‹ La médecine à GrenobleChapitre 41 sur 41 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

I. Heureux effets de la réorganisation. — Accroissement du nombre des élèves.

— Changements dans le personnel de l'Ecole. — Dr Turel, cours d'histologie.

— M. Breton. — M. Giroud. — Bisch. — Buissard. — Minder. — Clinique des maladies mentales. — Les ambulances de 1870. — D" Berger. — D1- Girard.

— La chaire de pharmacie et de toxicologie transformée en chaire de pharmacie et de matière médicale. — Chaire de chimie, M. Raoult. — Chaire de thérapeutique et d'histoire naturelle. — A. Charvet et Raoult.

II. Décret sur l'enseignement de la pharmacie ; manipulations obligatoires. — Nécessité d'une installation nouvelle. — Le bâtiment des épidémies. — La conciergerie. — L'Hospice. — Une installation provisoire qui durera vingt ans. — Le Dr Berger nommé Directeur.

III. Décret sur l'enseignement et le traitement des professeurs dans les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie. — Onze chaires. — Nécessité d'agrandir l'Ecole. — Le palais des Facultés. — Modifications importantes dans la scolarité des Ecoles préparatoires. — Hésitation du conseil. — Ultimatum du ministèi e. — Vote du conseil. — Augmentation de la subvention départementale. — Nouvelles recrues dans le personnel enseignant. — Carlet. — Dr Pegoud.

(1) Chanrion avait été pendant quelques mois directeur de l'Ecole (1849). Il svait succédé à Robin et avait été remplacé par Célestin Silvy. Il était fils de Joseph Chanrion, ce républicain ferme, intègre et calme dont la démarche aupn s de Robespierre, demeurée célèbre, évita à Grenoble les excès de la Terreur. Chirurgien, élève de Lisfranc, il était très aimé des élèves. Il mourut en 1867. Il avait pratiqué un certain nombre d'opérations hardies et neuves de son temps: l'opération césarienne et la ténotomie.

— Dr Genevey-Montaz. — Dr Nicolas. — Réorganisation de la Maternité départementale : A. Rey remplace Aribert-Dufresne comme professeur d'accouchements.

— Tentatives pour fonder une école d'infirmiers ^arde-malades.

IV. Les Ecoles préparatoires menacées — Enquête auprès des conseils académiques. — Revendication des Ecoles.

Décret relatif aux conditions d'études pour le titre d'officier de santé. — Décret portant réorganisation des Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie.— Douze chaires.

V. Efforts faits à Grenoble pour arriver à la réorganisation. — L'Hôpital accorde une salle pour les maladies des enfants. — Le conseil vote les crédits nécessaires.— Le département augmente sa subvention.— La question de la construction, d'un bâtiment, condition sine qua non.

Le transfert de l'Hôpital-Hospice. — Hésitations. - Contradictions. — Intervention de la Société de médecine et de pharmacie.

Insistance du Recteur M. Bizos. — Pétition des étudiants. — Mouvement général dans les Ecoles de médecine : Clermont, Dijon, Grenoble. — Lettres successives des professeui"s de Grenoble. — Intervention de M. le directeur de l'enseignement supérieur. — L'Hôpital concède le service des filles-mères. — Le Conseil décide de commencer les travaux. — Mort de Carlet. — Dr Bordier.

— Démission du Dr Berger. — Le Dp Bordier nommé directeur. — Suppression du cours théorique d'accouchement et du cours d'hygiène. — Création d'une chaire de clinique obstétricale et d'un cours d'histologie. — Réglementation des études médicales et suppression des officiers de santé. — L'Ecole, déclarée réorganisée, prend possession de son nouveau local . — Discours de M. Zeller, recteur de l'Académie de Grenoble.

Les effets de la réorganisation ne se firent pas attendre, le nombre des élèves s'élève rapidement à 60; le produit des inscriptions et des examens s'accroît considérablement.

Produit des inscriptions et des examens :

1866 3.400 fr.

Il en résulte que la somme réellement versée par la ville, sous forme de subvention, va parallèlement en diminuant.

Sommes réellement versées par la ville à titre de subvention :

1867 9.942 fr.

Ce sont là, après lout, des sommes peu importantes et nous verrons bientôt augmenter la subvention réelle de la ville. Mais- cette augmentation n'est-elle pas largement compensée, comme le disait Villars au siècle dernier, par l'apport d'argent fait par chaque élève dans la ville de Grenoble?

Des considérations d'un autre ordre avaient en outre déterminé le vote du conseil ; il avait compris la justesse de cette appréciation du Dr Gintrac : « Une institution d'enseignement médical doit être considérée comme une institution scolaire, mais aussi et surtout comme une institution sociale et administrative, ayant pour but d'offrir à une population considérable la somme de lumières médicales que réclame sa conservation. Priver une population d'une institution médicale, c'est la dépouiller des garanties de salubrité et de santé indispensables aux grandes améliorations sociales. »

L'Ecole possède, au moment où nous sommes parvenus, un certain nombre de jeunes éléments qui ne peuvent que lui donner de l'activité.

Le D1' Turel, qui venait d'être nommé chirurgien de l'Hôpital de Grenoble, par la première application du concours, ouvrait en 1868 un cours semi-officiel d'histologie, très suivi par les élèves. A l'époque où cette tentative était faite, c'était à Grenoble une nouveauté, presque une hardiesse.

Le Dr Turel était d'ailleurs le défenseur et le propagateur de toutes les nouveautés, lorsque, en 1868, deux ans à peu près après la mémorable communication de Villemin à l'Académie de médecine, il résumait la discussion si confuse à laquelle la tuberculose avait donné lieu à cette époque et se déclarait, un des premiers, partisan de la contagion, de la virulence, de l'inoculabilité de la tuberculose. Aujourd'hui l'affirmation nous semble banale et peu compromettante. En 1868, M. Turel faisait preuve d'indépendance et de clairvoyance (1).

M. Breton enseigne la pharmacie et la toxicologie; M. Giroud est nommé suppléant de la chaire.

(1) Compte rendu synthétique et critique de la discussion sur le tuberculose par le Dr Turel. Grenoble, 1868.

L'Ecole reçoit, en 4869, Bisch (1), ancien médecin de marine, qui après une brillante carrière aux colonies, deviendra successivement suppléant d'anatomie, suppléant des chaires de médecine, chef des travaux anatomiques et enfin professeur de pathologie interne. La même année Buissard, Minier et Corcellet, jusque-là chargés de cours, sont nommés titulaires.

Sur l'initiative du Directeur Aribert-Dufresne, qui avait signalé la faiblesse des élèves en physique et réclamé un professeur pour cet enseignement, le doyen de la Faculté des sciences en avait été chargé. Aribert- Dufresne avait également porté son attention sur l'enseignement des maladies mentales: il aurait désiré voir les élèves suivre de temps en , temps la clinique mentale de Saint-Robert.

La guerre de 1870, en arrêtant, bien entendu, tout travail à l'Ecole, ne fut pour les médecins, ici comme partout, qu'une occasion de plus de montrer leur dévouement : le Dr Buissard était le président de la section internationale des secours aux blessés pour le département de l'Isère, où un grand nombre d'ambulances sédentaires ou volantes furent rapidement organisées (2).

En 1873, le Dr Berger, déjà professeur suppléant, est nommé titulaire de la chaire de clinique interne, devenue vacante par la mort de Buissard, qui lui-même avait succédé à Robin.

La même année, la chaire de pharmacie et de toxicologie, occupée par M. Breton, est transformée en chaire de pharmacie et de matière médicale.

En 1873, l'Ecole de médecine a l'honneur de compter comme professeur de chimie un savant déjà célèbre, aujourd'hui illustre, et dont le nom restera lié à une des plus fécondes découvertes de ce siècle, M. Raoult, doyen de la Faculté des sciences. M. Raoult arrive à l'Ecole comme professeur d'une nouvelle chaire de chimie et de toxicologie, pour la création de

(1) Bisch a laissé, entre autres travaux et communications, une note intéressante sur la lucilie hominivore qu'il avait observée à la Guyane. Société de statistique, 1871.

(2) Les Ambulances du lycée étaient ainsi organisées: Salle n° 1, 56 lits; chirurgien en chef, Baptiste Chamet ; chirurgien-adjoint, Leroy — Salle n° 2, 43 lits; chirurgien en chef, Armand Rey; chirurgien-adjoint, Peyraud. — Salle n° 3 ; chirurgien en chef, Gâché : chirurgien-adjoint, Berriat.

Ambulances Saint-Joseph : Félix Allard.

Ambulances des Capucins : Bois.

Le service pharmaceutique était assuré par H. Breton, Giroud, Martel, Flandrin, Drevon et Sir and.

L'ambulance volante était composée de Jacquet, chirurgien-major; Bernard et Masson, chirurgiens aides-major ; Rostaing, pharmacien ; l'abbé Martin, puis l'abbé Régnier, aumôniers : Dallemagne, comptable.

Enfin le Dr Turel était médecin-major de la Ire légion mobilisée de l'Isère; c'est lui qui organisa dans la salle du musée, en façade sur la rue Villars, une infirmerie de 50 lits, installée exclusivement aux frais de la légion.

laquelle le conseil municipal, sur l'initiative de M. Calvat maire et du DrGaché adjoint, vient de voter un crédit.

La chaire d'histoire naturelle et de matière médicale, occupée par Aribert-Dufresne, est transformée en chaire de thérapeutique et d'histoire naturelle.

Le Dr Berriat, professeur de pathologie externe, demande à être mis en congé. Il est remplacé par le suppléant pour les chaires de chirurgie, le Dr Girard (1), qui le remplace définitivement lorsqu'il donne sa démission en 1876.

En 1874, arrive à l'Ecole, comme suppléant d'anatomie et de physiologie, le Dr Turel, qui devient, en 1876, professeur d'histoire naturelle et de [thérapeutique, jusqu'au jour où il prend la chaire de pathologie externe et de médecine opératoire. Le Dr Turel est en outre nommé à l'élection secrétaire de l'Ecole. Cette même année, Bisch remplace M. Michaud comme professeur de pathologie interne.

L'Ecole se renouvelait ainsi petit à petit : si les nouveaux éléments allaient être pour elle une source nouvelle de vigueur, ses professeurs honoraires eux-mêmes n'avaient rien perdu de leur activité : A. Charvet continuait la série de ses travaux, et il est difficile de ne pas être surpris de l'activité de ce savant qui, médecin, professeur de zoologie, professeur d'anatomie, mène de front l'anatomie, l'embryologie, la botanique et l'ensemble des connaissances biologiques (2).

(1) Voici les principales publications du D1' Girard :

Résorption urineuse et urémie dans les maladies des voies urinaires.

Du bubon chancreux sus-épitrochéien.

Du traitement des hernies étranglées par la ponction aspiratrice.

De la ponction sus-pubienne dans la rétention d'urine.

Du traitement du pédicule dans les hystérectomes abdominales.

De la suette miliaire.

De l'ostéomyélite à répétition.

De la valeur médico-légale des ecchymoses sous-pleurales, péricardiques et péricraniennes.

Grenoble, au point de vue de l'Hygiène.

Des précautions à prendre pour éviter les maladies contagieuses : choléra, diphtérie, variole, scarlatine, 4 brochures différentes.

De l'application du « tout à l'égoât » à Grenoble, au point de vue de l'hygiène.

De la trépanation dans Vépilepsie.

De l'emploi de l'éther iodoformé, en injections, dans les arthrites tuberculeuses.

Chirurgien honoraire de l'Hôpital et médecin en chef des épidémies, le Dr Girard est la tête des services bospitaliers de la ville en qualité de vice-président du Conseil d'administration des hospices.

(•<£) A. Charvet publie en 1869 un compte rendu du service médical de l'Hôpital civil de Grenoble.

Il public une note sur les plantes médicinales des environs de Grenoble (In

[/élévation habituelle de son esprit donnait à tous les travaux d'A.Charvet une tournure sociologique, témoin sa belle étude sur le crétinisme dans l'arrondissement de Grenoble (4).

