D' A. BORDIER
Monsieur le Maire,
Les éIndianU en médecine et en pharmacie ont l'bonneur de vous adresser une pétition aliii d'obtenir un nouveau local pour leur Ecole.
Depuis longlemps, sur l'initiative de M. le Directeur, la municipalité avait promis d'installer l'Ecole de médecine et de pharmacie dans des locaux plus vastes et mieus aménagés. Mais la ville a jusqu'à ce jour complètement ajourné ce projet, sous prétexta de la prochaine transformation de l'Hospice qui est renvoyée d'année en année.
Les salles actuelles des cours et de manipulations deviennent chaque jour de plus en plus insuffisantes, en raison du nombre des étudiants et du nouvel enseignement pratique : analyses chimiques, micrographie, histoloitie, bactériologie.
Celte situation s'oppose au développement des études médicales et pharceutiques. et nuit en même temps au prestige de l'Ecole. Et cependant les étudiants sont astreints à payer à Grenoble les mêmes frais d'études et d'examens que dans les Facultés et Ecoles des autres villes qui sont convenablement installées.
Les étudiants. Monsieur le Maire, comptent sur voire bienveillance pour prendre en congid^ralion leur juste et légitime réclamation.
NéaQmoitis, rien ne se décidait; la réorganisation ne se faisait toujours
pas. n y a plus : les projets qui circulaient sur In suppression des oriiciers
de santé, sur la rétornie de.'î études médicales, avaient une seconde fois
provoqué dans les Ecoles préparatoires une inquiétude générale. Chacun
s'y remuait pour défenilri' sa propiv existence,
Les professeurs de Clermout-Ferrand adR'ssent aux représentants des
, déparlenicQts de leur circonscription académique et médicale (Puy-de-
Odme, Allier. Haute-Loire, Cantal, Creuse, Corrèze, Loire, Lozère, Avej-
tron), une longue lettre, pour exposer la nécessité d'imposer, comme
L condition d'exercer la médecine, une ticenes médicale, dont le litre serait
F délivré pnrles Ecoles, laissant aux Facultés la délivrance du tilre univer-
ailaire de iloiii-ar.
C'était sans doule un moyen de garder une bonne clientèle d'élèves,
i mais c'était aussi condamner les Ecoles à une fabrication forcément
inférieure de praticiens et à un enseignement uniquement professionnel.
Autant nous laisser la spécialité des officiers de santé. En réalité, les
Ecoles n'ont pas d'intérêt à conduire les élèves dans une autro direction
qne les Facultés. Elles doivent les conduire comme elles, parallèlement
A elles. Jusqu'à quel point doivent-elles les conduire? C'est là la question ;
mais l'essenliel est d'admettre le parallélisme, la superposition môme des
deux voies, Ecole et Facullé, Le chemin est le même. Il est tracé plus ou
moins loin, mais toujours siiscpptible d'être prolongé. Avec le temps, par
la force des choses, si nous remplissons utilement nos fonctions de corps
eDgeignant, il faudra bien qu'on nous accorde U droit de conduire les élèves
presqu»" insqu'aii but, sinon nu but lui-même : l'Ecole préparatoire d'au-
, jonrd'liui sera demain l'Ecole de plein exercict el plus tard la Facullé i
laissez à cette évolution normale et physiologique la possibilité de s'accomplir, si dans la lutte pour renseignement TEcoIe a su tenir son rang et jouer son rôle, mais ne nous lancez pas, dès le début, dans une voie bornée, sans issue. Voilà ce qu'on eût pu répondre à ceux de nos collègues qui cédaient à la peur de mourir le lendemain de la suppression des officiers de santé.
Avec beaucoup plus de raison, leîs professeurs de Clermont protestaient une fois de plus contre la suppression des examens de fin d'année. Avec le système actuel des examens probatoires échelonnés et non précédés d'examens de fin d'année, il ne faut pas se dissimuler que les étudiants font, en effet, leurs études par paquets^ sans plan général. En vue d'un examen, tout ce qui ne fait pas partie de cet examen est non avenu ; une fois l'examen passé, ses matières sont rejetées à tout jamais.
L'Ecole de Dijon, dans une pétition aux représentants de la Côte-d'Or et des départements voisins (Saône-et-Loire, Nièvre, Aube, Yonne, Haute- Marne), se joignit à celle de Clermont pour demander le maintien de deux ordres de médecins et le rétablissement des examens de fin d'année ; elle demandait en outre* dans le cas où les pharmaciens de 3* classe seraient supprimés, le droit pour les aspirants au titre de pharmacien de i'® classe de faire toutes leurs études dans les Ecoles; enfin, point important, sur lequel nos collègues de Dijon insistaient avec raison, elle demandait l'élargissement du projet de loi sur les Universités, afin de permettre aux groupes comprenant trois Facultés et une Ecole de médecine et de pharmacie, d'être érigés en Universités (i).
Les professeurs de l'Ecole de Grenoble s'adressent à leur tour aux représentants de l'Isère et des départements voisins (Drôme, Hautes- Alpes, Ardèche, Savoie, Haute-Savoie, Ain). Ils insistent pour l'érection d'une Université à Grenoble.
« Bien que. disent-ils la création d'Universités régionales dans quelques grandes vill^îs privilégiées constitue une innovation distincte des projets de loi sur l'exercice de la médecine, ces deux questions sont intimement liées, et nous venons vous soumettre quelques réflexions sur V enseignement médical^ objet de nos préoccupations constantes.
« En ce qui concerne la création d'Universités dans quatre ou cinq grandes villes essentiellement commerçantes ou industrielles, nous ne pouvons que nous rallier sans réserve au vœu émis le 29 juillet dernier par la Faculté de droit de Grenoble. 11 y a bien place en France pour
(1) Cette réforme importante a été votée par les Chambres depuis que ces lignes ont été écrites.
ize UniversilL's, p:iisqii'it y on a treize en Ilalip el nos Pacnllùs Jinllenl ennore d'nn assez vif éclat pour ijiie Cireiioble ait <iroit â sa place dans la ilécentralisation projeti^e. *
Naturellement ils réclament le maintien de deux ordres de médecins: m ne pouvait leur demander de se couper eux-mêmes la gorge. Les I professeurs de Grenoble sont unanimes en outre pour demander le I rétablissement des examens de fin d'année.
