C. Leroy, \ A. Gras, S
suppléants.
(1) Archives de l'Hôpital, E E, 2.
(2) Lettre du Préfet au Maire, Archives municipales, 9, F.
activité : Silvy, Aribert-Dufresne, A. Charvel, C. Leroy el Albin (iras formaient déjà un groupe d'hommes intelligents et actifs; le Recteur écrit, dès le lendemain de la réorganisation, à la commission des Hospices, pour obtenir d'elle un laboratoire de chimie pour Leroy, professeur de chimie et de pharmacie (1). Robin, le directeur, appuie de son côté cette création et insiste sur l'urgence.
La situation des élèves en pharmacie n'était cependant pas encore bien nette : l'ordonnance diH3 octobre 1840 fixait à trente-cinq francs le prix de chaque inscription trimestrielle dans les Ecoles préparatoires de médecine d df pharmacie, alors que dans les trois Ecoles spéciales de pharmacie, les élèves n'avaient à payer qu'une somme annuelle de trente-six francs ; d'ailleurs les Ecoles préparatoires et les conseils municipaux de plusieurs villes proposaient un chiffre différent pour la rétribution scolaire des pharmaciens. Le ministre de l'instruction publique prit le parti de fixer le maximum au taux précèdent et de laisser aux conseils municipaux la l'acuité de l'abaisser autant qu'ils voudraient (2). Le conseil municipal de Grenoble fixa le taux de chaque inscription pour les élèves en pharmacie à cinq francs.
En même temps, une ordonnance royale étend aux élèves en médecine des Ecoles l'obligation, jusqu'ici imposée aux élèves des Facultés, de suivre pendant une année le service de l'Hôpital.
A l'Hôpital, Robin et A. Charvel étaient médecins en chefs ; Aribert- Dufresne était médecin adjoint. Les institutions médicales de Grenoble s'améliorent du reste : à Saint-Robert, le Dr Evrat, avec une rare énergie et un incontestable talent, lutte, en dépit de mille obstacles, pour fonder un asile modèle, qui cessa dès lors de recevoir les ' mendiants, les syphilitiques et les filles-mères, désormais établies à l'Hôpital : double amélioration aussi utile pour l'asile que pour l'Hospice de Grenoble, où se trouvait ainsi réuni tout le service de la maternité.
Une nouvelle activité semble régner même parmi les élèves et Robin, comme directeur de l'Ecole, prie les administrateurs de l'Hospice de décider un concours d'internat et un concours d'externat (3). Les jugesdu concours, cl cela montre bien la fusion de l'Hôpital et de l'Ecole, sont les professeurs de l'Ecole et les membres de la commission administrative de l'Hospice.
(1) Archives de l'Hôpital, E E, 2.
(2) Ordonnance do Louis-Philippe, du 13 mars 48i2.
(3) Archives de l'Hôpital, E E, 2.
LA MÉDECINE A GRENOBLE. Dr A. BORDIER. 245
Il est juste de constater que se sont deux professeurs adjoints qui, avec A. Charvet, continuent par leurs travaux scientifiques à jeter le plus de lustre sur l'Ecole.
Albin Gras, dont certains travaux nous sont déjà connus, publie chaque année quelque nouveau mémoire et toujours sur les sujets les plus varies:
En -1842, dans une note sur le Magnétisme animal (1), il relaie certains faits alors nouveaux et presque merveilleux, que l'Ecole delà Salpêtrière a fait entrer depuis dans le domaine de la physiologie plus au moins normale.
L'année suivante, 1843, il se fait démographe (2) : il constate [que depuis quatre ans, les mariages et les naissances ont diminué à Grenoble, tandis que les décès ont augmenté : de 1830 à 1838, la moyenne annuelle des décès était de 858 ; de 1838 à 1842, elle est devenue 923. Dans la première période, la moyenne annuelle des mariages était 264; dans la seconde, elle devient 251. II attribue ces résultats à l'insalubrité de la ville, due elle-même aux travaux exécutés par le génie militaire, à l'augmentation de la misère et au grand nombre de désastres financiers survenus, parait-il, à cette époque.
La même année, il publie le plan de deux anciennes portes deCularo (3), construites par Dioclétien et par Maximien, qui existaient encore à la lin du xvi8 siècle. Le plan qu'il donne a été copié sur un ancien manuscrit d'Aymar de Rivail, appartenant à Gliampollion.
En 1844, il publie le mémoire, que j'ai eu l'occasion de citer plusieurs fois, sur les Institutions médicales de la ville de Grenoble (4) et une étude sur les bois du département de l'Isère (5). Il insiste, avec raison, sur la disparition des vastes futaies de chênes, de hêtres et d'arbres résineux dont l'existence est prouvée par les chartes et les titres anciens :'la plaine de Bièvre aujourd'hui nue, était jadis occupée par une immense forêt Les défrichements commencèrent à l'époque de Humbert II, qui fit de nombreuses concessions de coupe aux communautés religieuses, ainsi qu'à différents particuliers ; malgré les édits du gouvernement, la dévastation
(1) Albin Gras : Note sur le magnétisme animal (Société de statistique, 1842).
(2) Note le mouvement annuel des naissances, des décès et des mariages à Grenoble, de 1830 à 1842.