Dans ce travail remarquable, A. Charvet constate la diminution progressive de cette endémie, dans les vingt dernières années : « Au commencement de ce siècle, dit-il, le tiers et, dans certains villages, la moitié peutêtre des habitants étaient porteurs de goitres volumineux. Des crétins aux formes et aux allures caractéristiques vaguaient dans les rues et sur les chemins, ou étaient assis dans la maison immobiles ou se balançant machinalement sur leurs chaises ». Dans des considérations intéressantes sur le rôle de la misère comme facteur capable d'accroître la réceptivité de l'organisme vis-à-vis la cause encore inconnue de l'endémie crétinogoîtreuse, il cite des faits curieux, qui montrent la complexité des questions de milieu : A Saint-Paul-de-Varces, le goitre était très fréquent ; à une époque où les vignobles de la contrée tout entière furent ravagés par l'oïdium, la commune de St-Paul, si pauvre habituellement, fut épargnée . Elle seule eut en effet du vin et, comme le vin fut très cher cette année-la ainsi que les suivantes, elle vit une prospérité relative remplacer chez elle l'ancienne misère et l'endémie diminuer. La commune de Vaulnaveys vit de même sa richesse s'accroître et l'endémie diminuer avec le percement de la route d'Uriage à Vizille, avec la création de l'établissement d'Uriage et avec l'introduction des métiers à tisser la soie, qui amenèrent l'aisance. Charvet cite même telle commune voisine qui, après avoir été assainie par les métiers, vit l'endémie revenir avec la misère, le jour où les métiers disparurent pour une cause quelconque.

Si les derniers travaux de Charvet contribuèrent à illustrer l'Ecole de médecine, celle-ci pouvait avec raison se montrer flattée des recherches de son nouveau professeur de chimie, M. Raoult, professeur de chimie à la Faculté des sciences (2).

Société de statistique, 1863). L'auteur signale notamment la présence, aux environs de Grenoble, de plantes méridionales : centaurea solstitialis et asclepias syriaca.

En 1871, il publie une étude sur le phylloxéra vastatrix. Malheureusement ses prévisions sur la marche du phylloxéra ne se sont pas réalisées. Il pensait en effet que le plateau des terres froides, où la vigne n'est pas cultivée et où le phylloxéra, si le vent l'amenait, ne trouverait pas à vivre, mettrait la vallée du Graisivaudan à l'abri du parasite.

En 1874, il publia une note intitulée : Cébocéphalie avec adhérence du placenta au crâne et à îa face sur un fœtus humain.

(1) Exposé sur l'extinction progressive du crétinisme et du goitre endémique, dans l'arrondissement de Grenoble. T. 4241.

(2) Parmi les publications de M. Raoult je signalerai les suivantes :

— Dr A. nOKDlER.

Malgré les précieuses recrues faites par le personnel enseignant, malgré l'accroissement du nombre des élèves, les bâtiments de

Recherches sur les forces électromotrices des éléments vollaïques.

Recherches sur la chaleur chimique et la chaleur voltaïque. {Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 14 septembre 1863.)

Chaleur dégagée par l'unité de Force élecb omotrice dans l'unité de résistance. (Ibid., 11 janvier 1864.)

Mesure directe de la chaleur dégagée lors de la combinaison du cuivre avec le chlore et le brome (Ibid., 4 juillet 4864.)

Recherches thermiques sur les voltamètres et mesure des quantités de chaleur dégagées dans les actions chimiques. (Ibid., 19 septembre 1864.)

Influence de la température sur l'Electrolyse. (Ibid., 9 novembre 1868.)

Influence du changement d'état des métaux sur la force électromotrice des éléments voltaïques. (Ibid., 15 mars 1869.)

Influence du changement d'état les sels sur la force électromotrice des éléments voltaïquesl (Ibid., 11 octobre 1869.)

Condensation de l'hydrogène dans le nickel. (Ibid., 11 octobre 1869.)

Action d'un couple cuivre- cadmium sur le sulfate de cadmium. (Ibid., 4 novembre 1872).

Sur la réduction apparente des sels par leurs métaux. (Ibid., 20 janvier 1873.)

Recherches sur les forces électromotrices et les quantités de chaleur dégagées dans les combinaisons chimiques. (lrc Partie : Annales de Chimie et de Physique, série 4, T. II, 1864. — 2e Partie : Ibid.. T. IV, 1865.)

Comparaison des coefficients calorifiques des courants thermoélectriques et hydroélectriques. (Annales de Chimie et de Physique, juillet et août 1871.)

Sur les causes de la différence entre la chaleur chimique et la chaleur vollaïque. (Rulletin de la Société chimique de l'Isère, 1870.)

Analyse des gaz de la Fontaine ardente. (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 16 mai 1870.)

Transformation d'une dissolution de sucre de canne en glucose, sous l'influence des rayons solaires. (Ibid., 30 octobre 1871.)

Absorption de l'ammoniaque par le nitrate d'ammoniaque. (Ibid.,A9 mail873.)

Absorption de l'ammoniaque par les dissolutions salines. (Ibid., 10 novembre 1873.)

Emploi de charbon de cornues pour la distillation de l'acide sulfurique. .(Ibid., 1874.)

Appareil simple pour l'analyse des mélanges gazeux par les liqueurs absorbantes. (Ibid., 10 avril 876.) Influence de l'acide carbonique sur la respiration des animaux. (R)id.,

8 mai 1876.)

Sur la présence du cuivre et du zinc dans le corps des animaux. (Ibid., 2 juillet 1877.)

Action de l'acide carbonique sec sur la chaux pure. (Ibid., 24 janvier 1881.; Action de l'acide carbonique sur la baryte et la strontianc. (Ibid.,

9 mai 1881.)

Sur les carbonates basiques de chaux. (Ibid., 20 juin 1881.)

Nouveau réactif de la strychnine. (Bulletin de la Société de statistique de l'Isère, 3c série T. IV.)

Moyen de traiter directement le sulfure d'arsenic dans l'appareil de Marsh. (Ibid.).

Les acides de la série sulfurique. (Ibid.)

LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BORDIER. 267

l'Ecole étaient insuffisants. Un décret ministériel allait donner le

signal du lent exode, qui devait, après bien des pourparlers, après

Recherches sur l'absorption de l'ammoniaque par les dissolutions salines, [Annales de Chimie et de Physique, 5e série, T. I, 4874.)

Influence de l'acide carbonique sur la respiraiion des animaux. [Annales, ibid., T. IX, 1886.)

Les recherches de M. Raoult sur le cryoscopie et la tonométrie sont surtout célèbres. Je citerai :

Sur la tension de vapeur et sur le point de congélation des dissolutions salines. [Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 22 juillet 1878.)

Sur le point de congélation des mélanges alccoliques. [Ibid., 12 avril 1880.)

Loi de congélation des solutions aqueuses des matières organiques. [Ibid., 5 juin 1882).

Loi de congélation des solutions benzéniques des susbtances neutres. [Ibid., 24 juillet 1882.)

Loi générale de congélation des dissolvants. [Ibid., 27 novembre 18^2.)

Recherches sur le partage des acides et des bases par la méthode de congélation des dissolvants. [Ibid., 26 février 1883.)

Sur le point de congélation des dissolution acides. [Ibid., 4 juin 1883.)

Sur le point de congélation des dissolutions alcalines. [Ibid., 29 octobre 1883.)

Sur l'abaissement du point de congélation des dissolutions de sels alcalins. {Ibid. 25 février 1884.)

Sur l'abaissement du point de congélation des dissolutions des sels est .métaux biatomiques. [Ibid., 28 avril 1884.)

Sur le point de congélation des dissolutions salines. [Ibid., 18 août 1884.)

Action de l'eau su* les sels doubles. [Ibid., 24 novembre 1884.)

Influence de la dilidion sur le coefficient d'abaissement du point de congélation des corps dissous dans l'eau. [Ibid., 13 avril 1885.)

Sur les abaissements moléculaires limites de congélation des corps dissous dans l'eau. [Ibid., 22 juin 18*5.)

Application de la cryoscopie à la détermination des poids moléculaires. [Ibid., 23 novembre 1885.)

Recherches sur la température de congélation des dissolutions. (lre partie — Journal de Physique, janvier 1884; 2e partie — Journal de Physique, février 1886.)

Sur le point de congélation des liqueurs alcooliques. [Annales de Chimie et de Physique. 5e série, T. XX, 1880.)

Loi de congélation des solutions aqueuses des matières organiques. (Ibid., 5e série., T. XXVIII, 1883.)

• Loi générale de congélation des dissolvants, ilbid., 6e série, T. II, 1884.)

Recherches sur le partage des acides et des bases par la méthode de congélation des dissolvants. [Ann., ibid.)

Sur le point de congélation des dissolutions acides. [Ann., ibid.)

Sur le point de congélation des dissolutions alcalines. [Ann., ibid.)

Sur le point de congélation des dissolutions salines. {Annales de Chimie et de Physique, 6e série, T. IV, 1885.)

.Influence du degré de concentration sur le point de congélation des dissolutions. {Annales de Chimie et de Physique, 6e série, T. VIII, juillet 1884.)

Méthode universelle pour la détermination des poids- moléculaires. (Ibid.)

Extension de la loi générale de solidification mi thymol et à la naphtaline, {Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 7 juin 1886.)

Kryoskopische Studien ûber Traubensœure und traubensseure Salze. {Zeitschrift fur physikalische Chimie, l, 4.)

Sur la composition des permanganates alcalins. {Eulletins de la Société chimique, T. XLVI, p. 805, 1886.)

bien du temps perdu et après de trop longues étapes dans des [conditions mauvaises, amener l'Ecole de médecine à l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui.

Le 14 juillet 4875, un décret modifiait le régime des études de pharmacie et précisait : Art. 3. — Les travaux pratiques sont obligatoires. Chaque période annuelle de ces travaux est fixée à huit mois (1).

Les manipulations allaient devenir absolument nécessaires ; il fallait un laboratoire complet, sous peine de voir les élèves chercher ail-

Conférence sur la Cnjoscopie, faite à la Société chimique de Paris. (Bulletin de la Société chimique et Revue scientifique du 29 mai 1886.)

Sur les progrès de la Cryoscopie. (Bulletin de la Société de statistique de l'Isère, 1888.)

Détermination du point de congélation des dissolutions aqueuses très diluées. — Application au Sucre de canne. (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 8 février 1892.)

Sur les tensions de vapeur des dissolutions faites dans l'Ether. (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 6 décembre 1886.)

Influence du degré de concentration sur la tension de la vapeur des dissolutions faites dans l'éther. (Ibid., 4 avril 1887.)

Loi générale des tensions de vapeur des dissolvants. (Ibid., 23 mai 1837.)

Remarque sur un calcul de M. Van t'Hoff relatif à la tension de vapeur des dissolutions. (Ibid., 7 novembre 1887.)

Sur la tension de vapeur des dissolutions faites clans l'alcool. (Ibid., 13 août 1888.)

Sur les tensions des dissolutions faites dans l'éther. (Annales de Chimie et Physique, 6e série, tome XV ; novembre 1888.)

Sur la tension de vapeur des dissolutions faites dans l'acide acétique (en commun avec M. Recoura). (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 24 février 1890.)

Sur les tensions de vapeur des dissolutions. (Ann. de' Chimie, et Physique, 6e série, t. XX; juillet 1890.)

Détermination des poids moléculaires par la cryoscopie et la tonométrie. (Conférence faite à la Société chimique de Paris, le 18 mai 1894. — Revue scientifique du 15 septembre 1894.)

Sur les phénomènes osmotiques qui se produisent entre l'éther et l'alcoo l méthylique, à travers différents diaphragmes. (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, du 22 juillet 1895.)

Sur les 'tensions de vapeur des dissolutions faites dans l'acide formique. (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 26 mai 1896.)

Influence de la température dît réfrigérant sur les mesures cryoscopiques. (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 8 juin 1896.)

(1) Voici le décret du 14 juillet:

Art 1er. — Les études pour obtenir le diplôme de pharmacien de 2e classe

dureront six années, dont trois ans de stage officinal et trois années de cours

suivis dans une Ecole supérieure de pharmacie ou dans une Ecole préparatoire de

médecine et de pharmacie.

Art. 2. — • • •.•

Les élèves ne seront admis

à prendre la 5e et la 9« inscription qu'après avoir subi, avec succès, un examen de

fin d'année.

Art. 3. — Les travaux pratiques sont obligatoires.

Ce décret complétait d'une manière utile l'organisation des Ecoles préparatoires qui, depuis 1854, instruisaient et recevaient les pharmaciens de 2e classe.

Dr A. BORDIER.

leurs une instruction que l'Ecole de Grenoble était alors dans l'impossibilité matérielle de leur donner.

On songea à construire pour l'Ecole un bâtiment neuf ; on parlait d'une surface de 400 mètres environ, sur l'emplacement d'anciens moulins, près de l'Hôpital ; mais les démarches, l'établissement d'un devis, le temps de la construction portaient l'installation à 4 ou 5 ans ; la dépense était estimée 80.000 fr.

