I. La ' ; i vol. i;i-i ^ : on la
communauté. « J'avais, dit-elle, la consolation de voir son cœur au-dessus de la petite châsse où ses reliques sont exposées. Il réapparut trois jours de suite d'une manière différente : blanc, couleur de chair, et cela annonçait la paix, le calme, l'innocence et l'union.
« Puis je l'ai vu couleur de feu, ce qui était le symbole de la charité qui s'allumera dans les cœurs.
II me semblait que la charité devait se renouveler et s'étendre jusqu'aux extrémités du monde.
« Enfin il m'apparut rouge-noir, ce qui me mettait la tristesse dans le cœur. Il me venait des craintes que j'avais peine à surmonter. Je ne savais ni pourquoi ni comment cette tristesse se portait sur le changement de gouvernement. »
Il était étrange, en effet, que sœur Labouré eût alorks des préoccupations politiques.
Une voix intérieure lui dit : « Le cœur de saint Vincent est profondément affligé des grands malheurs qui vont fondre sur la France. » Le dernier jour de l'octave, elle vit le même cœur couleur vermeille, et la voix intérieure lui dit : « Le cœur de saint Vincent est un peu consolé, parce qu'il a obtenu de Dieu, par la médiation de Marie, que ses deux familles ne périraient pas au milieu de ces malheurs, et que Dieu s'en servirait pour ranimer la foi. »
Afin de se mettre l'esprit en repos, elle parla de cette vision à son confesseur, qui l'engagea à n'y plus penser; sœur Labouré ne songea plus qu'à
obéir, et rien au dehors ne la in remarquer de comj
Nous trouvons cette faveur singulière dans une lettre écrite par SOSUT Catherine, en i
L'ordre que lui en avait donné M. Aiadel. L'année ou elle entra au séminaire, ce digne missionnaire était presque le seul aumônier de la communauté. I. ition de la Mission, a peine restaurée à cette époque, comptait à sa maison-mère neut prêtres en tout, et moitié moins de séminar; M. Etienne, de vénérée mémoire, était procuren: aérai, et M. Salhorgne, le supérieur des deux familles tint Vincent. Si la disette de sujets était grande,
le dévouement de ces quelques prêtres y suppléait et ils se multipliaient pour le service de la communauté. ! divine honte préparait a leur charité une belle
tmpen
en croyons Les notes que sœur Catherine
écrivit plus tard par Tordre de M. Aiadel, Thuinhle
tille, pendant tout le temps de son séminaire, jouit a
lUVeil de la vue de Celui dont la présence SC cache
dam l< ment d< amour : l -
cepté, dit-elle. Lorsque j'eus un doute; alors je ne vis
plus rien, parce que je voulais approfondir le mystère il de me tromper.
Notre-Seigneur daignait se montrer à son humble
armement aux mystères du jour; elle
i écrit une circonstance qui tient au changement
que rien ne faisait prévoir -
« Le jour de la Sainte-Trinité, dit-elle, Notre-Seigneur m'apparut dans le très-saint-sacrement pendant la sainte messe, comme un roi, avec la croix sur sa poitrine. Au moment de l'évangile il m'a semblé que la croix et tous ses ornements royaux coulaient à terre sous ses pieds, et que Notre-Seigneur restait dépouillé. Cest là que j'ai eu les pensées les plus noires et les plus tristes, comprenant que le roi serait dépouillé de ses habits royaux et les dommages qui en résulteraient. »
Lorsque l'humble fille avait ces pensées tristes au sujet du roi, celui-ci semblait au comble de sa fortune. Le siège d'Alger se faisait alors, et tout semblait présager l'heureux succès de ses armes. En effet, les premiers jours de juillet, l'imprenable forteresse des pirates tombait au pouvoir des Français ; tout le royaume était dans la joie de cette mémorable victoire, et les églises retentissaient de chants d'actions de grâces.
Hélas! le triomphe devait être promptement suivi d'une révolution sanglante, qui allait renverser le trône et menacer les autels. A la suite des journées de juillet, la frayeur s'était emparée du clergé et des communautés religieuses de Paris. M. Aladel craignait beaucoup pour les Filles de la Charité et les Missionnaires. Sœur Labouré ne cessa de le rassurer, répétant que les deux Compagnies n'avaient rien à redouter de cette tourmente, qu'elles ne périraient pas.
Elle lui dit un jour qu'un évoque avait demandé à
tint-Lazare; qu'on pourrait Le :
sans hésitation, qu'il y serait en sarcle. M. AJ
ttention a ce i prédiction», il
retournait tristement à la maison, lorsqu'on y arrivant, le respectable M. Sali, t'aborda en lui
disant que Mgr Frayssinou . [ue d'Hermopolia
et ministre des cultes sous Charles X. était venu lui demander un asile pour se soustraire à la persécution qui le poursuivait.
frelations portaient un cachet de vérité qu'il était difficile de méconnaître: aussi, tout en feignant de M ire. M. Aladel en écoutait le récit avec
le plus vif intérêt. Il commençait à se persuader que
i 'te jeune MEUr, et en
rai plusieurs cl
qu'elle lui avait annoncées, il se sentait di donner créance à d'autres communie nions plus mer- Veilleus >re dont elle lui taisait part.
Se1 n témoignage, la très-saint lui
était apparue; ses apparitions s'étaient renouvelées divei lie l'avait chargée de rapporter a :
directeur ce qu'elle avait vu et entendu. Une importante mission lui i /était de taire frapper et de répandre une médaille en l'honneur de l'Immaculée-' a.
( )i trouvera au chapitre troisièm< 'urne le
ul qu'il n< ms-
de la main de ! i inr elle-mé
« M uranees sensibles qu'il
véracité de la sœur, M. Aladel n'écoutait néanmoins ses communications qu'avec défiance, comme il Ta rapporté lui-même dans l'enquête canonique ordonnée en i836 par Mgr de Quélen; il affectait d'y faire peu d'attention, comme si ces visions n'avaient été que l'effet de l'imagination d'une jeune fille. Il lui commanda d'en porter le même jugement et de n'en faire aucun cas, il alla même jusqu'à l'humilier et lui reprocher son peu de soumission d'esprit. La pauvre sœur, ne pouvant parvenir à le convaincre, n'osait plus l'entretenir des apparitions de la sainte Vierge, elle ne le faisait que lorsqu'elle se sentait tourmentée et poursuivie par un désir presque irrésistible. Telle a été la cause pour laquelle, ajoute M. Aladel, elle ne lui en a parlé que trois fois, bien que les visions se soient plus souvent répétées. Après qu'elle avait déchargé son cœur, elle se trouvait calme et parfaitement tranquille. L'enquête fait encore remarquer que sœur Catherine ne chercha point d'autre confident de ses secrets que son confesseur, elle n'eut pas même la pensée de s'en ouvrir ni à ses supérieurs ni à d'autres personnes. C'est à M. Aladel que Marie l'avait adressée, elle ne parla qu'à lui seul et même elle exigea de lui la promesse que son nom ne serait jamais prononcé1. »
D'après cet engagement, M. Aladel raconta la vision à M. Etienne ainsi qu'à d'autres personnes,
I. Procès-verbal de l'enquête faite par ordre de Mgr le Quélen, en i8]6, sur l'origine de la médaille ; ms., p. 10.
"R cvthfr; i -
mais sans jarr. ter la - eur soit directement
suit indirectement. Nous verrons plus loin comment Providence prit soin de la tenir toujours inconnue.