(3) Albin Gras : Note sur deux anciennes portes de Cularo (Bulletin de la Société de statistique) '; l'une de ces portes, dite Romaine ou Jovia, était située à l'extrémité de la Grand'Rue, du côté de Grenoble et avait pris le nom de porte Traisne ; l'autre, dite Viennoise ou Herculea, au nord de la place Notre-Dame, était connue sous le nom de porte de l'Evêché,
(4) Bulletin de la Société de statistique, 1844.
(5) Albin Gras : Etude sur les bois du département de 1 Isère, Grenoble 1844.
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des forêts fut continuée au xvme siècle et fut portée à son comble pendant l«i Révolution.
Beaucoup plus importante est la publication de la statistique botanique du département de l'Isère (1), travail considérable pour l'époque.
A. Charvet continuait, de son côté, ses importants travaux : en 1842, il fait paraître une étude sur un cas de mélanisme partiel (2); en 1844, un travail sur la reproduction de la sangsue (3 . L'intérêt de ce mémoire est aujourd'hui bien diminué, la sangsue étant peu employée, mais, cà 'cette époque, c'était une question d'actualité; les sangsuo disparaissaient de notre région : les marais de Bourgoin, qui jadis suffisaient à apprivisionner Lyon, n'en avaient plus; les marais du Bourg-d'Oisans, de Sasseriage. atterris et pourvus de larges canaux d'écoulement, devenaient impropres à la culture de cette hirudinée. L'auteur signale également comme contribuant à détruire les sangsues, la musaraigne d'eau (Sorex fodiens).
C. Leroy poursuivait ses recherches sur les eaux minérales du Monestier (4) et d'Oriol (5), dont la captation venait d'être améliorée par Accarias, leur propriétaire.
Pendant que l'Ecole préparatoire de Grenoble s'acclimatait à son nouveau régime, les intérêts supérieurs de la médecine étaient discutés à Paris où de graves questions s'agitaient, qui devaient avoir plus tard, mais bien tard, leur retentissement à Grenoble.
Le 18 novembre 1845, M. de Salvandy, grand-maitre de l'Université, sentant la nécessité de faire une bonne fois des réformes profondes dans l'enseignement de la médecine, sans cesse remanié à la surface au gré des événements politiques, propose au roi la nomination d'une grande commission chargée d'étudier les moyens « de donner satisfaction aux inlérêts les plus essentiels de la science et de la société (G) ».
(11 Statistique botanique du département de l'Isère, ou guide de botaniste dans le département, par Albin Gras, docteur ès sciences, docteur en médecine de la Faculté de Paris, professeur à l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de l'Isère, membre correspondant de la Société Linnéenne de Lyon et de la Société médicale d'émulation de la même ville, vice-secrétaire de la Société de statistique 1844. (), U2U00.
Albin Gras devint en 1852 secrétaire perpétuel de la Société de statistique, à la mort de son frère Scipion Gras.
(2) Bulletin de la Société de statistique, 1842.
(3) Bulletin de la Société de statistique, 26 juillet 1844.
(4) Notice sur les eaux minérales du Monestier, Société de statistique, 1842.
(5) Nouvelle analyse de l'eau gazeuse et ferrugineuse d'Oriol, près Mens.
(6) Voir Beauchamp : Enquêtes et documents relatifs à l'enseignement supérieur, tome xlix.
LA MÉDECINE A GRENOBLE. - Dr A. BORDIER. 247
Cette commission était présidée par Or fila (1). Les queslions relatives à l'enseignement dans les Ecoles préparatoires, les seules qui doivent m'oo cuper, furent vivement débattues. Contre ces Ecoles parlait Terme, membre de la Chambre des députés et maire de Lyon, qui ne visait que leur suppression avec création d'une Faculté lyonnaise. Leur avocat, dont le nom mérité d'être ici mentionné, fut Gintrac, professeur de clinique médicale à l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Bordeaux.
Dès la première séance, les positions sont prises : Donné ayant proposé de voter « que les Ecoles existantes continueront à vivre, qu'elles feront partie de l'Université et que leurs recettes ainsi que leurs dépenses seront portées au budget de l'Etat », Terme propose carrément leur suppression et leur remplacement par une faculté nouvelle à Lyon.
Comme on voulait en même temps supprimer les officiers de santé et qu'on s'appuyait sur cette suppression, à supposer qu'elle fût votée, pour fermer les Ecoles préparatoires, sous prétexte qu'il ne devait pas y avoir deux trdres d'enseignement, alors qu'il n'y aurait plus deux ordres de médecins, Gintrac fit valoir en faveur des Ecoles des motifs qui valent encore la peine d'être cités, même aujourd'hui que cette suppression est faite :
« C'est une erreur de croire, dit-il, que les Ecoles préparatoires soienl destinées exclusivement à faire des officiers de santé. Loin de là; elles préparent un grand nombre de candidats au doctorat, qui viennent plus tard dans les Facultés. . . De ce qu'on ne conserverait pas deux degrés de médecins, on ne voit pas pourquoi les Ecoles préparatoires devraient
être détruites En général, il est avantageux de multiplier les foyers
d'instruction et c'est une erreur de croire qu'on relèverait les Facultés de province en détruisant les Ecoles préparatoires. »
Les Ecoles préparatoires furent maintenues.
