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ANNONCES MEDICALES ET PHARMACEUTIQUES IL Y A CENT ANS

Les premières étaient conçues à peu près dans les mêmes termes que celles de certains spécialistes en 1902.

Comparez plutôt cette réclame d'un bienfaiteur de l'humanité, pendant le Consulat, aux annonces de ceux de nos Esculapes modernes qui prétendent chasser de l'Olympe médical l'inévitable Mercure :

« TraitexVent des maladies secrètes par Louis Fleury, ancien médecin de la marine, auteur de la nouvelle méthode simplifiée de se guérir soi-même de toutes les maladies vénériennes, tant anciennes que nouvelles, d'écoulements virulents, de fleurs blanches, de maladies laiteuses et de toutes celles qui dépendent de la corruption du sang, sans employer le mercure ni aucune autre préparation minérale corrosive. Ce traitement est donc facile, sûr, peu dispendieux ; il convient mieux aux personnes faibles, délicates, nerveuses, poitrinaires, aux femmes enceintes, aux vieillards, aux enfants, à ceux qui sont épuisés par la maladie ou par les remèdes. Les malades peuvent se traiter eux-mêmes, à l'aide des personnes qui les environnent, remplir leurs travaux ordinaires et conserver le mystère et la paix dans leur ménage. Les marins, les militaires, les voyageurs pourront se traiter par cette méthode dans toutes les saisons de l'année. Les malades de l'un et l'autre sexe trouveront dans le laboratoire du citoyen Louis Fleury les médicaments nécessaires à leur traitement. Les personnes éloignées, qui voudront consulter par écrit, auront soin de faire un détail exact de leurs maladies, d'affranchir leurs lettres.

L'adresse est: Au citoyen Fleury, médecin, rue J.-J. Rousseau ou delà Grande poste aux lettres, n°351, la Maison du bureau de loterie à Paris ».

Si le citoyen Louis Fleury apporte dans l'énumération de ses titres professionnels la discrétion dont se recommande son traitement auprès des malades, son confrère Dorez se complaît au contraire à détailler minutieusement ses droits à la confiance de la clientèle. Nous nous garderons bien de publier les «trois belles gnérisons » qui font la gloire du Neutralisant et qui tiennent toute une colonne de journal.

— iSS— DOCUMENTS INEDITS

« MÉDECINE. — Fraîcheurs, rhumallsmes, goutte sciatique, crampes, attaque de nerfs et mouvements coninilsifs qui en sont les suites.

« Neutralisant interne pour guérir ces maladies, inventé et employé avec succès, il y a plus de 20 ans, par le citoyen Dorez, ancien chirurgien de Vhôpilai militaire du Cap français, de Saint- ■ Domingue en Amérique, chirurgien en chef et apothicaire de vaisseau pour les lies d'Afrique : maître en chirurgie et pharmacie, reçu au collège de chirurgie et de pharmacie de Paris.

« La première dose de ce Neutralisant n'a jamais manqué de diminuer la violence des douleurs, l'engourdissement, le froid comme glace, la pesanteur, lefourmillement, les crampes, etc., etc. des parties souffrantes et on les remue plus aisément : aussi la giiérison n'est-elle pas longue.

« Ce qui doit inspirer la conûance dans ce neutralisant, ce sont les trois belles guérisons de rhumatisme et de goutte sciatique, insérées dans le feuilleton de ce journal du 11, 13 et 15 frimaire dernier.

« Le citoyen Dorez, demeurait ci-devant rue de Saint-Louis, dernièrementrue de la Verrerie, présentement rue de Jouy, n" 24, à gauche en entrant par la rue Saint-Antoine. On le trouve tous les jours depuis 11 heures jusqu'à 3.

* Il faut affranchir les lettres »,

Un concurrent de Louis Fleury en appelait au témoignage de corps politiques... disparus pçur affirmer l'excellence de son spécifique.

