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ETUDES LITTERAIRES
Les autres professant un élégant mépris Pour le client naïf qu'ils gorgent de granules ; En haut, quelques savants princes, principicules ; En bas quelqvies rêveurs, des sots, des incompris,
Mais les plus étonnants dans la docte cohorte, Sont ces courtiers qui vont quêtant de porte en porte Le cas chirurgical et rémunérateur ;
Puis quand ils ont semblé partager sa besogne, Confraternellement partagent sans vergogne, L'or sanglant mis au pied du Grand Opérateur.
Mais je ne puis dans cette courte notice, faire connaître Tœuvre entière de Camuset. Ce que j"ai cité suffit pour montrer combien la profession médicale doit être fîère d'avoir compté parmi ses membres un littérateur qui prend rang parmi les meilleurs poètes du XIXe siècle. Si Camuset n'a pas pondu de volumes, si son œuvre tient en quelques pages, il n'en est que plus apprécié par les dilPltanti. Comme l'a fort bien dit Armand Silvestre : « Ce petit livre survivra à bien des œuvres dont la prétention était plus haute et l'art plus raffiné ».
Pour ma part, je n'ai jamais éprouvé plus vive satisfaction de l'esprit, qu'en lisant ces petits chefs-d'œuvre où le sel gaulois s'associe avec tant de finesse à l'observation médicale.
D^ Minime.
Histoire de la médecine
LA CHIRURGIE EN GRECE AVANT L'ERE CHRETIENNE Par le D"" Corlieu.
Si la chirurgie est un art, elle est aussi une science. Comme art, elle est perfectible : elle a fait et elle fait tous les jours des progrès immenses. Comme science, elle repose sur des connaissances anatomiques et physiologiques, et, à ce titre, elle a besoin de connaître l'histoire des siècles passés. Qui sait si, dans un siècle la théorie des microbes et des toxines n'aura pas vécu ? Qui sait si des découvertes futures ne démontreront pas que ce que nous considérons aujourd'hui comme cause ne sera pas plus tard considéré comme e/fet- ? Esl-ce, comme on l'a dit plaisamment, d'ua œuf qu'est venue la première poule, ou d'une poule qu'est venu le premier œuf?
Laissons cette appréciation aux abstracteurs de Quintessence, contentons-nous de borner nos recherches aux éludes rétrospectives, et la connaissance des temps passés nous fera voir que bien des découvertes, soi-disant nouvelles, ont été faites ou entrevues il y a bien longtemps déjà, et c'est chez les historiens grecs que nous puiserons nos renseignements. Nous nous arrêterons au commencement de l'ère chrétienne, renvoyant pour les siècles ultérieurs à notre ouvrage ayant pour titre : Les médecins grecs depuis la mort de Galien jusqu'à la chute de l'Empire d'Orient (1).
Bien que l'histoire de la médecine soit une des branches les plus intéressantes de l'encyclopédie médicale, elle est aujourd'hui peu cultivée chez nous: et la meilleure preuve, c'est que la Faculté est obligée, pour son enseignement, de faire appel à des anatomistes, à des névrologistes, qui ne considèrent cette chaire que comme une chaire de passage. C'est que, comme on le dit vulgairement, « cette chaire ne nourrit pas son homme », et ceux qui s'y adonnent doivent mettre de côté tout esprit de lucre. Nous l'avons déjà écrit : pour que cette chaire soit bien occupée, le titre d'agrégé ne serait pas nécessaire ; les candidats devraient produire l'exposé de leurs travaux antérieurs, le programme du cours qu'ils se proposent de faire et s'engager à ne pas permuter (1),
A Athènes, un professeur de clinique chirurgicale, M. Arétéos a fait dans le raXrjvo;, une sérieuse étude sur la chirurgie chez les anciens Grecs. Son travail nous servira de guide.
(l)jParis, J.-B. Baillière. 1885,1 vol. in-8.