Une autre victoire de Gintrac devant la commission fut l'acceptation, en principe, du concours pour le recrutement des professeurs des Ecoles préparatoires. L'illustre professeur de Bordeaux s'étonne que, alors que le concoursaétédécidépourlesprofesseursdes Facultés,on ne l'applique pasà ceux des Ecoles préparatoires. « Son refus pour ceux-ci constitue, dit-il, une véritable irrégularité. Ainsi il y aurait concours pour les prosecteurs, les chefs de
(1) Elle était ainsi composée : Orfila, président; Donné ; Fouquier; Chomel; Bouillaud; P. Dubois; Royer-Collard ; Andral ; Velpeau; Roux ; Dumas ; Behier ; Marchai de Calvi ; Caizergue; Lordat ; Coze; Forget; Bussy; Gintrac; Sénac; Combes; Serres; Caventou; Pariset; Villeneuve ; Boullay ; Cap; Alquié ; Richaud des Brus; Terme; Labarraque et Cattois.
travaux anatomiques, les agrégés, puis interruption pour les professeurs des Ecoles préparatoires, et de nouveau concours pour les professeurs des Facultés. Pourquoi cette différence? Pourquoi ce défaut d'harmonie? » « C'est à tort qu'on a supposé que des menées, des intrigues vicieraient en province les résultats du concours. Mais le concours délivrera les juges des trois quarts au moins des intrigants qui s'y seraient pressés sans lui. » Plusieurs membres acceptaient le concours, mais à condition que, pour le débarrasser des influences locales, on ie transporterait dans une Faculté: c'est le système qui nous régit actuellement. « Je verrais dans cette mesure, répond Gin trac, de très graves inconvénients. D'abord les jeunes médecins des villes où sont placées les Ecoles préparatoires et qui voudraient concourir, seraient obligés de laisser leur clientèle;. . . . d'un autre côté, et ceci est sérieux, en ôtant aux professeurs des Ecoles le droit de contribuer au choix de leurs nouveaux collègues, vous jetteriez sur eux une déconsidération imméritée ■ vous les mettriez en état perpétuel de suspicion Ne voyez-vous pas partout le niveau des éludes
s'élever? Et ce serait avec ce mouvement expansif, [avec ce rayonnement vivifiant, que vous penseriez à une mesure qui frapperait d'inertie nos écoles, refroidirait le zèle, réprimerait les élans généreux qu'il importe tant de faire naître et d'exciter loin du centre?. ... Le sol scientifique est généralement assez paisible; il serait au moins parfois remué et toujours au profit de l'instruction de tous. Vous ne priverez pas, je l'espère, nos cités de ce moyen certain d'émulation, de ce levier précieux, qui tend
d'une manière si efficace les ressorts intellectuels ; c'est donc devant
l'Ecole où la chaire est vacante que le concours devrait avoir lieu. »
Gintrac ajoutait : « Je souhaiterais d'ailleurs que le professeur d'une des Facultés du royaume, chargé de la chaire correspondante à celle dont la vacance motive le concours, reçut de M. le Minisire la mission de venir présider cet important concours ».
Appuyé par Velpeau, par Royer-Collard, le principe du concours pour la nomination des professeurs des Ecoles préparatoires fut adopté par la commission. Elle décida également que le jury serait présidé par un délégué de l'Université, pris soit dans l'une des Facultés, soit dans l'une des Ecoles de pharmacie.
La même commission émet le vœu : « qu'à l'avenir, il ne sera plus créé qu'un seul ordre de praticiens, celui des docteurs en médecine ».
Un congrès médical réuni à la même époque avait émis, de son côté, des vœux pressants, en faveur des Ecoles préparatoires très fortement menacées. A la séance de clôture de ce congrès, qui avait réuni les
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sommités médicales de la province, M. de Salvandy, leur dit : « Les Ecoles préparatoires vous ont occupé. Dans cette sagesse qui a piano sur vos travaux, vous ave/ pensé qu'elles devaient être maintenues; vous vous «Mes prononcés pour te fail existant. Un vœu a été exprimé : que les Ecoles préparatoires do médecine et de pharmacie fussent plus directement attachées à l'Université; qu'elles passassent tout entières sous son autorité; quelles ne relevassent que d'elle. Vous avez eu raison. La
dignité de l'enseignement médical y est intéressée » « Il faut de leur
côté que les villes s'appliquent au matériel de vos Ecoles, dont le développement est indispensable au but que nous voulons atteindre » Le
ministre, en terminant, engage les médecins à lutter « contre cette centralisation contre laquelle le devoir de mon ministère est de lutter ». Belles paroles qui ont mis du temps à devenir une réalité, ou du moins à commencer à se traduire dans les actes !
Entre temps, le 7 septembre 1846, un arrêté instituait les examens de fin d'année pendant le cours des études médicales, et spécifiait que les deux premiers, passés dans les Ecoles préparatoires, étaient valables pour l'inscription ultérieure dans les Facultés. Ces examens de fin d'année avaient l'avantage de donner aux cours professés dans les Ecoles préparatoires, une sanction qu'ils n'avaient pas. Leur suppression est évidemment très préjudiciable à l'exactitude et au zèle des élèves en médecine.
Enfin, le 15 février 1847, M. de Salvandy présentait à la Chambre des pairs un projet de loi, sur l'exercice et l'enseignement de la médecine.