Tout cela ne nous amenait pas encore la réorganisation, et nous luttions pour ennoblir le r61e des Ecoles préparatoires, au moment même où nous allions peut-être être supprimés pour cause d'incapacité de recevoir tes élèves, étint Ecole sans domicile t Le plus pressé était donc d'obtenir un local; il serait temps plus tard de songer au meilleur mode de vivi-e. Mais primo vivere !
Les professeurs adressent donc à la municipalité la lettre suivante: :
Grenoble, le i" mari i890.
Monsieur le Maire, Messieurs les Conseillers municipaux,
Le& professeurs de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie se sont préoccupés du nouveau projet de loi sur l'exercice de la médecine et de la pharmacie quivaéire prochainement discuté et qui comporte ia suppression des oHIciers de santé. Cette suppression, que le gouvernement accepte, diminuera sensiblement le nombre des étudiants et amoindrira l'un de nos établissemenis de l'enseignement supérieur.
Nous avons l'honneur d'appeler toute votre sollicitude sur cette situation et sur la requête que nous vous adressons en vue de neutraliser les effets Rkoheux de ce projet de loi.
En conséquence, considérant ;
!« Qu'un certain nombre d'Ecoles moins importantes que celles de Grenoble ont obtenu le titre d'Ecole riorganitée;
2" Que le biidi^et exigé pour la réorganisai ion est voté depuis plusieurs années, et que, par conséquent, les conditions demandées par les règlements, au point de vue du nombre des chaires, ont reçu satisfaction ;
3° Que plusieurs demandes de réorganisation ont été faites el que l'un des motifs de refus allégué par le ministëre est l'insufllsance des locaux ;
4« Que cette insuffisance est notoire el incompatible, tant avec le bon fonctionnement des cours et conférences, qu'avec celui des exercices pratiques, dont le nombre et l'importance s'accroissent chaque année ;
5" Que le bâtiment actuel de l'Ecole est indigne d'un établissement d'enseignement supérieur, surtout dans une ville où les Facultés, les Lycées et les Ecoles primaires sont parfaitement aménagés :
6° Que les règlements universitaires ont depuis dix ans apporté un obstacle sérieux au recrutement et au maintien des élèves en doctorat, et que malgré cela l'Ecole de médecine reste aux premiers rangs, ainsi qu'en font foi les résultats des examens et les recettes de la comptabilité municipale;
7° Que la suppression des officiers de santé diminuera le nombre des élèves ;
8" Que l'atteinte qui serait portée t l'Ecole de médecine pourrait ébranler l^ la stabilité du centre Universitaire de Grenoble ;
9° Que le seul moyen de prévenir ce danger est la réorganisation de
l'Ecole, qui permettra de conserver les élèves en doctorat en leur donnant la possibilité de passer à Grenoble deux examens *
Nous vous prions instamment de vouloir bien décider qu'on local répondant aux exigences des services sera attribué à l'Ecole de médecine et de pharmacie, et de faire auprès des pouvoirs publics de pressantes démarches en vue d'obtenir le plus tôt possible le titre d'Ecole réorganisée.
Veuillez agréer, Monsieur le Maire, Messieurs les Conseillers municipaux, l'assurance de notre respectueux dévouement.
Berlioz, Raoult, Baboin,
J. Carlet, Félix Allard, Deschamps,
TUREL, P. JaNET, LaBATUT.
Pegoud, Cagneux,
M. Liard,qui a dirigé avec tant de sollicitude pour nos Ecoles la réorganisation générale de notre enseignement supérieur et qui a tout fait pour l'élever à la hauteur de la science moderne et de ses moyens d'investigation, vient à Grenoble, calme les esprits, mais ne cache pas l'impression fâcheuse qu'il avait forcément éprouvée en visitant les locaux de la conciergerie.
Cette visite eut l'heureux effet de stimuler la municipalité, devant qui le Maire (22 mai 1890), fait l'exposé suivant:
Dans sa dernière inspection de nos établissements d'enseignement supérieur, M. Liard, directeur de ce service au Ministère de l'Instruction publique, nous a confirmé dans notre opinion que rien ne serait changé à notre situation universitaire malgré les bruits alarmants qui avaient circulé quelques jours avant son arrivée.
Nos Facultés sont installées convenablement dans un monument digne de l'enseignement qui y est donné par des professeurs distingués. L'esprit des élèves est excellent, et je crois que M. le Directeur a emporté de sa visite à Grenoble une bonne impression.
Seule l'Ecole de médecine fait tache dans le tableau. Son état de saleté et de délabrement est connu de nous tous. L'on n'a fait jusqu'à présent que des réparations urgentes dans le local actuel pour éviter la suppression de Ecole ; mais cette situation déplorable ne pourrait pas dorer indéfiniment. Il y a urgence actuellement à s'occuper de la reconstruction de l'Ecole de médecine sur un autre point, à la suite de l'Arsenal, par exemple, sur les terrains appartenant à la Ville. Cette question étant, d'un autre côté, liée à celle du transfert de l'Hospice sur un autre point du territoire de la ville et à celle du prolongement du boulevard de Bonne, le statu quo est impossible.
Si nous voulons conserver définitivement à Grenoble nos Facultés et faire consacrer l'existence de notre Ecole de médecine, qui est seulement tolérée aujourd'hui, il importe de ce point perdre de temps. C'est pourquoi. Messieurs, je vous propose de renvoyer à vos Commissions de Travaux et de l'Instruction publique l'étude de cette question que j'ai déjà fait préparer par notre Architecte municipal.
En août 4890, nouvelle lettre des professeurs :
Monsieur le Maire,
Messieurs les Conseillers municipaux, Les projets de décentralisation universitaire actuellement en préparation auront pour effet, s'ils se réalisent, d'augmenter l'importance de certains
LA WêDECINE \ GRENOIir.K, - H' A. HOnniRR. 285
WDlrQed'ensQÎgnement supérieur et cela dans des proportions telles qae les centres moins bien partages risqueront de diaparatlre à bref délai.
