‹ La médecine;Chapitre 33 sur 125 · OPINIONS DE GALIKN SUR LA NATURE · texte numérisé non relu

OPINIONS DE GALIKN SUR LA NATURE

La doctrine de Galien sur la nature est assez confuse : ici il en fait une force, et là un être; tantôt il entend ce mot dans le sens universel, tantôt dans le sens particulier; aussi est-il très-difficile, pour ne pas dire impossible, de tirer quelques notions générales des diverses définitions que nous trouvons dans ses nombreux ouvrages, où les opinions de ses devanciers sont presque toujours placées à côté de celles qui lui sont propres.

Ainsi Galien admet, dans plusieurs passages, la définition que Ton retrouve le plus souvent dans les écrits hippocratiques, c'est-à-dire que la nature est la substance universelle formée par le mélange des quatre éléments, quelquefois des quatre humeurs ^ Ailleurs^, on lit : tt La nature est la substance première qui forme la base de tous les corps nés et périssables, » ou bien encore a la nature est une force, une faculté mise en » nous, qui gouverne le corps avec ou sans notre volonté '. » Dans le livre Sur te tremblement, lespalpù

1. Cf. parUcol. : De lemp,, ui, 4; t. I, p. 675; Com. in Apit., iti, 34, t. XVII»>, p. 529; Com. ii, in Ub. de nal, hom., §31, t. XV, p. 570 eipassim.

2. Com. m in Ub. De hum., § 17, t. XVI, p. 423 ; Com. i, m Ub. De nat. hom., proosm., t. XV, p. 1-5. Voyez aussi Com. in Âph,, m, 34, t. XVIIb, p. 532.

3. De tympi. causis, ii, 1 initio, t. VII, p. 148; Com. t, in Epîd. VI, § 1 , iniiiOy t. XVIP, p. 223 ; il dit, dans ce passage, qu'il fst inutile de s'enquérir de Tesseuce de la nature ou de l'âme. Voy. aussi De eritibtts, m, 5, 8, t. IX^. 724 et 735.

talions^ etc., il est dit en parlant de la chaleur innée : « la nature et Vùme ne sont rien que cela, de sorte que vous ne vous tromperez pas en les regardant comme une substance qui se meut elle-même et se meut toujours ^ » Sans nous arrêter à la singulière synonymie que Galien établit ici entre d//?^ et nature, il est évident qu'il se rapproche dans cet endroit de la définition d'Âristote, suivant qui « la nature est un principe ou une cause première de mouvement ou de repos, qui existe par elle-même et non par accident dans Tolijet où elle existe^. »

Mais ce n'est pas tout encore ; dans le livre Sur les forces naturel les ^, en parlant de la formation du fœtus, Galien reproche à Ërasistrate son inconséquence et expose comment toutes les parties du fœtus se forment du sang que fournit le corps de la mère; puis il ajoute : « Je demanderais volontiers à Érasistrate de m'apprendre qui a changé le sang, qui l'a figé, qui lui a donné une autre forme ; il répondrait certainement : ou la nature ou la semence (il dirait la môme chose dans les deux cas); car ce qui était auparavant la semence devient la nature quand elle commence à faire croître et à former ranimai. » — tt Personne, dit-il dans un autre endroit \ n'est as5ez slupide pour ne pas comprendre qu'il existe une cause de la formation du fœtus; nous la nommons

1. Cap. 6, t. vil, p. 616. Voyez aussi Cor», in Àph , i, là, t. XVU^, p. 415 sqq. Consultez encore l'opuscule De marasmo, cap. 3, t. VU, p. 675.

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