W A- BORDIER
istitulion, dont l'origine était déjà
I Diateroité dépark-mentale : cette !
I ancienne â Grenoble, avait subi successivement de nombreuses transfor- I DUtions. lente évolution qui n'ôtait pas, à l'époque où nous sommes I arrivées, parvenue à son dernier terme.
Les cours de ta maternité, même depuis qu'ils ne se faisaient plus à Saint-Robert, n'avaient Kcu que tous les deux ans; ils duraient dix mois, rt pendant ce temps le service des accouchements était perdu pour les élèves en médmne. Le 15 décembre 1882. Aribert-DuTresne, qui était chargé du cours de ta maternité, donne sa démission. Celte chaire, réorganisée en aofit par le conseil général, qui décide que le cours aura lieu chaque année, est donnée an D'' Armand Rey, qui prend le titre de directeur de la Maternité et reçoit une indemnité annuelle de 1.300 fr.(l).
Le conseil municipal émet à cette époque un vœu qui mérite d'être de nouveau formulé : il demande que l'Ecole fasse des cours pour former des garde- malades. Le D' Berger, consulté comme directeur, avait approuvé cette idée et donné it penser que les élèves internes se charge- ' raient volontiers de cet enseignement très utile : on sait quels services rend à Paris l'enseignement des garde-malades , fondé par le i D' Bourneville. Glotte idée a été reprise récemment parle D"" Perriol, devant [la Société de médecine et de pharmacie de l'Isère, et il est à souhaiter [ qu'elle réussisse à former un personnel de garde-malades offrant les I garanties que demandent les familles. I^'esl en effet ce qui manque à f Grenoble, comme partout.
Nous arrivons, en 1882, à une époque importante dans la vie des I Ecoles préparatoires. Il semble, à ce moment, qu'elles vont disparaître ; I elles ne furent sauvées que par la vitalité dont un grand nombre sut faire I preuve et par la transformation qu'elle subii'ent. Les inslilutions comme I êtres les vivants, ne subsistent dans le temps que grâce â d'incessantes ' transformations.
La question de l'avenir des Ecoles était dans l'air : toutes se remuent, émettent au moins des vœux, cherchent à se défendre cuntre de sinistres bruits de mort qui circulent un peu partout. A l'Ecole de Beims,
(t) li a été remplacé par le D' Gallois. La Msteroité dé parte mea laie a été depuis supprimée comme service spécial ; elle u'a plus de directeur spécial ; elle a été rattachée i ia clinique d'accouchement ilc l'Ecole de médecine, qui ee cliarge de l'instruction dea élèves sagea-femmea, teflquulles siiifenl la clinique obstétricale
(il les leçons spéciales de la sage-fcraiin' M"'' l.ouM.
le professeur Décès émet le vœu que les étudiants en médecine soient rais dans Tobligation de commencer leurs études dans TEcole de leur région, et le D"" Luton, le directeur, émet le vœu que l'Etat prenne les Ecoles préparatoires à sa charge.
Le ministre de l'instruction publique, M. Duvaux, provoque lui-même une enquête auprès des conseils académiques, dont il désire connaître l'opinion sur l'avenir des Ecoles préparatoires. On peut même voir, comme un signe de bonne augure, le ministre dans une lettre aux Recteurs, protester, aussi lui, contre la centralisation. < Un intérêt général d'ordre élevé, dit-il, nous engage à tout faire pour concourir à la décentralisation scientifique et multiplier les centres de sérieuses études. »
Armand Rey fut chargé de faire le rapport au conseil académique. Comme tout le monde l'avait déjà fait, il déplore la suppression des examens de fin d'année, et demande l'abrogation du décret du 20 juin 1878, qui les avait supprimés. Malgré de très bonnes et très utiles modifications réalisées depuis, ces examens n'ont malheureusement pas encore été rétablis. Il demande, aussi lui, l'obligation pour les jeunes gens de faire au moins les deux premières années de leurs études dans l'Ecole de leur circonscription ; enfin, comme les professeurs de l'Ecole de Reims, il demande que l'Etat prenne les Ecoles à sa charge.
