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XV. Les insoumises sont plus dangereuses

Si les abolitionnistes désirent une contre épreuve, elle leur est donnée d'une façon écrasante par l'état sanitaire des insoumises qui, sur cent arrestations, fournissent cinquante vénériennes dont vingt-cinq syphilitiques récefites ou, comme chacun sait, les plus contagieuses.

Il paraît encore plus difficile de répondre au second point, influence delà réglementation sur la santé publique, tant qu'une statistique bien faite et conçue sur des bases uniformes ne sera pas venue éclairer la question.

Cependant, si on prend la peine déconsidérer ce qui se passe en France et à l'étranger, on voit dans les armées de trois grandes nations, dont les statistiques militaires peuvent faire foi, l'influence indéniable et heureuse delà réglementation.

XVI. Comparaison de l'état sanitaire des armées de pays a réglementation avec celles des pays non réglementés.

L'Allemagne, l'Angleterre et la France suffisent à cette comparaison.

Tandis qu'en Allemagne et en France, pays réglementés, la proportion est, pour le premier de ces pays, de 5 à 4, et, pour le second, de 7 à 8 syphilitiques, p. 1000 hommes de troupes, l'Angleterre voit chez elle cette proportion s'élever à 75 p. 1000 en Europe, rien que pour la syphilis bien entendu.

Une parenthèse est même nécessaire ici pour expliquer l'in-

fériorité sanitaire française sur celle de l'armée allemande. Tl convient, en effet, de dire deux choses : la première, c'est que l'Allemag-ne ne possède qu'une armée contineutalo de Inquelle même elle exclut, du moins pour la statistique, l'année bavaroise dont la proportion est de 9 syphilitiques p. 1000 hommes, tandis que la France fait entrer dans ses calculs sa colonie aig-érienne qui charge considérablement la moyenne, puisque, à elle seule, elle fournit 19 et même 21 syphilitiques pour 1000 soldats.

Enfin, deuxième raison : la surveillance de la prostitution est de plus en plus sévère dans l'empire allemand, et c'est à cela seulement qu'il faut attribuer ce fait saisissant, à savoir, que le millenage des syphilitiques de l'armée était, il y a dix ans, représenté parle chiffre 10, alors qu'aujourd'hui il est tombé à 4, et alors que dans la même période il reste à peu près stationnaire en France.

Ces différents chiffres, prostituées malades retirées de la circulation, dans Paris seul il est vrai, et milleaage des syphilitiques militaires, suffisent pour faire ressortir sinon l'excellence du système, du moins sa supériorité sur l'absence totale de surveillance comme cela existe en Angleterre.

Si même on ne craignait d'employer l'ironie, ne serait-on pas en droit de s'étonner qu'un peuple qui montre partout et en toutes choses une aussi grande intelligence de ses intérêts, puisse repousser dans la mère-patrie une mesure d'hygiène qu'il applique mal, c est vrai, mais que pourtant il juge bon d'appliquer aux Indes et dans l'Afrique du Sud !

XVII. L'assainissement de la prostitution est-il seulement UN encouragement au vice ?

L'argument que mettent encore en avant certains abolition nistes, à savoir que, le vice étant haïssable et méritant d'être puni par ses conséquences, c'est un tort de chercher à assainir la prostitution et qu'en agissant ainsi on lui donne iiu encouragement, a-t-il vraiment besoin d'être combattu ?

Essentiellement, si les seuls débauchés étaient victimes de leurs écarts de conduite, il faudrait cependant et néanmoins les soigner : mais ne sait-on pas que la maladie du ou de la débauchée va frapper une foule d'innocents, femmes et enfants,

que le mal torture, épuise, anéantit au moins autant si ce n'est plus que le premier coupable ? On met des barrières devant les précipices, des garde-fous sur les ponts, aussi bien pour lesaveug'les qiie pour les ivrop^ncs, et pour reprendre la compai-aison déjà employée avec la Ligue antialcoolique, viendraitil jamais à l'esprit d'hygiénistes d'applaudir à la sophistication des spiritueux pour détournerdeleur usage et, si l'on veut, de leur abus, les uialheureuxque l'oisiveté, la misère, et même le vice précipitent dans cette passion funeste ?

Or, n'est-ce pas justement ce droit à l'empoisonnement et cet empoisonnement obligatoire que semblent réclamer un grand nombre si ce n'est la totalité dos abolitionnistes y

C'est l'étrangeté de ce résultat plus encore que les moyens préconisés pour latteiudie, qui a lieu di; surprendre les hygiénistes.

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