A Grenoble, l'ensoignemenL de cet ordre se trouve particulidremeiil menacé et nous avons le regret de constater qae la sitaation de l'Ecole de médecine el de pharmacie accroît encore ce danger,
Notre Ecole, malgré les efTorls incessants de son Directeur, de ses professeurs et de ses élâves, se trouve dans une situation irréguljère. Elle n'est pas réorganisés conrormément au d^uret du 1<" août 1883. La ville de Orenotile a consenti cependant à faire les sacrlRces nécessaires. Il nous manque malheureusement quelque chose de plus, an élément indispensable de réorganisation, un local, et M. le Directeur de rEnseignement supérieur nous le répétait encore, en présence de M. le Haire, lors de sa récente visite à Grenoble.
Nous ne pouvons ne pas reconnaître cependant que bien des progrès ont été réalisés. Il y a 20 ans, tous les cours se faisaient dans une salle de l'Hôpital militaire; la bibliothèque n'existait pas, pas plus que les laboratoires. Nous avons aujourd'hui salles de cours, bibliothèque, laboratoires pleins, on pourrait dire encombrés d'appareils précieux ; mais le tout se trouve cadié dans l'Hdpilal et renfermé dans une masure sordide presque en ruines. C'est là que nous devrons recevoir prochainement M. le Ministre de l'instruction publique.
Puisque d'une installation nouvelle dépend notre ri^organisalion, c'est-idire notre existence, nous croyons devoir insister auprès de vous pour que cette amélioration indispensable soit faite ou ail regu au moins un commencement d'exécution dans le plus bref délai possible. Dans quelques mois il pourrait être trop tard.
Dans une situation intermédiaire entre les grandes el les petites villes, Grenoble, en tant que centre universitaire, doit grandir ou tomber. Nous comptons, certes, beaucoup sur le renom de nos Facultés, renom qu'une tradition lidéle a ti glorieusement conservé, mais encore ne faut-il pas qu'il existe, dans ce brillant ensemble, des taches trop noires et notre installation actuelle en est une.
L'Ecole de médecine de Orenoble, comme les autres Ecoles semblables, est municipale et ne coûte rien l'Etat, puisqu'elle lui a rapporté plus de tt.OOO fr. pour la seule année dernière, la part de la ville étant encore de I8.8G2 francs
C'est grâce à la ville qu'elle existe, grâce à son appui qu'elle a pu vivre et prospérer. Sans insister sur ce côté particulier de son utilité, la formation avec les Facultés d'un tout homi^éne et solide, nous croyons qu'elle peut récompenser Grenoble de ses ellorts. Déjà nos travaux se multiplient, nos publications sont connues et citées. A un point de vue plus immédiatement pratique, c'est pour la population de notre Ville une garantie salutaire que la présence d'un corps médical et pharmaceutique recruté au concours. concours sérieux devant un jury en grande partie étranger â notre Ecole et consliiué dans les conditions les plus indiscutables de compétence et d'impartialité.
Les élèves sont actuellement moins nombreux qu'ils ne le seraient avec d'autres programmes; mais ces programmes ne peuvent manquer d'être modifiés et ne le seraient-ils pas. le nombre des élèves augmentera beaucoup si. comme nous le croyons, notre Ecole, résistant à l'orage, parvient, grâce à son énergie et 6 son travail, à conquérir bientôt un rang plus élevé.
Nous ne trouvons rien à redire aux améliorations apportées A la siluation d'autres Ecoles. Plus les centres d'enseignement seront multipliés, plus ■'élèvera te niveau général de l'instruction pour laquelle la France républicaine a déjà fait de si grands et si utiles sacrifices. — Hais si nous ne protestons pas contre le maintien ou même la création d'Ecoles ou de Facultés rivales, nous voulons au moins faire connaître nos droits à la lutte non seulement pour l'existence mais encore pour le progrés.
3» . LA MÉDECINE A GRENOBLE. - Dr A. BORDIER.
n importe que boqs ne socoouitioiis pas dès le débat pour qu'il nous soit posabie de rendre à la Yille, soos forme de resoamée et de serYiœSv mie partie ao mains de œ qa'eile a fût pour noos.
Noos comptons cette fos encore sur Totre appoi efficace et snrtont immédiaL
Tant que satisfaction ne sera pas donnée à M. le Ministre de Tlnstmction pobliqae, en ce qui concerne notre local, noos ne pooTons noos adresser qn'à TOQS.
On Tient de réorganiser* on réorganise encore d'antres Ecoles ; celle de Besancon, par exemple. Tille qui ne possède qoe deox Facnltés, on même celle d'AiH^srs qni n'en a point, et lorsque la nôtre senle en France n'aura pas reçu cette consécration officielle, sorte de certificat de Tie, elle sera bien près d'être supprimée, entraînant peut-être dans sa chute les trois Facultés qui l'entoorenL
Veuillez agréer. Monsieur le Maire et Messieurs les Conseillers municipaux, l'assurance de notre entier dérooeoMnt.
Suirent les signatures de tous les professeurs :
Allaro, Babouv. Berger, Beruoz Bisch, Carlet, Deschaxps, Oagnieu. Gai«lois, Girard. Janet, Labatct. Moxtaz, Nicolas, I^goud. Raoult, TcREL, Verne.
Grenoble, le 6 août 1890.
Le i\ mars i89i, M. le Recteur Bizos, à qui TEcole de Grenoble doit être reconnaissante des efforts qu'il a faits pour elle dans cette période difficile, fait panenir au maire une lettre signée du Directeur et des professeurs ; il ajoute : c Ces messieurs m*ont exprimé le désir que cette lettre vous fût adressée par mon intermédiaire et j'y ai consenti bien volontiers, heureux de m'associer à eux dans les remerciements qu'ils envoient à la municipalité et dans le témoignage qu'ils donnent de leur dévouement aux intérêts de renseignement supérieur à Grenoble >.
