaissance, on résolut que jusqu'à sa première communion, l'enfant ne porterait que des vêtements bleus ou blancs. Avant cette cérémonie, elle se confessa avec un vif sentiment de l'importante action qu'elle allait faire. Quand on lui demande si elle aime la sainte Vierge : « Oh! oui, répond-elle, je l'aime plus que de tout mon cœur»; expression inventée, ce semble, par la seule plénitude de sa reconnaissance. Elle tient tant à sa première médaille de cuivre, qu'elle ne l'échangerait pas contre une médaille en argent ou en or, et veut qu'on la mette avec elle dans sa tombe, quand elle mourra. « Nous espérions, Hortense, lui disait dernièrement son père qui trouve toujours un plaisir nouveau à l'entendre parler, nous espérions que, lors de ta mort, tu nous laisserais ta médaille comme un souvenir de toi, et comme une relique de la sainte Vierge. — A la bonne heure, papa, si cela te fait tant plaisir, mais pourtant j'ai bien promis à la sainte Vierge, le jour de ma consécration, que la médaille

Ois • I ? I

ne me quitterait plus, et que je L'emporterais moi dans la lomfa ad je mourrai. »

publions tous rails avec l'approbation

rttt famille toute remplie envers Marie Immacul'une reconnaissance toujours croissante.

leui faits ont été confirmés par neut autres

persom

CONVERSION

MILITAIRES (HOTLl. I —

ta, I . ces détails si p a édifier, et qui

ont produit d'heureuses impressions sur plusieurs jeunes gens, nous ont ete donner et certifiés par la sœur Radier et la lœUT Pourrai qui, chargées de cettesalle, en ont ete témoins, et dont la divine misericorc. , ervie pour opérer ce prodi.;

N lleS înt- Vincent, n 20, hôtel r

des Invalides, Paris un militaire qui crachait le sang

depuis environ sii mois, et menaçait de mourir bien-

urine. Il était naturellement bonnet ible aux soins qu'on lui \ lit, nuis il ne

inait aucun de reli. imeurs étaient

Ut le monde il vivait I mal

« Il ne parait ce] ic la toi fut tnûi -

mer. ^ son ocur : car un autre ma!

son voisin, étant sur le point de mourir et refusant de se confesser, il l'exhorta lui-même à le faire, et contribua même beaucoup à l'y déterminer. Hélas! son tour à lui de mourir devait bientôt arriver : nous le voyions décliner tous les jours, il dépérissait visiblement sans parler toutefois de recevoir les sacrements. Comme il avait engagé son voisin à remplir ses devoirs de religion, nous espérions qu'il les remplirait lui-même sans y être invité, ou du moins qu'il se rendrait à la première invitation. Mais, loin de là, il résistait obstinément à nos exhortations en disant : « Je suis honnête homme, ma sœur, je ri ai ni tué, ni « volé. — Soit, mais encore, répondions-nous, nous « avons tous besoin de la miséricorde de Dieu, il n'y « a personne qui ne soit pécheur. — Ecoute^, ma a sœur, après tout, laissez-moi tranquille, je vous « prie. »

« Cependant il se voyait mourir depuis quelques jours, et disait tout haut : « Je suis un homme perdu », et cette pensée paraissait l'affliger. Un jour, c'était le vendredi, 26 novembre, son mal changea tout à coup, il devint malade au point de nous faire craindre qu'il ne vît pas la fin du jour; et ne pouvant rien obtenir de lui, nous avertîmes de son état et de ses résistances à nos invitations M. le vicaire, qui alla le voir. Notre malade ne le" reçut point mal, mais il lui dit pour se défaire adroitement de lui : « Je connais M. le curé. » M. le curé alla le visiter quelque temps après, et eut avec lui un assez long entretien; en le quittant, le

LA MEDAILLE IDO

blc ci zélé pasteur vint nous voir, et nous dit : i Votre malade est bien bas, et je n'ai rien obtenu de

i lui : à la vérité je ne l'ai pas trop p de peur

i qu'il ne me dit non, et qu'il ne voulût pas revenir ensuite, comme beaucoup d'autres quand ils ont dit i un non positif'.

Le même jour, une dame qui le connaissait, vint ir, et L'exhorta à m rapprocher de Dieu. ! inutilement; et. pour lui faire i exhor-

Je connais M. le curé, lui dit-il, il est ;a venu nie voir, et doit revenir ee soir. M. le curé revint en effet le soir comme il Pavait promis, le malade, en le voyant, sauta de son lit pour lui faire voir qu'il n'était pas si malade, et qu'il n'y avait rien de presse pour la confession. M. le curé, véritable Samaritain, lui rendit tous les petits services qu'il put, en le remettant dans son lit, et voulut même lui panser son vésical près quoi il lui parla en<

il ut, mais res une heure

de conversation, il vint nous trouver, et nous dit : Je

Mti.s bien affligé, je n'ai rien obtenu du malade, et j'ai

triant /dit tout ee que j'ai pu. NOUA demandâmes

i M. le cure s'il faudrait l'appeler durant la nuit, au

ai le malade serait plus mal : Je CTOÙ, QOU

ndil M. le cure, qu'il faudra le laisser tranquille,

i s'il ne me déniai: I peu plus tard, l'une

lui parla ( M L \ icairc qui

• icha, entr i 1ère, se mit a jurer, et il

fallul le laisser tranquille , mal .