Aribert-Dufresne, le directeur, insistait avec raison pour une installation immédiate, qui put permettre aux élèves de travailler de suite. Un rapport, fait au conseil municipal par M. Flandrin, pharmacien, fit adopter l'urgence d'un laboratoire (4). Où allait-on le faire? Tout le monde était d'accord pour installer l'Ecole agrandie dans un bâtiment de l'Hôpital, désigné sous le nom de bâtiment des épidémies ; mais le conseil d'administration refuse de consentir et prend la résolution suivante :

Extrait du registre des délibérations de l'administration des Hospices

de Grenoble (2).

Du 23 mai 1876,

La commission, assemblée dans le lieu ordinaire de ses séances, où étaient présents : MM. Gâché, maire de Grenoble, président ; Gautier, vice président, de St-Ferriol, Vicat et Sestier,

A délibéré ce qu« suit :

Sur la demande renouvelée par M. le maire, du bâtiment des épidémies pour l'installation des cours de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie, la commission, rappelant la délibération prise dans la séance du 25 février dernier, et qui fut adressée à M le premier adjoint faisant fonctions de maire, pour être communiquée à la commission académique, déclare y persister, savoir : conserver la libre disposition du bâtiment des épidémies,. céder à l'Ecole préparatoire le bâtiment de la conciergerie, auquel on pourrait annexer ultérieurement le bâtiment de la meunerie La ville de Grenoble prendrait à sa charge les dépenses d'appropriation, et les Hospices celles de l'établissement de l'amphithéâtre, considéré comme une dépendance de l'Hôpital lui-même. Les Hospices resteraient propriétaires des locaux sans pouvoir en changer la destination, si ce n'est avec l'assentiment préalable de la ville.

Après diverses observations échangées entre MM. les membres de la commission, lesquels font ressortir d'une part la convenance et la nécessité pour les Hospices de conserver le bâtiment des épidémies et d'autre part les avantages que présente, pour l'Ecole le bâtiment de la conciergerie, M. le maire reconnaissant en effet que l'emplacement offert par la commission réunit les conditions désirables d'accès, d'isolement, d'indépendance et de proximité des Hospices, déclare satisfaisante la proposition de la commission ; il fait connaître qu'il va faire étudier un projet d'ensemble, dès lors surtout que la commission offre de prendre à sa charge la construction de l'amphithéâtre.

Dès le lendemain Aribert-Dufresne envoie à la ville la délibération de

(1) Archives municipales, 9. F.

(2) Archives municipales, 0, F.

l'Ecole, qui conclut à l'appropriation du premier étage de la conciergerie pour le laboratoire de chimie et de pharmacie

Les professeurs désignés par leurs collègues pour former la commission chargée d'étudier un projet de réinstallai ion de l'Ecole de médecine réunis sous la présidence de M. le Recteur, vu la délibération des Hospices, qui rejettent en principe l'idée de céder le bâtiment des épidémies, dans lequel il eut été possible d'installer d'une manière convenable tous les services de l'Ecole, sont d'avis de se borner pour le moment :

1° A installer provisoirement les manipulations chimiques et pharmaceutiques dans le bâtiment de la conciergerie ;

z° L'ancien laboratoire sera converti en une salle destinée à recevoir les collections de l'Ecole;

3° La question d'une installation définitive sera réservée pour le moment ;

4° On accepte l'offre des Jospices de reconstruire à ses frais la salle de dissection et l'amphithéâtre.

Le devis de la conciergerie fut de 4.000 francs. Il suffit de se souvenir de la façon dont était installée l'Ecole dans cette trop célèbre conciergerie, pour rendre justice à la modestie des prétentions de l'Ecole ainsi qu'à l'énergie qu'elle a développée pour instruire et faire manipuler, provisoirement, les élèves pendant vingt ans!

Pendant qu'on faisait les travaux d'installation, un changement survient dans la direction de l'Ecole, et Aribert-Dufresne est remplacé par le Dr Berger comme directeur, le 5 octobre 1876. Le Dr Berlioz est nommé suppléant d'anatomie et de physiologie.

Pour hâter notre évolution, provisoirement arrêtée à la conciergerie, il fallait qu'un autre décret rendît plus difficiles encore et plus impérieuses les conditions de milieu, où nous avions à vivre, à moins que, vaincus dans la lutte, nous ne fussions destinés à disparaître.

Un décret du 40 août 1877 fixait à nouveau les conditions sine qua non de l'enseignement et du traitement des professeurs dans les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie (1). On aurait tort de s'étonner de voir figurer sur le même pied les questions d'enseignement et de traitement ; elles sont solidaires. Il ne faut pas se dissimuler que dans les Ecoles et même dans les Facultés de médecine, ce qui fait tort au professeur, c'est la clientèle; plus que tout autre, le professeur médecin

(1) Voici le décret du 10 avril 1877:

Akt. le"-. — Le traitement minimum des professeurs titulaires, dans les Ecoles

forcé de négliger sa clientèle doit donc trouver dans la rémunération de l'enseignement une compensation équitable et nécessaire.

Le décret de 1877 allait rendre encore plus impérieuse la nécessité de s'agrandir et l'Ecole nomade allait encore songer à déménager. Déjà l'Hôpital avait refusé de nous recevoir, dans le bâtiment des épidémies; notre destinée voulut que les Facultés refusassent aussi de nous admettre dans le palais que la ville leur faisait construire. Il est des échecs heureux : nous n'avons pas en effet aujourd'hui à regretter celui-là. Toujours est-il que, animé d'intentions qui nous faisaient honneur, le conseil municipal (1) avait émis le vœuque l'Ecole de médecine fut installée dans le nouvel édifice qu'on construisait alors pour les Facultés: M. Durand-Savoyat, rapporteur devant le conseil, avait fait valoir les inconvénients de l'établissement de l'Ecole dans les bâtiments de l'Hôpital; il était à craindre, disait-il, que le local qu'elle occupait lui soit, quelque jour, retiré ; les salles de l'Ecole sont d'ailleurs sur des points différents de l'Hôpital, etc. M. Durand-Savoyat formulait, en passant, une excellente idée : Parmi les avantages de l'établissement de l'Ecole dans le palais des Facultés, il voyait la possibilité « d'ouvrir les cours au public », habitude qui avait été déjà prise à Grenoble, on s'en souvient, et qu'il ne dépend aujourd'hui que du public, sous réserves de certaines formalités, de faire revivre. La proposition de M. Durand-

préparatoires de médecine et de pharmacie, est fixé à deux mille cinq cents francs par an.

Le traitement annuel des suppléants attachés à ces mêmes établissements est fixé à un minimum de mille francs.

Art. 2. — Le titre de professeur-adjoint est supprimé.

Art. 3. — L'enseignement dans les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie doit être distribué entre onze professeurs au moins, savoir : Un professeur d'anatomie;

— de physiologie :

— d'hygiène et de thérapeutique;

— de pharmacie et de matière médicale ;

— de pathologie externe et de médecine opératoire ;

— de pathologie interne ;

— d'accouchements, maladies des femmes et des enfants ;

— de clinique externe;

— de clinique interne;

— d'histoire naturelle;

— de chimie et de toxicologie.

Il y a, en outre, un chef des travaux anatomiques et un chef des travaux chimiques, nommés après concours.

Ces derniers emplois pourront être cumulés avec ceux de suppléants.

Le traitement de ces fonctionnaires est fixé à mille francs au moins.

Art. 4. — Il sera inscrit au budget annuel de chaque Ecole un crédit minimum de deux mille cinq cents francs destiné à faire face aux dépenses occasionnée* par 1rs Irais de cours.

(1) Archives municipales, 9, F.

Savoyat, soumise à une commission composée de MM. les Doyens, du Directeur de l'Ecole et de l'architecte, fut repoussée. Le fait est qu'il y avait impossibilité matérielle. Les Facultés sont aujourd'hui à l'étroit dans leur palais. Que serait-ce si, par malheur, on nous eut acceptés coin mit voisins !

La ville montrait d'ailleurs le plus grand désir de voir l'enseignement de la médecine à Grenoble sur un pied digne d'elle-même et des professeurs : le 13 mars 1878, elle votait l'augmentation de leur traitement. Mais les décrets se succèdent, de plus en plus exigents pour la bonne installation des Ecoles et un conseil moins éclairé eut pu aisément se décourager.

Le décret du 20 juin 1878, développant les travaux de laboratoire, rend plus impérieuse encore l'obligation de s'agrandir. Ce décret nous accordait en effet 12 inscriptions, ce qui était un avantage considérable ; ces inscriptions comptaient toutes, pour toute leur valeur dans une Faculté ; mais une réforme qui était loin d'être heureuse, c'était la suppression des examens de fin d'année, qui enlèvait toute sanction à l'assiduité des élèves aux cours.

Pour développer les travaux pratiques, un crédit de 3.000 fr., destiné à l'achat d'instruments, est demandé et obtenu par le Dr Berger, mais malgré son bon vouloir le conseil hésite à se lancer dans la voie des dépenses plus considérables. Il fallut que le ministre fit de ces sacrifices une question de vie ou de mort pour l'Ecole, pour le décider à satisfaire aux exigences du décret du 10 août 1877.

Jules B'erry exige en effet l'intégralité de toutes les réformes prescrites par le décret de 1877. 11 fait valoir que le règlement du 20 juin 1878 « modifie profondément le régime des examens du doctorat. Désormais dit-il la scolarité des aspirants à ce titre conservera sa valeur intégrale pour les trois premières années passées dans les Ecoles. Ils n'ont plus à renouveller leur 3e examen de fin d'année quand ils passent dans la Faculté. Il faut donc des moyens d'instruction plus complets que par le passé, sous peine de placer les élèves des Ecoles dans un état d'infériorité vis-à-vis ceux des Facultés ».

« Cette mesure, écrit de son côté le Recteur au maire (1), a pour but de conserver à la scolarité des aspirants au doctorat en médecine sa valeur intégrale pour les trois premières années passées dans les Ecoles préparatoires : elle a donc pour notre Ecole une importance qui n'échappera pas à MM. les membres du conseil municipal. C'est une question

(1) Archives municipales, 9, F.

LA MÉDECINE A GRENOBLE. - Dr A. RORDIER. 273

d'existence ! Si les réformes demandées ne sont pas faites, les conditions faites aux élèves pour leur passage dans les Facultés et pour leurs examens de doctorat ne peuvent être maintenues, et les inscriptions prises cesseront d'être valables à partir du 1er novembre 1879 ».

Le.Cc-nseil semblait devoir résister. Jules Ferry écrit une seconde fois au Recteur : « Sans méconnaître les sacrifices considérables consentis par la ville pour les établissements d'enseignement supérieur et le bon vouloir de la municipalité, je ne puis oublier que le refus du conseil porterait atteinte au principe môme du décret précité et supprimerait les garanties, qui doivent établir une corrélation nécessaire entre les études des Facultés et celles des Ecoles. Il serait impossible au gouvernement de maintenir à ces derniers établissements, qui ne pourraient compléter leur enseignement, les conditions faites à leurs élèves pour leur passage dans les Facultés et pour les examens de doctorat ».

Le rapporteur du conseil, M. Petit (1), nese dissimulepas l'importance des dépenses déjà faites pour l'édifice des Facultés réunies de droit, des sciences et des lettres ; « cependant, ajoute-t-il, il y a pour notre cité un. devoir d'honneur à maintenir dans leur intégrité les établissements de haut enseignement, au développement desquels elle a largement contribué jusqu'àce jour. Dans le faisceau des hautes études qu'il faut bien se garder de rompre, l'Ecole de médecine a naturellement sa place dans l'intérêt delà santé générale. Je pense en outre que l'Hôpital civil de Grenoble, recevant un secours incessant de l'Ecole préparatoire de médecine, dont les élèves lui fournissent des internes zélés et d'utiles auxiliaires, il n'hésitera pas à prendre

sa part des nouveaux sacrifices réclamés » « Il espère également que

le conseil général voudra venir aussi en aide à la ville, en augmentant l'allocation de 2.000 fr. votée précédemment par lut pour l'Ecole, car la plupart des départements qui possèdent une Ecole préparatoire n'ont pas hésité à lui donner, chaque année, 4.000, 5.000, 7.000 et même 12.000 francs ». Relativement à la onzième chaire et au chef des travaux chimiques, M. Gâché « se demande, dans le cas d'une solution favorable, qu'il souhaite et qu'il espère, si l'Hospice et le département ne devraient pas être appelés à augmenter les subventions accordées jusqu'à ce jour à une des institutions les plus dignes d'intérêt ».

Cette insistance, ces menaces officielles, décidèrent enfin le Conseil qui vota, en avril 1879, la création de la onzième chaire (1) demandée

(1) Archives municipales, 3, F. •

(2) Archives municipales, 9, F.

