D'UNE JEUNE FILLE A CRACOVIE (POLOGNE
Extrait d'une lettre de madame la comtesse Lubinska.
« 12 mars 18J7.
u Je pris à mon service, le 20 décembre dernier, une jeune fille qui m'inspira le plus vif intérêt par
les excellentes qualités que je crus découvrir en elle. « Elle était chez moi depuis quelques jours, lorsqu'elle commença à souffrir de douleurs très-aiguës dans la tête; les remèdes que nous employâmes ne pouvant obtenir aucun succès, le médecin qui la traitait lui conseilla de s'adresser à la clinique, ne lui cachant pas qu'il supposait que ses douleurs provenaient d'une humeur qui coulait habituellement de ses oreilles et qui semblait se porter sur le cerveau, ce qui mettait sa vie en danger, ou tout au moins la menaçait de perdre la raison. Cette opinion paraissait d'autant mieux fondée, que lorsque cette jeune personne marchait vite, ou qu'elle se baissait, elle était forcée, pour soulager les douleurs qu'elle éprouvait, de renverser sa tête : ce qu'elle m'a assuré à plusieurs reprises durant le cours de la maladie. Ses souffrances continuelles l'engagèrent à suivre l'avis donné par le médecin, et à consentir, s'il le fallait, à se laisser trépaner. Je frémissais à cette seule idée, et j'engageai la malade à s'informer si un retard de dix jours pourrait avoir des suites fâcheuses. Sur la réponse négative du médecin, je fis cesser tous les remèdes, et je promis à la jeune fille la médaille miraculeuse. C'était précisément un samedi, jour où la malade observait un jeûne sévère par reconnaissance pour la très-sainte Vierge qui déjà l'avait miraculeusement sauvée d'un typhus mortel, après que sa mère l'eût vouée à Marie ; aussi avait-elle une très-grande confiance en elle; et comme je ne lui donnai la
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médaille que quelques heures après, j'ai su depuis qu'elle avait dit à une de ses amies, qu'elle pouvait à peine attendre le moment de recevoir la médaille promise, assurant qu'elle ne balancerait pas à la préférer à la somme de deux mille francs, si elle avait à choisir : et il est à remarquer que cette pieuse fille était fort pauvre. Pour faire éclater davantage le prodige de sa guérison, Je bon Dieu permit que ses souffrances redoublassent ce jour-là même, et malgré sa patience et sa résignation, elle craignait de ne pouvoir plus les supporter. Connaissant la vivacité de sa foi et de sa confiance, je crus inutile de lui donner de longs détails sur les heureux effets de la médaille; je la lui remis; en la recevant elle fit aussitôt le signe de la croix sur sa pauvre tête, elle répéta Tinvocation, et s'endormit au milieu des plus excessives souffrances. A son réveil elle se trouva parfaitement guérie, et depuis lors elle n'a plus éprouvé de douleurs, ni aucun symptôme de sa maladie.
« La miraculée, pleine de sentiments de la plus humble et de la plus vive reconnaissance, veut se consacrer à Dieu et embrasser la vie religieuse.
« Que Dieu soit mille fois béni, ainsi que l'Immaculée Marie, et puissions-nous faire un bon usage de tant de miséricorde ! »