Il y proposait la suppression des officiers de santé; il maintenait la divisoin des élèves entre les 3 Facultés et les 20 Ecoles secondaires; il conférait aux Ecoles préparatoires, en la restreignant aux deux premières années d'études médicales, l'égalité absolue pour ces deux années et il constatait cette égalité, en investissant les Ecoles préparatoires du droit nouveau de conférer, comme les Facultés, un premier grade médical, qui eut été, comme dans l'ordre de droit, le baccalauréat; mais il maintenait aux Facultés la prérogative de conférer seules, la licence et le doctorat et fixait à cinq années le cours d'études nécessaires pour le grade de docteur, « la reconstitution définitive, ajoutait l'exposé des motifs, qui est proposée pour les Ecoles préparatoires, a paru l'unique part qui fui à faire à la diffusion de l'enseignement et aux progrès du temps. Ces écoles désormais seront des annexes des Facultés ; elles participeront au droit de conférer desgrades: cet acte solennel marquera leur rang dans l'Université, et par le lustre qu'elles en recevront, les pères de famille seront de plus en plus
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encouragés à leur conlier leurs enfants (1) ». « Ces centres d'études multipliées, dit-il encore, ont pour l'enseignement des avantages considérables: l'accès plus libre e1 plus facile dans les jardins botaniques, dans les collections, (Lois les amphithéâtres, dans les hôpitaux, au lit des malades; la parole du maître écoutéede plus près, plus personnelle, sinon plus fréquente, e1 pour les familles la proximité, l'économie, la sécurité ». Enfin le projet ajoutait : « Les Ecoles préparatoires seront mises successivement à la charge de l'Etat ; le matériel et les collections resteront à la charge des communes ».
On disait à Grenoble que trois Ecoles allaient passer au budget de l'Etat : celles de Lyon, de Bordeaux et de Toulouse. Le maire de Grenoble s'empressa d'adresser une pétition aux Chambres (2) pour qu'aux villes de Lyon, Bordeaux et Toulouse, qui étaient visées par le projet, on ajoutai les villes qui ont une Faculté des sciences, comme Grenoble, Caen, Rennes, Besançon, Dijon. C'était un acheminement détourné au titre de Faculté. Mais tous ces projets restèrent à l'étude. La Révolution de 1848 vint arrêter la réalisation d'un plan qui contenait beaucoup de bonnes choses.
Quant à la pharmacie, ce n'est qu'en 1850 que la réforme des études tut mise en discussion et soumise à une commission i3). Dans leur rapport, les commissaires touchent incidemment une question qui nous intéresse : « Nous n'avons pas mission, disent-ils, d'examiner si les jurys locaux, tels qu'ils sont constitués aujourd'hui, fonctionnent d'une manière satisfaisante ; si le professeur de la Faculté de médecine chargé de présider ces jurys, composés de deux médecins et de quatre pharmaciens du département, n'est pas d'ordinaire réduit à protester seulement par sa boule noire contre la faiblesse des candidats admis par la majorité et si, dans l'intérêt des études pharmaceutiques, il ne serait pas urgent de modifier cet état de choses, en supprimant la collation des grades par les jurys locaux ». Mais rien ne fut résolu.
Enfin, en 1854., un vaste projet fut présenté pour la médecine et la pharmacie.
Mais il ne s'agit plus du projet de Salvandy, qui semble abandonné.
(1) Les Facultés de Paris, Montpellier et Strasbourg comptaient à cette époque, à elle trois, 1.052 étudiants. Les 20 Ecoles secondaires en comptaient ensemble 823 ; l'Ecole de Grenoble en comptait 32.
(2) Archives municipales, 9, F.
(3) Elle était composée de : Thénard, Orfila, Bérard, Bussy, Persoz, Chevreul, de Jussieu, Mil ne-Edwards.
Au lieu des réformes radicales qu'il comportait, on se bornera à certaines améliorations de l'état de chose existant.
En tète des réformes utiles et logiquement devenues nécessaires, proposées en 1854 par A. de Fourtoul, il faut noter la suppression des jurys médicaux «dont on pouvait comprendre la nécessité lorsque l'enseignement médical était à peine organisé en France, niais qui n'ont plus de raison d'être, depuis qu'on a créé vingt Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie. A quoi bon des commissions spéciales pour délivrer des grades, quand les Facultés de médecine et les Ecoles peuvent suffire à cette tâche cl sont beaucoup plus compétentes ».
Une réforme d'une grande valeur était, en outre, proposée : jusqu'à présent les jurys médicaux délivraient aux officiers de santé un simple certificat d'aptitude. « Après une discussion approfondie, le conseil impérial de l'instruction publique et le Conseil d'Etat ont été d'avis de proposer la suppression absolue du prétendu certificat d'études médicales et de le remplacer par douze inscriptions prises dans une Faculté de médecine, ou par quatorze inscriptions dans une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie », importante modification qui ne pouvait être matériellement au moins qu'avantageuse aux Ecoles. Ces mesures s'étendaient d'ailleurs aux pharmaciens de 2° classe, aux herboristes et aux sages-femmes (1).
(1) Un décret d'août 1854 stipulait :
Art. 12. — Douze inscriptions dans une Faculté de médecine peuvent être compensées par quatorze inscriptions prises dans une Ecole préparatoire de médecine el de pharmacie, moyennant un supplément de cinq francs par inscription.
Art. 17. — Les jurys médicaux cesseront leurs fonctions au 1er janvier prochain, en ce qui concerne la délivrance des certificats d*aptitude pour les professions d'officiers de santé, sage-femmes, pharmaciens et herboristes de 2° classe.
A partir de cette époque, les certificats d'aptitude pour la profession d'officier de santé et celle de sage-femme seront délivrés, soit par les Facultés de médecine de Paris, Montpellier et Strasbourg, soit par les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie, sous la présidence d'un professeur de l'une des Facultés de médecine.