Par décret du 12 mai 1879, la chaire de ïhérapeuthiqm et d'histoire

274 LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BORDIER.

par le ministre, ainsi que la création d'un emploi de chef des travaux chimiques.

En même temps, la subvention départementale est portée à 4.000 fr.

De nouvelles recrues viennent encore fortifier le personnel enseignant: la Faculté des sciences, à qui nous devions déjà Leroy, Charvet, M. Ftaoult, nous donne, pour la chaire d'histoire naturelle, Cartet(\), esprit distingué, naturaliste éminent de l'Ecole moderne, enlevé brusquement par la mort à un enseignement qui lui avait valu l'estime et l'affection des élèves. En 1881 , le Dr Pegoud est nommé suppléant, puis professeur de pathologie interne. Le Dr Genevey-Montaz (2) remplace Gorcellet à la chaire de physiologie ; enfin le Dr Nicolas est nommé, en 1882, suppléant d'anatomie et de physiologie et, en 1885, M. Gagneu, suppléant d'histoire naturelle.

Le Dr Berlioz, déjà professeur suppléant d'anatomie et de physiologie et chef des travaux anatomiques, en remplacement du Dr Salre, nommé en 1875 et démissionnaire en 1877, est nommé, en 1882, professeur titulaire d'hygiène et de thérapeutique (3).

Une réforme importante est faite en 1882 dans l'organisation de la

naturelle médicale prend le titre de chaire d'hygiène et de thérapeutique.

La chaire de pathologie externe prend le titre de chaire de pathologie externe et de médecine opératoire.

Il est créé une chaire d'histoire naturelle.

(1) Le professeur Carlet a laissé d'importants travaux. Je me bornerai à citer ses recherches sur les hirudinées, sur l'appareil musical de la cigale et son Traité de zoologie médicale.

(2) M. Montaz a fait de nombreuses publications sur la chirurgie. Je citerai ses travaux principaux: Sur les lymphadénomes du phyrynx ; l'entérostomie, la résection du coude, la désarticulation du genou; la chirurgie de V estomac; la chirurgie des reins; les exostoses de croissance; sur l'organisation antiseptique simplifiée, etc., etc. — M. Montaz, démissionnaire en 1895, est mort depuis que ces lignes ont été écrites. Son nom restera dans le souvenir de ses contemporains comme celui d'un chirurgien de premier ordre.

(3) Le Dr Berlioz a fait de nombreux travaux, parmi lesquels je citerai : Manuel de thérapeutique (3e édition),

Etude sur les diathèses et les dermatoses. Manuel des maladies de la peau (3e édition).

Etude expérimentale sur l'action physiologique des eaux d'Uriage (Acad. de médecine).

Recherches expérimentales sur la tuberculose. Etude sur la microcidine (Acad. de médecine). Etude sur le formol (Acad. des sciences). Etude sur le stéresol (Acad. de médecine).

Découverte d'un bacille pathogène produisant la broncho-pneumonie et la pleurésie hémorrhagique (Acad. de médecine).

Annuaire du bureau d'hygiène (1890, 1891, 1892, 1893, 1894).

M. Berlioz est, en outre, inspecteur déparmental de travad dans l'industrie, directeur du bureau d'hygiène et directeur du laboratoire de sérothérapie de Grenoble, lequel, placé sous le patronage de la Ville et de l'Ecole, est ouvert à l'enseignement de celte dernière. (Procès-verbal du conseil municipal, l*r juillet 1895.)

maternité départementale : cette institution, dont l'origine était déjà ancienne à Grenoble, avait subi successivement de nombreuses transformations, lente évolution qui n'était pas, à l'époque où nous sommes arrivées, parvenue à son dernier terme.

Les cours de la maternité, même depuis qu'ils ne se faisaient plus à Saint-Robert, n'avaient lieu que tous les deux ans ; ils duraient dix mois, f t pendant ce temps le service des accouchements était perdu pour les élèves en médecine. Le 15 décembre 1882, Aribert-Dufresne, qui était chargé du cours de la maternité, donne sa démission. Cette chaire, réorganisée en août par le conseil général, qui décide que le cours aura lieu chaque année, est donnée au Dr Armand Rey, qui prend le titre de directeur de la Maternité et reçoit une indemnité annuelle de 1.200 fr. (1).

Le conseil municipal émet à cette époque un vœu qui mérite d'être de nouveau formulé : il demande que l'Ecole fasse des cours pour former des garde- malades. Le Dr Berger, consulté comme directeur, avait approuvé cette idée et donné à penser que les élèves internes se chargeraient volontiers de cet enseignement très utile : on sait quels services rend à Paris l'enseignement des garde-malades , fondé par le Dr Bourneville. Cette idée a été reprise récemment parle Dr Perriol, devant la Société de médecine et de pharmacie de l'Isère, et il est à souhaiter qu'elle réussisse à former un personnel de garde-malades offrant les garanties que demandent les familles. C'est en effet ce qui manque à Grenoble, comme partout.

Nous arrivons, en 1882, à une époque importante dans la vie des Ecoles préparatoires. Il semble, à ce moment, qu'elles vont disparaître ; cl les ne furent sauvées que par la vitalité dont un grand nombre sut faire preuve et par la transformation qu'elle subirent. Les institutions comme êtres les vivants, ne subsistent dans le temps que grâce à d'incessantes transformations.

La question de l'avenir des Ecoles était dans l'air : toutes se remuent, émettent au moins des vœux, cherchent à se défendre contre de sinistres bruits de mort qui circulent un peu partout. A l'Ecole de Reims,

(1) Il a été remplacé par le Dr Gallois. La iMaternité départementale a été depuis supprimée comme service spécial ; elle n'a plus de directeur spécial • elle a été rattachée à la clinique d'accouchement de l'Ecole de médecine, qui se charge de l'instruction des élèves sages-femmes, lesquelles suivent la clinique obstétricale et les leçons spéciales de la sage-femme M"L' Loubet.

270 LA MÉDECINE A GRENOBLE. - Dr A. RORDIER.

le professeur Décès émel le vœu que les étudiants en médecine soient mis (huis l'obligation de commencer leurs éludes dans l'Ecole de leur région, el le D1 Lulon, le directeur, émel le vœu que l'Etat prenne les Ecoles préparatoires à sa charge.

Le ministre de l'instruction publique, M. Duvaux; provoque lui-même une enquête auprès des conseils académiques, dont il désire connaître l'opinion sur l'avenir des Ecoles préparatoires. On peut même voir, comme un signe de bonne augure, le ministre dans une lettre aux Recteurs, protester, aussi lui, contre la centralisation. « Un intérêt général d'ordre élevé, dit-il, nous engage à tout faire pour concourir à la décentralisation scientifique et multiplier les centres de sérieuses études. »

Armand Rey fut chargé de faire le rapport au conseil académique. Comme tout le monde l'avait déjà fait, il déplore la suppression des examens de fin d'année, et demande l'abrogation du décret du 20 juin 1878, qui les avait supprimés. Malgré de très bonnes et très utiles modifications réalisées depuis, ces examens n'ont malheureusement pas encore été rétablis. Il demande, aussi lui, l'obligation pour les jeunes gens de faire au moins les deux premières années de leurs études dans l'Ecole de leur circonscription ; enfin, comme les professeurs de l'Ecole de Reims, il demande que l'Etat prenne les Ecoles à sa charge.

En 1883, tous les directeurs des Ecoles préparatoires, réunis à Paris, vont porter eux-mêmes au ministre les desiderata communs. Ils réclament je retour aux examens de fin d'année, seule sanction que possèdent les professeurs; ils demandent qu'un certain nombre d'examens probatoires puissent être subis dans l'Ecole ; que les internes des hôpitaux et les prosecteurs puissent prendre 14 inscriptions; enfin que les Ecoles préparatoires soient représentées par un ou plusieurs de leurs membres au conseil supérieur de l'instruction publique (1).

Le ministre, J. Ferry, était loin d'être animé d'intentions hostiles aux Ecoles préparatoires ; loin de les vouloir détruire, il se proposait de les relever, seul moyen de réaliser ce vœu qu'il émettait dans un discours officiel : « Nous aurions obtenu un grand résultat, s'il nous était possible de constituer un jour des Universités rapprochant les enseignements les plus variés ».

La suppression des officiers de santé, qui avait failli être réalisée en 1847, est abandonnée pour le moment; mais, comme tout le monde est

(I) Ce vœu vient d'être déposé de nouveau au Conseil général des Facultés de Grenoble.

LA MÉDECINE A' GRENOBLE. - Dr A. BORDIER. 277

d'accord sur l'impossibilité de conserver une inégalité dangereuse parmi les membres du corps médical, au lieu de les supprimer, on prend le parti de les instruire. C'est un acheminement comme un autre à leur suppression ; car lorsqu'ils auront la même instruction que les docteurs, pourquoi leur refuser le même titre? La durée des études qui leur sont imposées est fixée à quatre années, pendant lesquelles ils prendront 16 inscriptions trimestrielles. Ils 'sont astreints à des travaux pratiques obligatoires, au stage hospitalier ; ils passent enfin trois examens de fin d'année et trois examens définitifs devant un jury composé d'un professeur de Faculté de médecine et de deux professeurs d'Ecole préparatoire.

Ce décret augmentait considérablement les études de l'officier de santé et assurait aux Ecoles préparatoires une nombreuse clientèle.

En même temps, un autre décret élevait aussi le niveau des études dans les Ecoles (1): c'est le décret du 1er août 1883 « portant réorganisation des Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie ».

Par ce décret les chaires sont portées au nombre de douze : anatomie ; physiologie ; hygiène et thérapeutique ; pathologie interne ; pathologie externe et médecine opératoire ; chimie et toxicologie ; physique ; histoire naturelle ; pharmacie et matière médicale ; clinique médicale ; clinique chirurgicale ; clinique obstétricale et gynécologie.

Les suppléants sont au nombre de six : anatomie et physiologie ; pathologie et clinique médicale ; pathologie, clinique chirurgicales et clinique obstétricale ; physique et chimie ; pharmacie et matière médicale; histoire naturelle. Ils sont nommés au concours pour une -période de neuf ans.

Les Ecoles auront: un prosecteur, un aide d'anatomie et de physiologie,

(2) Décret du 1er août 1883: Les aspirants au titre d'officier de santé suivront, dit ce décret, dans les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie, les cours suivants: 4re année: physique, chimie, histoire naturelle, ostéologie et arthrologie; 2e année, anatomie, physiologie et pathologie ; 3e année, anatomie, physiologie, pathologie interne et pathologie externe, clinique interne et clinique externe; 4e année, pathologie interne et pathologie externe, hygiène thérapeutique et matières médicale, clinique interne, clinique externe et clinique d'accouchements.

Dans une circulaire aux Recteurs (du 9 octobre 1883), le ministre se déclare disposé à répondre au vœu des Ecoles qui demandent que les deux premiers examens probatoires puissent être subis par leurs élèves à l'Ecole même, sous la présidence des professeurs de Faculté. Il reconnaît la légitimité des plaintes des Ecoles préparatoires. « Mais nous avons pensé, dit-il, que nous devions profiter de cette occasion pour procéder à une réorganisation de ces établissetnents. Du moment, en effet, où les Ecoles préparatoires demandent une extension considérable des privilèges dont elles jouissent déjà, nous avons le droit de déterminer les conditions qu'elles devront remplir pour que ces nouvelles concessions leur soient accordées ».

des chefs de clinique, des préparateurs pour les cours de chimie, de physique, de pharmacie etd'histoire naturelle, un bibliothécaire et un secrétaire.

Les villes sièges d'Ecoles préparatoires contractent, en outre, l'obligation :

1° D'assurer le service des trois cliniques prévues ;

2° De mettre à la disposition de l'Ecole une ou plusieurs salles consacrées aux maladies des enfants :

Elles s'engagent à prendre entièrement à leur charge le traitement du personnel et à couvrir les dépenses de toute nature occasionnées par l'enseignement, les exercices pratiques, l'entretien des bâtiments, du mobilier, des collections, des laboratoires, du jardin botanique et des cliniques.

Enfin les aspirants au doctorat en médecine, élèves des Ecoles préparatoires réorganisées, passent le premier examen probatoire et la première partie du second examen dans ces Ecoles.

Ces réorganisations successives ne sont jamais définitives, ce ne sont que des degrés, des étapes dans une évolution indéfinie. Réorganisée en 1866, l'Ecole de médecine de Grenoble avait en 1883 beaucoup à faire pour ^'élever à ce qui était alors la nouvelle organisation. Il nous fallait modifier le personnel, le matériel et surtout le local, car la conciergerie, dans laquelle on s'était logé provisoirement, était ridiculement insuffisante.

