‹ La médecine;Chapitre 29 sur 125 · DE LA VIE ET DES OUVRAGES DE GALIEN · texte numérisé non relu

DE LA VIE ET DES OUVRAGES DE GALIEN

Avant d'aborder notre sujet, disons quelques mots de la vie et des ouvrages de Galien.

Claude Galien naquit l'an 131 de notre ère à Pergame, en Asie, sous le règne de l'empereur Adrien. Son père, nommé Nicon, architecte très-distingué, possédait des connaissances étendues en mathématiques, en astronomie, en philosophie, et jouissait en outre d'une fortune assez considérable*. Premier précepteur de son fils, Nicon ne contribua pas peu à lui inculquer de bonne heure l'amour de toutes les sciences

1 . Gai., De bon, pravhqite alim. snccis.^ cap. 1 , t. VI, p. 4 19. (Les citations se rapportent lonjourA à l'édilion de Kuelm, à moins de mention spéciale d'une autre édition.) De dign, et curât, anim, a/feet,, cap. B, !• V, p. 40 et 45.

qu'il cultivait lui-même, surtout le goût des mathéma-^ tiques; ce goût, qu'on est un peu étonné de rencontrer chez un médecin, attira même quelquefois à Galien, ainsi qu'il nous Tapprend, les railleries de ses confrères*.

Dès Tdge de quatorze ans, Galien, envoyé aux écoles de philosophie, passa successivement dans celle des stoïciens, des académiciens, des épicuriens el des péripatéticiens; il y écouta les leçons des meilleurs maîtres de Tépoque : entre autres d'un disciple de Cajus le platonicien, d'un disciple de Philopator le stoïcien, d'un disciple d'Âspasius le péripatéiicien, d'un autre platonicien du nom d'Âlbinus; enfin plus tard, à Smyrne, d'un certaiq épicurien qui venait d'Athènes et dont le nom est inconnu. Nicon accompagnait partout son hls et lui servait de répétiteur ^

Ce fut à l'âge de dix-sept ans que, d'après un songe de son père, Galien se décida à embrasser la médecine et se consacra dès lois tout entier à I élude de cette science^. Il avait un goût prononcé pour les voyages, mais il n'en fit aucun sans un but vraiment scientifique. En Tan 4Gi il vint à Rome où il passa la plus grande partie de sa vie, exerçant son art avec un succès presque inouï, rédigeant ses nombreux et immor-

1. De un. pnrt„\, 12, 13, 14 /»>?;»<•, I. III, p. 807t«qq., p1 I.I de ma Iradticlion, |i. C37 et 8uiv.;\o>ez nnsi^i ma(Ji>8(M-lation ititiluiée : Exposé dfrf cnuuaissaitctis de Galien sur iUmaiomie, la physiologie et la pathologie du système nerveux, p. 49.

2. Ve diyn, eicurut, anim. affect,^ cap. 8, t. V, p. 4 î , 42 j De lit, prop , cap. lO, t. XIX, p. IG.

3. Melh, med,t ix, 4, t. X, p. 609; De prcenot. ad Poslhumum, eip. 2, t. XIV, p. G08.

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tels ouvrages. Souvent en butte à l'envie de ses confrères, et cependant honoré par eux et par ses contemporains comme un des plus savants médecins de son siècle, il reçut ainsi la récompense due à son mérite, récompense qu'on accorde rarement aux hommes de leur vivant. On ne connaît ni le lieu ni la date précise de la mort de Gaiien; on sait seulement qu'il parvint à un âge très avancé et qu il mourut au commencement du troisième siècle de notre ère \

Nous n avons point à parler ici de sa philosophie médicale; seulement, dans le cours de cet article, nous retrouverons quelques-uns des principes qui la dominent et la dirigent; car dans la philosophie d'une science on rencontre incessamment deux éléments : la méthode appartenant à la philosophie proprement dite, et les principes généraux puisés dans l'étude de la science elle-même. Pour les anciens, ces principes faisaient partie intégrante de la philosophie; car ils entendaient par ce mot non-seulement la science spéciale à laquelle nous avons conservé ce nom, mais encore toute étude spéculative, par opposition aux études qui avaient un but pratique. Disons encore que pour les anciens la considération de la vie en général et de la nature, mais d'une nature imaginaire et, pour ainsi dire, inventée, était regardée comme partie constituante de la philosophie proprement dite.

Le nombre des écrits philosophiques de Gaiien était considérable; une partie a péri, du vivant même de

1. Pour de plus amples renseignements sur la vie de Gaiien, voyez Ackermann, Ufsiorin literaria, dans l'édition de Knehn, t. I,

p. XIVU h XL1I.

Fauteur, dans l'incendie du temple de la Paix^; de ceux qui ont échappé à ce désastre, ou qui ont été rédigés depuis, un très-petit nombre est arrivé jusquù nous ; cela se conçoit aisément par la grande importance qu'on accordait aux ouvrages d'Aristote; d'ailleurs le nom de Galien comme médecin semblait effacer pour lui toute autre renommée. Ses livres philosophiques se rapportaient la plupart à la logique et à la dialectique^, quelques-uns à la morale', les autres presque entièrement historiques, renfermaient l'exposition critique des quatre principaux systèmes suivis alors (académiciens, péripatéticiens, stoïciens, épicuriens) ; c'est dans cette dernière classe que se rangent le traité

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