• mmunication tes, comme il est facile
de le supposer, laissaient dans l'âme de sœur Laboure rofondes qui persévéraient ordinairement, même après qu'elle avait quitté 1 :i, et la rendaient en quelque sorte étra i ce qui se | lit autour d'elle. A ce sujet, on raconte qu'à la suite d'une de ces apparitions, elle comm autres au signal donné, SOU de la chapelle et va prendre sa place au réfectoire, mais demeu:
rbee qu'elle ne I même à toucher à la
portion placée devant elle.
I il C illaud, troisième directrice, faisai.
tournée, lui dit rondement : i Eh bien, s. eur I bouré, vous êtes encore en exta I Ces paroles la font revenir à elle, et la bonne directrice, qui ne pensait pas avoir parlé si juste, ne soupçonne rien.
1 pendant s. eur Catherine approchait de la tin de
linaire, et maigri tffirmations tout à la
i Daïves et si pr ,n directeur refusait ton-
de la croire. Elle eut le déplaisir de quitter la avoir pu rien obtenir, pas même une
que L'affaire était plu C qu'elle ne pen-
sait; il fallait communiquer au public une faveur ne surnaturelle pouvait être cont<
l8 SŒUR CATHERINE.
prudent directeur comprenait qu'en pareille matière, on ne saurait exiger trop de preuves ni prendre trop de précautions.
Sœur Labouré fut revêtue du saint habit dans le cours du mois de janvier i83i et placée, sous le nom de sœur Catherine, à l'hospice d'Enghien, au faubourg Saint-Antoine, d'où elle pouvait continuer ses communications avec M. Aladel. Ce respectable Père ne la perdait pas de vue; tout en paraissant ne donner aucun crédit aux confidences de sa pénitente, il s'appliquait à l'étudier avec soin, afin de se convaincre si réellement ses visions étaient le produit d'un esprit faible, enthousiaste, et d'une imagination exaltée. Mais plus il l'étudiait, plus il acquérait la certitude qu'il n'y avait rien de semblable dans la sœur Labouré. Le jugement porté sur elle par les directrices du séminaire était qu'elle avait un esprit peu saillant, mais un caractère positif et calme que M. Aladel qualifiait de froid, et même d'apathique.
Ce dernier trait ne convenait pourtant pas à la sœur Catherine, en qui ses compagnes ont reconnu toutes, au contraire, un caractère très-vif. Mais cela prouve, du moins, qu'il n'y avait en elle aucune exaltation. De plus, elle se montrait solidement vertueuse, sans qu'on eût jamais rien aperçu d'extraordinaire dans ses manières, et surtout dans sa dévotion.
Avant de se rendre à sa nouvelle destination ,
r Laboure [uelques jours dans un gi
établissement de Paris. M. Aladel prit alors un
pour aller visiter les sœurs de cette maison, et examiner plus à l'aise la jeune sœur. Le bruit des il déjà circulé, et on savait que M. Aladel avait reçu des confidences; aussi, des qu'il parut, les soeurs L'entourèrent, et chacune, aTenvi, le pi questions. Il avait l'œil sur sœur Catherine qui, sans se déconcerter, mêla sCs demandes a celles des autres avec beaucoup de tranquillité. Le digne missionnaire tut rassuré, comprenant que la s.eur derait son secret.
La dernière fois que h HÙnte Vi 'était mon-
trée à s> eur Labouré, dans le sanctuaire de la maisonmère, elle lui avait dit ces paroles : i Ma fille, di mais VOUS ne me verre; y lus, mais vous entendre; mû VOtX pendant mS, i En effet, elle eu:
fréquemment pendant le cours de M vie des communications de ce genre. Ce n'étaient plus des apparitions sensibles, mais des vues intellectuelles qu'elle
-bien distinguer des illusions de L'imagination ou des im; L'une pieuse terveur.
a n'était pas achevée relativement à la médaille. Quelques mois s'étaient écoules lorsque la Vierge Immaculée se plaignit à elle de ce que 'res n'étaient pas exéc '
« Mai reprit s.eur Catherine,
! bien qu'il ne me croit pas. tranquille, lui fut-il repondu; un jour viendra
il fera ce que je désire; il est mon serviteur, il craindrait de me déplaire. »
Cette parole ne tarda pas à se vérifier.
Lorsque le pieux missionnaire reçut cette communication, il commença à réfléchir sérieusement : « Si Marie est mécontente, se dit-il, ce n'est pas de la jeune sœur qui, dans sa position, ne peut rien; c'est donc de moi. » Cette pensée l'inquiéta, le troubla *. Il avait depuis longtemps communiqué le récit des visions à M. Etienne, alors procureur général. Un jour qu'ils étaient allés ensemble faire une visite à Mgr de Quélen, au commencement de i832, M. Aladel profita de la circonstance pour lui parler des apparitions et surtout de son embarras, puisque la sainte Vierge se plaignait à la sœur des lenteurs apportées à l'exécution de ses ordres.
Monseigneur répondit que ne voyant en cela rien de contraire à la foi, il ne trouvait nul inconvénient à ce que la médaille fût frappée sans autre délai. Il demanda même qu'on lui en envoyât des premières.
Les ravages du choléra, qui survinrent sur ces entrefaites, retardèrent encore l'exécution jusqu'en juin; le 3o de ce mois, deux mille médailles furent livrées, et M. Aladel s'empressa d'en envoyer à Mgr l'archevêque de Paris.