En 1883, tous les directeui*s des Ecoles préparatoires, réunis à Paris, vont porter eux-mêmes au ministre les desiderata communs. Ils réclament je retour aux examens de fin d'année, seule sanction que possèdent les professeurs; ils demandent qu'un certain nombre d'examens probatoires puissent être subis dans l'Ecole ; que les internes des hôpitaux et les prosecteurs puissent prendre 14 inscriptions; enfin que les Ecoles préparatoires soient représentées par un ou plusieurs de leurs membres au conseil supérieur de l'instruction publique (1).
Le ministre, J. Ferry, était loin d'être animé d'intentions hostiles aux Ecoles préparatoires ; loin de les vouloir détruire, il se proposait de les relever, seul moyen de réaliser ce vœu qu'il émettait dans un discours officiel : « Nous aurions obtenu un grand résultat, s'il nous était possible de constituer un jour des Universités rapprochant les enseignements les plus variés >.
La suppression des officiers de santé, qui avait failli être réalisée en 1847, est abandonnée pour le moment; mais, comme tout le monde est
( I ) Ce vœu vient d'élre déposé de nouveau au Conseil général des Facultés de Grenoble.
lA HÉnKCINE A GRKNOBLE. - D' A. ROBOIKn.
■d'arrcrd sur l'impossibilité de conserver une inégaiité danperi^nse parmi ï)es membres du corps médical, au lien de les supprimer, on prend )o parti f de les instruire. C'est un aclieminemenl comm<i un antre à leur suppre-s- ' sion : car lorsqu'ils auront la mi^me instruction que les docteurs, pourquoi L leur refuser le même litre? La durée des études qui leur sont imposées (■«at flxéfl à quatre années, pendant lesquelles ils prendront 10 inscriptions [■ Irimestriclles. Ils sont astreints A des travaux pratiques obligatoires, stage hospitalier ; ils passent entin Iruis esamens de lin d'année et ■ois examens dédnitifs devantnn jury composé d'un professeur de Faculté
B inédecine et de deux professeurs d'Ecole préparatoire.
Ce décret augmentait considérablement les études de l'oflicier de santé [ et assurait aux Ecoles prépai'atoircs une nombreuse clientèle.
En même temps, un autre décret élevait aussi le niveau des éludes dans I les Ecoles (!): c'est le décret du f aortt 1883n portant réorganisation des Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie «.
Par ce décret les chaires sont portées au nombre de douze : anatomie ;
physiologie ; hygiène el thérapeutique ; pathologie interne ; pathologie
externe et médecine opératoii* ; chimie et toxicologie ; physique ; histoire
.naturelle; pharmacie et matière médicale; clinique médicale; clinique
■rïiirurgicale ; clinique obstétricale et gynécologie.
les suppléants sont au nombre de six : anatomie et physiologie ; pathollogie et clinique médicale ; pathologie, chnique chirargicales et clinique T obstétricale ; physique et chimie ; pharmacie et matière médicale ; histoin- 1 Daturelle. Ils sont nommés an concours pour une période de neuf ans.
Les Ecoles auront : un prosecteur, un aide d'anatomie et de physiologie,
(S) Décret du i" août iSSS: Lus aepîranis au litre d'olficier de sanlô Biiivrool, nlit ce dècrel, dans les Ecoles préparatoires de médecine et de pharmacie, les Doure suivanla: i" année: physique, chimie, histoire naturelle, ostëolog'ie et .irUU'ologie; S' année, anatomie, physiologie et pathologie: S' année, anatoniJe, IJphyBÎblogie, [lathoiogie interne ci pathologie externe, clinique interne et clinique Mteroe; 4* année, pathologie interne et pathologie externe, hygiène Ihéra- Mutîquo et inalières médicale, clinique interne, clinique externe et clinique râ'Rccoucbcmeats.