HISTOIRE DE LA MEDECINE
En remontant aux temps mythologiques, les plus anciens chirurgiens sont le centaure Chiron et Mélampe, dont les noms sont comme le symbole de l'habileté chirurgicale. Chiron, dont le nom semble dériver de 7£!'p,main, originaire de Thessalie, fils de Saturne (?) et de Phyllira, est considéré comme le créateur de la chirurgie (•/£!:'?, main ; spyov, ouvrage). Il vivait du temps de l'expédition des Argonautes {\22r> av. J.-C.) et il connaissait très bien les plantes, surtout celles qui servent à la guérison de certaines blessures et des vieux ulcères, qu'on appelait c/!?romms (2), d'après Galien.
Non seulement Chiron passait pour un excellent chirurgien, mais il enseigna son art à différents héros, tels que Jason, Hercule, Achille et autres. Achille l'enseigna à Patrocle, qui a donné les premiers soins médicaux à Eurypyle. blessé comme le rapporte Homère.
« L'ayant fait coucher, il retira de la cuisse avec un glaive (£■/. (iT)pou Ta(i.v£ [xa/âtoï]) le trait acéré, lava le sang noir avec de l'eau tiède, et de sa main exprima dans la plaie le suc d'une racine amère, adoucissante et calmante. La plaie fut fermée et le sang cessa de couler » (3).
Quant à Mélampe, fils d'Amythaon, né à Argos, la fable s'est emparée de son histoire et il ne peut être cité que nominativement. Ce sont eux que 'Virgile cite au HP livre des Géorgiques lorsqu'il dit :
.. .Cesscve magislH, Phillyrides Chiron, Amythaonivsquc Melampus (4).
Un des plus illustres disciples de Chiron fut Asclépios, fils de Goronis ou leCoronide, qui fit partie de l'expédition des Argonautes, n guérissait les blessures et les ulcères, calmait les douleurs, faisait cesser les fièvres à l'aide de boissons assoupissantes, soignait les plaies par instruments tranchants et régularisait (ècprîpjjLol^Ej les blessures externes de quelque espèce qu'elles fussent. H inventa une sonde pour sonder les blessures, l'emploi des bandelettes et l'usage des ligatures. H avait un si grand renom qu'on le croyait capable de ressusciter les morts.
Le second Asclépios, cité par Cicéron, n'a rien laissé à notre connaissance.
(1) France médicale, 25 avril 1901.
(2) Celse, Liv. I, p. 4.
(3) Homère, Iliade, Ch. XI, v. 842 à 848.
(4) Les maîtres, Gliiron, fils de Phillyra et Mélampe, fils d'Amythaon se retirèrent (devant le fléau), vers 549-550.
HISTOIRE DE LA MEDECINE /.?
Le troisième passe pour avoir administré le premier lescathartiques pour évacuer les humeurs du canal intestinal. C'est lui le premier qui enseigna comment les dents sont extraites de leur racine (Èxo-.ÇwvTat).
Asclépios le Goronide fut considéré comme un Dieu. Asclépios est le nom grec d'Esculape (At/.Xtj::'.o;). On lui éleva des temples à Argos, à Sicyone en Achaïe : ces temples étaient appelés .Uclépéions, et le plus renommé était celui d'Epidaure, en Argolide. Ce temple était situé à l'ouest de la ville, sur le chemin d' Argos, au milieu d'un bois, et il en reste encore aujourd'hui quelques ruines. Dans un bâtiment accessoire, appelé 60X0;, étaient exposées sur des tables les recettes contre toutes les maladies. Esculape ou Asclépios y avait sa statue d'or et d'ivoire. Il y était représenté assis sur un trône et tenant dans une main une baguette autour de laquelle s'enroulaient deux serpents, symbole de la prudence Sous ses pieds était un chien, symbole de la vigilance. On lui sacrifiait un coq. oiseau matinal,et ses fêtes étaient appelées ascléi)eia.
Les fils d'Asclépios, Machaon et Podalire, qui avaient hérité des connaissances chirurgicales de leur père, assistèrent au siège de Troie (1193 à 1184 av. J.-C).
Après la guerre de Troie, Machaon se rendit en Messénie auprès de Nestor. C'est là qu'il guérit Philoctète qui souffrait d'une blessure mortelle.