Voici cette lettre :
Grenoble, S4 mar» i89i.
Les professeurs soussignés remercient la municipalité de tous les efforts qu'elle faits en faveur de TEcole de médecine et de pharmacie.
Alors que les circonstances sont plus favorables que jamais à une amélioration de la situation universitaire de l'Ecole, ils seront heureux de voir mettre à exécution le projet de reconstruction conformément aux plans adoptés et sur l'emplacement choisi par la municipalité (rue Mazet).
Cette amélioration considérable nç peut venir à un meilleur moment, pour l'avenir de l'enseignement supérieur à Grenoble.
Berger, Carlet, Raoult, Montaz, Berlioz. Labatut, Gallois, Pegoud, Deschamps, Baboin, Nicol\s, Bisch, Turel, Verne, Gagneux, Girard, Allard
Enfin rhorizon semble s'éclaicir, les Ecoles semblent reprendre pied ; notre déplacement semble sur le point de se faire.
Dans la discussion devant la Chambre de la loi relative à Texercice de la in/'dorine, une déclaration du ministre, répondant à M. A. Rey, député de risère, vient en effet à point dissiper les craintes. «Je déclare très nette-
LA MEDBCIXE A GREX^MUJL ~ !>' A. I^>RMKR. t<
neaUdit M. Boariifois à fai InKunf . que k$ ittl<^f>H$4<^ Kk^4iK; j»w^jb>^: DOQS «Tuent ptni comine à M, R^y nKififHiibK^ <\^ii$iii<rrjiM^ iifeitaiii\ r( que nous deTîoiis iioii$Hiièiue$pr>Hidn^ loolcs^ k^s nurc^iM^^ iii(Vv(5;;$ïràrY« |iMr que les Ecoles de méiiediie ne <)oient (os atteinU^ (ar K^ dM$ f(hi p«\^ 4e
loi en discussion D^accoid ;9iYec M. Rey <4 «\<fv M. le IV Ui^f[let^ ^ni ^îie
sont fut les origines autorises des intènHs et «tes bi^si^ns «le i en^^r^fiiM^ ment de la médecine, le gouvernenKHit pen:^ qu^l y 41 lieM %le c^^n^iiifirwr et de fortifier les Ecoles secondain^ Elles c^mslituetit^ sui^^nt inmSs 4e(S foyers d'études supérieures qu^l senit rv^HtiMe «le w^r dis^^mitio^ el VOUS pouvez être assurés, messieurs^ que le p>u\vmeme«il frni Ums :j^f« efforts, non seulement pour maintenir tims c^>s fcn^Ts^ mais |iimr Wis développer encore s'il est possible »,
En même temps, le conseil, sur le rapport du IV C«inir>)^ reihMHV à I Vni^ placement choisi précédemment me Maiet pourTEci^^ el a«K^4e un autre emplacement rue Lesdiguiëres (1 ). Voici le rap^H^rt du IV GimrHl :
Messieurs,
Dans votre séance du S5 septembre dernier, à la suite d^u\ niq>|Hvr^ |M^ sente par notre honorable collègue, M. Marquian, au nom dfM <Huuuil»»iMMik réunies de l'instruction publique, des finances et des Iravaiix^ vv^na av^Ni approuvé le projet de construction d'une Ecole de m^lei.>iiie dviMun^ ymr Tarchitecte municipal et se montant à la somme de l^(M> f^x « d« |4u^ vous avez désigné un emplacement situé sur la rue Ma«el>
Ce projet a dû sobir de nombreuses modillcâtion», sur la demanda 4<m intéressés ; tout dernièrement, M. le Ministre de rinatruotion pubUqua présentait quelques observations au sujet de l'installation dea lab\MraU^iiNt%
Aujourd'hui, le plan remanié selon les vœux de radmInistmUoa autW^« rieure et complètement approuvé par elle, peut être mis lmm<lkiialemem à exécution. L'administration municipale a, du reste, la iH^rUtude une la construction de TEcole de médecine dans ces conditions entrutnera nm^l^ ment avec elle le titre d'Ecole réorganisée que vont demande» depuis 1885 (Rapport du conseil municipal, 1885). mais que le ministif^ a toujours re(\iatl^ en raison de Tétat des bâtiments actuels. j
Les modifications apportées au plan primitif ont (^lov(^ lo< «)ovi;^% la somme de 200.000 fr. ; c*est donc un surcroît de déponso de 7^.(HM) fr« qui vous est demandé.
Le conseil, consulté ofRcieusement par radministration uuinlot|mle, a reconnu la nécessité de voter ce supplément de 75.000 (V. ot II n nmht^n^UA les moyens de se procurer cette somme.
Il a tout d^abord reconnu que Texécution du projet voté lo 35 snpientbru dernier entraînerait une dépense totale de 225.()00 fr., Nolt comme ronntruO' tion 125.000 fr., soit comme emplacement 100.000 fr
En effet, la valeur actuelle du terrain avoieinant In rue Maxot eut dn 50 fr. le mètre carré, et cette valeur ne peut que s'accroître. Or. TKoolo do médecine située sur cet emplacement occuperait ou rendrait intitilUibln une surface de près de 2.000 mètres carrés, soit b 50 fr. lo môtro, cent mille francs.
(I) Sranco (lu 1« avril 181)1.
Comme il était impossible de ne pas répondre aux exigences ministérielles et partant, de réduire le devis, il a fallu songer à réaliser des économies sur l'emplacement en abandonnant le terrain de la rue Mazet.
S'inspirant de cette idée, l'administration municipale a proposé de construire l'Ecole au Jardin des Plantes, à droite on à gauche du Muséum.
Cette proposition a séduit tout d'abord le conseil, car, outre l'économie du terrain qu'elle permettait de faire, elle avait encore l'avantage de juxtaposer l'Ecole de médecine et de pharmacie à l'un des premiers jardins botaniques de France et au Muséum, dont les collections d'histoire naturelle sont très riches ; de plus, la présence de l'Ecole eût augmenté l'animation de ce quartier relativement déshérité.