A partir de cette époque, les certificats d'aptitude pour les professions de pharmacien et d'herboriste de 2e classe seront délivrés, soit par les Ecoles supérieures de pharmacie, soit par les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie, sous la présidence d'un professeur de l'une des Ecoles supérieures de pharmacie.
A ht. 20. — Les aspirants au titre d'officier de santé doivent justifier de douze inscriptions dans une Faculté de médecine ou de quatorze inscriptions dans une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie.
Les aspirants au titre de pharmacien de 2e classe doivent justifier : 1° de six années de stage; 2° de quatre inscriptions dans une Ecole supérieure de pharmacie ou de six dans une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie.
Deux années de stage pourront être compensées par quatre inscriptions dans
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Il esl aisé de mesurer combien la situation des Ecoles secondaires s'était améliorée : elles ne sont plus regardées comme un annexe de l'Hôpital; elles sont un des rouages universitaires et confèrent, au même titre que les Facultés, certains grades en médecin,. et en pharmacie. Une seule lacune déparait encore cette nouvelle organisation de nos Ecoles, c'était l'absence d'équivalence complète entre leurs inscriptions et celles des Facultés: cette équivalence n'était absolue que pour les 8 premières, mais au-delà de 8 elle cessait : 9 inscriptions ne valaient plus que 8 et 14 ne valaient que 12. Il y avait néanmoins un mouvement très marqué. L'idée de l'administration perçait bien, à la même époque, dans les considérants de l'organisation des conseils académiques (44 juin et 22 août 1854) : « L'administration, est-il dit, s'est principalement proposé, dans les réformes dont l'enseignement supérieur a été l'objet, de constituer de véritables centres d'enseignement, et de rallumer ces foyet s de la science dont nos grandes provinces universitaires étaient privées depuis longtemps. L'isolement est mortel aux établissements d'enseignement supérieur, aussi tous nos actes ont-ils tendu à les rapprocher, à les unir, à les pénétrer, en quelque sorte, les uns par les autres. Les Facultés de théologie et de droit s'appuient sur la Faculté des lettres; les Facultés de médecine, les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie sur les Facultés des sciences ; les Facultés des sciences elles-mêmes ne sont pas étrangères aux Facultés des lettres, puisque les unes et les autres concourent aux examens du double baccalauréat. »
Il est aisé de voir le point de départ du mouvement qui aboutira demain à la création des Universités provinciales.
A partir de 1854, la plupart des Ecoles préparatoires se mirent à l'unisson des réformes qui leur étaient demandées en échange des avantages qui leur étaient offerts ; elles se firent, suivant le terme consacré, réorganiser ; un programme de cours leur fut d'ailleurs donné en 1857 (1), mais Grenoble devait encore attendre avant que sa situation lui permit de reçevoir la consécration nouvelle.
une Ecole supérieure de pharmacie, ou, moyennant un supplément 5 francs par inscription, par six inscriptions dans une Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie, sans que le stage puisse, dans aucun cas, être réduit à moins de quatre années.
(1) Circulaire relative au nouveau règlement d'études pour les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie, 1G avril 1857 (Hecueil de Beauchamp).
Revenons donc à Grenoble et voyons ce qui s'y passsait, tandis que s'élaborait à Paris cette lente édification des Ecoles préparatoires.
Par suite de la nouvelle affectation de Saint-Robert, le cours départemental d'accouchement qui se faisait dans cet asile au service des fillesmères est fait maintenant à l'Hôpital, et le Dr Anbert-Dufresne est nomme professeur de ce cours. Mabboux est nommé professeur adjoint.
Albin Gras continue ses travaux personnels. Il publie une note sur les oursins fossiles du département cl); il donne une étude d'histoire sur Grenoble depuis la suspension de Louis XVI jusqu'en Thermidor (2). Enfin dans une étude purement médicale sur la topographie médicale de Grenoble (3), le médecin, souvent caché derrière le naturaliste, reparaît sans que celui-ci masque toutefois celui-là, car il montre que le climat de Grenoble a permis l'acclimatement d'insectes et de plantes de la Provence: Convolvuhis cantabrica; Rhamnus alalertius ; Olyris alba ; Pistacia terebinthus.
Enire temps, Gras poursuit ses études de géologie et signale dans l'arrondissement de Grenoble quelques fossiles nouveaux Ostrea columba et Holaster subglobulosus.
A. Charvet publie un volume important sur la statistique générale du département de l'Isère (4). Il donne une note assez intéressante sur une variété noire de la vipère commune signalant dans la haute montagne des environs de Grenoble des individus noirs, généralement moins grands que
(1) Albin Gras : Description des ossements fossiles du département de l'Isère, précédée de notions élémentaires sur l'organisation et la glossologie de cette classe de zoophytes, Grenoble 484.6.
(2) Deux années de l'Histoire de Grenoble, depuis la suspension de Louis XVI (10 août 4792) jusqu'à la chute de Robespierre (5 thermidor an n), par Albin (Iras, docteur ès sciences, docteur en médecine de la Faculté de Paris, professeur à l'Ecole de médecine de Grenoble, ex-président de la Société de statistique de l'Isère, 0, 2789.
(M) Essai sur la topographie médicale de la ville de Grenoble, par le D1' Albin Gras, 0, 3846.