Afin de commencer à compléter notre outillage, le Directeur de l'Ecole écrit au maire (1) pour lui demander, conformément au décret du 1er août 1883, d'assurer à l'Ecole un service de maladies des enfants. Il demande que l'Hospice confie à l'Ecole le service de la salle des enfants, désignée sous le nom de crèche.

Peu de temps après, le 25 avril 1884, la commission administrative, saisie par le maire de la demande du Dr Berger, prend la résolution suivante :

« Considérant que l'intérêt de la ville et des Hospices est de favoriser, autant que possible, la prospérité de l'Ecole de médecine, et qu'en conséquence il y a lieu d'accueillir favorablement la demande du Directeur de l'Ecole, la commission délibère :

« Tous les enfants déposés à la crèche, qui seront ou deviendront malades, seront placés dans la salle contiguë désignée habituellement sous le nom de classe.

(1) Archives municipales, paquet m,

« Cette salle d'enfants malades sera mise à la disposition de l'Ecole de médecine, pendant l'année scolaire, pour servir au cours de clinique des élèves, mais le D' Berthollet reprendra le service médical de ces enfants pendant les vacances de l'Ecole, de même qu'il conservera pendant toute l'année la surveillance et la direction de la crèche ».

En même temps le conseil municipal vote les crédits nécessaires pour obtenir la réorganisation, élevant de ce chef de près de 20.000 francs les dépenses prévues pour l'Ecole. Le département porte de son côté la subvention de l'Ecole de 4.000 à 5.800 francs. On peut dire que le bon vouloir fut général, pour mettre l'Ecole de médecine au point que le

ministère exigeait, avant delà réorganiser Et cependant elle était

toujours soumise à l'ancien régime et ses élèves devaient encore aller à Lyon ou à Montpellier passer leurs examens. Le Dr Girard, au Conseil municipal, montre tout ce que cette situation a de fâcheux : « Le conseil a voté, dit-il, les crédits nécessaires et cependant nos étudiants sont encore forcés d'aller passer leurs examens devant la Faculté de Lyon » . Ceux qui ont vu l'Ecole de médecine logée à la conciergerie de l'Hôpital ne s'étonneront pas que le ministère ait refusé constamment d'accorder la réorganisation à une Ecole si peu installée.

On cherche bien de tous côtés un emplacement : le maire et le Dr Girard, au Conseil municipal, proposent le Lycée, qui était à la veille d'être abandonné par les garçons mais qui devint le Lycée de jeunes filles. Le temps se passe, la réorganisation ne se fait pas,, et la question de l'emplacement de l'Ecole avance d'autant moins, qu'elle est liée à une autre question, celle du déplacement de l'Hôpital.

Il était depuis longtemps question de déplacer l'Hôpital : en 1881, une commission extra- municipale s'était déjà prononcée pour le transfert de l'Hopital-hospice à une faible distance de la ville, mais la dépense prévue (environ 2.500.000 fr.), en avait empêché la réalisation.

En 1888 (25 mai), fut présenté au conseil un nouveau projet de transformation, avec construction d'un hospice de vieillards à la campagne. Ce projet fut adopté.

C'est alors qu'intervint la Société de médecine et de pharmacie (1), qui, comme cela s'était déjà vu dans l'Histoire médicale de Grenoble, est consultée par le maire. Une commission composée de MM. Berlioz, Gallois et Montaz repousse le projet de transfert et prend les conclusions suivantes :

(1) L'ancienne Société de Santé, devenue en 1857 Association de prévoyance des médecins et des pharmaciens, devient en 1883, la Société de médecine et de pharmacie de l'Isère.

280 LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BOBDIER.

1° La Société rejette en principe la nécessité du déplacement total ou partiel de l'Hôpital-hospice.

2° Elle croit qu'on pourrait utilement étudier divers projets basés sur l'agrandissement sur place, après démolition de Ions les bâtiments insalubres et elle conseille d'employer les économies qui pourraient être ainsi réalisées à des améliorations urgentes dans le service des malades.

Ces conclusions furent votées par la Société.

On vit alors la majorité de la commission administrative revenir sur son ancienne décision relative au transfert, en môme temps que les médecins et chirurgiens de l'Hôpital, consultés au moyen d'une sorte de questionnaire, se prononcèrent en majorité pour le maintien de l'Hôpitalhospice sur son ancien emplacement. Enfin, en 1890, il arriva que la commission rejetait également, et la transformation sur place, et l'exécution du plan de 1888.

C'est alors que le conseil municipal, sur un rapport de M. Marquian, « déclare persister expressément dans le projet d'ouverture du boulevard de Bonne à travers le domaine hospitalier, homologué par arrêté préfectoral, après enquête du 15 mai 1882. Tl invite l'administration municipale à poursuivre immédiatement la réalisation de cette ouverture et à mettre l'administration hospitalière en demeure d'accomplir les obligations du traité du 10 avril 1888, relatif à la construction à la campagne d'un Hospice, au déplacement des services accessoires et à l'amélioration des hôpitaux, traité auquel le conseil déclare donner son approbation entière sans réserve ».

Cela semblait hâter directement le transfert de l'Ecole : déjà, en 1888, le Recteur avait en effet écrit au Maire : « Au moment où le conseil municipal s'occupe de la question importante de l'agrandissement de l'Hospice, je crois devoir appeler son attention sur les besoins de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie. Vous savez, Monsieur le Maire, combien est insuffisante l'installation de cette Ecole, dans un local très restreint, où elle n'a ni les salles, ni les laboratoires nécessaires. J'ai l'honneur de vous communiquer une note indiquant les locaux dont l'Ecole aurait besoin ».

Il s'agissait d'un terrain de 4.500 mètres, la construction devant occuper 2.000 à 2.500 mètres ; le reste devait être consacré à un préau et à un jardin botanique.

En même temps, 1889, les étudiants de l'Ecole de Grenoble adressèrent à la municipalité la lettre suivante :

Monsieur le Maire,

Les étudiants en médecine et en pharmacie ont l'honneur de vous adresser une pétition afin d'obtenir un nouveau local pour leur Ecole.

Depuis longtemps, sur l'initiative de M. le Directeur, la municipalité avait promis d'installer l'Ecole de médecine et de pharmacie dans des locaux plus vastes et mieux aménagés. Mais la ville a jusqu'à ce jour complètement ajourné ce projet, sous prétexte de la prochaine transformation de l'Hospice, qui est renvoyée d'année en année.

Les salles actuelles des cours et de manipulations deviennent chaque jour de plus en plus insuffisantes, en raison du nombre des étudiants et du nouvel enseignement pratique : analyses chimiques, micrographie, histologie, bactériologie.

Cette situation s'oppose au développement des études médicales et pharceutiques, et nuit en même temps au prestige de l'Ecole. Et cependant les étudiants sont astreints à payer à Grenoble les mêmes frais d'études et d'examens que dans les Facultés et Ecoles des autres villes qui sont convenablement installées.

Les étudiants, Monsieur le Maire, comptent sur votre bienveillance pour prendre en considération leur juste et légitime réclamation.

Néanmoins, rien ne se décidait; la réorganisation ne se faisait toujours pas. Il y- a plus : les projets qui circulaient sur la suppression des officiers de santé, sur la réforme des études médicales, avaient une seconde fois provoqué dans les Ecoles préparatoires une inquiétude générale. Chacun s'y remuait pour défendre, sa propre existence.

Les professeurs de Clermont-Ferrand adressent aux représentants des départements de leur circonscription académique et médicale (Puy-de- Dôme, Allier, Haute-Loire, Cantal, Creuse, Corrèze, Loire, Lozère, Aveyron), une longue lettre, pour exposer la nécessité d'imposer, comme condition d'exercer la médecine, une licence médicale, dont le titre serait délivré par les Ecoles, laissant aux Facultés la délivrance du titre universitaire de docteur.

C'était sans' doute un moyen de garder une bonne clientèle d'élèves, mais c'était aussi condamner les Ecoles à une fabrication forcément inférieure de praticiens et à un enseignement uniquement professionnel. Autant nous laisser la spécialité des officiers de santé. En réalité, les Ecoles n'ont pas d'intérêt à conduire les élèves dans une autre direction que les Facultés. Elles doivent les conduire comme elles, parallèlement à elles. Jusqu'à quel point doivent-elles les conduire ? C'est là la question ; mais l'essentiel est d'admettre le parallélisme, la superposition même des deux voies, Ecole et Faculté. Le chemin est le même. Il est tracé plus ou moins loin, mais toujours susceptible d'être prolongé. Avec le temps, par la force des choses, si nous remplissons utilement nos fonctions de corps enseignant, il faudra bien qu'on nous accorde le droit de conduire les élèves presqup jusqu'au but, sinon au but lui-même : l'Ecole préparatoire d'aujourd'hui sera demain l'Ecole de plein exercice et plus tard la Faculté;

laissez à cette évolution normale et physiologique la possibilité de s'accomplir, si dans la lutte pour l'enseignement l'Ecole a su tenir son rang et jouer son rôle, mais ne nous lancez pas, dès Le début, dans une voie bornée, sans issue. Voilà ce qu'on eût pu répondre à ceux de nos collègues qui cédaient à la peur de mourir le lendemain de la suppression des ofiieiers de santé.

Avec beaucoup plus de raison, les professeurs de Clermont protestaient une fois de plus contre la suppression des examens de fin d'année. Avec le système actuel des examens probatoires échelonnés et non précédés d'examens de fin d'année, il ne faut pas se dissimuler que les étudiants font, en effet, leurs études par paquets, sans plan général. En vue d'un examen, tout ce qui ne fait pas partie de cet examen est non avenu ; une fois l'examen passé, ses matières sont rejetées à tout jamais.

L'Ecole de Dijon, dans une pétition aux représentants de la Côte-d'Or et des départements voisins (Saône-et-Loire, Nièvre, Aube, Yonne, Haute- Marne), se joignit à celle de Clermont pour demander le maintien de deux ordres de médecins et le rétablissement des examens de fin d'année ; elle demandait en outre, dans le cas où les pharmaciens de 2e classe seraient supprimés, le droit pour les aspirants au titre de pharmacien de lre classe de faire toutes leurs études dans les Ecoles; enfin, point important, sur lequel nos collègues de Dijon insistaient avec raison, elle demandait l'élargissement du projet de loi sur les Universités, afin de permettre aux groupes comprenant trois Facultés et une Ecole de médecine et de pharmacie, d'être érigés en Universités (1).

Les professeurs de l'Ecole de Grenoble s'adressent à leur tour aux représentants de l'Isère et des départements voisins (Drôme, Hautes- Alpes, Ardèche, Savoie, Haute-Savoie, Ain). Ils insistent pour l'érection d'une Université à Grenoble.

« Bien que. disent-ils, la création d'Universités régionales dans quelques grandes villes privilégiées constitue une innovation distincte des projets de loi sur l'exercice de la médecine, ces deux questions sont intimement liées, et nous venons vous soumettre quelques réflexions sur Y enseignement médical, objet de nos préoccupations constantes.

« En ce qui concerne la création d'Universités dans quatre ou cinq grandes villes essentiellement commerçantes ou industrielles, nous ne pouvons que nous rallier sans réserve au vœu émis le 29 juillet dernier par la Faculté de droit de Grenoble. Il y a bien place en France pour

(1) Cette réforme importante a été votée parles Chambres depuis que ces lignes ont été écrites.

LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BORD1ER. 283

douze Universités, puisqu'il y en a treize en Italie et nos Facultés brillent encore d'un assez vif éclat pour que Grenoble ait droit à sa place dans la décentralisation projetée. »

Naturellement ils réclament le maintien de deux ordres de médecins : on ne pouvait leur demander de se couper eux-mêmes la gorge. Les professeurs de Grenoble sont unanimes en outre pour demander le rétablissement des examens de fin d'année.

Tout cela ne nous amenait pas encore la réorganisation, et nous luttions pour ennoblir le rôle des Ecoles préparatoires, au moment même où nous allions peut-être être supprimés pour cause d'incapacité de recevoir les élèves, étant Ecole sans domicile ! Le plus pressé était donc d'obtenir un local; il serait temps plus tard de songer au meilleur mode de vivre. Mais primo vivere !

Les professeurs adressent donc à la municipalité la lettre suivante :

Grenoble, le 4er mars i890.

Monsieur le Maire,

Messieurs les Conseillers municipaux,

Les professeurs de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie se sont préoccupés du nouveau projet de loi sur l'exercice de la médecine et de la pharmacie qui va être prochainement discuté et qui comporte la suppression des officiers de santé. Cette suppression, que le gouvernement accepte, diminuera sensiblement le nombre des étudiants et amoindrira l'un de nos établissements de l'enseignement supérieur.

