‹ La médaille miraculeuseChapitre 36 sur 65 · CONVERSION D'UN M A L F A I T E U R · texte numérisé non relu

CONVERSION D'UN M A L F A I T E U R

Lettre de la supérieure des Filles de la Charité de l'hôpital de Beuthen {Pologne prussienne). — 1865.

Un jour on amena à l'hôpital de B... un jeune homme connu pour un très-mauvais sujet. Il arrivait en blasphémant, et comme le médecin avait prévenu la sœur qu'il n'avait plus que quelques jours à vivre, elle essaya de lui dire un mot pour le ramener à de meilleurs sentiments; mais il ne répondit que par des malédictions. La sœur finit un jour par lui dire : « Mon ami, puisque vous ne voulez pas m'écouter, je prierai ma sœur supérieure de venir elle-même. — Qu'elle vienne, répondit-il, quand elle me dirait de me pendre, je lui obéirai; mais pour ce qui est de me confesser, elle aura beau dire, je n'en ferai rien. » Ces mots furent suivis de tant de blasphèmes, que ce fut en sanglotant que la pauvre sœur se rendit auprès de la supérieure. « Lui avez-vous donné une médaille? lui dit celle-ci. — Une médaille, repartit la sœur, mais il la jetterait. — Eh bien, il faut la lui mettre sous son oreiller, et puis il faut prier, car parler c est inutile : dites-lui seulement de ma part qu'il n'est pas digne d'aller à confesse, et que je le lui défends. »

Dès que la sœur des malades fut partie, la supérieure se jeta à genoux et commença à dire et à répéter la belle prière : Souvenez-vous. Quelques

minutes s'étaient à peine écoulées, qu'elle vit revenir la même sœur versant, cette fois, des larmes de joie : « Ma sœur, dit-elle, il veut se confesser ; dès que je lui eus mis la médaille, après avoir récité pour lui un Souvenez-vous, je lui dis que vous lui défendiez d'aller à confesse. « Ah ! par exemple, dit-il, en se «levant sur son séant, je voudrais bien voir qu'on me « défendît cela ; dites à ma sœur supérieure quedemain « matin, à huit heures, je veux aller chez M. le curé. » Les sœurs étaient un peu inquiètes sur un acte auquel il avait paru se porter par esprit de contradiction ; mais en voyant revenir le pauvre converti tout baigné de larmes, leurs craintes se dissipèrent. Il venait de communier, et, demandant pardon aux sœurs, il les suppliait de lui obtenir de la sainte Vierge huit jours de vie pour pleurer ses péchés. Cette grâce lui fut accordée, et chaque jour on trouvait son oreiller mouillé de ses larmes. Il mourut au bout de huit jours en bénissant Dieu et en collant ses lèvres sur la médaille de Marie.

CONVERSION

d'une comédienne.

Lettre de la supérieure des Filles de la Charité de l'hôpital de Beuthen [Pologne prussienne). — 1865.

Il y a quelques années, une jeune personne protestante, et faisant partie d'une troupe de comédiens, arriva à Beuthen avec sa compagnie. Le bon Dieu

permit qu'elle logeât au sein d'une famille catholique, où bientôt elle essaya de faire de la controverse. « Mademoiselle, lui dit le maître de la maison, vous feriez beaucoup mieux d'aller trouver les sœurs ; la sainte Vierge a fait là bien des merveilles ; je suis sûr que vous en reviendriez éclairée sur toutes choses. » La jeune fille ne ht que rire de la proposition; mais quelques jours après, poussée par la curiosité, elle se rendit à l'hôpital et demanda la supérieure. « Qu'elle entre, dit celle-ci, qui avait déjà entendu parler de la jeune comédienne, la sainte Vierge l'attend sans doute ici. » Après quelques mots de politesse, la jeune fille mit la conversation sur la religion et prétendait, sur ce sujet, entrer en discussion avec la sœur. « Hélas! mademoiselle, répondit la sœur, les pauvres Filles de la Charité n'ont ni le temps ni la science nécessaires pour traiter ces questions subtiles, mais il y a d'autres armes pour vous vaincre », et elle lui présenta en souriant une petite médaille de la sainte Vierge. « Vous allez me promettre de la porter, lui dit-elle, ce petit souvenir vous rappellera que nous prions pour vous. » La jeune personne laissa la sœur lui passer la médaille au cou et se retira médiocrement satisfaite de sa visite.

