UNE AFFECTION PEU BANALE
Les neurasthéniques encombrent de plus en plus les cabinets des Médecins. S'ils ne sont pas toujours amusants, tant s'en faut, il en est qui sont parfois drôles.
Un jour d'hiver je vois entrer dans mon cabinet un jeune homme dune vingtaine d'années, l'air sombre, l'œil fixe, le sourcil contracté.
— Monsieur... fis-je...
Point de réponse... Mon malade fixait toujours le feu.
— Monsieur ! . . .
— Ah 1 Docteur I soupira enfin mon bizarre client.
— Que désirez-vous ?
— Ah 1 Docteur !
— Qu'y a-t-il ?
— C'est triste I allez ! A mon âge 1
Je croyais déjà à un résultat malheureux des jeux de l'amour et du hasard... j'esquissais même une consolation de circonstance quand mon malade m'arrêta ^. dédaigneux :
— Ah ! Docteur !... si ce n'était que cela !
— Diantre ! fis-je, perplexe...
— Et puis, au fait, autant vous le dire tout de suite : « J'ai les testicules qui rétrécissent ! »
Renversé par cette révélation inattendue, je commençai par m'asseoir.
Puis, lair intéressé je demandai à voir.
Et mon client devenu exubérant :
— Voyez ! Docteur ! si ce n'est pas malheureux! Il y a six mois ils étaient beaux!... Us descendaient jusque-là !!!... Et maintenant !... il n'y en a plus.
Je palpai... J interrogeai... et j'eus l'explication. Les testicules étaient absolument normaux... Seulement, nous étions en hiver ! mon client, vingt foispar jour, en tous endroits, se déboutonnait et contemplait ses annexes ! et dame ! le froid aidant, les dites annexes perdaient de leur exubérance
Je conseillai simplement moins de contemplation... et plus de chaleur !...
Et mon client partit. . . dédaigneux. . . bien convaincu que je n'y avais rien vu.. .
— 24— PETITES HISTOIRES MEDICALES