Nous avons l'honneur d'appeler toute votre sollicitude sur cette situation et sur la requête que nous vous adressons en vue de neutraliser les effets fâcheux de ce projet de loi.

En conséquence, considérant :

1° Qu'un certain nombre d'Ecoles moins importantes que celles de Grenoble ont obtenu le titre d'Ecole réorganisée;

2° Que le budget exigé pour la réorganisation est voté depuis plusieurs années, et que, par conséquent, les conditions demandées par les règlements, au point de vue du nombre des chaires, ont reçu satisfaction ;

3° Que plusieurs demandes de réorganisation ont été faites et que l'un des motifs de refus allégué par le ministère est l'insuffisance des îocaux ;

4° Que cette insuffisance est notoire et incompatible, tant avec le bon fonctionnement des cours et conférences, qu'avec celui des exercices pratiques, dont le nombre et l'importance s'accroissent chaque année ;

5° Que le bâtiment actuel de l'Ecole est indigne d'un établissement d'enseignement supérieur, surtout dans une ville où les Facultés, les Lycées et les Ecoles primaires sont parfaitement aménagés ;

6° Que les règlements universitaires ont depuis dix ans apporté un obstacle sérieux au recrutement et au maintien des élèves en doctorat, et que malgré cela l'Ecole de médecine reste aux premiers rangs, ainsi qu'en font foi les résultats des examens et les recettes de la comptabdité municipale ;

7° Que la suppression des officiers de santé diminuera le nombre des élèves ;

8° Que l'atteinte qui serait portée à l'Ecole de médecine pourrait ébranler la stabilité du centre Universitaire de Grenoble ; 9° Que le seul moyen de prévenir ce danger est la réorganisation de

l'Ecole, qui permettra de conserver les élèves en doctorat en leur donnant la possibilité de passer à Grenoble deux examens •

Nous vous prions instamment de vouloir bien décider qu'an local répondant aux exigences des services sera attribué à l'Ecole de médecine et de pharmacie, et de faire auprès des pouvoirs publics de pressantes démarches en vue d'obtenir le plus tôt possible le titre d'Ecole réorganisée.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, Messieurs les Conseillers municipaux, l'assurance de notre respectueux dévouement.

Berlioz, Raotjlt, Baboin,

J. Carlet, Félix Allard, Deschamps,

TUREL, P. JANET, LABATTJT.

Pegoud, Gagneux,

M. Liard,qui a dirigé avec tant de sollicitude pour nos Ecoles la réorganisation générale de notre enseignement supérieur et qui a tout fait pour l'élever à la hauteur de la science moderne et de ses moyens d'investigation, vient à Grenoble, calme les esprits, mais ne cache pas l'impression fâcheuse qu'il avait forcément éprouvée en visitant, les locaux de la conciergerie.

Cette visite eut l'heureux effet de stimuler la municipalité, devant qui le Maire (22 mai 1890), fait l'ex.posé suivant :

Dans sa dernière inspection de nos établissements d'enseignement supérieur, M. Liard, directeur de ce service au Ministère de l'Instruction publique, nous a confirmé dans notre opinion que rien ne serait changé à notre situation universitaire malgré les bruits alarmants qui avaient circulé quelques jours avant son arrivée.

Nos Facultés sont installées convenablement dans un monument digne de l'enseignement qui y est donné par des professeurs distingués. L'esprit des élèves est excellent, et je crois que M. le Directeur a emporté de sa visite à Grenoble une bonne impression.

Seule l'Ecole de médecine fait tache dans le tableau. Son état de saleté et de délabrement est connu de nous tous. L'on n'a fait jusqu'à présent que des réparations urgentes dans le local actuel pour éviter la suppression de Ecole ; mais cette situation déplorable ne pourrait pas dorer indéfiniment. Il y a urgence actuellement à s'occuper de la reconstruction de l'Ecole de médecine sur un autre point, à la suite de l'Arsenal, par exemple, sur les terrains appartenant à la Ville. Cette question étant, d'un autre côté, liée à celle du transfert de l'Hospice sur un autre point du territoire de la ville et à celle du prolongement du boulevard de Bonne, le statu quo est impossible.

Si nous voulons conserver définitivement à Grenoble nos Facultés et faire consacrer l'existence de notre Ecole de médecine, qui est seulement tolérée aujourd'hui, il importe de r.e point perdre de temps. C'est pourquoi, Messieurs, je vous propose de renvoyer à vos Commissions de Travaux et de l'Instruction publique l'étude de cette question que j'ai déjà fait préparer par notre Architecte municipal.

En août 1890, nouvelle lettre des professeurs : Monsieur le Maire,

Messieurs les Conseillers municipaux, Les projets de décentralisation universitaire actuellement en préparation auront pour effet, s'ils se réalisent, d'augmenter l'importance de certains

LA MÉDECINE A GRENfOllLK.

- D1' A. HOrWIEIL

centres d'enseignement supérieur et cela dans des proportions telles que les centres moins bien partagés risqueront de disparaître à bref délai.

A Grenoble, l'enseignement de cet ordre se trouve particulièrement menacé et nous avons le regret de constater que la situation de l'Ecole de médecine et. de pharmacie accroît encore ce danger.

Notre Ecole, malgré les efforts incessants de son Directeur, de ses professeurs et de ses élèves, se trouve dans une situation irrégulière. Elle n'est pas réorganisée conformément au décret du 1er août 1883. La ville de Grenoble a consenti cependant à faire les sacrifices nécessaires. Il nous manque malheureusement quelque chose de plus, un élément indispensable de réorganisation, un local, et M. le Directeur de l'Enseignement supérieur nous le répétait encore, en présence de M. le Maire, lors de sa récente visite à Grenoble.

Nous ne pouvons ne pas reconnaître cependant que bien des progrès ont été réalisés. 11 y a 20 ans, tous les cours se faisaient dans une salle de l'Hôpital militaire ; la bibliothèque n'existait pas, pas plus que les laboratoires. Nous avons aujourd'hui salles de cours, bibliothèque, laboratoires pleins, on pourrait dire encombrés d'appareils pr écieux ; mais le tout se trouve caché dans l'Hôpital et renfermé dans une masure sordide presque en ruines. C'est là que nous devrons recevoir prochainement M. le Ministre de l'Instruction publique.

Puisque d'une installation nouvelle dépend notre réorganisation, c'est-àdire notre existence, nous croyons devoir insister auprès de vous pour que cette amélioration indispensable soit faite ou ait reçu au moins un commencement d'exécution dans le plus bref délai possible. Dans quelques mois il pourrait être trop tard.

Dans une situation intermédiaire entre les grandes et les petites villes, Grenoble, en tant que centre universitaire, doit grandir ou tomber. Nous comptons, certes, beaucoup sur le renom de nos Facultés, renom qu'une tradition fidèle a si glorieusement conservé, mais encore ne faut-il pas qu'il existe, dans ce brillant ensemble, des taches trop noires et notre installation actuelle en est une.

L'Ecole de médecine de Grenoble, comme les autres Ecoles semblables, est municipale et ne coûte rien l'Etat, puisqu'elle lui a rapporté plus de 8.000 fr. pour la seule année dernière, la part de la ville étant encore de 18.862 francs

C'est grâce à la ville qu'elle existe, grâce à son appui qu'elle a pu vivre et prospérer. Sans insister sur ce côté particulier de son utilité, la formation avec les Facultés d'un tout homogène et solide, nous croyons qu'elle peut récompenser Grenoble de ses efiorts. Déjà nos travaux se multiplient, nos publications sont connues et citées. A un point de vue plus immédiatement pratique, c'est pour la population de notre Ville une garantie salutaire que la présence d'un corps médical et pharmaceutique recruté au concours, concours sérieux devant un jury en grande partie étranger à notre Ecole et constitué dans les conditions les plus indiscutables de compétence et d'impartialité.

Les élèves sont actuellement moins nombreux qu'ils ne le seraient avec d'autres programmes; mais ces programmes ne peuvent manquer d'être modifiés et ne le seraient-ils pas, le nombre des élèves augmentera beaucoup si, comme nous le croyons, notre Ecole, résistant à l'orage, parvient, grâce à son énergie et à son travail, à conquérir bientôt un rang plus élevé.

Nous ne trouvons rien à redire aux améliorations apportées à la situation d'autres Ecoles. Plus les centres d'enseignement seront multipliés, plus s'élèvera le niveau général de l'instruction pour laquelle la France républicaine a déjà fait de si grands et si utiles sacrifices. — Mais si nous ne protestons pas contre le maintien ou même la création d'Ecoles ou de Facultés rivales, nous voulons au moins faire connaître nos droits à la lutte non seulement pour l'existence mais encore pour le progrès.

- F)'1 A. RORDIER.

Il importe que nous ne succombions pas dès le début pour qu'il nous soit possible de rendre à la Ville, sous forme de renommée et de services, une partie au moins de ce qu'elle a fait pour nous.

Nous comptons cette fois encore sur votre appui efficace et surtout immédiat.

Tant que satisfaction ne sera pas donnée à M. le Ministre de l'Instruction publique, en ce qui concerne notre local, nous ne pouvons nous adresser qu'à vous.

On vient de réorganiser, on réorganise encore d'autres Ecoles ; celle de Besançon, par exemple, ville qui ne possède que deux Facultés, ou même celle d'Angers qui n'en a point, et lorsque la nôtre seule en France n'aura pas reçu cette consécration officielle, sorte de certificat de vie, elle sera bien près d'être supprimée, entraînant peut-être dans sa chute les trois Facultés qui l'entourent.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire et Messieurs les Conseillers municipaux, l'assurance de notre entier dévouement.

Suivent les signatures de tous les professeurs :

Allard, Baboin, Berger, Berlioz Bisch, Carlet, Desghamps, Ctagnieu. Gallois, Girard, Janet, Labatut, Montaz, Nicolas, Pegoud, Raoult, Turel, Verne.

Grenoble, le 6 août 1890.

Le 21 mars 1891, M. le Recteur Bizos, à qui l'Ecole de Grenoble doit être reconnaissante des efforts qu'il a faits pour elle dans cette période difficile, fait parvenir au maire une lettre signée du Directeur et des professeurs ; il ajoute : « Ces messieurs m'ont exprimé le désir que cette lettre vous fût adressée par mon intermédiaire et j'y ai consenti bien volontiers, heureux de m'associer à eux dans les remerciements qu'ils envoient à la municipalité et dans le témoignage qu'ils donnent de leur dévouement aux intérêts de l'enseignement supérieur à Grenoble ».

Voici cette lettre :

Grenoble, 54 mars i89i.

Les professeurs soussignés remercient la municipalité de tous les efforts qu'elle faits en faveur de l'Ecole de médecine et de pharmacie.

Alors que les circonstances sont plus favorables que jamais à une amélioration de la situation universitaire de l'Ecole, ils seront heureux de voir mettre à exécution le projet de reconstruction conformément aux plans adoptés et sur l'emplacement choisi par la municipalité (rue Mazet).

Cette amélioration considérable ne peut venir à un meilleur moment, pour l'avenir de l'enseignement supérieur à Grenoble.

Rerger, Carlet, Raoult, Montaz, Rerlioz, Labatut, Gallois, Pegoud, Deschamps. Baboin, Nicolas, Bisch, Turel, Verne, Cagneux, Girard, Allard.

Enfin l'horizon semble s'éclaicir, les Ecoles semblent reprendre pied ; notre déplacement semble sur le point de se faire.

Dans la discussion devant la Chambre de la loi relative à l'exercice de la médecine, une déclaration du ministre, répondant à M. A. Rey, député de l'Isère, vient en effet à point dissiper les craintes. «Je déclare très nette-

ment, dit M. Bourgeois à la tribune, que les intérêts des Ecoles secondaires nous avaient paru comme à M. Rey respectables, considérables même, et que nous devions nous-mêmes prendre toutes les mesures nécessaires pour que les Ecoles de médecine ne soient pas atteintes par les effets du projet de

loi en discussion D'accord avec M. Rey et avec M. le Dr Langlet, qui se

sont fait les organes autorisés des intérêts et des besoins de l'enseignement de la médecine, le gouvernement pense qu'il y a lieu de conserver et de fortifier les Ecoles secondaires. Elles constituent, suivant nous, des foyers d'études supérieures qu'il serait regrettable de voir disparaître et nous pouvez être assurés, messieurs, que le gouvernement fera tous ses efforts, non seulement pour maintenir tous ces foyers, mais pour les développer encore s'il est possible ».