Podalire alla à Karika en Chersonèse où il fat présenté au roi Damèthes, dont la fille s'était luxé le bras dans une chute. Podalire, après des tentatives infructueuses, pratiqua la saignée et put réduire la luxation. Au point de vue historique, ce serait Podalire qui le premier aurait pratiqué la phlébutomie.
Les descendants de Machaon et de Podalire prirent la dénomination d'Asclépiades : c'est-à-dire de la famille d'Asclépios (Esculape), mais ils paraissent avoir plus pratiqué la médecine que la chirurgie.
DÉMOCÈDE, né à Crotone environ 524 ans avant J.-C, fut appelé à l'île d'Egine comme médecin public, puis auprès de Polycrate, roi de Samos comme son médecin particulier dont il recevait deux talents par an comme honoraires (1). Fait prisonnier de guerre par les Perses, il eut l'occasion d'être appelé auprès de Darius qui s'était fait une luxation du pied en descendant de cheval : H yào ol âjToâyaÀo; ÈÇr/oipricîî i/. tcov apOpwv. Les médecins de Darius à Sardes, agirent avec tant de violence qu'ils augmentèrent le mal. Darius fut sans sommeil pendant sept jours et sept nuits. Ayant entendu parler de Démocède, il le fit demander.Démocède fit succéder les calmants
1) Le talent valait 6000 drachmes, environ 5,500 francs.
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aux remèdes violents et la guérison s'en suivit. Il fut généreusement récompensé. Darius le garda àSuse, le logea, l'admit à sa table, Démocède eut encore le bonheur de guérir d'une tumeur au sein Atossa, l'une des femmes de Darius (1). Il épousa la fille de Milon.
CTÉsiAs,né àCnide en Asie-Mineure, était médecin d'Artaxerxès. C'est lui qui guérit le roi de la blessure qu'il avait reçue en combattant contre son frère Cj^'rus.
Avant Hippocrate on avait recours à des médecins rémunérés, surtout dans les expéditions militaires. Lycurgue, qui vivait dans la seconde moitié du IX« siècle, avait prescrit que des médecins seraient attaciiés aux armées Lacédérnoniennes, lesquels seraient en même temps combattants. Selon Xénophon (2), il existait des médecins militaires pour le traitement des blessures. Dans la retraite des Dix-Mille.ily avait huit médecins îa-rpojç zaxecTTirjarav ôxToi (3). Plusieurs chirurgiens accompagnaient Alexandre le grand: c'étaient Philippe d'Acarnanie, Gallisthèae d'Olynthe, Glaucias, Alexippe et d'autres.
Il y avait des médecins et des chirurgiens dans les gymnases, pour soigner les blessures, fractures, luxations, etc.
Ignorant l'anatomie, les chirurgiens ne pouvaient faire de progrès dans leur art. C'est Alcméon, de Crotone, qui vivait environ 500 ans avant J.-C, qui passe pour être le premier qui disséqua des animaux pour l'étude des recherches anatomiques des différents organes. C'est lui qui donna la première impulsion vers l'anatomie comparée. Il fit la première préparation anatomique de l'œil, fit différentes découvertes sur l'acoustique et écrivit une physiologie dont nous trouvons quelques fragments dans Platon, Aristote et Plutarque.
DÉMocRiTE, né à Milet, 494 ans avant l'ère chrétienne, passa la plus grande partie de sa vie à Abdère en Thrace. On lui attribue entre autres travaux d'anatomie et de physiologie, un Mémoire sur la nature de l'homme et des animaux.
La chirurgie sembla délaissée jusqu'au moment de la guerre du Péloponèse (431 à 421 av. J.-C). Nous trouvons cependant Eury- PHON, né à Gnide en Asie-Mineure, 450 ans environ av. J.-fL, qui employait le feu pour la guérison des hydropisies provenant de l'inflammation des organes internes ou bien pour la guérison
(1) Hérodote. Histoires, Livre III, U 130, 13L
(2) Voir CoRLiETJ : Etude médicale sur la Retraite des Dix Mille et Médecine militaire dans les armées grecques et romaines de l'antiquité, publiées à la suite des Médecins grecs depuis la mort de Galien, ci-dessus.