Mgr de Quélen voulut aussitôt en essayer l'efficacité : il était fort préoccupé de l'état spirituel de l'an-
i. Procès-verbal de ['enquête, p. 5.
cicn trchevéque de Malines M 5 Pradt, prc mourant ; il désirait d'autant pi . que
la mort de ce prélat pouvait être l'occasion d'un scandale et de j re$, comme ceux qu'avait l'enterrement de L'évéque constitutionnel I munit de la médailJ iter le malade. I. . mais bientôt le moribond repentant lui E avec pr; venir de nouveau. D CetU entrevue, il tel S :dcur un tinc vie | . retracte tOUtC
rniers sacrements, il meurt, la nuit même, entre les bras de l'archevêque. Celu - aipli d'une
ITt a M. Aladel.
inaire remit une médaille à ><eur Catherine, qui la reçut avec 1 grande dévotion t\ pect ' dédit: Maintenant il faut la .
hosc lut facile a la communauté des Fillt la Charil niaient tout b ippariti
l'emj nent lut général en répandit
abondance, et a mesure qu'elles étaient distribu
-e multipliaient dans . le telle [lie bU
elle tut .> le nom de médaille mire
noin v:. terveilles, le c eur du Père Al
se dilatait, a il crut
tice sur l'origine de la médaille, afin de répondre ainsi à toutes les demandes ou questions qui lui étaient adressées. Pour la gl'oire de Dieu et de Marie, il y ajouta les faits consolants dont il avait connaissance.
Que disait sœur Catherine en entendant parler de ces faits surprenants? Moins que personne, elle s'en étonnait; sa joie était grande sans doute, mais tout entière enfermée dans le silence de son cœur. Elle envoyait de temps en temps quelque nouveau message à M. Aladel, le priant, à plusieurs reprises, de faire élever un autel commémoratif de l'apparition et lui disant que « beaucoup de grâces et d'indulgences y seraient attachées, et que leur abondance retombe* rait sur lui-même et sur la communauté. »
Elle le pressait aussi de solliciter des faveurs spirituelles particulières, l'assurant qu'il pouvait demander sans crainte et que tout lui serait accordé.
Mais ce digne prêtre qui, nous l'avons dit, ne remplissait encore à la communauté que les fonctions de simple aumônier, se taisait prudemment, se réservant d'agir lorsque le temps favorable serait venu. Quelques années après, M. Etienne, son ami intime, fut élu supérieur général, et lui assistant de la congrégation et directeur des Filles de la Charité; de concert, ils formèrent le projet d'élever à l'Immaculée Marie un autel plus digne d'e sa bonté maternelle et de la reconnaissance de ses enfants. La Providence sembla elle-même coopérer à l'exécution : le gouver»
H CATHERI1 »J
Qement tit i la communauté le don de deux
magnifiques blocs de marbre blanc, en reconn
tUX cholériques et a leurs orphelins. L'un fut destiné à l'autel, et l'autre . tue de l'Immaculée Marie.
En même temps le personnel de la maison-mère, ^elui du séminaire surtout, augmentait chaque jour. nouvelle vie qui circulait dans la communauté suscitait de nombreua Cations, et le centre qui
devait les réunir devenait trop étroit; la chapelle surtout était très-insuffisante. Pour L'agrandir, l'architecte eut un problème difficile à résoudre : il devait L< actuaire honoré de la visite de Marie, et en même temps élargir L'enceinte. Il y parvint en ajoutant des bas-côti . trmontés de tribu L'é-
difice, toujours trop bas et trop resserre, n'v a pas lé du coté de l'art, il a du moins l'avantage de er le lieu même de L'apparition de la
:ite Vierge, d,r rite primitive.
I LCieo autel lut transporte dans la chapelle latérale, dediee à saint Vincent, et le saint fondateur v fut représenté tenant ce cœur tout brûlant de l'amour d< Dieu et des pauvres, dont la vision avait frappe s.eur Catherine, lue statue en plâtre de L'Immaculée-
:ion fut provisoirement placée au-dessus du
maître-autel, en attendant la statue de marbre, dont
lennellement qu'en
tut un jour de grande pour la r.
mère : la statue n'était point une représentation froide et muette;... elle rappelait éloquemment l'aimable image de Marie; c'était là que cette Mère miséricordieuse avait parlé et annoncé ses grâces; l'expérience de chaque jour avait confirmé les promesses, et sa vue ne cesse point aujourd'hui encore de réveiller dans les cœurs des émotions profondes et tendres lorsqu^n vient prier à ses pieds. Oui, Marie est bien là. Elle parle au cœur de ses enfants; Elle leur fait sentir qu1 Elle les aime et les protège.
Sœur Catherine dit aussi à M. Aladel, toujours dans les premiers temps de sa vocation : « La sainte Vierge veut que vous fondiez une congrégation; vous en sere\ le supérieur. C'est une confrérie d'Enfants de Marie; la sainte Vierge fera beaucoup de grâces; des indulgences seront accordées. »
Le lecteur verra, dans le cours de ce volume, comment cette œuvre fut réalisée et quelle admirable extension la Providence lui a donnée.
Elle annonça encore que le mois de Marie se ferait avec grande pompe et deviendrait général dans toute l'Église; que le mois de saint Joseph se célébrerait aussi, et que la dévotion envers ce grand saint augmenterait beaucoup, ainsi que la dévotion au Sacré Cœur de Jésus.
Tant de miracles opérés partout et chaque jour, tant de témoignages signalés dus à la protection de Marie, devaient engager la communauté et surtout le séminaire, qui en avait été le lieu et en avait
l< CATHERI1 25
fourni l'instrument, à perpétuer un si précieux souvenir.
Deux tableaux turent donc eu m ma n ur re-
produire, l'un la vision de la médaille et L'autre celle du cœur de saint Vincent. Lorsque le peintre s'appliquait a représente: ttitude la sainte Vierge, il vint consulter M. AJadel et lui demanda de quelle couleur devait être son voile... L'embarras du missionnaire tut grand; il ne se rappelait plus ce détail, et comme il tenait a ce que sieur Catherine ne crut qu'il y attachait beaucoup d'importance, il lui écrivit; et tout en paraissant vouloir la prémunir Contre les illusions du démon, il lui demandait de nouveau suiis quel aspect la sainte Viei lit montrée à elle. S- eur Catherine lui tit cette
I >ur le moment, mon Père, il me serait impossible de me souvenir de tout ce que j'ai vu; une seule particularité me reste : c'est que le voile de la sainte i V\ tait couleur blanc auron
.tait la seule chose que M. Aladel désirait savoir,
et précisément c'était aussi le seul tait que sieur therine eut en mémoire.
i petits incidents, ménagés par la Providei
lient pas perdus; ils augmentaient la confiance du sage directeur. I r [ue les tableaux turent p'. séminaire, M. AJadel prit d pour que sœur Catherine vint les voir au jour et
à l'heure OU il ' u\erait comme par hasard. I ne ir de la maison, s'y rencontrant a .
Catherine, conçut quelque soupçon, et se tournant tout à coup vers le digne Père, elle lui dit : « Voilà certainement la sœur qui a eu la vision ! » Il se vit fort embarrassé et ne trouva moyen de s'en tirer qu'en interpellant sœur Catherine pour la charger de répondre. Celle-ci se mit à rire, disant : « Vraiment l'on a bien rencontré ! » mais si simplement, que la sœur qui avait eu cette pensée dit au Père : « Oh ! je vois bien que ce n'est pas elle, vous ne l'auriez pas invitée à me le faire savoir. »
Pendant sa longue vie, sœur Catherine fut souvent mise à de petites épreuves de ce genre.