Mais un accès des lieux a démontré que cette solution mutilerait trop, soit le jardin botanique^ soit le jardin paysager, et d'un commun accord, et bien qu'à regret, elle a été rejetée.
D'autant que l'administration municipale a alors proposé un emplacement très heureusement choisi et qui a réuni tous les suffrages.
D'après cette nouvelle proposition, l'Ecole serait construite à l'angle du boulevard de Bonne et de la rue Lesdiguières, en face de l'infirmerie du lycée de garçons. Ce terrain est frappé d'une servitude qui en diminue beaucoup la valeur, celle de ne pas permettre des constructions à quatre étages, sous peine de porter préjudice aux cours de récréations du lycée ; de plus, il est situé à côté de nouvelles casernes alpines.
En le choisissant de préférence au terrain de la rue Mazet, on réalisera donc assurément une très importante économie.
En ce qui concerne les intérêts en cause, c'est-à-dire ceux des étudiants en médecine et en pharmacie, le nouvel emplacement est très convenable, car il est d'une part à égale distance de l'Hôpital (boulevard de Bonne) et de la Faculté des sciences (rue Lesdiguières et place de la Constitution) et, d'autre part, il est peu éloigné du jardin botanique et du Muséum, situés, l'un et l'autre, sur le boulevard des Alpes, qui est le prolongement du boulevard de Bonne
En résun^é. Messieurs, vous êtes appelés aujourd'hui à confirmer les décisions que vous avez prises en réunion officieuse, c'est-à-dire à approuver les nouveaux plans et devis qui ont reçu la consécration officielle ; à dire que le supplément de dépenses de 75.000 fr., en partie comblé par l'économie faite sur le terrain, sera inscrit au prochain emprunt et enfin, que l'Ecole de médecine et de pharmacie sera construite à l'angle du boulevard de Bonne et de la rue Lesdiguières ; à autoriser M. le Maire à faire préparer le cahier des charges de la construction en vue de l'adjudication dans le délai le plus rapproché possible.
En même temps, est organisé le service obstétrical de la nouvelle Ecole.
M. le Maire expose que M. le Ministre de Tlnstruction publique demande, pour la réorganisation de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie, que la commission administrative des hospices mette à la disposition de TEcole le service des maladies des enfants et le service de clinique obstétricale et il invite la commission à délibérer sur cette demande :
La commission, considérant que la réorganisation de l'Ecole -de médecine et de pharmacie est toute à l'avantage de la ville de Grenoble et des Hospices, et qu'il y a lieu de la faciliter en accueillant la demande de M. le Ministre,
Délibère : En ce qui concerne la clinique obstétricale, que le service
des Ailes môres restera, comme par le passé, & la disposilion de l'Ecole de médecine ;
En ce qui concerne la clinique infantile, la commission confirme sa délibération du là août 1884, par laquelle la service des enfants malades a été confié au professeur de l'Ecole cUargô de ce cours;
Avoir délibéré las Jour, mois et an que dessus et ont signé au registre les membres pK'senis,
Pour extrait conforme :
L'administrai eur de service, Signé : D' Uikard.
Les premiers travaux sont mis en adjudication le âT août 1891, et pendant que s'élève le monument, l'Ecole vit, comme elle peut, à la conciergerie, soutenue par l'espoir d'un avenir meilleur et prend Lrùs judicieusement son parlj de la suppression des ofQciers de santé. En llitSK, M. Dabom avait été nommé professeur suppliJant, et M. Verne, ancien chef des travaux chimiques de l'Ëcole (concours de 18S0), avait été nomme professeur titulaire de pharmacie et de matière médicale (1).
One perte cruelle allait frapper l'Ecole avant qu'eKe quittât ses anciens locaux : le D' Carlet mcui-t brusquiiueiil, en pleine activité intellectuelle. Sa perte tut vivement ressentie par les élÈvcs. Trait-d'union entre la Faculté des sciences et l'Ecole, le D' Carlet wnlinuait une tradition déjà ancienne, en vertu de laquelle nous avions déjà vu Leroy, Charvet, M. Raoult et d'autres jeter sur les deux enseignements un égal éclat, qui ne pouvait rpic prolltcr à l'Ecole de luiîdeeine et de pharmacie.
Il fut remplacé à la chaii-e d'Histoire naturelle de l'Ecole par le D' Bordier, depuis longtemps professeur de géographie médicale à l'Ecole d*aiitliropologi6 de Paris (2).
(1) M. Viirnu u publié de numlK'eux mémoires ;
Sur la di'cauvfrle de la boldinc {Bulletin de la Société chimique de Paris}. Elude »ar le botdo, couronnée |iar la Sociùtù du pharmacie de Paris. Elude sur le» ferments àiijeslifs.
Elude sur le» alliraliotu du ealamel par l'albumine, le tucre et les acides. De» préparation» pharmaceutiques du goudron, elo., etc.
[2) Voici le» iirincipalee publications du Ur Bordior :
Epidémie clwlérique de tSHO à l'IIopital Ileaiijon. Paris, Asaelin, 1867.
De t'emptoidu tphi/i/mogi'aphe dans t'ifludc des agent» thérapeutique». Para, Uenaujer, 1808.
De» nerf» vaso-moteurs. Paris, Lcclerc, IS68.
De ta ylycosuriedaiu ta eonvatescence tU'» maladie.
Migraine.{\rt.daDicl. encycl. des Scien "'-
avec Uublor, Massou, iBTi.
Néarostkéniques. (Art. du Diet. encycl. de» Science» médicales). Puria. Masson, l(f?3.
/k réliminalion de» inédimments. Pana, Ilennuyor, 1873.
De l'influence de» variation» de ta pression atmosphérique sur l'êvolulion organique. Paris, Masson, 1877.
te» Esquimaux. Pin'is, Massoti, 1877.
Peu de temps après, le D»" Berger demandait, pour des raisons de santé.
Note sur les effets narcotiques dufrotoxxidè d'azote, Paris, Masson, 1877.