(3) Anabase, Liv. II, g 4 et liv. V, g 5.
HISTOIRE DE LA MEDECINE
des douleursinternes provenant d'une irritation externe.Euryphon était antérieur à Ilippocrate.
C'est HÉRonicus, né à Séiymbrie en Thrace (aujourd'hui Selivri) qui passe pour avoir été le premier maître d'Hippocrate et avoir inventé la gymnastique médicale, le massage, pour fortifier l'organisme.
Alors apparaît IIippocratk, descendant de la famille des Asclépiades. né vers 460 ans avant J.-C, à l'île de Cos, aujourd'hui Stancho, île des Sporades. Après Littré et Pétrequin, qui en ont parlé d'une façon magistrale, nous n'avons qu'à renvoyer à ces deux auteurs (1) ; l'introduction de Littré i'^hk pages) est l'étude la plus savante et la plus complète qu'on puisse faire. Pétrequin n'a traduit que la chirurgie, mais avec la compétence d'un savant chirurgien.
En chirurgie, Hippocrate aurait pu prendre pour devise : '( Par le fer et par le feu ». Ilippocrate employait le fer pour inciser pour trépaner, pour ponctionner. Il employait le feu pour faire des cautérisations révulsives. Au point de vue chirurgical, il faut citer ses chapitres sur les plaies de tête, sur les Fractures, sur les Articulations, et le Mochlique (h-o/Xo;. levier), pour lesquels nous renvoyons aux tomes III. IV, et VI de l'édition de Littré. Quant à l'extraction de la pierre dans la vessie, on sait qu'Hippocrate abandonnait cette opération à des gens spéciaux.
Des deux fils d'Hippocrate, Thessalus devint médecin d'Archélaus, roi de Macédoine, et son second flls, Dragon, fut médecin de Roxane, femme d'Alexandre le Grand.
Gritobule ne nous est connu que pour avoir extrait avec habileté la flèche lancée par Aster, qui avait blessé à l'œil Philippe au siège de Méthone, 35:] ans avant J.-C. (2|.
pHiLisTioN, de Sicile ou de Locres, dans le Brutium, passe pour avoir inventé un appareil pour la réduction des luxations.
DiocLÈs,deCarystos (Iled'Eubéei. de la famille des Asclépiades est le premier après Hppocrate qui acquit une grande célébrité.
Les Athéniens l'avaient surnommé le nouvel Hippocrate, Neo; In::o/.pàir,;. Il vivait environ 230 ans avant J.-C. Il inventa un instrument ingénieux pour l'extraction des traits dans les blessures. Cet instrument portait son nom ; on l'appelait A!o/.Xîîo; zua6:T/.oç
(1) Hippocrate, Trad. par Littré, 1839-1891, 10 vol. in-8. Texte et traduction.
Idem. Chirurgie. Trad. Pétrequin.
(2) Pline, Hist. Nat. Liv. VII, ch. 27.
j5 — HISTOIRE DE LA MEDECINE
Galien dit qu'il pratiquait la médecine par humanité et non par intérêt ou vaine gloire.
Après Dioclès, le plus renommé des chirurgiens était Praxago- RAs, originaire de l'île de Cos. Il était tellement hardi en chirurgie, que dans l'iléus, il ouvrit le ventre, développa (iÇsiâXtaj) les intestins, les incisa (à-sV.o-Ts), vida les matières fécales et fit la réunion des lèvres de la plaie (1). Cette entreprise hardie fit juger sévèrement Praxagoras, et ce n'est qu'à notre époque que des succès ont fait considérer ce procédé comme excellent. On voit qu'au point de vue historique, il est bon de connaître la pratique des anciens. On dit qu'il est le premier qui distingua les veines et les artères.
Sous le règne des Ptolémées, les arts et les sciences fleurissent à Alexandrie, en Egypte, entre autres la chirurgie et surtout l'anatomie qui acquit un grand éclat. Ce fut pour Alexandrie une telle renommée que de tous côtés les jeunes gens y affluèrent. Les deux plus célèbres chirurgiens et anatomistes de cette époque furent Erasistrate et Hérophile.