Les détails que M. Aladel avait donnés à Mgr de Quélen sur la vision de la médaille l'avaient fort intéressé; il désirait vivement connaître la personne qui avait reçu cette précieuse faveur. M. Aladel répondit que la sœur tenait à demeurer inconnue. « Eh bien! reprit Sa Grandeur, qu'à cela ne tienne ! elle mettra un voile et pourra me parler sans être vue. » — M. Aladel s'en excusa de nouveau, disant que c'était pour lui secret de confession.
M. Ratisbonne, miraculeusement converti en 1842 par l'apparition de la médaille miraculeuse, désirait ardemment de s'entretenir avec la sœur privilégiée la première de cette vision céleste, et fit pour ce sujet de pressantes mais inutiles démarclies auprès de son directeur.
Autour d'elle, les uns faisaient des questions embarrassantes; les autres des suppositions, et lorsqu'on
tait trop pour s'en éclaircir, clic trouvait le
en de taire sentir aux curieux qu'ils étaient indiscrets, et Ton n'y revenait pas une seconde fois. D'ailleui rande simplicité déconcertait (ordinai-
rement les interrogateur
En différentes circonstances la sainte Vierge paraissait venir à son aide : ainsi, lors de l'enquête de 6 et de la déposition faite a M. le promoteur, M. Aladel déclara qu'il avait inutilement essayé de décider s. lui" Catherine à venir, qu'il n'avait pu vaincre sa résistance, et que, du : i tenterait en vain de l'interroger, parce qu'elle avait tout oublié.
< I a dit que la même chose lui arriva un jour en VT Etienne, devenu supérieur général, et qu'il ne réussit pas a la faire parler; elle ne se souvenait plus de rien. C'est ce qui donna lieu au bruit répandu dans la communauté, que la vision s'était complètement effacée de la mémoire de la SOeUT qui en avait été fai
Gl illion, itherine put demeu-
rer, pendant de 1« . bien cachée dans
modeste ollice; employée d'abord a la cuisine, puis a la lingerie, elle resta ensuite pendant près de q rante ans dans la salle des vieillards de 1
Lghien, et elle ajoutait a Cet ollice Celui de la ■ut.
Elle se plaisait dans ces humbles fonctions. Sa laiterie était toujours dans un ordre parfait et rien ne lui semblait préférable au bonheur d'être au milieu de ses pauvres. Elle en parlait à la fin de sa vie comme de sa principale consolation. « J'ai toujours aimé, disait-elle, à rester à la maison; lorsqu'il était question d'une promenade, je laissais volontiers mon tour aux autres pour servir mes pauvres. »
Et cela était vrai. Une seule sortie lui était agréable, celle qui lui permettait de se rendre à la communauté (elle ne connaissait pas d'autre chemin dans Paris), et pour celle-là, elle ne cédait pas son tour.
Cet attrait pour le silence et la vie cachée la tenait toujours en arrière, comme à la place qui lui convenait et favorisait le mieux son recueillement. Ne cédant à personne les soins de propreté les plus vils de son office, qu'elle appelait les perles d'une Fille de la Charité, elle agissait avec calme, craignant l'empressement ; aussi, lorsqu'elle avançait en âge, les jeunes sœurs qui l'aidaient ont souvent reçu de sa bouche cet avis : « Eh! ma bonne, ne vous émouve\ donc pas tant! »
Elle comptait parmi les meilleurs souvenirs de sa vie de communauté celui de sa première supérieure : « c'était une bonne ancienne, disait-elle, qui voulait que, chaque année, les premiers fruits du jardin fussent portés à des familles indigentes du faubourg ou
- bons vieillai urs ne pouvait tou-
cher qu'après eux.
•te ancienne i ire était sœui rd, qui
royait nullement que Bœur Catherine fût favori-
particuli l surtout de la vision de-
là sainte Vierge.
Du reste, cette humble fille respectait et aimait toute I : irs sous la conduite desquelles elle i.et jamais on ne l'entendit dire un motdésavan- :x sur leur compte; elle ne voyait que leurs vertus et leurs quali; .
« Fille de devoir et de travail, dit sa dernière supérieure, mais surtout tille d'humilité, sœur Catherine n'était vraiment ap de ceux qui l'é« radiaient d\ pour reconnaître tout ce qu'il y
avait de simplicité, de droiture, de pureté dans ame. rit, da; :r et dans tout
personne.
« N révalant à aucun titr. urs si'
lières dont l'avait comblée la Vierge Immaculée, elle disait, * derniers mois de sa vie, alors que la
1 idence lui permit un peu d'ouverture sur ce sujet : M il r, mais je n'ai été qif un
i instrument; ce n'« pour moi que la sainte
• m'a apparu; je ne savai âne
écrire; lans la communauté que j'ai appris ce
« que |< ir i - la que la sainte \
« m'a choi i qu'on ne put j * douter
ion inapir l'eaprit
de saint Vincent? J'ai été choisie parce que, n'étant rien, nul ne pourra douter que de si grandes choses ne soient l'ouvrage de Dieu.
Sœur Catherine s'inquiétait peu de l'estime ou du mépris qu'on faisait d'elle. Malgré son silence rigoureux, le soupçon qu'elle pourrait bien avoir vu la sainte Vierge planait toujours sur elle; on n'osait le lui dire; en revanche on l'examinait de plus près et plus sévèrement qu'une autre. Si par hasard l'on découvrait en elle quelque faiblesse de la nature, ou simplement l'absence d'une vertu hors ligne, l'on rejetait aussitôt la pensée que la sainte Vierge eût choisi une fille si ordinaire.
Une de ses premières compagnes confirme par son témoignage les appréciations cent fois renouvelées sur son compte. Elle écrit à la sœur Dufès : « Ayant passé six années avec ma sœur Catherine, et travaillé continuellement pendant un an avec elle, il semble que je pourrais citer un grand nombre de détails pleins d'intérêt et d'édification; mais je suis forcée de l'avouer, sa vie a été si simple, si uniforme, que je ne trouve rien à remarquer. Malgré l'assurance donnée tout bas qu'elle était la sœur si privilégiée de la sainte Vierge, j'y croyais peu, tant sa vie était semblable à celle des autres. Quelquefois j'ai cherché à m'éclairer indirectement en la questionnant sur l'impression qu'avait produite au séminaire l'annonce d'une nouvelle aussi extraordinaire, espérant qu'elle se trahirait dans ses réponses, et par là satisferait ma
K r.VTHKRIM .M
curiosité; mais clic repondait avec tani que mon espoir fut toujours déçu. »
Il est vrai, sœur Catherine n'avait rien que d'ordinaire 'pendant, en elle, rien de commun ni de trivial.
