‹ La médecine;Chapitre 13 sur 125 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

de M. Grisolle sur le même sujet ', celui de M. Louis Sur la phthisie , ont été pour moi de précieux commentaires pour plusieurs écrits d'Hippocrate; et quand on met la main sur un livre dont Tauteur est à la fois versé dans la connaissance de Ihistoire et dans la pratique de Tart, c'est là une suprême bonne fortune. Ces livres sont très- rares; cependant je puis citer en exemple le beau Traité des fractures et des luxations^ de M. Malgaigne ; c'est un ouvrage dont il n'est pas possible de se passer, si on veut étudier avec fruit le Traité des fractures et des luxations^ d'Hippocrate.

L'Allemagne et l'Italie nous fournissent en ce moment même la preuve de l'intérêt qui s'attache à l'étude de l'histoire au lit du malade. M. Hirsch, de Berlin, dans sa remarquable Pathologie historique et géographique; M. Haeser, de Breslau, dans une savante Histoire des épidémies^ qui a déjà eu deux éditions, et M. Corradi, professeur de pathologie générale à l'Université de Palerme , dans une suite de curieuses monographies historiques Sur la goutte^ les morts subites^ les affections scrofuleuses et tuberculeuses^ enfin Sur les maladies épidémiques en Italie^ recherchent avec avidité les observations modernes pour rectifier ou confirmer les observations et les descriptions anciennes ; ils ont même la préten-

i. Traité de la Pneumonie, seconde édition. Paris, 1864.

INTRODUCTION. XXHI

lion, fondée d'ailleurs, de faire profiter la pratique de rexpérience accumulée par une longue suite de siècles. Sans ce double contrôle, l'histoire delà pathologie est lettre morte et étude stérile , et la pratique actuelle est privée d'un de ses plus solides appuis.

Malheureusement Thistoire a, je le sais, comme la médecine elle-même, ses fantaisistes et ses mystiques, qui ont horreur des textes , qui affichent même la prétention de ne pas suivre les sentiers ordinaires, qui se soucient autant de l'érudition que de la chronologie, et courent après les idées sans pouvoir toujours les atteindre. Paix à ces ouvriers de la dernière heure ! Ne troublons pas le bonheur qu'ils éprouvent à parler avec abondance et stérilité des sujets que les plus experts n'abordent qu'en tremblant.

Ainsi deux écoles se disputent la médecine et son histoire; dans l'une, on redoute le matérialisme brutal des faits et des textes, dans l'autre, on est persuadé qu'une science d'observation et que son histoire ont tout à craindre de l'idéalisme, et tout à gagner dans l'étude de faits bien constatés et de textes bien établis. Comme médecin et comme historien, j'ai toujours appartenu à cette dernière école; j'y reste fidèle parce que je crois que c'est la bonne et la vraie.

Si le lecteur, en parcourant ce volume, trouve que, malgré la diversité des sujets qui y sont traités , les principes de critique n'ont pas varié , mon ambition

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sera satisfaite, et je n'aurai pas trop à me repentir d*avoir suivi la mode et cédé, un peu malgré moi, je l'avoue, aux soUicitations de mon honorable éditeur.

Les chapitres qui composent ce livre viennent tous, à deux exceptions près ' , du Journal des Débats , dont les portes m'ont été gracieusement ouvertes par M. Bertin et par M. de Sacy,

C'est un événement dans la vie et un événement des plus heureux, que d'être compté au nombre des rédacteurs du Journal des Débats; ce n'est pas seulement un honneur, c'est un avantage littéraire inappréciable; il n'y a pas en effet d'exercice plus salutaire que les efforts auxquels on doit se livrer journellement pour ne pas trop rebuter des lecteurs curieux, mais pressés, et qui demandent aux journaux, en matière d'érudition et dfr science, des résultats et non pas des discussions.

1. V Histoire de V École de ScUeme (voir note 1, p. 150, de ce voI.)i et la Philosophie de Galien, destinée d'abord au Dictionnaire des sciences philosophiques^ publié par M. Franck, puis réimprimée, avec des additions, dans la Gazette médicale de Paris.

Paris, le 28 mars 1865.

Cu. Daremberg,

LA

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