Erasistrate, né à Céos, aujourd'hui Zéa, île des Cyclades, vivait environ 300 ans avant J.-C. On lui attribue la découverte de l'origine des nerfs de l'encéphale ; il décrivit avec le plus grand soin le cerveau et ses ventricules. Dans les grandes hémorrhagies il employait les liens constricteurs autour des membres. Celse dit qu'il disséqua des hommes non encore morts, eliam spiritu rémanente ; mais il n'en donne aucune preuve (2).
Hérophile, né à Calcédoine en Bithynie, environ 307 ans avant J.-C, avait été le disciple de Praxagoras, et Galien le considérait comme le plus savant anatomiste de cette époque. On l'accusa aussi d'avoir disséqué des hommes vivants. Il signala les nerfs comme organes du sentiment, décrivit exactement l'encéphale, la rétine âuLçi6XïiaTpwjîo7i; ytTtov, les vaisseaux chylifères et signala la différence existant entre les artères et les veines.
Jusqu'à cette époque, la médecine consistait en trois parties distinctes, savoir la diététique, la pharmaceutique et la chirurgie, qui se bornait la plupart du temps à des manœuvres externes. Mais les connaissances anatomiques manquaient aux écoles deCos et de Guide. C'est à Alexandrie qu'eurent lieu les premières dissections;
(1) Item (Praxagoras) confectis qiiibusdam supradiclis adjutoriis, dividendum venlrem probalpube tenus ; dividendum eliam inteslinum rectum alque detracto stercore consuendum dicit... (Cœlius Aurelianus, £)e morbis acutis... Liv. III., ch. 17, p. 244, Ed. Amstelodami.
(2) Celse, De medicina. Liv. I. p. 4. Ed. Teubner, p. 5.
HISTOIRE DE LA MEDECINE * — n —
aussi ce sont les médecins Alexandrins qui eurent la hardiesse des grandes opérations. Cette séparation de la chirurgie servit beaucoup à ses progrès, et l'école d'Alexandrie, ainsi que sa bibliothèque, furent d'une grande utilité. Il y eut des maîtres particuliers pour la chirurgie .
Philoxène, chirurgien grec d'Alexandrie, vivait '27U ans avant J.-C. Il avait une grande réputation pour les maladies des yeux. Ses écrits ont été détruits.
Ammonios, d'Alexandrie, 250 ans enviroa avant J.-C, enseignait la chirurgie en Egypte et il était considéré comme un habile lithotomiste. C'est lui qui le premier fit le broiement de la pierre dans la vessie, quand par sa grosseur elle ne pouvait sortir par l'incision. On lui donna le surnom de lilhotomos. Si quaiido aulem is (calculus) major non videliir, nisi rupta cervice, cxlrahi possc, fidendus est ; cujus repertor Ammonius, ob id Xi0oto[aoç coynaniinalus est (1). C'est Civiale qui de nos jours ressuscita sa méthode.
ARCHAGATHOs,né dans le Peloponèse, fut un des premiers Grecs qui vinrent à Rome, où on lui donna non seulement le titre de citoyen romain, mais un établissement particulier, sorte de dispensaire situé au carrefour Acilius, dans lequel il mettait en pratique (£?TÎ-/.£i) ses connaissances chirurgicales. Mais quelques cures malheureuses et la jalousie confraternelle lui firent perdre sa renommée (invidia medkorum).
AscLÉPiADE, né à Pruse en Bithynie environ lUU avant J.-C, avait suivi les leçons d'Archagathos. Il est considéré par Pline et par
Apulée comme un médecin distingué, inter prœcipuos doctonwi
piinceps (2). Dans la Synanche, il pratiquait la saignée des veines sublinguales, les scarifications du pharynx et des amygdales, môme la laryngotomie, au moyen de laquelle, d'après Cicéron, il guérit
plusieurs malades qui asphyxiaient. In synanchisisvero utitur
!papuyyûxo[j.îa, hoc est cciimœ sive gulluris ob respirationem divisura : item in hydroinbiis paracenlesin probat {?) Dans l'ascite, il conseillait une petite incision, et après l'issue de l'eau, il laissait un petit chalumeau dans la plaie pour permettre lécoulement de l'eau. C'est notre drainage d'aujourd'hui.