« Le citoyen Gard, officier de santé, rue des Fossés-Saint-Germain l'Auxerrois, n° 223, près le Louvre, propriétaire de la sublime découverte présentée à la Convention nationale et au Directoire comme le meilleur remède qui existe pour la guérison radicale des maladies vénériennes, dartres, gale, etc. ».

Le citoyen Gamas prenait un chemin détourné, alors peu connu, mais singulièrement fréquenté aujourd'hui, pour arriver plus sûrement à l'oreille du public :

« Aux rédacteurs :

« Citoyens, je crois servir l'humanité en vous priant d'insérer ma lettre dans un de vos prochains numéros. Depuis huit ans j'étais cruellement tourmenté dune rétention d'urine. Dans différents temps, j'avais consulté plusieurs médecins et toujours inutilement. J'étais regardé incurable. Enfin je me suis adressé au citoyen Gamas, médecin, rue Feydeau n" 220 : il a raisonné juste sur ma maladie ; le succès a suivi son raisonnement et je suis parfaitement guéri.

« Je vous salue, « Malen.

« Rue et maison Saint-Thomas du Louvre, n» 254 ».

DOCUMENTS ]NJ^:DJTS — 1 8rj —

L'adroit Colon, lui, cultivait la réclame masquée, celle qui se glisse inaperçue, insidieuse, mais qui porte à coup sûr :

« Aux RÉDACTEURS DU JOURNAL :

« Je viens de recevoir de M. Woodvillk, médecin anglais, le portrait gravé du docteur Jenner, si célèbre par la découverte de la vaccine. J'attends même le portrait de M. Woodvillk à qui la France doit en particulier le germe qu'elle possède de cette bienfaisante inoculation (1).

« Si quelque artiste voulait exercer son talent et offrir aux Français la gravure de ces deux hommes célèbres et chers à tous les amis de l'humanité, je me ferai un devoir .de lui procurer tous les moyens qui sont en mon pouvoir pour concourir au succès qu'il doit en attendre.

Veuillez, citoyens, donner de la publicité à ma demande.

« F. Colon, d.-méd., rue du Faubourg-Poissonnière, n" 2. »

Ah ! l'honnête homme ! il ne vous demande rien, et ne vous propose rien... pardon, un cadeau, deux superbes gravures... Mais quel savant ! il a écrit l'histoire de la vaccine. Gomme il doit posséder son sujet ! C'est à n'en pas douter, un maître inoculateur, l'homme indispensable, à l'heure où la petite vérole sévit si cruellement sur Paris.

Les annonces pharmaceutiques étaient moins nombreuses et moins bruyantes. A l'exception du Rob antisypliiliiique de Lalfecteur et du sirop pectoral incisif de Deharamùure qui usaient d'une publicité régulière et qui d'ailleurs ont survécu, nous ne voyons guère comme spécialités annoncées par la presse quotidienne que les suivantes :

Tablettes pectorales de Spitzlay'.

(i Les tablettes pectorales de Spitzlay, connues depuis longtemps pour le rhume et toutes les maladies de poitrine se trouvent toujours rue Saint-André-des-Arts,n° 38, chez le citoyen Esteveny, apoticaire,successeuretseul propriétaire du secretde Spitzlay à Paris.

« Poudres souveraines pour préserver et guérir les enfants des convulsions, à Paris, rue Gît-le-Cœur, n" 15, au fMlèijc des accoucheurs ».

Les pharmaciens ont fait bien du chemin depuis, dans quelle langue et sous quelles lubriques! Ne se trouvera-t-il jamais un humoriste pour écrire le titre et pour former l'album, où les curieux de la réclame médicale et pharmaceutique pourraient en étudier la documentation dans toute la durée du XIX" siècle ?

Paul d Kstrée.

(1) Histoire de la vaccine, par Colon, page 35.

La médecine comique

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Lie Patinasse hippoet^fatiqae

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