A partir de ce jour, on commença à l'hôpital à recommander la jeune comédienne à Marie conçue sans péché. Quelques semaines après, M. le curé dit à la supérieure : « Savez-vous, ma sœur, que mademoiselle M..., qui ne savait que se promener avec

ces messieurs et fumer des cigares, vient maintenant chez moi, s'instruire de la religion? sous peu, elle fera son abjuration. » En effet, quelque temps après, la jeune fille reparut à l'hôpital : « Ma sœur, dit-elle à la supérieure, je vais me confesser aujourd'hui, et demain je ferai ma première communion ; j'étais en colère contre vous, quand je vous ai vue la première fois ; j'aurais voulu vous battre et jeter au loin cette médaille que je baise aujourd'hui. C'est à partir du jour où vous me l'avez mise au cou que ce changement, que je ne puis comprendre, s'est opéré en moi. » Le jour suivant, l'église était remplie de protestants et de juifs, car tout le monde voulait assister à cette cérémonie qui faisait beaucoup de bruit. Quand elle fut terminée, la jeune convertie alla revoir la supérieure et sa vue seule disait que la grâce avait opéré son œuvre; elle annonça son départ pour le lendemain. « Eh bien, lui dit la sœur pour l'éprouver, voilà une médaille en argent pour remplacer la vôtre qui est déjà si noire. — Oh ! non , répondit-elle vivement , en serrant sa médaille, je ne la donnerais pour rien au monde ; c'est depuis que je la porte que mon âme a commencé à vivre d'une vie qui m'était inconnue jusqu'alors. » Quelques années plus tard, la supérieure recevait une lettre datée de Rome ; c'était la jeune convertie qui lui écrivait en ces termes : « Ma sœur, la Providence m'a conduite à Rome, ce n'est plus mademoiselle M... qui vous écrit, mais la sœur Saint-***, du

couvent des B... Vos désirs sont accomplis, je suis toute à Dieu comme j'étais toute au monde, la sainte Vierge a pour vaincre bien d'autres armes que celles de la discussion. »

Il faut dire, à la louange de la jeune comédienne, que du temps même ou elle exerçait sa profession, elle s'était conservée intacte sous le rapport des mœurs.

La supérieure de l'hôpital de Beuthen, en faisant part de ces faits, ajoute : « Pour la plus grande gloire de Dieu et l'honneur de Marie Immaculée, je pourrais citer un grand nombre de faits de ce genre, mais mes pauvres yeux et le temps me manquent pour donner d'autres détails ; je puis dire cependant, sans rien exagérer, qu'il ne se passe pas une semaine que la sainte Vierge ne donne aux pauvres malades de Fhôpital de Beuthen une nouvelle preuve de sa bonté maternelle. La médaille qui nous est si chère est vraiment miraculeuse, et par son moyen, nous arrachons au démon des âmes qui ont tant coûté à Notre-Seigneur Ah ! que de ruses l'ennemi du salut n'emploie-t-il pas dans notre pauvre pays afin de les perdre; mais, pour le vaincre, je sème partout la médaille miraculeuse (vous savez la consommation que nous en faisonsi et ma confiance en Marie Immaculée n'est jamais déçue. »

CONVERSION d'un chef de francs-maçons.

La Nouvelle-Orléans (Etats-Unis). — 1865.

Il se trouvait parmi les malades du grand hôpital de la Charité, à la Nouvelle-Orléans, un chef de francs-maçons dont la haine pour la religion se traduisait de mille manières; non-seulement, il ne pouvait supporter que la sœur touchât la question de son salut, mais les soins et les attentions qu'elle lui prodiguait l'irritaient à un tel point, qu'il n'y répondait habituellement que par des injures. Si d'autres personnes tentaient de lui dire un mot pour le disposer à paraître devant Dieu, il les accueillait par des railleries. Plusieurs fois il s'était vu réduit à la dernière extrémité, sans que rien eût pu le tirer de son aveuglement. Enfin quand la sœur 'vit qu'il n'avait plus que quelques heures à vivre, elle suspendit à son insu une médaille miraculeuse au chevet de son lit, disant intérieurement à la sainte Vierge : « Ma bonne Mère, vous savez que j'ai fait et dit tout ce que j'ai pu pour toucher le cœur de ce pauvre homme, et que je n'ai pas réussi; maintenant je vous l'abandonne, c'est à vous à le sauver, je ne m'en occuperai plus. » Elle revint le soir en faisant sa tournée, jeta un coup d'œil sur le malade, et apprit de l'infirmier que, depuis qu'elle l'avait quitté, il était extrêmement calme, et paraissait

OBTENUES PAR LA MÉDAILLE MIRACULEUSE. 3o3

absorbé par ses pensées. Elle demanda au malade comment il se trouvait, et fut tout étonnée de ses réponses bienveillantes; mais comme elle avait dit à la sainte Vierge qu'elle ne s'en occuperait plus, elle se borna à lui souhaiter une bonne nuit et le quitta.

Vers neuf heures, le malade appela l'infirmier, en lui demandant de faire venir le prêtre ; celui-ci connaissant ses dispositions crut à une plaisanterie et n'y fit pas attention; le malade réitéra sa demande sans plus de succès. Alors, il se mit à pleurer et à supplier tout haut qu'on lui amenât un prêtre; tous les malades de la salle étaient muets d'étonnement, et l'infirmier, ne pouvant plus résister à ses instances, alla chercher la sœur et M. l'aumônier. Le moribond demanda le baptême qui lui fut administré de suite, ainsi que l'extrême-onction, et avant le jour, ce pauvre pénitent allait rendre compte de sa vie au souverain juge. Les francs-maçons emportèrent son corps pour lui donner la sépulture; mais son âme, grâce à la puissante protection de Marie Immaculée, avait été portée par les anges dans le sein de

Dieu.

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