INTRODUCTION. IX
semenl compte, soit dans rappréciation des symptômes, soit dans la direction du traitement, soit même comme cause éloignée de certaines manifestations morbides. Quelle que soit Topinion sur la nature de ces rapports, à cela doit se borner le rôle de la psychologie dans la médecine ; elle y intervient comme un accident et non comme un élément constitutif de la science, ou comme pouvant servir à l'explication de Torigine première et de la nature intime des maladies. Mon savant confrère, M. Chauffard, fait une charge vigoureuse contre la philosophie dite positive. Eh bien ! je lui adresserai juste le reproche qu'il dirige contre cette philosophie. M. Comte a, suivant moi, commis une faute en transportant son système du domaine des sciences physiques, naturelles et historiques sur celui delà psychologie, de la métaphysique, de la morale et de la religion ^ il a très- souvent raison pour les sciences ; il a presque toujours tort pour le reste; de même M. Chauffard ne me parait pas dans le vrai quand il emprunte à la métaphysique des règles de jugement pour la médecine ; c'est se servir pour une opération d'un instrument qui n'y est pas propre. Ceux-là même qui font consister toute la médecine dans les phénomènes sont bien obligés, à peine de nullité, de rechercher les rapports de cause à effet et de féconder l'expérience par le raisonnement; mais les matérialistes qui nient le principe spirituel se servent de l'induction et de la déduction tout aussi bien que