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forme poétique la description anatomique des organes génitaux ; il a su rendre agréable l'anatomie, science qui paraît peu propre à inspirer les Muses.
Bretonnayau s'est du reste inspiré des anatomistes du seizième siècle, qui ont su donner quelque charme à l'aridité des descriptions, en introduisant les expressions pittoresques encore employées aujourd'hui : Custodes virginitatis, nymphes, hymen, mont de Vénus, clitoris, etc.
Un confrère chercheur et érudit nous transmet aujourd'hui deux documents du XVI« siècle qui montrent que le langage poétique de Bretonnayau ne s'était pas encore généralisé chez les matrones.
Il s'agit de deux Rapports médico-légaux dressés par des sagesfemmes chargées de renseigner la justice sur la défloration.
Nous appelons surtout l'attention sur la terminologie employée dans ces curieux documents. C'est ainsi que le périnée est désigné sous le nom peu gracieux à.' entrepôt ; le vagin est le pouvant ; les nymphes sont les hâterons^ etc.
Voici le premier de ces documents intitulé :
Rapport de défloration tiré du « Traitédes erreurs populaires» de Laurent Joubert, médecin de Montpellier, livre V, chap. IV p. 497.
« Nous, Marion Teste Jeanne de Mans, Jeanne de la Guigans et Magdelaine de la Lippue, Matrones-Jurées de la Ville de Paris, certifions à tous qu'il appartiendra que, lel4« jourde juin 1532, par l'ordonnance de M. le Prévôt de Paris ou son Lieutenant en ladite Ville, nous nous sommes transportées en la rue de Frepant, où pend pour enseigne la Pantoufle, où nous avons vu et visité Henriette Pelicière, jeune HUe âgée de 15 ans ou environ, sur la plainte faite par elle en justice contre Simon Le Bragard, duquel elle a dit avoir été forcée et déflorée. Et le tout vu et visité, au doigt et à l'œil, nous trouvons qu'elle a : les barres (1) froissées, le haieron {2) démis, \a dame du milieu (3) retirée, le pouvant (4) debissé, les louions (5) dévoyés, Venlrechenart (6) retourné, la baboleÇi) abbattuë, Venlrepel (8) ridé, Y arrière- fosse (9) ouverte, le rjuilboquel (10) fendu, le lippion (11) recoquillé, le barbidaul (12) tout écorché et toutltî lipendis (13) pelé, le rjuilhevard (14) élargi, les balunaux{\^) perdants. Et le tout vu et visiié feuillet par feuillet, avons trouvé qu'il y avait trace de
Et ainsi, nous, dites Matrones certifions être vrai, à vous, Monsieur le Prévôt, au serment qu'avons à ladite Ville. . . »
(I) L'os pubis ou Bertrand. (2) Les nymplies. (li) L'hymen. (4) La partie féminine appellée ici le Pouvant parce qu'elle peut tout. (5) La gorge flétrie. (0) Les membranes qui lient les caroncules les unes aux autres. (7) Les nymphes. (8) Le périnée. (9) L'oritice interne de la matrice. (10) Le col de la matrice fendu. (Il) Le poil. (12) Le clitoris. (13) Le bord des grandes lèvres. (14) Le conduit de la Pudeur, appelé le vagin. (15) Les lèvres de la vulve.
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Le deuxième Rapport de vir(jinitc a été rédigé en langue béarnaise et traduit en français dans : VArl de faire Les rapports en chirurgie par Dcvaux (1743).
« Nous, Jeanne du Mon, Jeanne Vergnier et Béatrix Laurade de la Paroisse d'Espère en Béarn, Matrones et Sages-Femmes interrogées et éprouvées, certifions à tous ceux et à toutes celles qu'il appartiendra que par Ordonnance de Justice et commandement de haut Magistrat, M, le Juge dudit Lieu d'Espère, le 15» jour du mois de may, l'an 1545, nous Matrones susdites, avons trouvé visité et examiné Mariette de Garignes, de l'âge de 15 ans ou environ ; sur ce que ladite Mariette disait avoir été forcée, déflorée et dépucelée. C'est pourquoi nous, sages-femmes susdites, avons tout visité et regardé, avec trois bougies allumées, touché avec les mains, examiné avec les yeux et retourné avec les doigts. Et nous avons trouvé qu'elle n'avait ni la partie féminine (broquadès) débissée, ni les caroncules {halhon) démises, ni les nymphes (barbolo) abbatuës, ni lepérinée {entrcpet) ridé, ni le col de la matrice [reffiron) fendu, ni le poil ipepillon) recoquillé, ni l'hymen (la dame du, milieu) retiré, ni la gorge (très) flétrie, ni le bord des grandes lèvres (vilependîs) pelé, ni le vagin (guilhevard) élargi, ni les membranes qui lient les caroncules les unes aux autres (bar rividau) retournées, ni /'05 pubis (bertrand) rompu, ni le clitoris (bipendix) aucunement écorché. Le tout, nous. Matrones et sages-femmes susdites, disons être ainsi, par notre rapport et jugement direct. »
Et dire que de tels documents figuraient dans l'yl)'; de faire les rapports en chirurgie publié à la fin du dix-huitième siècle ; nous en recommandons la lecture aux médecins légistes d'aujourd'hui pour qu'ils s'en inspirent pour la rédaction des rapports destinés aux parquets.
On ne s'embêterait pas à l'audience, lorsqu'on y lirait des documents ainsi conçus :
Nous avons visité la dame X feuillet par feuillet ; avons constaté que sa partie féminine est dêlissée, la babole rabattue, Ventrepet ridé, etc.... »
Nous renvoyons ces curieux documents à nos médecins légistes afin qu'ils puissent servir de formules, ainsi que le désirait Devaux, qui les donnait comme modèles en 1743.
D' Minime.
lie Parnasse hippoct^atiqae