Themisûn, de Laodicée en Syrie (aujourd'hui Latakieh). vivait environ 63 ans avant l'ère chrétienne. Disciple d'Asclépios, il était venu à Rome où il s'était acquis une grande réputation. Il estsur-
(1) Giviale, 2 raité historique et pratique de la lithotritie, 1827.
(2) Apulée . Florides. Liv. IV, fi XIX.
(3) Cœlius Aureliaiius, De morbis acuiis. Lib. I, cap. 13, p. 43.
— i8 — HISTOIRE DE LA MEDECINE
tout connu comme chef de la secte des Méthodistes qui a fondé la théorie du striclum (Txeyvov), du laxum (powoeç), à laquelle on ajouta le mixtum (fji'.yvup'vov).
Citons enfin, pour terminer celte série de chirurgiens, Mégès, de Sidon, qui vivait au temps d'Auguste, et qui, d'après Gelse, aurait eu une pratique très heureuse : c'était, dit-il, le chirurgien le plus érudit de celte époque (1). Ses ouvrages sont perdus.
L'antisepsie, qui domine aujourd'hui toute la chirurgie, étal mise en pratique par Hippocrate et ses disciples. Si le mot n'était pas employé, on connaissait la chose, sinon théoriquement, mais d'une façon tout à fait élémentaire et primitive. La propreté des objets de pansement et des opérateurs est le commencement de l'antisepsie, et elle est recommandeeparHippocrate.il ne connaissait ni les microbes, ni les toxines, mais il recommandait les ablutions d'eau chaude, l'eau de pluie préalablement bouillie pour le pansement des plaies (2). D'après lui, l'humidité étant la cause de la suppuration, il recommandait des pansements secs. M. Anagnostakis, professeur à l'Université d'Athènes, a dit avec raison : « Le premier pécheur qui a eu l'idée de saler un poisson a inventé l'antisepsie. » Si nous relisons dans Hippocrate le livre ayant pour titre Z^M Plaies, nous y trouvons les éléments d'un traité de l'antisepsie. Il ne connaissait pas l'alcool, mais il employait le vin chauffé: EXzea $û[j.7:avxa où /p/j T^yy^tv d^ii] 6:v(jô (3). Il employait comme desséchants, tantôt le sel, tantôtl'eau de mer (4).
Si l'antisepsie est aujourd'hui une méthode universellement employée, si elle compte des succès opératoires inespirés, il ne faut pas perdredevuequ'elleest née en principe depuis bien longtemps déjà, et que du temps d'Hippocrate on la mettait en pratique.
Les Grecs sont donc nos premiers maîtres en médecine comme en chirurgie, etGendrin avait raison quand il nous disait : « Voulez-vous faire du nouveau, lisez les anciens ». La chaire d'histoire de la médecine est l'une des plus belles de la Faculté, et si les candidats véritablement sérieux sont rares, c'est que malheureusement, comme le dit Horace : Quœrcnda pecunia primum est (5).
(1) Celse. Ouv.cité, VII ?! 1.
(2) Hippocrate. Des airs, des eaux, des lieux, t. II. p. 36,
(3) Id. Plaies, t. VI.
(4) Id, De l'usage des lupiides, t. VI.
(5) Epirte I, v. 53.
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Lia médecine aa XVP siècle
COMMENT NOS ANCETRES TRAITAIENT LES MALADIES PÉNIENNES. LE COURS DU PROFESSEUR GUYON
Il n'est pas sans intérêt de faire savoir à la génération moderne, si instruite en toutes choses, comment nos ancêtres étaient arrivés, après de longs tâtonnements, à la connaissance des secrets de la génération.