En même temps, le conseil, sur le rapport du Dr Girard, renonce à l'emplacement choisi précédemment rue Mazet pour l'Ecole, et adopte un autre emplacement rue Lesdiguières (1). Voici le rapport du Dr Girard:

Messieurs,

Dans votre séance du 25 septembre dernier, à la suite d'un rapport présenté par notre honorable collègue, M. Marquian, au nom des commissions réunies de l'instruction publique, des finances et des travaux, vous avez approuvé le projet de construction d'une Ecole de médecine dressé par l'architecte municipal et se montant à la somme de 125.000 fr. , de plus, vous avez désigné un emplacement situé sur la rue Mazet.

Ce projet a dû subir de nombreuses modifications, sur la demande des intéressés ; tout dernièrement, M. le Ministre de l'instruction publique présentait quelques observations au sujet de l'installation des laboratoires.

Aujourd'hui, le plan remanié selon les vœux de l'administration supérieure et complètement approuvé par elle, peut être mis immédiatement à exécution. L'administration municipale a, du reste, la certitude que la construction de l'Ecole de médecine dans ces conditions entraînera forcément avec elle le titre d'Ecole réorganisée que vous demandez depuis 1885 (Rapport du conseil municipal, 1885), mais que le ministre a toujours refusé en raison de l'état des bâtiments actuels.

Les modifications apportées au plan primitif ont élevé le* devis à la somme de 200.000 fr. ; c'est donc un surcroît de dépense de 75.000 fr. qui vous est demandé.

Le conseil, consulté officieusement par l'administration municipale, a reconnu la nécessité de voter ce supplément de 75.000 fr. et il a recherché les moyens de se procurer cette somme.

Il a tout d'abord reconnu que l'exécution du projet voté le 25 septembre dernier entraînerait une dépense totale de 225.000 fr., soit comme construction 125.000 fr., soit comme emplacement 100.000 fr

En effet, la valeur actuelle du terrain avoisinant la rue Mazet est de 50 fr. le mètre carré, et cette valeur ne peut que s'accroître. Or, l'Ecole de médecine située sur cet emplacement occuperait ou rendrait inutilisable une surface de près de 2.000 mètres carrés, soit à 50 fr. le mètre, cent mille francs.

(1) Séance du 18 avril 1891.

Dr A. MORBIER.

Gomme il était impossible de ne pas répondre aux exigences ministérielles et partant, de réduire le devis, il a fallu songer à réaliser des économies sur l'emplacement en abandonnant le terrain de la rue Mazet.

S'inspirant de cette idée, l'administration municipale a proposé de construire l'Ecole au Jardin des Plantes, à droite ou à gauche du Muséum.

Cette proposition a séduit tout d'abord le conseil, car, outre l'économie du terrain qu'elle permettait de faire, elle avait encore l'avantage de juxtaposer l'Ecole de médecine et de pharmacie à l'un des premiers jardins botaniques de France et au Muséum, dont les collections d'histoire naturelle sont très riches ; de plus, la présence de l'Ecole eût augmenté l'animation de ce quartier relativement déshérité.

Mais un accès des lieux a démontré que cette solution mutilerait trop, soit le jardin botanique, soit le jardin paysager, et d'un commun accord, et bien qu'à regret, elle a été rejetée.

D'autant que l'administration municipale a alors proposé un emplacement très heureusement choisi et qui a réuni tous les suffrages.

D'après cette nouvelle proposition, l'Ecole serait construite à l'angle du boulevard de Bonne et de la rue Lesdiguières, , en face de l'infirmerie du lycée de garçons. Ce terrain est frappé d'une servitude qui en diminue beaucoup la valeur, celle de ne pas permettre des constructions à quatre étages, sous peine de porter préjudice aux cours de récréations du lycée ; de plus, il est situé à côté de nouvelles casernes alpines.

En le choisissant de préférence au terrain de la rue Mazet, on réalisera donc assurément une très importante économie.

En ce qui concerne les intérêts en cause, c'est-à-dire ceux des étudiants en médecine et en pharmacie, le nouvel emplacement est très convenable, car il est d'une part à égale distance de l'Hôpital (boulevard de Bonne) et de la Faculté des sciences (rue Lesdiguières et place de la Constitution) et, d'autre part, il est peu éloigné du jardin botanique et du Muséum, situés, l'un et l'autre, sur le boulevard des Alpes, qui est le prolongement du boulevard de Bonne

En résumé, Messieurs, vous êtes appelés aujourd'hui à confirmer les décisions que vous avez prises en réunion officieuse, c'est-à-dire à approuver les nouveaux plans et devis qui ont reçu la consécration officielle ; à dire que le supplément de dépenses de 75.000 fr., en partie comblé par l'économie faite sur le terrain, sera inscrit au prochain emprunt et enfin, que l'Ecole de médecine et de pharmacie sera construite à. l'angle du boulevard de Bonne et de la rue Lesdiguières ; à autoriser M. le Maire à faire préparer le cahier des charges de la construction en vue de l'adjudication dans le délai le plus rapproché possible.

En même temps, est organisé le service obstétrical de la nouvelle Ecole.

M. le Maire expose que M. le Ministre de l'Instruction publique demande, pour la réorganisation de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie, que la commission administrative des hospices mette à la disposition de l'Ecole le service des maladies des enfants et le service de clinique obstétricale et il invite la commission à délibérer sur cette demande :

La commission, considérant que la réorganisation de l'Ecole de médecine et de pharmacie est toute à l'avantage de la ville de Grenoble et des Hospices, et qu'il y a lieu de la faciliter en accueillant la demande de M. le Ministre.

Délibère : En ce qui concerne la clinique obstétricale, que le service

des filles mères restera, comme par le passé, à la disposition de l'Ecole de médecine ;

En ce qui concerne la clinique infantile, la commission confirme sa délibération du 25 août 1884, par laquelle le service des enfants malades a été confié au professeur de l'Ecole cnargé de ce cours;

Avoir délibéré les jour, mois et an que dessus et ont signé au registre les membres présents.

Pour extrait conforme :

L'administrateur de service, Signé : D1' Girard.

Les premiers travaux sont mis en adjudication le 27 août 1891, et pendant que s'élève le monument, l'Ecole vit, comme elle peut, à la conciergerie, soutenue par l'espoir d'un avenir meilleur et prend très judicieusement son parti de la suppression des officiers de santé. En 1888, M. Babom avait été nommé professeur suppléant, et M. Verne, ancien chef des travaux chimiques de l'Ecole (concours de 1880), avait été nomme professeur titulaire de pharmacie et de matière médicale (-1).

Une perte cruelle allait frapper l'Ecole avant qu'eLe quittât ses anciens locaux : le Dr Carlet meurt brusquement, en pleine activité intellectuelle. Sa perte fut vivement ressentie par les élèves. Trait-d'union entre la Faculté des sciences et l'Ecole, le D1' Carlet continuait une tradition déjà ancienne, en vertu de laquelle nous avions déjà vu Leroy, Charvet, M. Raoult et d'autres jeter sur les deux enseignements un égal éclat, qui ne pouvait que profiter à l'Ecole. de médecine et de pharmacie.

Il fut remplacé à la chaire d'Histoire naturelle de l'Ecole par le Dr Bordier, depuis longtemps professeur de géographie médicale à l'Ecole d'anthropologie de Paris (2).

( I ) M. Verne a publié de nombreux mémoires :

Sur la découverte de la boldine (Bulletin de la Société chimique de ParisL Etude sur le boldo, couronnée par la Société de pbarmacie de Paris. Etude sur les ferments digestifs.

Etude sur les altérations du calomel par l'albumine, le sucre et les acides. Des préparations pharmaceutiques du goudron, etc., etc.

(2) Voici les principales publications du D1' Bordier : Epidémie cholérique de ISlHi à l'Hôpital Beaujon. Paris, Asselin, 1867. De l'emploi du sphygmographe dans l'étude des agents thérapeutiques. Paris, Hennuyer, 1868. Des nerfs vaso-moteurs. Paris, Leclerc, 1868.

De la glgcosuriedansla convalescence des maladies aiguës. Paris, Asselin 1868.

Migraine. (Art. du Dict. encycl. des Sciences médicales). Paris, en collaboration avec Gubler, Masson, 1872.

Névrosthéniques. (Art. du Dict. encycl. des Sciences médicales). Paris Masson

De l'élimination des médicaments. Paris, Hennuyer, 1873. De l'influence des variations de la pression atmosphérique sur l'évolution organique. Paris, Masson, 1877.

Les Esquimaux. Paris, Masson, 1877.*

Peu de temps après, le D1 Berger demandait, pour des raisons de santé.

Note sur les effets narcotiques du protoxyde d'azote. Paris, Masson, 1877. Tiahuanaco et les bords du lac Titicaca. In Bull. Société d'Anthropol. 1877. Des localisations cérébrales. In Revue d'Anthropol., 1877. Instructions pour l'île de Madagascar, Paris, Masson, 1878. Les Gauchos. In Bull. Société d'Anthropol., 1878.

De l'usage de l'arc et des échasses en Océanie. In Bull, Société d'Anthropol

L'exposition des Sciences Anthropologiques. Paris, Reinwald, 1878. Instructions pour la Malaisie. In Bull, de la Société d'Anthropologie, 1879. Instructions pour la Laponie. In Bull, de la Société d'Anthropologie, 1879*. Etude sur une série de crânes d'assassins. Paris, Masson, 1879. 2rau édition

Notes de pathologie exotique, le bouton de Biskra et la Veruga ou boulon des Andes. J.-B. Baillières, 1880.

L'Ethnographie du Mackensie. In Bull, de li Société d'Anthropologie, 1881.

De l'aptitude des races blondes de l'Europe pour la suette. In Bull, de la Société d'Anthropologie, 1881.

Japonais et Malais. In Revue d'Anlropol., 1881.

Notice sur la collection d'Anthropologie préhistorique du Muséum d'histoire naturelle de Grenoble. Grenoble, Dupont, 1882.

L'Humanité devant la foi et devant la science. Grenoble, Dupont, 1882.

Lu science et la question du travail. Grenoble, Dupont, 1882.

Rapport à M. le Maire de Grenoble sur une expérience de transport de la force motrice au moyen de l'électricité. Grenoble, Dupont, 1883.

Art icles Coca ; Condurango, Fer, Musc, Nicotianine, Nicot ine, Quassia, Raifort, Résolutifs, Santal, Scammonée, etc. In Dict. encycl. des Sciences médicales. Paris, Masson.

Articles : Albinisme, Algérie Béribéri, Bouton de Biskra, Choléra, Dégénérescence. In Dictionnaire des Sciences Anthropologiques. Paris, Doin.

La Géographie médicale, 1 vol. in-8° de 660 pages, avec planches. Paris, Reinwald, 1884.

La Colonisation scientifique et les Colonies françaises, 1 vol. in-8° de 500 pages. Paris, Reinwald, 1884.

La Vie des Sociétés, 1 vol. in-8° de 350 pages. Paris, Reinwald, 1887.

Pathologie comparée de l'Homme et des êtres organisés, 1 vol, in-8° de 500 pages. Paris, Lecrosnier, 1889.

Les microbes et la transformisme. (Revue scientifique, 1891.)

Le milieu intérieur et l'acclimatation. (Revue de l'Ecole d'anthropologie, 1891.)

Le sifflet chez les peuples primitifs. (Bulletin de la Société d'anthropologie et la Nature, 1891.)

Naissance et évolution des idées et des pratiques médicales, superstitions médicales. (Revue de l'Ecole d'anthropologie, 1893.)

La question de race en médecine. (Annales de l'Univerlé de Grenoble, 1893.)

Toxicologie primitive. (Revue de l'Ecole d'anthropologie, 1893.)

Théorie et mécanisme de l'hérédité. (Revue de l'Ecole d'anthropologie, 1893.)

Mutilations ethniques. (Annales de l'Université de Grenoble, 1893.)

Coup d'œil sur la population néolithique dans le Dauphiné et en Europe, Grenoble, Rigaudin, 1894.

Les Monuments mégalithiques. Grenoble, Rigaudin, 1894.

Les cordeliers de Grenoble et le maréchal Bourcet. Grenoble, Rigaudin, 1894.

L'Etat social en Dauphiné avant la Révolution. Grenoble, Rigaudin, 1894.

