MONSIEUIÎ L'INTERNE DE GARDE
Nous trouvons dans le Lyon médical, sous la signature de M. Paul Ferroud une lettre de recommandation pour une fille-mère éclamptique, morte le soir même de son admission à la Charité.
Cette innocente jouvencelle, Pour s'être pâmée un instant Entre les bras d'un inconstant, A perdu sa llcur de pucelle.
L'elfondrement de son hymen La mit dans une angoisse aflreuse :
Elle, si fine et vaporeuse, Vit s'arrondir son abdomen !
Mais sa douleur fut éphémère.
Et nul ne l'entendit gémir Sitôt qu'elle eut senti frémir Un être dans ses flancs de mère.
En attendant ce jour natal Elle formait rêve sur rêve ; Hélas ! la pauvre fille d'Eve Comptait sans le destin fatal.
Après la douce épilepsie Qui fait jaillir tout être humain Elle subit, quel lendemain... !!!
Le martyre de l'éclampsie.
Oui, maintenant, sur son grabat, Elle s'agite et se démène Comme une sombre énergumène.
Et contre la Mort se débat.
Son corps entier se contracture, Se tord comme Laocoon :
Pour la mère et son embryon Quelle épouvantable torture... !
Dès qu'une crise disparaît, Comme la foudre une autre éclate.
Et tour à tour, blême, écarlate, Sa face change sans arrêt.
Bien que près d'elle on se lamente Et qu'on la gave de chloral, Bientôt sous son grand pectoral No battra plus son cœur d'amante.
LE PARNASSE HIPPOCRATIQUE
Et son enfatlt emprisonné Mourra sans qu'un rayon solaire Parvienne à son trou pupillaire ; Il sera mort sans être né.
Caprice affreux de la Nature Qui nous enjoint de procréer, Et qui semble se récréer En tuant mère et géniture.
Dans la nuit du même cercueil, Puisque la mort les y rassemble, Ils dormiront tous deux ensemble 0 terre, fais -leur bon accueil
Voici une petite « fabulette » qui intéressera nos lecteurs par ce temps de voyages maritimes :
Certain jour, par un beau temps clair Appuyé sur le bastingage, Un Anglais riait du tangage Et se moquait du mal de mer ; Mais tout à coup, il devint pâle
Et dans un râle, Il lâcha... son petit air moqueur.
Morale Les grandes poussées viennent du cœur.