(4) Statistique générale du département de l'Isère publiée sous la direction de M. Pollenc, préfet de l'Isère; par M. Gueymardj ingénieur des mines, A. Charvet, docteur en médecine, professeur à la Faculté des sciences de Grenoble et à l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie; Pilot, homme de lettres, et Albin Gras, docteur en médecine et ès sciences, professeur à l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Grenoble, vice-secrétaire de la Société de statistique, T. il.
ceux de l'espèce commune. A la même époque, il publie un travail sur un cas d'inversion splanchnique générale (1) ; entre temps il s'occupe de fouilles palethnologiques (2). .
Son neveu, J.-B. Charvet jeune, préparateur d'anatomie à l'Ecole de médecine, passe en 1845 sa thèse de doctorat (3).
L'enseignement supérieur s'aceroit à Grenoble en 1847, par suite du rétablissement de la Faculté des lettres, supprimée depuis 1816. Enfin 1850 voit arriver trois nouveaux professeurs suppléants : Nicolas, Michaud, et Edouard Leroy, fils de G. Leroy. Le dernier ne tarda pas à donner sa démission; le Dr Michaud compte aujourd'hui, après une carrière bien remplie, parmi nos professeurs honoraires (4). Le D1' Michaud et Nicolas furent révoqués après le 2 décembre ; M. Michaud fut réintégré (18 juillet 1853), après avoir juré obéissance à la Constitution et fidélité à l'empereur. Nicolas ne fut pas réintégré (5). En 1850 Epaminondas Bertrand est nommé chef des travaux anatomiques; il est en 1853 professeur suppléant d'anatomie et de physiologie. La même année, Breton (Henri), professeur suppléant, est, avec l'autorisation du Recteur, chargé par le titulaire Leroy de la chaire de pharmacie. M. Breton, dont la verte vieillesse défie les années, est avec M. Michaud un de nos professeurs honoraires.
Un certain nombre d'autres modifications se font en peu d'années dans le personnel de l'Ecole: en 1856, Arthaud, quia quitté le barreau pour la médecine où il acquiert une grande clientèle, est nommé chef de travaux anatomiques en remplacement de Bertrand, dont la délégation est expirée.
La même année, Michaud, déjà professeur suppléant, est nommé pro-
(1) Observation sur un cas d'inversion splanchnique général, T, 4239.
(2^ D'une caverne à ossements à Levai (Drôme), (Société de statisque, 1831), Bibliothèque, T, 4238.
(3) Sur I incurvation instantanée des os longs chez les enfants, Bibliothèque, 0, 3923.
Le Dr J.-B. Charvet, fidèle aux traditions de sa famille, porte encore aujourd'hui fort allègrement, après avoir fait une grande clientèle, un nom respecté dans le inonde savant comme palethnologiste. La question du harnachement du cheval, au point de vue préhistorique et historique l'a principalement occupé. Ses travaux font autorité et ses collections ont une réputation européenne.
(\) Parmi les travaux du Dr Michaud, je citerai : . Note sur un fœtus montrueux [Société de statistique, 1843);
Réflexions sur quelques épidémies du Dauphiné (Société de statistique, 18 1G).
(5) Le D1' Nicolas était membre du conseil municipal de Grenoble. Il est le père de notre collègue le Dr Nicolas, qui continue à l'Ecole, comme ancien professeur suppléant chargé du cours de physiologie, les traditions d'honneur et de travail de sa famille.
LA MÉDECINE A GRENOBLE. Du A. BORDIER. 255
fesseur adjoint de pathologie interne. Enfin en 1857, Arlhaud, déjà chef de travaux anatomiques, est nommé professeur suppléant; il conserve néanmoins le litre et les fonctions de chef des travaux, et est chargé, pendant le semestre d'été, de l'enseignement de la physiologie, qui, dans les Ecoles réorganisées, était confié au professeur adjoint d'anatomie et de physiologie; Berriat (Hippolyte) est également nommé suppléant.
La situation de l'Ecole vis-à-vis l'Hôpital est d'ailleurs toujours la même ; la subordination est complète et les cours ne se font pas, quand les besoins de l'Hôpital 1 exigent : le 27 juin 4855, l'administration de l'Hospice avertit purement et simplement l'Ecole pour lui dire : « La réparation de la salle de M M . les officiers nous met dans la nécessité de disposer du salon des cours, le cas échéant, pour y placer les officiers malades qui entreraient à l'Hôpital militaire. Nousavons pris toutes les mesures pour assurer la prompte exécution des travaux. Nous espérons que nous n'aurons pas de malades dans l'intervalle. S'il en était autrement, nous vous prierions de supporter avec nous cette gêne momentanée, en établissant provisoirement les cours de médecine dans la salie des opérations et dans le laboratoire de chimie » (1).
Les compensations qui peuvent se présenter dans cette étroite dépendance ne sont pas d'ailleurs suffisantes ; elles se bornent à quelques livres reçus : « Le 27 août 1855, M. l'intendant militaire transmet plusieurs volumes des mémoires de médecine et de pharmacie militaires: d'après une dépêche du ministre de la guerre, ces volumes sont destinés à la bibliothèque de l'Hospice civil, et comme cette bibliothèque vous est confiée, afin qu'elle puisse servir à l'instruction de MM. les élèves, nous avons l'honneur de vous les adresser » (2).
En 1861, l'Ecole perd son directeur Silvy (Célestin), homme actif et dévoué. Leroy pourra, avec justice, dira sur sa tombe : « Ses fonctions publiques ont eu plus de 30 ans de durée et nous seuls, ses collègues dans l'enseignement, pouvons dire avec quoi le exactitude, quels soins consciencieux il les remplissait, plein du désir de voir l'Ecole prospérer, y concourant de tous ses efforts, aimé de ses collaborateurs et chéri des élèves, dont les succès faisaient l'objet de ses plus vives préoccupations ».