Sa taille était au-dessus de la moyenne; son VU régulier portait le cachet de la modestie; sei veux, d'un bleu limpide, exprimaient la candeur. Elle était laborieuse, simple et nullement mystique danallures; elle n'affectait pas plus leagrandes vertus que lèverions particulières, elle mentait de Les
avoir au tond du cceur et de les pratiquer, suivant la
[le, bonnement et droitement.
a retrouvé, après sa mort, quelques note
endant ses retraites annuelles. Tout y Impie, . pratique, pas un mot ne fait allu-
sion au . l extraordinaires qu'elle avait reçues;
même quand elle s'adresse a la sainte Vierge, rien ne rappelle la familiarité que Marie lui a I voici quelques extraits ou l'on n'a corrigé que les
Faut
rendrai Marie pour modèle au comme; -
ment de toutes mes actioi is tout, je réfléchirai
si Marie a fait cette action, comment et pourquoi elle
[Uelle intention. Oh! que le :i >m de
ie e^t beau et consolant M
« Résolution de m'offrir a Dieu sans réserve, de
prendre toutes les petites contrarie: rit d'hu-
milité et en esprit de pénitence, de demander dans
mes prières que la volonté de Dieu s'accomplisse en moi. O mon Dieu! faites de moi tout ce qu'il vous plaira! O Marie! donnez-moi votre amour, sans vous je périrais; obtenez-moi toutes les grâces qui me sont nécessaires! O Cœur Immaculé de Marie, obtenez pour moi la foi et l'amour qui vous attacha au pied de la croix de Jésus-Christ ! »
« O doux objets de mes affections, Jésus et Marie, que je souffre pour vous, que je meure pour vous, que je sois toute à vous et que je ne sois plus à moi ! »
a Ne point me plaindre dans les petites contrariétés que je puis avoir auprès des pauvres, et prier pour ceux qui me feront souffrir quelque chose. O Marie, obtenez-moi cette grâce , par votre pureté virginale ! »
« Bien employer mon temps et ne point le perdre mal à propos. O Marie, heureux qui vous sert et qui met en vous sa confiance ! »
« O Marie, Marie, Marie, priez, priez, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Marie, ô Marie! »
« Dans mes tentations et mes sécheresses, je recourrai toujours à Marie qui est la pureté môme. O Marie, conçue sans péché »
« O Marie, faites que je vous aime, et il ne me sera pas difficile de vous imiter. »
« L'humilité, la simplicité et la charité sont le fondement de notre sainte vocation. O Marie, faites-les-
moi comprend . intes verra .: Vincent,
-. juriez pour nou « 0 M rie, conçue sans y mr
■ des honu
jeter un coup d'œil favorable sur le monde entier... particulièrement sur la France... et <.... mne
en particulier . OM ^rez-nous ce qu'il faut
vous demander pour noire bonheur qui sera celui du monde entier. »
serine a vécu quarante-six ans dans une
)ii importante, sous la conduite *U< - de
cinq SUf a vu : npa-
pmes différentes d'humeur et de vertu; rient
elle a été diver ten-
dre parfois qu'elle n'avait plus bie le ne
llblait guère et allait t bon chemin,
I les prévenan naïve reconn
sourciller.
CÛtude tellement que le rhabitut ne l'e.
chai.
•.lent elle rmettaii
:c ou i; Ton ne vint la -lier ;
elle .
d - 11 : amunau
nuire, elle avait pour sa supérieur® une obéissance pleine et entière.
Il ne faudrait pas croire cependant que sœur Catherine fût née avec un tempérament facile et doux, que l'obéissance lui fût toute naturelle; non, elle avait, au contraire, une bonne tête, et l'humeur très-vive : fort entendue dans tous les travaux de ménage, elle gouvernait avec beaucoup de soin et d'ordre la part qui lui était confiée et savait très-bien conduire ce dont elle était chargée. Sa vivacité la portait quelquefois à de petites saillies; le ton ferme de ses paroles révélait alors ce que la vertu lui faisait plus ordinairement réprimer. Dès que ce premier mouvement était passé, elle revenait et s'humiliait aussitôt.
Parfois, on voyait le premier mouvement de surprise prêt à s'échapper, retenu captif sans respect humain par une volonté supérieure; ainsi ce caractère entier n'était si bien plié à l'obéissance que parce qu'il était fidèle à la grâce.
Connaissant cette nature, nous pouvons supposer tout ce que sœur Catherine eut à souffrir des oppositions qu'elle éprouva pour réaliser sa mission : si ces contradictions, surtout depuis que la médaille avait été frappée, étaient plutôt apparentes que réelles de la part de son sage directeur, elles n'en étaient pas moins pénibles pour elles. Ne peut-on pas dire que ce fut un martyre intérieur, continu et connu de Dieu seul?
Sœur Catherine, malgré sa forte constitution rn'é-
R CATHERIMI .
tait pas non plus exempte ufTrances c elles,
et l'on s'étonnait quelquefois de la voir demander avec simplicité de petits soulagements qu'une âme mortifiée aurait pu se refuser. Ces légère* faiblesses
formaient comme un voile qui arrêtait la vue d'un grand nombre, et cachait une partie des beauté a me.
Au premier coup d'œil, chacun croyait pouvoir lire jusqu'au tond de cette nature simple, et pourtant clic gardait fidèlement les secrets de Dieu. On voyait en elle, par un singulier Contraste, la prudence et la di.scrétion s'allier a la parfaite simplicité. Ainsi, tandis
que plusieurs la trouvaient un peu trop occupée de
me. d'autr enraient qu'a toutes les grandes
tètes de la sainte Vierge, particulièrement a celle de
l'Immaculé.-' reption, elle était malade ou éprouvait des souffrances plus vi [uc l'humble soeur
-■ait comme une faveur M :e.
I l supérieure d'Kiuhien raconte qu'une année, Payant amenée avec plusieurs autres compagnes paN- 11e journée d embre a la communauté,
remontant dans l'omnibus, sœur Catherine lit un taux mouvement t sale p rignet Elle lit mot, et penonri . • ... t. Quelque- instants après, la vc tenir son bras dans son mouchoir, sœur Dufès lui demanda ce qui lui était arrivé: i Ah' ma s. lut, répondit-elle tranquillement, mon ! v- :e un d »
.Le détachement de l'estime et de l'affection des créatures était encore un trait caractéristique de notre chère sœur. Dieu lui suffisait pleinement : ce Dieu qui s'était manifesté à elle d'une manière si sensible, cette Vierge Immaculée, dont les charmes avaient ravi son cœur, faisaient seuls sa joie et ses délices. La sainte Vierge lui avait dit en montrant le tabernacle sacré, où repose son divin Fils : « Dans vos peines, ma Fille, c'est là qu'il faut vous consoler. » Fidèle à cette parole de sa bonne Mère, sœur Catherine, dans ses moments pénibles, entrait à la chapelle, y restait quelques moments et retournait ensuite à ses occupations sans perdre la sérénité de son âme, ni celle de son visage toujours avenant. Jésus et Marie recevaient seuls la confidence de ses souffrances et de sa ferveur, et sa vertu restait cachée aux créatures.
