IV TRES-SUS
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La Vierge Immaculée apparut encore deux fois cà Bernadette : ce fut le lundi de Pâques, 5 avril, et le 16 juillet, fête de Notre-Dame du Mont-Carmel.
Le 28 juillet suivant, Mgr l'évêque de Tarbes nomma une commission d'enquête composée d'ecclésiastiques, de médecins et de savants. Le 18 juillet 1862, le prélat publiait un décret portant jugement sur les faits de Lourdes en ces termes :
« Nous jugeons que l'Immaculée Mère de Dieu a réellement apparu à Bernadette Soubirous, le 11 février 1 858 et jours suivants, au nombre de dixhuit fois, dans la grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes; que cette apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. »
Marie avait demandé qu'une chapelle fût bâtie sur le terrain de la grotte. La première pierre en fut posée au mois d'octobre 1862. La piété des pèlerins fournit généreusement les fonds nécessaires ; la sainte messe fut célébrée pour la première fois le 21 mai 1868, dans la crypte qui devait porter le nouveau sanctuaire. Le rapport qui existe entre les apparitions de i858 et de i83o est indiqué par deux vitraux du sanctuaire, dont l'un représente la vision de Bernadette et l'autre celle de sœur Catherine,
Le pèlerinage de Lourdes a pris des proportions immenses; grâce aux chemins de fer, les pèlerins se comptent chaque année par centaines de mille, venus de tous les points de l'univers, et d'innombrables
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du soir : Eugène Barbedette, enfant de douze ans, regardant par la porte de la grange où il était occupé avec son père et son jeune frère Joseph, âgé de dix ans, aperçut dans les airs, un peu au-dessus et en arrière de la maison Guidecoq, qui se trouvait en face de lui, une grande et belle dame qui le regardait en souriant. Il appelle son frère, son père et une femme du village qui causait avec lui en ce moment. Mais son frère seul aperçut ce qu'il voyait, et les voilà faisant exactement tous les deux la même description de la personne qu'ils avaient devant les yeux. Elle était vêtue d'une robe bleue, à larges manches, parsemées d'étoiles d'or. La robe tombait jusque sur la chaussure qui était bleue aussi avec une boucle formée par un ruban d'or. Elle avait sur la tête un voile noir qui couvrait un tiers du front, et retombait en arrière par-dessus les épaules jusqu'à la ceinture. Sur le voile, une couronne d'or ayant à peu près la forme d'un diadème et sans autre ornement qu'un petit liseré rouge vers le milieu. Sa figure était très-petite, très-blanche et d'une beauté incomparable.
« Bientôt, la mère Barbedette, les sœurs qui tiennent l'école de la paroisse, le vénérable curé et plus de soixante personnes se trouvent réunis à la porte de la grange. De tous ces assistants, deux des pensionnaires des religieuses partagent seules le bonheur des enfants Barbedette : elles se nomment Françoise Richer, âgée de onze ans, et Jeanne-Marie Lebossé, âgée de neuf ans et demi. Les autres personnes ne furent témoins
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Nous pourrions citer plusieurs autres manifestations de la sainte Vierge en France; mais l'autorité ecclésiastique ne les ayant point approuvées, nous n'oserions les donner comme certaines. Nous mentionnerons seulement les apparitions dont fut favorisée mademoiselle Estelle Faguette, à Pellevoisin, diocèse de Bourges. — La guérison instantanée de cette personne, atteinte d'un mal jugé incurable, peut être regardée comme une preuve de la vérité de son récit. De plus, Mgr l'archevêque de Bourges paraît l'avoir reconnu authentique, en autorisant la construction d'une chapelle en mémoire de cet événement. — Le 14 février 1876, la très-sainte Vierge apparut à mademoiselle Faguette, et la même vision se renouvela quinze fois dans l'espace de dix mois. Marie avait l'attitude que représente la médaille miraculeuse, seulement les rayons qui s'échappent de ses mains étendues étaient remplacés par des gouttes de
1. Extrait d'une relation approuvée par Mgr l'évêque de Laval.
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jugé sans doute que la foi de ses habitants n'avait pas besoin de ce secours. Et puis, ne peut-on pas dire quelle a fixé sa demeure en Italie d'une manière permanente, depuis que sa propre maison, cette maison de Nazareth où s'est accompli le mystère de l1 Incarnation, cette maison où a vécu la Sainte Famille, y a été transportée par la main des anges?
Tandis que le gouvernement de la Prusse persécute l'Eglise, la très-sainte Vierge daigne se manifester dans les deux provinces les plus catholiques du royaume, et aux deux frontières opposées, près des bords du Rhin et dans le grand-duché de Posen. Ne semble-t-elle pas dire aux bons habitants de ces contrées qu'ils doivent avoir confiance, que Dieu saura bien déjouer les projets des persécuteurs? — Il est à remarquer que, dans les deux circonstances, Marie s'annonce comme la Vierge conçue sans péché.
Nous rapportons ici en abrégé ces apparitions que tout porte à regarder comme vraiment surnaturelles. La seconde a d'ailleurs été formellement approuvée par l'évêque diocésain d'Ermeland.
Le 3 juillet 1876, à Marpingen, pauvre village du district de Trêves (Prusse rhénane), la sainte Vierge apparut à trois petites filles, dans une forêt de pins, vers Y Angélus du soir; les trois enfants avaient environ huit ans et appartenaient à des familles de pauvres et honnêtes cultivateurs du village. Elles aper-
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filles : « Qui êtes-vous? » l'apparition répondit : « Je suis la très-sainte Vierge, Marie conçue sans péché »; et une autre fois : a Je suis V Immaculée-Conception ». — Dans les premières apparitions, elle avait le visage triste, elle versa même plusieurs fois des larmes ; dans la suite, son visage respirait toujours la joie. Elle demanda qu'on fît bâtir une chapelle et qu'on y plaçât la statue de Hmmaculée-Conception. A chaque apparition, elle bénissait la foule qui était nombreuse; elle bénit aussi une source qui depuis lors est devenue très-abondante, et dont l'eau opère des miracles. Elle recommandait la récitation du rosaire et exhortait à la prière, à la confiance, au milieu des épreuves qui viendront encore *.
Les récentes apparitions de la sainte Vierge ont donné naissance à de nouveaux pèlerinages ou les fidèles se portent en foule pour honorer la mère de Dieu et lui demander les grâces qu'elle accorde avec une libéralité toute royale. En même temps, ses anciens sanctuaires sont devenus plus chers à la piété ; la plupart ont été reconstruits avec magnificence ou du moins ont reçu de splendides embellissements; il suffit de citer Fourvières, Notre-Dame-de-la-Garde, Rocamadour, Boulogne-sur-mer, Liesse, Buglose.
Le couronnement des images de la sainte Vierge