‹ La médaille miraculeuseChapitre 61 sur 65 · SC · texte numérisé non relu

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Reine du ciel, et implorer sa maternelle protection. On a remarqué particulièrement. la visite faite par les cordonniers réunis à Montmartre sous le patronage de saint Crépin, celle des élèves du séminaire des Irlandais et des élèves du séminaire d'Issv.

Bien des faveurs spirituelles furent accordées à la foi des pèlerins pendant ces jours de bénédiction; il y eut des conversions, on raconte même des guérisons frappantes; et qui pourrait dire les opérations de la grâce dans les âmes de ces chrétiens lorsque, prosternés devant l'image de Marie-Immaculée, ils imploraient sa protection pour eux et pour les personnes qui leur sont chères? On a remarqué les mêmes effets surnaturels en beaucoup d'endroits; à aucune époque on n'a constaté autant de faits extraordinaires attribués à la médaille ; la sainte Vierge a voulu récompenser ainsi la piété de ses serviteurs et accréditer de plus en plus le pouvoir de la médaille miraculeuse.

Le pèlerinage dut se terminer lei8 décembre. Ce ne fut pas sans peine qu'on put interdire à la foule, déjà accoutumée à ces pieuses visites, l'entrée de la chapelle ; il fallut résister avec énergie à des instances, à des supplications réitérées, pour rendre à la communauté le calme et le silence qui y régnent habituellement.

Pendant ces jours de fêtes, les prédicateurs exaltèrent à l'envi la gloire de Marie-Immaculée, et racontèrent l'origine delà médaille et les miracles dont ell a été si souvent l'instrument. Les journaux et les

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Les fêtes de l'anniversaire de la médaille miraculeuse semblent avoir réalisé ce que la pieuse sœur Catherine entrevoyait dans l'avenir, lorsqu'elle écrivait : Oh ! qu'il sera beau d'entendre dire : Marie est la Reine de V univers, et particulièrement de la France, et les enfants s écrieront : Elle est la Reine de chaque personne en particulier. Oui, en ce beau jour, dans toutes les parties de l'univers, Marie a été honorée comme la Reine du ciel et de la terre, les enfants et les vieillards, les ignorants et les savants, les petits et les grands, le peuple et le clergé, l'ont invoquée sous le titre d'Immaculée, tous l'ont priée de leur obtenir les grâces dont leur faiblesse et leur misère avaient besoin. La reconnaissance pour les bienfaits reçus s'est mêlée à la confiance devant les nécessités présentes et les craintes de l'avenir. En priant pour soi et pour les siens, chacun a prié aussi pour l'Eglise qui souffre persécution sur tant de points du monde, et pour la société dont l'existence même est menacée par de pernicieuses doctrines.

L'année 1880 rappelle, sous plus d'un rapport, la situation où se trouvait la France en i83o, lors de l'apparition de la médaille. La révolution, qui venait alors de remporter une victoire, règne aujourd'hui et semble avoir acquis plus de force, sans être moins hostile à la religion. Le pieux anniversaire qui a été célébré avec tant dardeur n'a-t-il pas été ménagé par

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quarante ans, le 19 juillet 1870, la France déclarait la guerre à la Prusse ; cette guerre désastreuse était à peine terminée, que la Commune portait la consternation dans Paris, le sang coula dans les rues, l'archevêque fut mis à mort avec plusieurs autres victimes innocentes; ces malheurs avaient duré à peu près un an. La période de quarante ans annoncée comprend donc en réalité quarante et un ans.

En admettant que la seconde période commence après les quarante ans, elle est arrivée à son terme, au mois de juillet 1880; nous devrions donc avoir maintenant la paix promise ; et cependant, au lieu de la paix, nous avons la persécution, la laïcisation des écoles et des hôpitaux, l'expulsion des religieux et bien d'autres vexations dirigées contre l'Eglise.

La période de dix ans se termine comme celle de quarante ans, par des épreuves. La première fois, ces épreuves ont duré une année, combien dureront-elles la seconde fois ? Combien de temps devrons-nous attendre la paix ?

Rappelons d'abord que les prophéties du genre de celles-ci sont conditionnelles : ce sont des promesses ou des menaces dont l'effet dépend en grande partie des prières et des pénitences du peuple chrétien; Dieu suspend ou précipite les coups de sa justice, il les aggrave ou les adoucit selon les dispositions qu'il trouve dans le cœur de ses enfants. La période peut donc se prolonger plus ou moins, avant d'amener la paix.

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