Après l'avoir souvent examinée, une des sœurs de la maison, qui voulait reconnaître quelque trace de ses communications avec Dieu, ne put rien découvrir de particulier, sinon qu'elle ne tenait pas les yeux baissés pendant l'oraison, mais les avait constamment fixés sur l'image de Marie. Elle dit encore que sœur Catherine ne pleurait jamais, sinon dans une grande angoisse de cœur. Mais plusieurs fois elle a vu couler ses larmes en abondance, quand on racontait devant elle des traits de protection ou des conversions obtenues par l'intercession de la sainte Vierge; ou bien, comme en 1871, à la vue des maux de l'Eglise et de la France.
Lidement pieuse, au milieu de qui paj
saient Fétre davantage, on ne voyait, en effet, rien
notre humble sœur qui la distinguât des ai:
l "ne seule chose a été remarquée : l'importance qu'elle attachait à la récitation du chapelet. I irler
ipérieure :
N ftions toujours frappées, dit sœur D i
|UC nous le disions en commun, de Vbi et pieux avec lequel notre bonne compagne prononçait les par la Salutation angélique. Et ce qui
ît voir jusqu'à quel point elle était pénétrée de .ntiments de respect et de dévotion, c'est qu'elle, toujours si humble, si ré- pouvait s'empêcher
lâmer la Le . le peu d'attention qui, par
ent la récitation d'une prière si belle et si
efficace.
;r pour les deux familles de saint Vincent,
udir avec l'âge, lui faisait mettre sans : œuvre la seule puis ition : h»
prière; chaque semaine régulièrement, elle offrait une communion pour attirer les bénédictions Scn haut
sur 1 ition de la Missj .
munaute étaient continuel!
berine avait toujours rvé l'office
l'attachait a l'h ien;el! ait les vieil-
lards qui lui étaient C . ie sollicitude vrai-
ment admirable, sans négliger jama; hier
qui lui rappelait ses pures et doUCCS joies d'eiiîance. I 1 Ile d'autrefois qui Q01
cieusement couverte de ses chers pigeons, était maintenant une pauvre sœur, bien âgée, mais non moins attentive à la surveillance de son petit peuple.
• « Ma sœur Catherine était alors l'âme de la petite famille chargée du soin de l'hospice. Dans ces dernières années, le nombre de nos sœurs était devenu plus considérable, et par suite l'administration des deux maisons d'Enghien et de Reuilly étant trop difficile, pour une seule personne, une assistante me fut donnée pour me seconder dans la direction de l'hospice. Si ma sœur Catherine n'eût pas été formée depuis longtemps à l'obéissance et à l'abnégation, il eût semblé bien dur à sa nature, vive et prompte, de reconnaître l'autorité d'une compagne beaucoup plus jeune qu'elle; mais bien autres furent les pensées de l'humble sœur qui s'était toujours étudiée à s'effacer.
a Elle fut la première à protester de sa soumission entière: « Ma sœur, me dit-elle, soyez tranquille, il v suffit que nos supérieurs aient parlé, pour que nous « recevions ma sœur Angélique comme une envoyée ce du bon Dieu , et lui obéissions comme à vous- « même. » Ses paroles furent justifiées par sa conduite.
« Malgré le silence que ma sœur Catherine gardait sur les communications qu'elle avait reçues, il lui arrivait de temps en temps de me dire ses vues sur les événements actuels, me parlant alors comme inspirée de Dieu.
CATHUU
"au moment de la Commune elle m'annonça que je quitterais la mai
ir, que je reviendrais le 3] mai, m1 rant que je ne rien craindre, parce q tinte
ge tiendrait ma place urderait la maison. Je
ne fis guère attention aux p de la bonne sieur.
Fe j - ntre mes plan
sans y j que ma sœur Catherine m'avait
prédit. 1 retour à la communauté, j ".
-inquiète de la maison, tombée au pouvoir d'une
munards ei qu'on di ; ma
sœur Catherin- . me répétant
: Lie en i était sure, disait-elle, i le lui avait
i pr<
! trouvâmes à notre arrivée que c
Mère de : rde avait luvé,
• ' -n de maison
par une troupe de (o: uanique plaisir
r et de détruire.
« Une dr surtout nous frappa vivenv
malheureux avaient fait d'inutik
imacul dan
lit invinciblen
tati
itherine s'em] tr la
tète de notre auguste Rei
lui disant qu'elle la lui rendait en hommage de r<.
« Plusieurs fois ma sœur Catherine m'exposa ainsi ses idées avec une simplicité cTenfant. Quand la réalisation ne venait pas confirmer ses prédictions, elle me disait avec calme : « Eh bien! ma sœur, je me « suis trompée, je croyais vous avoir dit vrai ; je suis « bien aise qu'on sache la vérité1. »
« Cependant les années s'accumulaient, et notre bonne sœur parlait souvent de sa fin prochaine. Nos vénérés supérieurs se préoccupaient de son état, et M. le Supérieur général la fit un jour venir à la communauté afin de recevoir de sa bouche des communications qui lui semblaient importantes.
« Ma sœur Catherine ne s'attendait à rien; elle fut très-surprise et presque interdite. A son retour, elle me fit part de son émotion; et, pour la première fois,
i. Les personnes qui reçoivent des communications surnaturelles ne sont point, par le seul fait Je cette faveur, préservées de toute erreur. Elles peuvent se tromper en comprenant mal ce qu'elles voient ou entendent; elles peuvent être dupes des illusions du démon, elles peuvent mêler, sans le vouloir, leurs propres idées à celles qui viennent de Dieu; elles peuvent rendre d'une manière inexacte ce qui leur a été révélé. Il faut remarquer d'ailleurs que les prédictions sont assez souvent conditionnelles, et que leur accomplissement dépend de la manière dont les conditions sont remplies. Aussi l'Église, lorsqu'elle approuve les révélations privées, ne fait autre chose que déclarer, qu'après un mûr examen, on peut les publier pour l'édification des fidèles et qu'elles s'appuient sur des preuves assez solides pour qu'on les croie pieusement.
Les écrivains sacrés ont eu seuls le privilège de l'infaillibilité pour recevoir les inspirations divines et pour les transmettre aux autres.