Dans une circulaire aux Rccleurs (du 9 octobre 1883), Itf ministre se I dôrUre disposé à répondre au vœu des Ecoles qui demandent que les deui r premiers examens probatoires puissent être subis par leurs éJèvee à i Ecole même, I bous la présidence des professeurs de Faculté. U recannait li légitimité des plaintes c des Ecoles préparatoires, b Mais nous avons pensé, 'Hit-il, que noua devions ■ proUler de cette occasion pour procéder à une réorganiëalion de ces élaliliseeftuients. Du moment, en effet, oCi les Ecoles préparatoires demandent une eilenaioa Kconsidârable des privilèges dont elles jouissent d^i, nous avons le droit de Bdélerminer les conditions qu'elles devront remplir pour que ces nouvelles
r concessions leur soicul :i
des chefs de clinique, des préparateurs ponr les cours de chimie, de physique, de pharmacie et dliistoire naturelle, un bibliothécaire et un secrétaire.
Les Tilles sièges d^Ecoles préparatoires contractent, en outre, Tobligation :
1® D^assurer le service des trois (diniques prévues ;
2® De mettre à la disposition de TEcole une ou plusieurs salles consacrées aux maladies des enfants :
Elles s^engagent à prendre entièrement i leur charge le traitement du personnel et à couvrir les dépenses de toute nature occasionnées par renseignement, les exercices pratiques, Tentretien des bâtiments, du mobilier, des collections, des laboratoires, du jardin botanique et des cliniques.
Enfin les aspirants au doctorat en médecine, élèves des Ecoles préparatoires réarganiêéeê^ passent le premier examen probatoire et la première partie du second examen dans ces Ecoles.
Ces réorganiêatUmê successives ne sont jamais définitives, ce ne sont que des degrés, des étapes dans une évolution indéfinie. Réorganisée en 4866, l'Ecole de médecine de Grenoble avait en 1883 beaucoup à faire pour s'élever à ce qui était alors la nouvelle organisation. 11 nous fallait modifier le personnel, le matériel et surtout le local, car la conciergerie, dans laquelle on s'était logé provisoirement, était ridiculement insuffisante.
Afin de commencer à compléter notre outillage, le Directeur de l'Ecole écrit au maire (1) pour lui demander, conformément au décret du l®*" août 1883, d'assurer à l'Ecole un service de maladies des enfants. 11 demande que l'Hospice confie à l'Ecole le service de la salle des enfants, désignée sous le nom de crèche.
Peu de temps après, le 25 avril 4884, la commission administrative, saisie par le maire de la demande du D^ Berger, prend la résolution suivante :
a Considérant que l'intérôt de la ville et des Hospices est de favoriser, autant que possible, la prospérité de TEcole de médecine^ et qu'en conséquence il y a lieu d'accueillir favorablement la demande du Directeur de 1 Ecole, la commission délibère :
« Tous les enfants déposés à la erèche, qui seront ou deviendront malades, seront placés dans la salle contiguô désignée habituellement sous le nom de classe,
(1) Archives municipales, paquet m.
LA HBDSCINE A GRENOBLE.
ORDIER,
t Cette salle d'enfants malades sera mise à la disposilion de l'Rcole de médecine, pendant l'année scolaire, pour servir au cours de clinique des élèves, mais le D' Berthollel reprendra le service médical de ces enfants pendant les vacances de l'Ecole, de mënie qu'il conservera pendant tonte l'année la surveillance el la direction de la crèche ».
Eli même Icraps le conseil mnnicipal vote les crédits nécessaires pour obtenir la réorganisation, élevant de ce chef de près de 20.000 francs les dépenses prévues pour l'Ecole. Le département porte de son côlé la subvention de l'Ecole de -t.OOO à 5.800 francs. On peut dire i]iie le bon vouloir fnt général, pour mettre l'Ecole lie médecine au point que le
ministère exigeait, avant delà réorganiser Et cependant elle élail
toujours soumise à l'ancien régime et ses élèves devaient encore aller à Lyon ou à Montpellier passer leurs examens. Le D' Girard, au Conseil municipal, montre tout ce que cette situation a de factieux : < Le conseil a volé,dil-it, les crédits nécessaires et cependant nos étudiants sont encore forcés d'aller passer leurs examens devant la Faculté de Lyon ». Ceux qui ont vu l'Ecole de médecine logée à la couciei^eric de l'HApital ne s'étonneront pas que le ministère ait refusé constamment d'accorder la réorganûation à une Ecole si peu installée.