Tiahuanaco et les bords du lac TUuMca. In Bull. Société d'Anthropol., 1877.
Des localisations cérébrales. In Revue d'Anthropol. ^ 1877.
Instructions pour IVe de Madagascar, Paris, Masson, 1878.
Les Gauchos. In Bull. Société d'Anthropol. y 1878. •
J>e l'usage de l'arc et des échasses en Océanie. In Bull, Société d'Anthropol. ,
L'exposition des Sciences Anthropologiques. Paris, Reinwald, 1878.
Instructions pour la MakUsie. In Bull, de la Société d'Anthropologie, 1879.
Instructions pour la Laponie. In Bull, de la Société d'Anthropologie, 1879.
Etude sur une série de crânes d'as'nssins, Paris, Masson, 1879. 2n« édition, 18ÎK).
Notes de pathologie exotique, le bouton de Biskra et la Veruga ou bouton des Andes. J.-B. Baillières, 1880.
L' Ethnographie du Mcuikensie, In Bull, de li Société d'Anthropologie, 1881.
I>e l'aptitude des races blondes de l'Europe pour la suelte. In Bull, de la Société d'Anthropologie, 1881.
Japonais et Malais. In Revue d'Antropol., 1831.
Notice sur la collection d'Anthropologie préhistorique du Mu^cuin d'histoire naturelle de Grenoble. Grenoble, Dupont, 1882.
L'Humanité devant la foi et devant la science, Grenoble, Dupont, 1882.
La science et la question du travail. Grenoble, Dupont, 1882.
Rapport à M, le Maire de Grenoble sur une expérience de transport de la force motrice au moyen de l'électricité. Grenoble, Dupont, 1883.
Articles Coca ; Condurango, Fer, Musc, Nicotianine, Nicotine, Quassia, Raifof^t, Résolutifs, Santaly Scammonée^ etc. In Dict, encycL des Sciences médicales. Paris, Masson.
Articles : Albinisme, Algérie Béribéri, Bouton de Biskra, Choléra, Dégénérescence. In Dictionnaire des Sciences AnthtHipologiques. Paris, Doin.
La Géographie médicale, 1 vol. in-^o de 660 pages, avec planches. Paris, Reinwald, 1884.
La Colonisation scientifique et les Colonies françaises, 1 vol. in-H^ de 500 pages. Paris, Reinwald, 1884.
La Vie des Sociétés, 1 vol. in-8o de 330 pages. Paris, Reinwald, 1887.
Pathologie comparée de l'Homme et des êtres organisés, 1 vol, in-8o de 500 pages. Paris, Lecrosnier, 1889.
Les microbes et la transformisme, (Revue scientifique, 1891.)
Le milieu intérieur et l'acclimatation. (Revtie de l'Ecole d'anthropologie, 1891.)
Le sifflet chez les peuples primitifs, (Bulletin de la Société d'anthropologie et IsL Nature, 1891.)
Naissance et évolution des idées et des pratiques médicales, superstitions médicales. (Revue de l'Ecole d'anthropologie, 1893.)
La question de rcLce en médecine. [Annales de l'Univerté de Grenoble, 1893.)
Toxicologie primitive. (Revue de l'Ecole d'anthropologie, 1893.)
Théorie et mécanisme de l'hérédité. (Revue de l'Ecole d'anthropologie, 1893.)
Mutilations ethniques, (Annales de l'Université de Grenoble, 1893.)
Coup d'œil sur la population néolithique dans le Dauphiné et en Europe, GrenoDle, Rigaudin, 1894.
Les Monuments mégalithiques. Grenoble, Rigaudin, 1894.
Les cordeliers de Grenoble et le maréchal Bourcet, Grenoble, Rigaudin, 1894.
L'Etat social en Dauphiné avant la Révolution, Grenoble, Rigaudin, 1894.
La vie d'un paysan dauphinois avant la Révolution. Grenoble, Rigaudin,
Etude sur la couleur des cheveux et des yeux dans le département de VIsère. Grenoble, Rigaudin, 1895.
LA HEDKCINE A GliENOBLE. - )3' A. BOItTHER. 21)1
à être relevé de sies ronclions rfe Diredciir; il était nomme Directeur ho: oraire et remplacé par le b' Ihnlier. Le D'' Porte (l> est nommé suppléant il(« chaires liu pntliologic el de cHuiqiiti mùdiiuiies; le II' Perriol e»t noriimé chef des travaux anatomiqii&s, il e-st iiiiinn.é en mùiiic tempa chirurgien adjoint des hôpitaux (2). M. Homeytr, plianiiaciBii en dief do rUApital, est nommé ciief lies travaux ctiiniii;ues. M. iMbalHli^S), suppléant des cliaires de chimie et de physique, est chargé du cours de M. liaouU, démissionnaire. Eu iHS3, M. le 0' Daichampa avait été nommé professeur suppléant des chaires de chirurgie et d'ohstétrique(4). Le D' Douillet avait
Ptunim : In Journal de Thémpeutifine /ie GubUr, Bulletin de Thvrupi'iilitiue, Revue idenlifiquc, Itetiue inleitiationalt <!«» Scknvea, Archive» de Métkiin.', Archifrn lie Médecine nai-iilv, lu Cuzrtle hebiîotnadaire de M^deeine et de Chirurgie. Bulletin de la Socii'ti<. anufomt^ui.', Bulletin de la Siiditi! de TMfamu/ifue, Bulletin de la Soriété d'Anthrtâiologii:, La Nature, Le Bulletin de la Sorii'tê dauphînoiie d'Ethnologie et d Anthropologie, La Iletfue de l'Iicotc d'Anlropologie, etc.
(1)M. Puric, chargé de la Rupplênnce de lacliairc de dinlqu» médicale, a jmlitiû uti ccrl^iiii nombre di! travaux, dont voici les pnnci|>aux :
Phl-'hiu- nu cours d'un pneunvmie bitieaae. (Daupliinémcdical,\Ve^.)
Nr/'hi-ilf iH-rivhèrique.