chagrin de le voir sur le point de paraître devant Dieu en de si mauvaises dispositions; car nous étions d'autant plus désolées, que déjà il avait le râle et ne nous paraissait pas devoir passer la nuit. C'est alors que ma jeune compagne me dit : « Oh ! ma sœur. « ce sont peut-être nos péchés, comme nous dit saint « Vincent, qui sont cause que ce malade ne veut pas « se confesser. » N'attendant plus rien du malade, la sœur Radier tourna ses espérances vers la sainte Vierge; pendant son oraison du soir, il lui vint la pensée de la médaille, et elle se disait à elle-même : « Si nous lui mettions la médaille, peut-être que la « sainte Vierge lui obtiendrait la conversion », et en même temps elle se proposa une neuvaine. Après l'oraison, elle dit à sa compagne : « Alle\ voir le « malade, et mettez-lui la médaille, peut-être que « la sainte Vierge nous exaucera. » Celle-ci partit aussitôt et trouva le malade levé et dans une grande agitation, voulant aller aux lieux d'aisances , disaitil, mais tous les autres malades voyaient bien et disaient que c'était dans le dessein de se détruire. Par précaution, la sœur lui retira son couteau et tous les objets dont il aurait pu se servir pour son mauvais dessein, glissa la médaille entre ses deux matelas, sans qu'il s'en aperçût, et elle s'en revint fort triste, en disant : « Prions beaucoup la très-sainte « Vierge, car je crains bien que cet homme ne se « tue pendant la nuit. »

i Le lendemain, aussitôt après notre lever, avant

OBi PAR l\ m DÀILLE I 73

m en: ir vu la S eur qui avait veille, l'uru

nous se hâta de visiter notre pauvre malade, et non sans de vives appréhensions; mais il avait l'esprit calme, et il paraissait mieux. Elle lui demanda donc comment il se trouvait : Très-bien, ma s'eur, lui i répondit-il, fat une bonne nuit, j'ai bien

■ donni. ce que je n'avais pasfait depuis longtemps^

• et je me trouve mieux. » Comme la sœur se i étirait, il Tappela en lui disant : Ma sieur, mais je veux me

• eo>: oh ! faites-moi venir M. le cure ! — Yous-

er, lui dit la sœur, pre irde;

i n'allez pas faire comme vous avez tait hier tout le i jour; est-il bien vrai que vous le voulez sincère-

■ ment? — Oui, ma s. eur. foi d'honnête homme. a — Eh bien, puisque vous le voulez, j'irai chercher

M. le cure: il faudra bien lui dire t* - pèches.

i car on dit que vous n'a toujours bien vécu. ■

I se mit à dire tout haut ses plus grandes faut'. aucun respect humain et avec de grands

sentiments de componction; <>n avait même de la peine a le taire cesser. M. le cure arriva, et il lui lit >n, qui dura une heure. Ensuite, ui.

mt allée le voir, il s\ pio-

cher : Oh! ma sieur, gif*/ >ntent ! je nu

j a: l'absolution, fi .V. le cure doit f

nir . I > puis ma premi mmuru\

i aujourd'hui . \r le fins heureux de ma

Il parai iché, et exprimait Ufl

extraordinaire de recevoir le 1 Dieu. -vous

« ce que nous vous avons fait? — Qu'est-ce que c'est, « ma sœur ? — Nous avons mis entre vos matelas une « médaille miraculeuse de la sainte Vierge. — Ah! « voilà donc pourquoi j'ai passé une si bonne nuit, « répondit-il, aussi fat comme senti qiCil y avait « quelque chose, tant je me trouvais changé, et je ne « sais à quoi il a tenu que je n'aie pas cherché dans « mon lit; j^ en ai eu la pensée. » On sortit donc la médaille, et en la voyant, il la baisa avec respect et affection. « C'est elle, s'écria-t-il, qui nia donné la «force de braver le respect humain ; il faut la « placer à ma boutonnière, et je vais vous donner un « ruban pour que vous me V attachiez à côté de ma « décoration » (il avait la croix d'honneur). Le ruban qu'il avait offert d'abord étant déjà un peu passé : « Non, pas celui-là, ma sœur, mais celui-ci; la sainte « Vierge mérite bien un ruban neuf. » La sœur, voulant ménager sa faiblesse, lui plaçait la médaille de manière qu'on ne l'aperçût pas trop. « Oh! ne la « cache\ pas, ma sœur, dit-il; mettez-la à côté de ma « croix; je ne rougirai pas de la montrer. »

« Dans l'après-midi, M. le curé nous demanda comment nous trouvions notre malade. Nous lui fîmes part des bonnes dispositions que nous admirions en lui, et il n'en avait pas été moins édifié que nous. On se disposa à lui porter les sacrements; mais à la vue du saint Viatique, il fut si frappé et si pénétré, qu'il demandait tout haut pardon à Dieu des péchés de sa vie en détail, de sorte qu'il fallut le prier plusieurs

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