On rherche bien de tous côtés un emplacement : le maire el le D' Girard, au Conseil municipal, proposent le Lycée, qui était  la veille d'être abandonné par les garçons mais qui devint le Lycée de jeunes lilJes. Le temps se passe, la réorganisation ne se fait pas, et la question de l'emplacement de l'Ecole avance d'autant moins, qu'elle esl liée à une autre question, celle du déplacement de l'Hôpital.
11 était depuis longtemps question de déplacer l'Hôpital : en 1881, une commission extra- municipale s'était déjà prononcée pour le Iransferl de l'Hopilal-hospice à une faible distance de la ville, mais la dépense prévue (environ 2.500.000 fr.), en avait empêché la réalisa'tion.
En 1888 (25 mai), fut présenté au conseil un nouveau projet de transformation, avec construction d'un hospice de vieillards à la campagne. Ce projet fut adopté.
C'est alors qu'intervint la Société de médecine et depharmacie (1), qui, comme cela s'était déjà vu dans l'Histoire médicale de Grenoble, est consultée par le maire. Ufie commission composée de MM. Berlioz, Gallois et Montai repousse le projet de transfert et prend les conclusions suivantes :
(1) L'ancienne Société de Santé, devenue en 1857 AstocitUion de pi-évo'ianr» de» médcrim et de! phnrmaciene, devient en 1883, la Société de médecine et de pharmacie de l'Isère.
io La Société rejette en principe la nécessité du déplacement total ou partiel de THôpital-hospice.
2<> Elle croit qu'on pourrait utilement étudier divers projets basés sur Tagrandissement sur place, après démolition de tous les bâtiments insalubres et elle conseille d'employer les économies qui pourraient être ainsi réalisées à des améliorations urgentes dans le service des malades.
Ces conclusions furent votées par la Société.
On vit alors la majorité de la commission administrative revenir sur son ancienne décision relative au transfert, en même temps que les médecins et chirurgiens de THôpital, consultés au moyen d'une sorte de questionnaire, se prononcèrent en majorité pour le maintien de THôpitalhospice sur son ancien emplacement. Enfm, en 1890, il arriva que la commission rejetait également, et la transformation sur place, et l'exécution du plan de 1888.
C'est alors que le conseil municipal, sur un rapport de M. Marquian, « déclare persister expressément dans le projet d'ouverture du boulevard de Bonne à travers le domaine hospitalier, homologué par arrêté préfectoral, après enquête du 15 mai 1882. Il invite l'administration municipale à poursuivre immédiatement la réalisation de cette ouverture et à mettre l'administration hospitalière en demeure d'accomplir les obligations du traité du 10 avril 1888, relatif à la construction à la campagne d'un Hospice, au déplacement des services accessoires et à l'amélioration des hôpitaux, traité auquel le conseil déclare donner son approbation entière sans réserve ».
Cela semblait hâter directement le transfert de l'Ecole : déjà, en 1888, le Recteur avait en effet écrit au Maire : a Au moment où le conseil municipal s'occupe de la question importante de l'agrandissement de l'Hospice, je crois devoir appeler son attention sur les besoins de l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie. Vous savez, Monsieur le Maire, combien est insuffisante l'installation de cette E<5ole, dans un local très restreint, où elle n'a ni les salles, ni les laboratoires nécessaires. J'ai l'honneur de vous communiquer une note indiquant les locaux dont l'Ecole aurait besoin ».
Il s'agissait d'un terrain de 4.500 mètres, la construction devant occuper 2.000 à 2.500 mètres ; le reste devait .être consacré à un préau et à un jardin botanique.
En même temps, 1889, les étudiants de l'Ecole de Grenoble adressèrent à la municipalité la lettre suivante :
[BDECINE A GRBNOBL]