Nt'j'lin'li- l'iifdiitUique précoce,
F.» r'illiihorntion avec II. Labfttut Traitemenl de lagoutfe et dit rbainulii-me piiv l\'U-i-iniliiiie du chlorure de Itihtum.
liriiils inimcauu: eurdio-taseiihûrcH.
(8) M. Pt-rriol a publié :
Détarlieulation du genou ptir la méthode tous-périoHtilL:
Sii/ure du nerf médian et aiilurei' tendineuses.
Détarticulation de l'épaule à lanibeau cutané.
Imperforation du rvetum. [Comptes rendus de la Société de médecine ri de pharmaei,-.)
(3) M. Labalut a. fail d'imporluitla travaux sur le transport des ion». Il a ainsi posé les baHes d'un» nouvelle nii-lhode d'introduction des uiétlieumenls, (ju'il a dé^eloppèe au point de vue cliniuue, en collaboration avec le I)'^ Porte.
ii> >■ n ,.1, . . ..Li-i .1 '^— ni travaux relalifa ù l'oDhtalmoloiîip :
(4) M. Deschamjis a publié de nomhreni travaux relalib ù l'ophtalmoloiîi
tlièse inaugurale. Pans, 188i. Dit choléra endémique en Cochtttchîn tlon honorable (prix de tb^se).
Un ca* de calcul de l'amugdale. {Dauphiné médical, juillet 1880.)
Cotijonctivilc due à la présence prolongée d'un grain de blé dan» le cul de »ae eonjectival supérieur. (Dauphiné médical, avril 1889.)
Quelques eansidératiam aur l'opération de la cataracte (Dauphiné médical, 1RI0.)
Corps étranger ayant séjourné 95 an» dans une fosse nasale. [Dauphiné médical, 1890.)
CotnplicatioTU oculaires de la rouycoU: (Dauphiné jnédical, ISflO.)
Deux obnervatiom des iiwufiow» Irituinatiques ditcrûituUin. [Dauphiné médical, mars 1601 .)
De ta luxation «pontanée du ci-intalUn. [Annales d'ocultiniques, I89L)
Du ehoix des luiicltes. (Annates de l'enseignement supérieur de Grenoble, 1891.)
Sur les wéijétalion adénoïdes. (Dauphiné médical, IROt .)
été, en 4891, nommé suppléant des chaires d'anatomie et de physiologie (i).
Pendant que les ouvriers mettaient la dernière main à ce qui allait être I^Ecole de médecine réorganisée, survient le décret de 1893, qui allait modifler profondément les études médicales. Notre réorganisation, notre installation dans les nouveaux bâtiments venaient à point pour coïncider avec une orientation nouvelle : c'était une rénovation complète.
L'idée générale de la nouvelle réglementation est excellente, elle repose sur l'importance de plus en plus grande que prennent chaque jour dans la médecine, les sciences qu'on nommait jadis accessoires; ce sont elles qui font que la médecine est de plus en plus une science, mise au service d'un art (2) : mais elle a Tinconvénient de ne pas rétablir les examens de fln d'année.
Les avantages qu'elle présente pour nous ont été très bien résumés par M. le Directeur de l'enseignement supérieur (3). c II se trouve donc,dil-il, — et on l'a voulu — que les décrets de 1893 sont une mesure de décentralisation. Si les familles en comprennent bien l'esprit, ils peuvent avoir pour les établissements d'enseignement supérieur et en particulier pour les Ecoles de médecine, de plein exercice et préparatoires, les plus heureux
effets On a voulu proposer un remède à
l'engorgement excessif de Paris. Les étudiants y font foule, le conseil général des Facultés s'en plaignait récemment et en signalait les dangers
I)n V intervent ion chirurgicale dans les blessures de Vœil avec pénétration de cmys étranger. (IJauphiné médical, drcombre 18î)2.)
Un nouvel appareil destiné à remjdaccr la pile du galvano cautère. (Annales d*oculisliques, 18913.)
Uuérison de plusieurs cas de surdité profonde d'origine spéripque. (Dauphiné médical, octobre 1893.
Les vapeurs de formol dans les affections de Voreille moyenne, [Atmales des maladies de Voreille., avril 1894.)
Traitement du ptérggion par le raclage méthodique de la cornée. Gomituinicatiori à la Société Française d'ophtalmologie, en mai 1895.
(1) M. Douillet a fait de nombreuses publications : Sur la myopathie atrophique. {Loire médicale^ 1885.) Sur la tachycardie essentielle . [Dauphiné médical, 1851.) Sur un cmpyhne enkysté suivi de vomique.
Sur Vatethose.
Sur les accidents dus à V électricité à courants continus,
(2) On sait que o'ttc réforme rei)ose surtout sur le corlificat d'études physiques, chimiques et naturelles exij^é des aspirants au doctorat — en ce qui concern»' les Ecoles, elle leur est favorable puisque; les étudiants peuvent passer dans ces Ecoles deux examens probatoires et prendre 12 inscriptions.
(3) La réglementation des études médicales, par Louis Ll\RD, Revue des Deux- Mondes, 15 octobre 189i.
!*s ramilles se figiiirpiit, bien ;
torl.
qu'il est bon pour leurs enrants de commencer leurs études médicales à Paris ; elles savent que les ressources y sont considérables, mais elles ignorent, que. si considérables qu'elles soient, elles sont insurnsantes *.
Plusieurs modifications préparent notre r^oi^anisation : la chaire d'accouchemenl, maladies des Femmes et des enfants est supprimée et remplacée, avec le mémo titulaire, le D' Gallois, par une cbaire de clinique obstétricale. En même temps, le Conseil général du département, sur la demande du Conseil général des Facultés, dé(ùde que le service de la maternité départementale sera à la disposition de l'Ecole de médecine, non plus pendant six mois seulement, mais pendant toute l'année. Il supprime en même temps l'ancien cours départemental d'accouchement, laissant à l'Ecole la chaire de renseignement des élèves sages-femmes. Le cours d'hygiène et de thérapeutique est supprimé et remplacé par une chaire d'histologie, dont M. Berlioi, devient titulaire. Enfin, le 22 octobre 1894, parait le décret de réorganisation : « L'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Grenoble est autorisée à jouir des droits conférés aux Ecoles préparatoires réoi^anisées par l'art. 13 d» décret du l"aoiït 1883 ».