La vie d'un paysan dauphinois avant la Révolution. Grenoble, Rigaudin,

. Etude sur la couleur des cheveux et des yeux dans le département de l'Isère. Grenoble, Rigaudin, 1895.

j être relevé de ses fonctions de Directeur; il était nommé Directeur ho: oraire et remplacé par le Dr Bordier. Le Dr Porte (1) est nommé suppléant des chaires de pathologie et de clinique médicales; le Dr Perriol est nommé chef des travaux anatomiques, il est nommé en môme temps chirurgien adjoint des hôpitaux (2). M. Romeyer, pharmacien en chef de l'Hôpital, est nommé chef des travaux chimiques. M. Labatut (3), suppléant des chaires de chimie et de physique, est chargé du cours de M. liaoult, démissionnaire. En 1883, M. le Dr Deschamps avait été nommé professeur suppléant des chaires de chirurgie et d'obstétrique (4). Le Dr Douillet avait

D'une coutume funéraire en Dauphiné, 1895.

Etude sur le rôle de la médecine dans l'expédition de Madasgascar.

Passim : In Journal de Thérapeutique de Gubler, Bulletin de Thérapeutique, Bévue scientifique, Bévue internationale des Sciences, Archives de Médcine, Archives de Médecine navale, la Lazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie, Bulletin de la Société analomique, Bulletin de la Société de Thérapeutique, Bulletin de la Société d'Anthropologie, La Nature, Le Bulletin de ta Société dauphinoise d'Ethnologie et d'Anthropologie, La Bévue de l'Ecole d'Antropologie, etc.

(1) M. Porte, chargé de la suppléance de la chaire de clinique médicale, a publié un certain nombre de travaux, dont voici les principaux :

Phlébite au cours d'un pneunomie bilieuse. {Dauphiné médical, 1855.) Néphrite périphérique.

Néphrite syphilitique précoce.

En collaboration avec M. Labatut Traitement de la goutte et du rhumatisme par l'électrolyse du chlorure de lithium. Bruits musicaux cardio-vasculaires.

(2) M. Perriol a publié :

Désarticulation du genou par la méthode sous-périostée. Suture du nerf médian et sutures tendineuses. Désarticulation de l'épaule à lambeau cutané.

Imperforation du rectum. {Comptes rendus de la Société de médecine et de pharmacie . )

(3) M. Labatut a fait d'importants travaux sur le transport des ions. Il a ainsi posé les bases d'une nouvelle méthode d'introduction des médicaments, qu'il a développée au point de vue clinique, en collaboration avec le Dr Porte.

(4) M. Deschamps a publié de nombreux travaux relatifs à l'ophtalmologie : Thèse inaugurale. Paris, 1884. Du choléra endémique en Cochinchine. Mention honorable (prix de thèse).

Un cas de calcul de Vamygdale. {Dauphiné médical, juillet 1889.) Conjonctivite due à la présence prolongée d'un grain de blé dans le cul de sac conjectival supérieur. {Dauphiné médical, avril 1889.)

Quelques considérations sur l'opération de la cataracte {Dauphiné médical,

Corps étranger ayant séjourné 25 ans dans une fosse nasale. (Dauphiné médical, 1890.)

Complications oculaires de la-rougeole. (Dauphiné médical, 1890.) Deux observations des luxations traumatiques du cristallin. (Dauphiné médical, mars 1891.)

De la luxation spontanée du cristallin. (Annales d'ocultisiques, 1891.)

Du choix des lunettes. (Annales de l'enseiqnement supérieur de Grenoble,

1891. ) ' Sur les végétation adénoïdes. (Dauphiné médical, 1891 .)

été, en 1891, nommé suppléant des chaires d'anatomie et de physiologie (1).

Pendant que les ouvriers mettaient la dernière main à ce qui allait être l'Ecole de médecine réorganisée, survient le décret de 189p, qui allait modifier profondément les études médicales. Notre réorganisation, notre installation dans les nouveaux bâtiments venaient à point pour coïncider avec une orientation nouvelle : c'était une rénovation complète.

L'idée générale de la nouvelle réglementation est excellente, elle repose sur l'importance de plus en plus grande que prennent chaque jour dans la médecine, les sciences qu'on nommait jadis accessoires; ce sont elles qui font que la médecine est de plus en plus une science, mise au service d'un art (2) : mais elle a l'inconvénient de ne pas rétablir les examens de fin d'année.

Les avantages qu'elle présente pour nous ont été très bien résumés par M. le Directeur de l'enseignement supérieur (3). « Il se trouve donc, dit-il, — et on l'a voulu — que les décrets de 1893 sont une mesure de décentralisation. Si les familles en comprennent bien l'esprit, ils peuvent avoir pour les établissements d'enseignement supérieur et en particulier poulies Ecoles de médecine, de plein exercice et préparatoires, les plus heureux

effets On a voulu proposer un remède à

l'engorgement excessif de Paris. Les étudiants y font foule, le conseil général des Facultés s'en plaignait récemment et en signalait les dangers

De l'intervention chirurgicale dans les blessures de l'œil avec pénétration de corps étranger. (Dauphiné médical, décembre 1892.)

Un nouvel appareil destiné à remplacer la pile ditgalvano cautère. (Annales d'oculistiques, 1893.)

Guérison de plusieurs cas de surdité profonde d'origine spécifique. (Dauphiné médical, octobre 1893.

Les vapeurs de formol dans les affections de l'oreille moyenne. (Annales des maladies de l'oreille, avril 1894.)

Traitement du ptérygion par le raclage méthodique de la cornée. Communication à la Société Française d' 'ophtalmologie , en mai 1895.

(1) M. Douillet a fait de nombreuses publications : Sur la myopathie atrophique. (Loire médicale, 1885.) Sur la tachycardie essentielle. (Dauphiné médical, 1851.) Sur un empyèrnr enkysté suivi de vomique.

Sur l'atethose.

Sur les accidents dus à l'électricité à courants continus.

(2) On sait que cette réforme repose surtout sur le certificat d'études physiques, chimiques et naturelles exigé des aspirants au doctorat — en ce qui concerne les Ecoles, elle leur est favorable puisque les étudiants peuvent passer dans ces Ecoles deux examens probatoires et prendre 12 inscriptions.

(3) La réglementation des études médicales, par Louis Liard, Revue des Deux- Mondes, 15 octobre 1894. .

LA MÉDECINE A GRENOBLE. — Dr A. BORDIER. 293

Les familles se figurent, bien à tort,

qu'il est bon pour leurs enfants de commencer leurs études médicales à Paris ; elles savent que les ressources y sont considérables, mais elles ignorent, que, si considérables qu'elles soient, elles sont insuffisantes ».

Plusieurs modifications préparent notre réorganisation : la chaire d'accouchement, maladies des femmes et des enfants est supprimée et remplacée, avec le même titulaire, le Dr Gallois, par une chaire de clinique obstétricale. En même temps, le Conseil général du département, sur la demande du Conseil général des Facultés, décide que le service de la maternité départementale sera à la disposition de l'Ecole de médecine, non plus pendant six mois seulement, mais pendant toute l'année. Il supprime en même temps l'ancien cours départemental d'accouchement, laissant à l'Ecole la charge de l'enseignement des élèves sages-femmes. Le cours d'hygiène et de thérapeutique est supprimé et remplacé par une chaire d'histologie, dont M. Berlioz, devient titulaire. Enfin, le 22 octobre 1894, paraît le décret de réorganisation : « L'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Grenoble est autorisée à jouir des droits conférés aux Ecoles préparatoires réorganisées par l'art. 43 du décret du 1er août 1883 ».

En même temps qu'elle entrait en jouissance de ses nouveaux droits, l'Ecole prenait, au mois de novembre 1894, possession de ses nouveaux bâtiments, et M. le Recteur Zeller (1), le chef autorisé de ce que nous pouvons nommer mrintenant l'Université de Grenoble prononçait, dans la séance de rentrée des Facultés, les paroles suivantes, qui peuvent servir d'épigraphe à ce livre et sont, en même temps, un gage pour l'avenir :

« Par une de ces bonnes tortunes, qui ne sont point dues au hasard, et qui n'échoient qu'à ceux qui les méritent, il arrive qu'au moment précis où la récente réglementation ouvre à notre Ecole de médecine une nouvelle et féconde carrière, le superbe édifice que lui a construit la ville de Grenoble se trouve terminé et prêt à la recevoir. M. le directeur de l'enseignement supérieur nous a fait l'honneur de le visiter au mois de septembre dernier. Il ne nous a pas ménagé les témoignages de satisfaction. Il a déclaré devant le maire dévoué de cette ville, et devant l'architecte qui l'a si habilement secondé, qu'à son avis l'Ecole préparatoire était l'une des plus belles et des mieux aménagées qu'il y eut en France.

« L'Ecole de médecine et de pharmacie occupera désormais une place

(1) Séance annuelle de rentrée des Facultés et de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie, le 3 novembre 1894.

d'honneur à côté du Muséc-Ribliothèque, du Palais des Facultés, du Lycée de garçons et des autres monuments scolaires, qui sont la parure et la gloire de Grenoble. » S'adressant aux divers étudiants de Grenoble, M. Zeller terminait par cet encouragement : « Le gouvernement de la République et les municipalités qui se sont succédé à la tête de la ville depuis vingt ans, vous ont élevé des monuments construits à grands frais et aménagés avec le plus grand soin. On vous a donné des professeurs d'un grand mérite, parmi lesquels il en est qui se sont illustrés par leurs travaux et leurs découvertes. Il vous appartient de justifier et de faire fructifier l'œuvre de vos pères l'avenir de notre centre universitaire est entre vos mains. C'est à vous d'en attester la vitalité par votre travail, d'en accroître le prestige par vos succès et de faire en sorte que, dans cette ville de Grenoble, qui vous est si hospitalière, il y ait toujours un foyer d'études florissant, digne de son glorieux passé et des sacrifices du temps présent, ut in ed sint perpetuo, comme disait le dauphin Humbert, generalia sludia in juris, medicinœ, artium Facultatibus » .

J'arrête à cette date le récit du développement de notre Ecole de Médecine; la suite de cette histoire nous la vivons; d'autres l'écriront. Les chapitres ultérieurs mentionneront, il le faut espérer, le titre d'Ecole de plein exercice, puis celui de Faculté. Dès maintenant, ta valeur des professeurs (1), leur exactitude, l'importance de leurs travaux, le nombre

(1) Depuis la réorganisation M. Pionchon a remplacé M. Janet, comme professeur de physique.

M. Georges Dodero, chef des travaux chimiques à la Faculté des sciences, est chargé de la suppléance de la chaire de physique.

La Dr Nicolas est chargé du cours de physiologie en remplacement de M. Monta/, démissionnaire. Il sera sans doute demain titulaire.

Il a publié de nombreux mémoires :

Traitement abortif de la blennorrhagie après anesthésie par la cocaïne, décembre 1888.

Hydramnios, ponction, accouchement prématuré, avril 1889.

Deux observations de diphtérie bénigne, mars 1889.

Observation de coup de chaleur, juillet 1889.

Cancer du pylore. Pièces anatomiques décembre 1889.

Uic cas d'hydro-pneumathorax, décembre 1889.

Syphilis congénitale, mars 1890.

Endocardite végétante et aorlite, juin 1890.

La neurasthénie, sepiembre 1890.

Angine de poitrine. Pièces anatomiques, novembre 1890. Vérification des thermomètres médicaux, janvier 1891. La variole à l'hôpital, mars 1891.

Deux autopsies après hémorrhagies cérébrales, mai 1891.

Sclérose en plaques, mai 1891.

Réactions anormales de l'albumine, juillet 1891.

LA MÉDECINE A GRENOBLE. - Dr A. BORDIER. 295

croissant des élèves et leur application nous permettent d'espérer que les sacrifices que la ville a faits, à tant de reprises, porteront leurs fruits et que l'Ecole de Médecine tiendra sa place avec honneur dans l'Université de Grenoble.

Obstruction totale des narines dans la syphilis congénitale, août 4891.

Traitement de l'occlusion intestinale par l'électricité, février 1892.

Emploi du sublimé comme traitement des gerçures du sein, février 1892.

Pneumonie double sxippurée, novembre 1892.

Appendicite et-pérityphlile, décembre 1892

Cirrhose atrophique du foie, janvier 1893.

Vaginalite aiguë et étranglement herniaire, février 1893.

Hydronephrose intermittente, décembre 1893.

Chorée chronique de Huntington, décembre 1893.

Néphrite syphilitique héréditaire, décembre 1894.

Paralysie radiculaire du plexus bracchial, type supérieur, mai 1895.

Incontinence nocturne d'urine, juin 1895.

M. Paul Dodero a été nommé professeur suppléant d'histoire naturelle.

Il a publié plusieurs mémoires, relatifs à la zoologie et à la médecine, sur la conservation des pièces anatomiques par un procédé nouveau et sur les douches locales, rectales et vaginales.

Page 1