‹ La médecine;Chapitre 70 sur 125 · LOUIS XIV ^T S»S MÉDECINS · texte numérisé non relu

LOUIS XIV ^T S»S MÉDECINS

iftité$ qui jirrivam aux hommes. » A considérer Louis XIY tel que nous le représente ordinairement Thistoire, p'est-à-dire tout chargé de lauriers tout resplendissant de gloire, et daignant agréer, du haut deson Irûne, l^s ;idoratiûn$ de la cour et de la ville, la {(pnipj^ion ^es provinces ^t |es homniages des souve-r v^}n^ tes alliés ou ses trihutaires, on le prendrait en (^ffiet plutôt pour uq dieu que pour un hou^pie; piais il fjittt q^f^ }fi fqi flit été bien rpbusite ou la flatterie bi^n impertinente ponr qu'un médecin ait voulu paraître ggpder uQ jq^tant nilusion. En lfi^5, le roi n'avait ^Qcore qqe diiL-s^pt ^n^, et déjà^. M. ^\^\\ été atteinte d'ftpçi pptit^ Yérqjfi « bjpn maligne et bjpn dangereuse » 9V^ gangrène aux prteilsj de 4pu^ tumeurs squirfbi^iises 4u sein, 4e dartres vives> ^ avec écorphure de |*épi4eriffe9 « 4'?ccè8 4e fièvre, 4e flux de ventre opjnjjitre^et 4e fréquents in^ux de tête; Elle ^vait é|é WÎgnée ^^\ fpi^i «ivait subi plusieurs incisions, avait prâ bon QOfPbre de clystères, sans con^pter les eiur P^lre^, les ppipmades, )ps$tom9p))iques, |es eauxuiar^ ^alç^fît autres. Il feut ppnvenir qu'il y ? peu de nos misérables mortels qui à dix-sept ans aimeraient à •«oip eu autant de « satisfaction )» que le grand roi en â éprduvé de ses médecins et de ses médecines. Et de ti\\f Qq^nd pn a lu d'un bout à l'autre, sans en passer BBe ligne, le Journal de la santé du Boi, on ne prend pas envié de changer sa pauvre humanité contre la di*^ vinit^ de I^ouis XIV : je ne YPis pas un mois, peutêtre pas une semaine où ce monarque, soit qu'il paie le tribut à la nature, soit qu'il subisse les conséquences de ses p^çsipn^ gal^u^es ou glPutppn^s et du despotis|ne

de son caractère, ne soit pris de quelque grave maladie ou de quelque sérieuse indisposition.

Je note depuis Tannée 165S une scarlatine des plus malignes (1658), une rougeole d*un assez manvaiscaractère (1663), des vertiges et des vapeurs qui commencent vers 1662 et font le tourment du roi jusqu*à la fin de sa vie, des rhumatismes très-fatigants, des fièvres intermittentes rebelles , une carie de l'os de la mâchoire supc^rieure (1 685), une fistule (1686), desophthalmies, diverses maladies de peau; en 1696 et en 1704, des furoncles de fort méchante nature ^ une luxation du coude suivie de tumeurs indolentes qui supurent (1683), des vers dont il est fai t souvent meni ion , une goutte quasi permanente*, la gravelle, deux maladies qui ne se quittent guère, des indigestions dégoûtantes qui se renouvellent chaque jour et qui sont accompagnées de tels orages des voies digestives *, que S. M. se voit contrainte de quitter à rimproviste tantôt son conseil ^, tantôt le salon de madame de Maintenon, tantôt la famille d'Angleterre, et fort souvent la table ; parfois même Elle ne trouve pas le temps de se chausser; ou bien Elle se lève tout

1 . « Avant-hier, j'ai vu panser le roi ; sa plaie est plus ^ande que la main et a la forme d'une croix (cette forme résultait sans doate d'une incision dite cruciale). Le roi supporte ses souffrances avec beaucoup de patience et de fermeté... Je ne crois pas que la plaie puisse être fermée avant un mois ; il faut espérer que la santé du roi n'en sera que meilleure après la guérison. » Lettre de la princesêe Palatine^ septembre 1696 ; édit. Rolland, p. 168.

2. « Le grand homme est au lit; il a la goutte. » Lettres de la princesse Palatine^ juin 1692; ibid., p. 127; voy. aussi Journal, année 1704.

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