En même temps qu'elle entrait en juiiissance de ses nouveaux droits, l'Ecole prenait, au mois de novembre 1894. possession de ses nouveaux bâtiments, et M. le Recteur Zeiler (1), le chef autorisé de ce que nous pouvons nommer mrintenant l'Université de Grenoble prononi;ait, dans la séance de rentrée des t'iicultés, les paroles suivantes, qui peuvent servir d'épigraphe à ce livre et sont, en môme temps, »n gage pour l'avenir ;
» l'.ir nnc de ces bonnes fortunes, qui ne sont point dues au hasard, et qui n'échoient qu'à ceux qui les méritent, il arrive qu'au moment précis où la récente ré^glemcntation ouvre à notre Ecole de médecine une nouvelle et féconde carrière, le superbe édifice que lui a construit la ville de Grenoble se trouve terminé et prêt à la recevoir. M, le directeur de l'enseignement supérieur nous a fait l'honneur de le visiter au mois de septembre dernier, 11 ne nous a pas ménagé les témoignages de satisfaction. Il a déclaré devant le maire dévoué de cette ville, et devant l'architecte qui l'a si habilement secondé, qu'à son avis l'Ecole préparatoire était l'une des plus belles et des mieux aménagées qu'il y eut en France.
« L'Ecole de médecine et de pharmacie occupera désormais une place
(t) Séance annuelle de rcnlrée des Facultés et de l'Ecole préparatoire de
médecine et de pharmacie, le 3 novembre -1894.
:î^ L.V ^tKDEQNE A GRENOBLE. — D' A. BORPIER.
d tioittieur i cOlê du Musée-Bibliothèque, du Palais des Facultés, du Lycée de g9n>Mis et des autres monumeuts scolaires, qui sont la parure et la gloire de Grenoble. » S'adressant aux divers étudiants de Grenoble, \l. 2eUer terminait par cet encouragement : « Le gouvernement de la Képublique et les municipalités qui se sont succédé à la tête de la ville depuis vingt ans, vous ont élevé des monuments construits à grands frais et aménagés avec le plus grand soin. On vous a donné des professeurs d*uu grand mérite, parmi lesquels il en est qui se sont illustrés par leurs travaux et leurs découvertes. Il vous appartient de justifier et de faire fi^clitier l'œuvre de vos pères l'avenir de notre centre universitaire est entre vos mains. C'est à vous d'en attester la vitalité par votre travail, d'en accroître le prestige par vos succès et de faire en sorte que, dans cette ville de Grenoble, qui vous est si hospitalière, il y ait toujours un foyer d'études florissant, digne de son glorieux passé et des sacrifices du temps présent, ui in ta sint perpeiuo, comme disait le dauphin Humbert, generalia siudia injtirk, medicinœy arlium FacuUatibm ».
J'arrête à cette date le récit du développement de notre Ecole de Médecine; la suite de cette histoire nous la vivons; d'autres récriront. Les chapitres ultérieurs mentionneront, il le faut espérer, le titre d*Ecole de plein exercice, puis celui de Faculté. Dès maintenant, la valeur des professeurs (i), leur exactitude, l'importance de leurs travaux, le nombre
(1) Depuis la réorganisation M. Pionchon a remplacé M. Janet, comme professeur de physique.
M. Georges Dodero, chef des travaux chimiques à la Faculté des sciences, est chargé de la suppléance de la chaire de physique.
Le D"" Nicolas est chargé du cours de physiologie en remplacement de M. Montîiz, démissionnaire. 11 sera sans doute demain titulaire.
11 a publié de nombreux mémoires :
Traitement aborttfde la blennorrhagie après anesthésie par la cocaïne, décembre 1888.
Ilydramnios, ponction, accouchement prématuré^ avril 1889.
Deux observations de diphtérie bdniane, mars 1889.
Observation de coup de chaleur, juillet 1889.
Cancer du pylore. Pièces anatomiques décembre 1889.
Uu cas d'hydrO'pneumathorux, décembre 1889.
Syphilis congénitale, mars 1890.
Endocardite végétante et aorlite, juin 1890.
La neurasthénie, septembre 1890.
Angine de poitrine. Pièces anatomiques, novembre 1890.
Vérification des thermomètres médicaux, janvier 1891.
La variole à rhôpital, mars 1891.
Deux autopsies après hémorrhagies cérébrales, mai 1891.
Sclérose en plaques, mai i89i.
Réactions anormales de ralbumine, juillet 1891.
LA MÉDECINE A GRENOBLE. - Dr A. BORDIER. 295
croissant des élèves fit leur application nous permeltent d'espérer que les sacrifices que la ville a faits, à tant de reprises, porteront leurs fruits et que TEcole de Médecine tiendra sa place avec honneur dans TUniversitè de Grenoble.
Obstruction totale des narines dans la syphilis congénilalCy août 1891.
Traitement de V occlusion intestinale par Vélectricité^ février 1892.
Emploi du sublimé comme traitement des gerçures du sein y février 1892.
Pneumonie double suppurée, novembre 1R92.
Appendicite et périttjphliie, décembre 1892
Cirrhose atrophique du foie, janvier 1893.
Vaginalite aiguë et étranglement herniaire, lévrier 1893.
Hydronephrose intermittente, décembre 1893.
Chorée chronique de Huntington, décembre 1893.
Néphrite syphilitique héréditaire, décembre 189 i.
Paralysie radiatlaire du plexus bracchial, type supérieur, mai 1895.
Incontinence nocturne d*urine, juin 1895.
M. Paul Dodero a été nommé professeur suppléant d'histoire naturelle.
Il a publié plusieurs mémoires, relatifs à la zoologie et à la médecine, sur la conservation des pièces anatomiques par tm procédé nouveau et sur les douches localeSj rectales et vaginales.