‹ La médaille miraculeuseChapitre 53 sur 65 · LA I 'F · texte numérisé non relu

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En 1862, une sœur de l'hôpital de la Nouvelle- Orléans donna une médaille à l'un des infirmiers, qui était sur le point de partir pour l'armée, en lui recommandant de la porter toujours sur lui. Quelque temps après, il revint avec une légère blessure à la tête. En voyant la sœur, il s'écria : « — Ma sœur, voilà la médaille que vous m'avez donnée, elle m'a sauvé la vie ! Quand nous étions à la bataille, le cordon par lequel elle était suspendue à mon cou se cassa, et pendant que les canons de l'ennemi faisaient feu sur nous, je l'attachai à un bouton de mon uni-

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gnant, la sœur lui donna une médaille de la sainte Vierge et lui expliqua en peu de mots que cette tendre Mère avait opéré beaucoup de guérisons miraculeuses, par le moyen de son image bénie : elle encouragea donc alors le mourant à s'adresser à Marie avec une entière confiance.

« Le lendemain matin, elle fut étonnée de le trouver mieux; mais il était très-inquiet de « sa pièce », qu'il ne retrouvait plus, et il craignait qu'on ne la lui eût prise. La sœur la retrouva bientôt et la lui rendit : il la prit avec des transports de joie, demanda un cordon, et l'attacha sur sa blessure. Peu après le médecin arriva : il ne fut pas moins surpris que la sœur du changement arrivé dans l'état du malade. Le progrès continua, et, au bout de quelques semaines, Duken marchait à l'aide de béquilles. Sa première visite fut à la chapelle : depuis ce moment, chaque fois que nous avions la messe, il se levait à cinq heures afin de pouvoir y assister ; il devint si avide des instructions du Père Mac-Grane, que le temps lui paraissait long d'un dimanche à l'autre. Il n'attribuait sa guérison qu'à la sainte Vierge. Elle était en effet fort remarquable : les médecins n'en revenaient pas. Dans la même salle, plusieurs autres soldats dont les blessures étaient moins dangereuses, et qui avaient reçu les mêmes soins, ne pouvaient encore quitter leur lit. Il demanda un congé afin d'aller voir sa femme, qu'il désirait ardemment faire entrer dans le sein de la vraie Église ; mais connaissant ses préjugés

LA MÉDAILLE MIRACCI 383

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soldat, probablement sur le seuil de l'éternité, s'il avait été baptisé : « Non, répondit-il avec une voix « de tonnerre, non, et je n'ai nulle envie d'être « plongé dans Peau, à cette heure. Laissez-moi ! »

« Je le quittai, dit-elle, en le recommandant à Ma- « rie ; vers le soir, j'entendis du bruit dans la salle où « ce malheureux se trouvait, et bientôt j'aperçus l'in- « firmier, venant en toute hâte m'avertir qu'il me « demandait. « Ah! me dit-il, avec un accent bien « différent de celui qu'il avait eu le matin, je me « meurs, baptisez-moi, je vous en prie. » Après lui « avoir donné l'instruction nécessaire, je l'admis dans « l'Eglise, et, quelques heures plus tard, il expira pai- « siblement. »

« Il était rare d'entendre ces pauvres soldats se plaindre de leur sort; bien que peu habitués aux rigueurs de la vie militaire, ils les supportaient avec une patience vraiment admirable. Cependant un homme âgé faisait exception à la règle générale. Il murmurait sans cesse, accusant Dieu de l'affliger injustement. Les raisonnements, au lieu de le convaincre, ne faisaient que l'aigrir davantage. Ne pouvant donc me servir de ce moyen pour le ramener à de meilleurs sentiments, je lui fis accepter une médaille de la sainte Vierge. Peu à peu ses plaintes cessèrent, son visage même devint calme et serein, et j'eus la consolation de le voir expirer de la manière la plus édifiante. »

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tion de les dissimuler : « Non pas, non pas, s'écria « sœur Catherine, il faut qu'ils les voient bien ; « mettez-en au milieu de la grande porte. »

« Pendant les derniers jours qui précédèrent notre départ de la maison, les gardes nationaux fédérés se disaient les uns aux autres : « Allons demander des « médailles à la vénérable sœur Catherine, elle en a « donné aux camarades qui nous les ont montrées, « nous voulons en avoir à notre tour, — Mais malheu- « reux, leur dit une sœur, vous n'avez ni foi ni reliée gion, à quoi vous servira la médaille? — Ma sœur, « c'est vrai que nous ne croyons pas à grand'chose, « mais nous croyons à cette médaille, elle en a procc tégé d'autres, elle nous protégera aussi ; et si nous « allons au feu, elle nous aidera à mourir en braves. » La bonne sœur Catherine en donna à tous ceux qui se présentèrent ; ceux qui étaient de faction se faisaient relever par leurs camarades pour venir en chercher.

« Après Tentrée de l'armée à Paris, on transporta à l'hospice d'Enghien une trentaine d'insurgés blessés qui devaient y recevoir les premiers soins avant d'être traduits en jugement. La maison était déjà transformée en ambulance, et on fut obligé de prendre un dortoir des orphelines pour y mettre les nouveaux venus. L'aspect de ces hommes était si effrayant, que sœur Eugénie, désignée pour les soigner, n'eut pas le courage de leur faire faire aucun acte de religion pendant les deux premiers jours, mais enfin, obéissant

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réunis, leur proposa de faire venir un prêtre pour les confesser. Tous acceptèrent avec des marques non équivoques de reconnaissance. Un bon prêtre qui avait fait partie des otages de la Commune vint en effet, entendit leur confession et se retira très-consolé, assurant qu'il répondait de leur salut. Ces malheureux quittèrent la maison à sept heures, les uns en voiture, les autres sur des brancards, pour être conduits à Versailles ; ils étaient calmes et résignés, et en partant ils montraient encore aux sœurs la médaille qu'ils portaient. Dieu aura sans doute accepté leur sacrifice en réparation de leurs fautes. »

Marie, Vase d'élection.

Comme un vase précieux, la Vierge a été choisie dès le commencement

du monde pour contenir le Verbe fait chair.

CHAPH :

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