Le professeur Guyon, dont nous allons publier une remarquable leçon, n'est pas celui qui occupe si noblement la chaire des voies urinaires. Le professeur actuel ignore peut-être qu'il a eu un prédécesseur également versé dans la pathologie pénienne. Qu'il nous soit permis de reproduire sur cet ancêtre une courte notice bibliographique et un aperçu de ses leçons.
Louis Guyon, sieur de la Nauche, médecin français, né à DôIe, mort dans la môme ville, vers 1630, dans un âge avancé. Il fit ses études dans sa ville natale, visita l'Italie, l'Allemagne, les l^ays- Bas, l'Espagne, et vint se fixer à Uzerche (Limousin), où il se maria. Il acheta alors une charge de conseiller royal, sans pourtant cesser la pratique de son art. Il alla terminer ses jours dans sa patrie. C'était, au rapport de Guy-Patin, un homme très érudit. très sensé et connaissant, outre l'hébreu, le grec et le latin, presque toutes les langues de l'Europe. On a de lui Diverses leçons CQ(^.tenant plusieurs discours, histoires et faits mémorables ; Lyon, 1C)04, in-S"^ ; 1613, 1617, 1625, 2 vol. in 8° ; Le miroir de la beauté et santé corporelle, contenant toutes les difformités, maladies, qui peuvent survenir au corps humain, avec leurs définitions, causes, signes et remèdes, etc. ; Lyon, 1615, 1G25, 1643, 2 vol. in-8'', réimprimés avec des additions de Laurent Mcyssonnier, sous le titre de : Le cours de médecine, contenant Le miroir, etc., Lyon. 1664, 1671, in-4°.
L'extrait suivant, relatif à la pathologie pénienne est un extrait du Cours de médecine de Louis Guyon,
Hypospadlas : que c'est, et su cure. Uisloiec notable (1). — Et pour ceux qui de leur naissance n'ont point le bout du gland percé,
(1) Le cours de Médecine en français, contenar.t le miroir de la beauté et santé corporelle, par Louis Guyon, 4° édition, Lyon 1664, page388 : Livre V, ciiapilre XXI : De la stérilité, tant de l'homme que do la femme et le moyen d'y remédier.
ains au dessous dïceluy, là où le bas du ptépuce est joint à la peau par où ils urinent et jettent leur semence ; et parce que cette imporfection les empesche de lancer droit la semence dans la matrice, ©utre que semblables affections causent des insis^nes difformitez, et rapporte aussi beaucoup d'incommoditez et de saletez en urinant, Galien appelle cette maladie hypospadias, et dit que la curation est de percer le bout du gland, et mettre dans le pertuis qu'on aura fait un petit canon de plomb ou d'or. J'ay veu trois personnes touchées de cette imperfection, auxquelles en s'est essayé de percer le gland, mais jamais ils n'ont pu tenir le canal et trou artificiellement ouvert, et n'ont eu le pouvoir d'uriner ny jetter leur géniture par iceluy ; et le dernier me vint trouver, qui s'estoit mis entre les mains des chirurgiens, qui avait la verge si enflée, que j'appréhendais qu'elle ne tombât en gangrène, après luy avoir osté la canule de plomb, et par d'autres remèdes, voyant qu'il n'avançoit rien en sa guerison, après trois semaines, sinon le danger de sa vie ; je luy donnay advis de se faire couper tout le gland, jusques au pertuis de dessous : il demanda terme jusques à ce que tous les accidens qui luy estoient survenus à sa curation fussent du tout passez ; mais il ne le fît que deux ans après, par les soins de sa femme qui m'en vint parler, qui desicoit fort d'avoir lignée, et depuis elle a eu un enfant. Enfin l'opinion de Paul d'Egine qui traite de cette hypospadic, est beaucoup meilleure et plus assurée, qui commande de toucher et couper le gland, comme il a esté cy-dessus dit, que celle de Galien, comme très bien l'expérience quotidienne le démontre.