ITHERI1 41
ne parla a cœur ouvert 1 [u'elle craignait
auparavant de lai
Cette f ignance ir le
■ de la tombe, elle se sentait pr de faire
connaître les détails qu'elle pouvait a velis
avec le vénère Uadel, et témoignait une grande
peine de voir la dévotion a l'immacul .lion
moins vive et moins générale que dans le commence m
., furent pour moi seule; aucune de eurs n\n eut ince. Il esi
vrai que la plupart étaient instruites de ce pieux m vs-
is elles ne l'apprirent jamais d therine elle-même. Tout ce qu'elle lient remar-
quer, c'était son ardent amour pour Marie Immaculée,
n zèle a pi r la médaille miraculeuse. P
quand elle entendait une de nos sœui rimer le
désir de taire le pèlerinage de 1 1 ur : de quelque
autre sanctuaire privilégié de Marie, elle ne pouvait s'empêcher de dire avec une certaine vivaci
trquoi donc •. irous aller si loin
nmunaute .... Est-ce que la sainte
• n*est 1 parue là aussi bien qu'à I
i u* i 1 v a vl rdinain que,
>ir lu des OU
grotte miraculeuse. D itherine était plu
courant de tout ce qui j que k ânes
qui avaient pèlerinage. A part C<
la déjà dit.
pût laisser croire qu'elle eût eu plus de part qu'une autre aux faveurs singulières que la sainte Vierge avait versées sur l'humble chapelle de la maisonmère.
« Cette bonne compagne était devenue plus affectueuse, depuis qu'elle avait ouvert son cœur; c'était oour elle un repos, une consolation de voir quelqu'un qui la comprît. Notre Père Chevalier, assistant de la congrégation de la Mission, venait de temps en temps la visiter et recevoir ses confidences au sujet de l'apparition. Il lui parlait un jour de la nouvelle édition de la Notice sur la médaille qu'il préparait. « Lorsque « M. Aladel a fait paraître l'édition de 1842, reprit « ma sœur Catherine, je lui avais bien dit qu'il n'en « publierait pas d'autre, et que moi non plus je ne « verrais pas une nouvelle édition, parce que celui qui ce la ferait ne l'aurait pas finie de mon vivant. — Je vous 'x attraperai bien », reprit M. Chevalier, qui comptait la mettre au jour très-prochainement. — Mais des difficultés imprévues ayant retardé la publication, il reconnut que la bonne sœur avait dit juste.
« Depuis que Tannée 1876 était commencée, ma sœur Catherine parlait plus souvent de sa mort; à tous nos jours de fête elle ne manquait pas de nous dire : « C'est la dernière fois que je vois cette fête » ; et quand on semblait ne pas la croire, elle ajoutait que sûrement elle ne verrait pas l'année 1877. Nous ne prévoyions pas cependant une fin si prochaine. — Pendant les derniers mois elle fut obligée de garder
• -|» CATHERIN!.
le lii ei de . eue vie si active qu'elle menai'
puis tant d'innées.
dlaient toujours diminuant; un asthme joint à une maladie ar la minait : peu;
elle se sentait mourir, mai crainte, on peut
même dire .-notion. Un jour, lui parlant d
mon \ us n'avez donc pas du tout peur, loi di i ma bonne sœur Catherine? — Peur! s'écria-t-elle, i mais, ma sa-ur. pourquoi voulez-vous que j'aie peur?... Je m'en vais retrouv :ieur. la
linte V - lint Vincent !
o En effet, notre chère compagne n'avait pas à frayer, car sa mort fut aussi calme que sa v:
Quelques jours avant, une de nos sœurs causait avec elle familièrement, et, vins aucune préméditapari et d'autre, la malade lui dit : ■ J'irai a N >U9 appel >ns de ce nom la maison de idence, séparée de l'hospice d'Enghien par un ! jardin, et ou sont réur. I .
aiment, dit la compagne, a Reuilly? mais
-< vous n'en aurez pas le CO Cl vous ai:.
i votre Enghien, que vous n'avez jamais quitté! — Je VOUI di\ que j'irai a Reuilly, — Mais quand
■ est-ce? — Ah' voilà! i dit ma sa-ur Catherine d'un ton affirmatif et mystérieux qui ta U compagne. — Peu après elle lui dit encore : Il n'y
aura [ • de corbillard pour mon en:
■ ment. — Oh! p.ir exemple, répond la sœur, — • Il ne Faudra pa trbillard, reprit la malade
« d'un ton accentué. — Mais comment fera-t-on? — « On me mettra dans la chapelle de Reuilly. » — Ces paroles frappèrent la compagne, qui me fit part de cette conversation : « Gardez cela pour vous », lui dis-je.
« Le 3i décembre, elle eut dans la journée plusieurs faiblesses qui firent croire à sa fin prochaine. Nous lui proposâmes donc les dernières consolations de la religion, ce qu'elle accepta avec reconnaissance. Elle reçut les sacrements avec un bonheur et un calme qu'on ne saurait décrire, puis, sur sa demande, nous lui récitâmes les litanies de l'Immaculée- Conception.
« Etant un jour près de son lit, nous lui parlions du ciel, de la sainte Vierge ; alors elle exprima ce désir : a Je voudrais que pendant mon agonie il y « eût là soixante-trois enfants disant chacune à la sainte « Vierge une des invocations qui rappellent son Imma- « culée-Conception, et surtout ces paroles si console lantes : Terreur des Démons, prie^ poumons. » On ui fit observer qu'il n'y avait pas soixante-trois invocations dans les litanies. — « Vous les trouverez dans « l'office de l'Immaculée-Conception », dit-elle. — On se mit en mesure d'exaucer son désir, en écrivant les invocations sur des billets, et on les garda pour le suprême instant; mais au moment de son agonie, les enfants ne se trouvèrent pas disponibles ; elle demanda alors qu'on récitât les litanies et fit répéter trois fois l'invocation qui fait trembler les enfers.
