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rents n'ayant pas de bois pour cuire le dîner, se trouvaient bien embarrassés. Je mis mon capulet et je m'offris à aller ramasser du bois mort avec ma jeune sœur Marie et notre amie la petite Jeanne Abadie. » Les trois enfants se rendent sur les bords du Gave, en face de la grotte de Massabielle, dont l'intérieur était encombré de sable et de branches d'arbres que le courant avait entraînés. Mais pour arriver jusqu'à la grotte, il fallait traverser l'eau du canal ; Marie et Jeanne ôtent leurs chaussures et passent sans hésiter. Bernadette hésite, parce qu'elle est enrhumée. Pendant qu'elle délibère avec elle-même, un coup de vent, qui se répète bientôt après, la jette dans l'étonnement, car les arbres de la rive étaient immobiles. Un arbuste seul est légèrement agité : c'est un églantier qui croissait alors dans l'ouverture supérieure de la grotte. Cette niche naturelle et le rosier sauvage s'illuminent d'une clarté extraordinaire : une dame admirablement belle y apparaît, les pieds posés sur l'églantier, et salue l'enfant de ses bras pendants et gracieusement recourbés.
Le premier mouvement de Bernadette est la frayeur; elle saisit instinctivement son chapelet pour y chercher une défense, et veut porter sa main à son front pour se signer; mais son bras retombe inerte et sa frayeur augmente. La Dame avait aussi un chapelet suspendu à son poignet gauche; elle le prend de sa main droite, fait un grand signe de croix et roule entre ses doigts les grains blancs comme des gouttes
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Le sixième jour de la quinzaine, l'auguste Dame lui révéla trois secrets, en lui défendant de les communiquer à personne, et lui enseigna aussi une prière que Ton n'a jamais dû connaître non plus. Puis elle la chargea d'une mission :
« Vous irez dire aux prêtres qu'il doit se bâtir ici une chapelle, et qu'on doit y venir en procession. »
Bernadette va transmettre cet ordre à M. le curé qui hésite à la croire et lui dit de demander à la Dame un signe qui donne crédit à ses paroles, par exemple de faire fleurir en février le rosier sauvage que l'hiver a dépouillé de ses feuilles.
La sainte Vierge ne juge point à propos d'accorder le miracle, mais elle éprouve l'obéissance de Bernadette en l'obligeant à baiser la terre à plusieurs reprises, et à gravir la roche sur ses genoux, en priant pour les pécheurs. Un jour elle lui enjoint d'aller boire à la fontaine de la grotte, de s'y laver et de manger une herbe qui croît en ce lieu. L'enfant ne voyait pas la fontaine, personne n'en avait jamais connu dans cette grotte. Sur un signe de la Dame, l'enfant docile creuse avec ses doigts et découvre une eau bourbeuse dont elle fait, malgré sa répugnance, l'usage indiqué.
Au bout de quelques jours, ce mince filet d'eau trouble était devenu une source abondante et limpide. Bien plus, cette source merveilleuse allait bientôt opérer d'innombrables prodiges. Dès le 26 février