Il est remplacé par Berriat, comme professeur, et comme directeur, par Aribert-Dufresne (13 mars 1801), professeur de matière médicale.
(1) Registre des délibérations de l'Hospice.
(2) Registre des délibérations de l'Hospice.
256 LA MÉDECINE A GRENOBLE. - IV A. BÔfiDïfêB.
Quant a Leroy, le doyen de la Faculté des sciences, déjà professeur adjoint de chimie à l'Ecole, il est nommé, en 1861, professeur titulaire de chimie.
Si nous laissons un moment l'Ecole pour voir eu dehors d'elle le monde médical, nous constatons un mouvement qui est tout à l'honneur du corps médical de Grenoble. Il a pour effet la transformation, le rajeunissement de l'ancienne Société de santé, qui avait à plusieurs époques joué un rôle important. Le 20 novembre 1856, sur l'initiative du Dr Buissard, et avec l'autorisation du préfet de l'Isère, en date du 22 octobre, les médecins et pharmaciens de l'Isère, réunis à l'Hôtel de Ville, fondaient avec les débris de l'ancienne Société de santé V Association de prévoyance et de secours des médecins et pharmaciens de l'Isère. Le lui! de l'association, dit l'art. 1er des statuts est de distribuer des secours aux sociétaires tombés dans le malheur par suite de maladies, infirmités, propres de l'âge. Les veuves et les enfants des sociétaires pourront être admis à participer aux secours de l'Association. L Association aura à signaler et à réprimer, par tous les moyens en son pouvoir, les délits et les abus relatifs à l'exercice de la médecine et de la pharmacie.
Nous fondions donc à Grenoble, du même coup, une association de prévoyance et un syndicat professionnel spécialement dirigé contre l'exercice illégal de la médecine ; nous restions, en outre, dans la vieille tradition dauphinoise, qui avait créé jadis à Grenoble, par la réunion des médecins et des pharmaciens en une seule association, l'ancien corps de médecine.
Il est bon de rappeler que ce n'est que deux ans plus tard que fut créée à Paris, en 1858, Y Association Générale des médecins de France. Le Dauphiné avait donc l'honneur de l'initiative. L'Association générale demanda de suite à l'Association de l'Isère de s'affilier à elle ; mais la largeur de vue qui avait guidé les médecins de Grenoble ne nous permettait pas d'entrer dans le cadre plus étroit qui avait été façonné à Paris: l'Association générale ne comptait en effet, que des médecins, et nous, nous avions englobé en un seul faisceau les médecins et les pharmaciens. Après de longs pourparlers, le Dr Buissard répondit que nous'consentions à affilier la partie médicale de notre association local'', sans rien changer à la largeur de ses statuts, excellent exemple à la fois de conciliation et de fermeté. Gardons nos forces chez nous: la centralisation, ici comme en tout, est paralysante.
LA MÉDECINE A GRENOBLE. - Dr A. BORDIER. 257 En même temps d'excellents travaux, d'utiles créations se faisaient dans notre pays.
En 1853, Armand Rey, que nous retrouverons bientôt à l'Ecole, fondait l'établissement hydrothérapique de Bouquéron, ouvrant ainsi une voie agrandie plus tard et intelligemment rendue pratique par le syndicat d'initiative de Grenoble (1).
Buissard concourait au môme but, en introduisant la pulvérisation et l'inhalation aux eaux de la Motte, dont il était inspecteur (2).
Les infatigables travailleurs Albin Gras et A. Charvet continuaient à donner de nouvelles publications.
Albin Gras menant de front la science et l'histoire, publie le catalogue des plantes qui croissent spontanément dans le Bourg-d'Oisans (3).
Charvet, à propos d'une dent de mastodonte trouvée à Voiron (4), publie un mémoire sur les ossements fossiles du Dauphiné, et continue ses études sur les monstruosités (5).
En 1864, Armand Rey, est nommé professeur suppléant des chaires d'accouchement et de chirurgie, en remplacement d'Arthaud, qui meurt jeune, d'une tuberculose pulmonaire. La place de chef de travaux anatomiques est donnée au Dr Minder qui, à ce titre, comme c'était alors l'usage, fait l'enseignement de la physioiogie et inaugure une série d'expériences et de vivisections, alors nouvelles à Grenoble.
La même année l'Association locale des médecins et des pharmaciens de l'Isère perd son vice-président, homme de talent et d'avenir, que nous avons vu briser volontairement sa carrière en 1852, le Dr Nicolas.
L'Ecole a su conserver l'affection de ceux qui l'ont fréquentée. Par testament du 18 décembre 1855, M. Ferrât (Louis-Alexis), de la Mure,
(1) Notice sur l'établissement hydrothérapique de Bouquéron près Grenoble, précédée d'un exposé cri tique, dogmatique, théorique et pratique de la véritable doctrine hydrothérapique par Armand Rey, professeur d'accouchement, de maladies des femmes et des enfants à l'Ecole de médecine de Grenoble (2° édition, 1870). La Ire édition est de 1860, T, 727.
(2) La Motte-les-Bains. Lettre au rédacteur de la Gazette médicale de Lyon, par le D1' Buissard, médecin inspecteur des eaux de La Motte. 0, 10114 — Consulter du même auteur : Indicateur médical et descriptif des eaux de La Motteles-Bdins, par Buissard. T, 4464.