Plusieurs de nos sœur ilièrementi
chce sndre s'écrier avec un accent de pro-
fonde tend Ma chère communauté! Ma
a chère maison-nu i ut ce qu'on a aim.
ment revient, dit-on. à l'heure suprè:
« Quelques anciennes compag a amies de la
maison vinrent dans la journée la visiter une dernier. ie d'el'» . lu sémi liant, lui dit avec un accent de tri
OUS allez donc partir sans me dire un
• mot d( x^ — Alors la mourante se pencha vers elle et lui pari; assez longuement à
Je ne d irler. c'est M. Chevalier
i qui a • ; . ridant :
I ainte Vie i peinée, parce qu'on ne fait pas
■ez de cas du trésor qu'elle a donne a la commu-
• nauté dans la dévotion a l'Immaculée-Conception ;
- en profiter; mais surtout parce qu'on
dit pa . ipelet. i Elle continua i
interruption. La sainte Vierge 1 promis d'accorder particulières chaque fois que l'on priera
-< dans la chapelle; mais surtout une augmentation de
« pur d'esprit, i m\ de I
« qui est le pu: r. j>
le tille, animée de l'esprit vraiment primitif de la Comp : i paroi , 1
... texi Liment la même péri
Une supérieure, qui était venue la visiter, s'approcha aussi de la malade, et lui parla des besoins de la communauté, de ceux du séminaire, et elle finit en disant : « Ma bonne sœur Catherine, quand vous serez au ciel , vous n'oublierez pas tout cela , vous ferez bien toutes mes commissions. » — Ma sœur Catherine lui répondit : « Ma sœur, je veux bien, mais j'ai toujours été si bête, si sotte; je ne sais pas comment je m'expliquerai, car j'ignore comment on parle au ciel. » — Sur quoi l'autre sœur, ravie de tant de simplicité, eut l'inspiration de lui dire : « Oh 1 ma bonne sœur Catherine, dans le ciel on ne parle pas comme sur la terre; Pâme regarde Dieu et le bon Dieu regarde l'âme, et tout est compris; c'est là le langage du ciel. » Alors notre bonne sœur prit un air radieux et lui répondit : « Oh ! ma sœur , s'il en est ainsi , vous pouvez être tranquille , toutes vos commissions seront faites. »
M. Chevalier vint aussi dans la journée bénir la pieuse mourante et lui parla dans le même sens. Sœur Catherine lui répondit avec une entière présence d'esprit et dit entre autres choses : « Les pèlerinages que font les sœurs ne favorisent pas la piété... La sainte Vierge ne m'a pas dit qu'il fallait aller la prier si loin; c'est dans la chapelle de la communauté qu'elle veut que les sœurs l'invoquent, c'est là leur vrai pèlerinage. »
Les pauvres, qu'elle avait tant aimés, occupaient également s'a pansée « Depuis qu'il y a dans la com-
munauté bc eurs instruites, il me semble
qu'on n'aime pas les pauvres autant qu'autn y a qui n'ont jamaj lé un malade,
ment B*y prendre pour leur
rendre le service le plus ordinaire.
\ quatre heures du soir une nouvelle faibl it toutes aupri chère n
rante, ce n'était p re cependant le dernier mo-
ment. Nous entourai] lit jusqu'au soir. A
heures, elle parut s'assoupir davantage et. s;iih la
moindre agonie igné de souffrance,
elle rendit son dernier soupir. < ine si nous
punies apercevoir qu'elle avait de VÎV1
mais je n'ai vu mort si calme et si douce. •
l ne émotion bien vr il nous semblait assister a la te entrevue de notre
bienheureuse compagne l Dieu si bon, qui tant
de t • ,urs de
inaire : ÎCÎ-
n'avait pu lui retracer 1'.
a Ce n'était pas la tri qui remp
aucune larme ne tut \\ instant, nous cédions à une émotion que je ne . :iir; nous nous s.
bumiliU
ne plus nous laisser entrevoir que l'âme privilégiée du ciel.
« Nos sœurs se disputèrent le bonheur de passer la nuit près de ces restes vénérés, une sorte d'aimant nous y tenait attachées.
« Pour perpétuer le souvenir du bienfait qu'elle avait reçu , n'étant encore que sœur du séminaire , nous eûmes la pensée de la revêtir de ce pieux habit avant de la livrer à la photographie; l'épreuve réussit complètement sous les deux costumes.
« Ensuite nous descendîmes dans la chapelle les restes bénis de notre chère sœur. La Vierge Immaculée veillait sur elle, les lis et les roses entouraient ce corps virginal, et sa devise chérie : O Marie, conçue sans péché, prie^pour nous qui avons recours à vous, surmontant ce petit sanctuaire, semblait être le dernier écho de sa vie,
« Alors commença le miracle de l'humilité glorifiée; cette humble sœur, dont personne n'avait remarqué la présence , fut soudainement entourée de personnes de tout âge, qui regardaient comme un immense bonheur de venir, non prier pour elle, mais se recommander à son intervention bénie.
« Pour nous qui nous tenions attachées auprès de notre chère relique, nous ne pouvions envisager le moment qui allait nous la ravir. Cette maison qui semblait protégée par sa présence depuis quarante-six ans, s'en verrait-elle dépossédée à tout jamais?... Cette pensée nous brisait le cœur; il nous semblait
que la protection de 1 1 lée allait ce
îcr sur no a D'autre part, la conserver ; lit impossible.
»urs consul intention. Il y avait tout un monJ . ifficultés
planir.
èrent la nuit . rie Immacuk
que notre compagne I
Pendant toute cherchais en vain un
endr ur la d lain,
au son de la cloche de quatre heures du matin, je crus enu sràmonoreil Le
vrai' ! comme une personne
qui ■ roup un désir longtemps
m que trucdon vie la chap i avait ,j un caveau cornmuniqu ectoire
notre di ' n'avait point voulu donner
de destination urrait plus ■t\i. ii
cile
it plac
fixé pour l'enterrement de celle que nous regardions, dès lors, comme Y ange tutélaire de notre maison. Mais ici ce n'est pas le mot d'enterrement qu'il me faut employer, c'est plutôt celui de triomphe, car c'en fut un véritable pour notre humble sœur.
« Toutes les maisons de nos sœurs qui furent prévenues à temps tinrent à envoyer une députation, et la chapelle se trouva trop petite pour contenir les assistants. La messe dite, le cortège qui devait conduire le corps processionnellement de l'hospice d'Enghien au caveau de Reuilly s'organisa de la sorte : les jeunes ouvriers, Enfants de Marie, portant leur bannière, ouvraient la marche, suivis de tous nos petits orphelins; venaient ensuite nos jeunes filles des congrégations externes et internes, portant les livrées de l'Immaculée Marie, les fidèles, et enfin nos sœurs précédant le clergé.
« Ce long cortège se déploya lentement dans la longue allée du jardin, et, pendant que les chants solennels du Benedictus retentissaient au loin, on voyait apparaître le modeste cercueil recouvert de lis et d'églantines, emblèmes de pureté et de simplicité.
« A l'entrée du caveau, la foule dut s'écarter, et nos Enfants de Marie saluèrent l'arrivée du corps par le chant béni de : O Marie, conçue sans péché, prie% pour nous qui avons recours à vous. Impossible de rendre les émotions de ces funérailles d'un genre tout nouveau.
« Afin de conserver notre trésor, il fallut murer
l'entrée souterraine; mais on y ouvrit une communic la chapelle.
« Les pau tVLT Catherine ava
déposèrent une magnifique couronne sur la tombe
de l'humble tille de saint Vincent, qui ne chercha ja« I voie la plus commune, et qui avait supplié la sainte Vierge de la laisser inconnue et i-