De la tige trop longue. Observation. — Et quant à ceux qui ont le manche trop long ^ comme j'ai veu à un Prouvençal, masson de mestier, et à un mareschal de Paris demeurant en Grève, l'an 1563, qui offençoient leurs femmes à l'acte vénérien, leur meurtrissoient leurs matrices, et leur faisans venir l'envie de vomir ; à tels il faut ordonner un bourrelet de médiocre grosseur, que l'on mettra sur la vulve de la femme, aûn que le membre viril ne touche le fond de la matrice.
De la verge virile courte. — Pour ceux qui ont le manche trop court, difficilement on peut y remédier, néanmoins s'ils désirent d'avoir lignée, ils doivent épouser une femme maigre, et user de la situation à l'acte vénérien qu'ordonne ledit Paul d'Egine, livre 3, chap. 74 ; et la femme trop grasse, laquelle l'homme ne peut enguainer, usera de mesme artifice au jeu de Vénus.
Curation de la verge virile . Histoire d'une chambrière. — Touchant ceux qui ont la verge tortue, il la leur faut ramollir avec des décoctions et onguents, puis la mettre dans un esttiy de cuirbouilly, ou d'autre matière, et l'y contenir quelques mois, sans doute elle
LA MÉD. ANECUOTIQUE. 2— B
DOCUENTS HISTORIQUES
se redressera, ce que j'ay pratiqué envers un boulanoer, auquel une fille voulant se jouer à luy, luy avoit tordu son membre génital, depuis estoit demeuré tors et plié comme en façon d'arc, et il urinoit avec difficulté, sans pouvoir habiter avec les femmes : je le guéris quatre mois après. J'ay veu aussi une chambrière au Chasteau de Puimaillie, accusée de paillarder avec le jardinier ; elle nia le pouvoir faire, d'autant, ce disoit-elle, qu'elle avoit ses parties naturelles mal formées et tortes, elle fut visitée en ma présence, et se trouva telle, et justifiée : j'ay veu qu'elle avoit la volonté, mais elle ne la pouvoit exécuter : telles filles sont incurables.
Pour ceux qui abusent du coït, j'entens parler tant de l'homme que la femme, et qui s'enyvrent de leurs vins, comme l'on dit, ne conçoivent que fort rarement, ou point du tout, parce que leur geniture ne peut être de due consistence, ny elabourée, mais sanguine et crue ; cest pourquoy tels personnages ne doivent ny coucher ny fréquenter avec leurs femmes que fort rarement, comme une ou deux fois la semaine ainsi sans doute ils se rendront capables à la génération, moyennant qu'ils se nourrissent de bonnes viandes.
Curation de ceux à qui l'on anoué réguillette. Obscrvalion. — Ceux qui sont faciles à persuader, et qui croyent de léger, ausquels on fait croire qu'on leur a noué leguillette, par imagination ils pensent estre incapables d'habiter avec leurs femmes : à tels il faut user de ruses, car par des medicamens on ne gagneroit rien. Il leur faut amener des gens inconnus ou autres, qui leur diront qu'ils sont bons maistres, et bien entendus à dénouer l'éguillette ; et y aura gens d'authorité qui attesteront telles choses estre vrayes, et user de quelques paroles et cérémonies simulées ; ainsi ces abusez participeront facilement avec leurs femmes, ce que /«y veu prattiquer souvent, et quant à moy, je ne puis bonnement croire que certaines paroles tirées de la Sainte Escriture, qu'on dit aux épousailles en nouant une éguillette, ayent vertu de dissoudre et deffaire ce que Dieu et la seinte Eglise ont institué.
Remèdes spagirics. — La pharmacopée de Quercetan approuve fort à cette indisposion : l'elixir vitae majus et minus, le melicrat du Comle Palatin, Vextraclum sanguinis satyrionis, l'or potable.
Pivnoslic. — Il sera facile de connoistre ceux ou celles capables à la génération, notamment quand le vice procède dHntemperic , si par les remèdes elle ne peut estre changée. Quand cela arrive, il ?ir; faut espérer rien qui vaille. Pour ceux qui ont quelque défaut en leurs parties honteuses, naturellement, ausquelles il n'y aura aucun remède, il ne faut espérer d'en tirer de la génération, les trop jeunes et vieilles femmes ne peuvent engendrer.
Petites Histoittes médicales