VIII. Diminution de la source de contage
Du reste, les observations d'hommes compétents (Wolf, de Strasbourg, Etienne, de Nancy) ont établi que le nombre des prostituées syphilitiques internées est en raison inverse des cas de syphilis observés dans la population civile et militaire d'une ville ; que, par conséquent, l'hospitalisation d'un grand nombre de femmes syphilitiques ne veut pas dire que le nombre des syphilitiques de cette ville augmeifte, mais au contraire qu'il est moindre, puisque le débit de la source de contage, est diminué (1).
En effet, cette diminution de la source de contage, diminuant le nombre des hommes malades, comportera elle-même une diminution générale delà syphilis, car l'homme et la prostituée étant les deux principaux facteurs de la contagion, en assainissant le premier par l'hospitalisation de la seconde, on verra certainement et par contre diminuer le nombre des infections dues à l'homme.
C'est du reste ce qui se passe pour une autre maladie vénérienne, le chancre mou, que, dans certains moments, on voit presque complètement disparaître, par le fait de l'internement des prostituées qui en sont atteintes.
IX. Difficultés POUR CES MALADES de l'hospitalisation commune a d'autres affections.
Dire que ces femmes, soignées obligatoirement à Saint- Lazare auraient pu l'être également dans les autres hôpitaux, indiquerait une ignorance complète de l'organisation de l'As-
(1) J'arrive au même résultat que nos deux confrères, pour la garnison de Paris, mais ce travail étant en cours de publication, je ne puis citer ces chiffres essentiellement probants.
sistance publique, de ce qui se passe dans ses salles, et surtout du caractère de ces malades qui, très maniables prises isolément, deviennent assez difficiles à conduire quand elles sont réunies.
En effet, il est certain que ces femmes ne se présenteraient pas dans les hôpitaux spéciaux en nombre plus considérable que maintenant ; quant à l'admission dans les services g"énéraux d'un nombre d'entre elles encore plus minime, on peut dire que cette faveui- n'aurait que bien peu d'efficacité au point de vue prophylactique, car ne sait-on pas que nombre d'entre elles sortent volontairement et en pleine contagion d'un service hospitalier, où, cependant, c'est par grâce qu'elles ont été admises, vu le peu d'intérêt scientifique qu'offrent leurs lésions.
Faut-il même relever ce qu'aurait de difficile, pour ne pas dire d'impraticable, le système hospitalier ordinaire appliqué aux prostituées malades ?
Il a déjà été appliqué, ce système, il a donc fait ses preuves ; or, qu'a-t-il donné ?