En collaboration avec Breton, le Dr Buissard avait fait, en 1850, des recherches sur l'existence de l'iode et de l'arsenic dans les eaux de La Motte.
(3) Ces notes se trouvent dans l'Essai descriptif del'Oisans par Aristide Albert. Elles se trouvent mêlées aux notes de Bouteille, de Viaud et de Thevenet. T, 563.
(4) A. Charvet : Mémoire sur les grands ossements fossiles du Dauphiné, Société de statistique, 1860.
(5) A. Charvet : Observations sur des cas d'anomalies anatomiques multiples. Il s'agit dans ce mémoire principalement d'anomalies musculaires et artérielles.
258 LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BORDIER.
décédé à Dijon, où il occupait le poste de chef de division à la préfecture, laisse à la bibliothèque de l'Ecole de médecine de Grenoble un certain nombre de volumes qu'il a reçus lui-môme en héritage, de son oncle Charles-Frédéric Garrot.
Enfip en 1861, un médecin, dont le nom était devenu célèbre et qui, sorti de l'Ecole de Grenoble, avait contribué à répandre en Egypte l'influence française, en organisant les études médicales, le DrClot-Bey envoie lui-même 120 volumes à l'Ecole de Grenoble. « J'éprouve, aujourd'hui, dit-il, à la suite d'une grave et longue maladie qui a sensiblement affaibli mes facultés, le désir de donner à l'Ecole de Grenoble un nouveau témoignage de toute ma sympathie, en partageant entre elle et la Société impériale de médecine de Marseille, un certain nombre d'ouvrages scientifiques ».
Déjà l'année précédente, en 1860, Berard, doyen de la Faculté de Montpellier, avait donné à l'Ecole une importante collection des thèses de Montpellier (1825-1858) (1).
Malgré tout le bon vouloir de quelques-uns, il ne faut pas se dissimuler que l'Ecole végétait : elle n'avait guère que 25 élèves. Tandisque la plupart des Ecoles étaient réorganisées, la nôtre était encore dans les vieux errements et ne pouvait offrir aux élèves les mêmes avantages que ses rivales. Il fallait pour la sortir du marasme l'énergie d'un maire à qui TEcole doit une pieuse reconnaissance, M. Vendre.
Il s'agissait pour obtenir la réorganisation de créer trois nouvelles chaires et de porter le budget de l'Ecole à 15 800 fr. M. Vendre saisit le Conseil municipal de la question, sans essayer de lui masquer la situation. i Notre Ecole dépérit, lui dit-il; divisés par des rivalités anciennes, les professeurs ne sont d'accord que sur le terrain de l'apathie (2). Les chaires
principales, telles entre autres les deux cliniques et les accouchements, sont à peu près abandonnées par les professeurs titulaires, qui, par suite de leur grand âge, ou de l'état général de leur santé, ou des infirmités graves dont ils sont sont atteints, sont empêchés de professer, au grand détriment des élèves dont ils furent pendant de longues années les
(1) Comme pour continuer la tradition, M. le Recteur de Montpellier se souvenant de son séjour à Grenoble, a bien voulu, après entente avec M. le Recteur actuel, M. Zeller, envoyer à l'Ecole de Médecine et de Pharmacie un certain nombre de thèses et de livres. L'Ecole leur exprime à l'un et à l'autre sa reconnaissance.
(2) Archives municipales, 9, F. Exposé du maire dans la séance du conseil du 15 octobre 1866.
maîtres savants et dévoués
.... Pour toutes ces causes, on entrevoit la ruine certaine de notre Ecole dans un avenir très rapproché. Or la suppression de notre Ecole préparatoire eût été un grand malheur pour Grenoble, tant au point de vue des intérêts matériels, qu'au point de vue des intérêts moraux de l'ordre le plus élevé. Cette suppression, quelle que fût la cause qui l'avait produite, aurait été un danger, même pour la conservation de notre Ecole de droit, que d'autres nous envient, vous le savez, en même temps que c'eût été un démenti donné à la vieille réputation de notre ville, qui fut toujours connue pour son amour des lettres, des sciences et des arts.
J'ai donc proposé, sauf votre ratification, la réorganisation de l'Ecole et l'augmentation des professeurs titulaires par la création de nouvelles chaires ».
« Au préalable il faut, ajoute-t-il, infuser du sang nouveau, puisque plusieurs cours ne sont jamais faits ». Il déclare donc, que « l'un des professeurs de l'Ecole a été admis à faire valoir ses droits à la retraite ; que deux autres ont été mis en non activité et que le quatrième a été provisoirement, et pour six mois encore, conservé possesseur de sa chaire ».
Il prie ses collègues de voter 9 chaires, par l'adjonction de Buissard, de Corcellet, licencié ès sciences, chargé de l'enseignement de la physiologie et des suppléants Allard et Berger. En terminant il leur expose « les compensations réelles, effectives, qui couvriront au-delà les dépenses, par l'augmentation du produit des inscriptions et des examens, et par les avantages qui résulteront, pour l'ensemble de nos concitoyens, des dépenses faites par les nouveaux élèves ».
Ces raisons prévalurent en 1866, comme elles prévalurent depuis, comme elles prévaudront encore dans l'incessante évolution que, suivant la loi commune, l'Ecole de Grenoble devra accomplir ; le 20 novembre 4866, notre Ecole, entrant dans une phase nouvelle, fut déclarée réorganisée.
Son personnel était ainsi composé :