‹ La médecine;Chapitre 72 sur 125 · VoyeEpage« 7, 15, 90, 107 et · texte numérisé non relu

VoyeEpage« 7, 15, 90, 107 et

2. A Monsieur en apoplexie on administra onze onees d'émétiqnë, deux bouteilles pleines d'eau d'Angleterre, de l'eau de Schaiïouse, et on lui pratiqua en outre trois saignées. (Lettres de la princesse Pa-' tàtfrie, dâtis la Revue gUrtnaHiqûè, juin 1 86?, (j. &â6.) Mine la tiàtiphiod ( la femme du Grand Dauphin) avait des vapeurs; on prit ces vapeurs pour de grandes maladies, et on lui fit faire tant de remèdes violents, qu'elle succoniba (1690) à bes remèdes bien plus qu'à ses maux. Mttie de Câyltis). Voyet At)pendice, n? V.

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un frai déluge d'horribles formules purgatires, le sang répandu à flots, rien n'y manque. Les hommes vraiment instruits, les praticiens habiles, ce sont les chirurgiens. Compares Félix à Yallot ou d'Âquin ! Avec quelle sûreté Félix opère le roi de la fistule S avec quelle promptitude il lui remet une luxation du coude! Yallot saigne généreusement cinq fois dans la petite rérole et neuf dans une scarlatine ! Et c*est après cette scarlatine qu'il s*écrie : a Enfin Ton peut aussi assurer que tous les remèdes ont été donnés au roi si à propos^ qtae toute la cour a yu et remarqué des effets miraculeilx et extraordinaires, particulièrement dans Textrénlité de sa maladie et lorsque la nature était dans le dernier accablement, et qu'elle n'était plus en état de faire aucune chose de soi-même et de sa propre verta. G*e8t particulièrement en cette occasion que l'on reconnatt yisiblement la nécessité et Texcellence de la médecine.»

Et Toyez quelle inconsistance, quelle vanité impa*^ tlente et quelles contradictions : Yallot prescrit au h«r sàrd des saignées, des purgatifs, des cordiaux dans cette fameuse scarlatine ; il a osé purger le septième jour de la maladie, un jour réservé pour les crises; il a imaginé de mettre des vésicatuires ; il n'y a pas d*élôges qu'il ne se donne à lui-même et à a ces deux remèdes qui méritent la gloire de la guérison du roi ; » cependant a le mal était de telle nature, qu'il ne pouvait être combattu par de si faibles armes ; » on resaigne <c pour plus grande assurance, i» on repurge, on donne un bain

1. Vtfi^es, à la BtiHe Hn JnvrnnI, p. t95, Il ffoie de M. Le Roi «#r r^piratiou de Im fiitule.

par acquit de conscience ^ , enfin, on s*avise d*un coup d*Ëtal, on prescrit Témétique ! Les méchantes langues soutiennent que Fidée n'est pas de Yallot, mais d*un empirique venu d'Amiens pour guérir le roi ^. Vallot était en effet un de ces médecins qui ne voulaient pas avoir guéri une personne avec d'autres remèdes que ceux que la Faculté permet. Quoi qu'il en soit, le vin émétique fit merveille, et Yallot ne manque pas alors de s'en attribuer tout le mérite.

Pour une affection vermineuse , Yallot , « afin de ne rien négliger, » commence par saigner le roi, puis il le purge, et enfin il lui prescrit quelques remèdes contre les vers. D'Aquin semble entretenir à plaisir une fistule pendant un an plutôt que de laisser au premier chirur* gien l'honneur de guérir le roi ; et quand le roi est guéri, d'Aquin ne trouve rien de mieux que de faire contre Félix de lâches insinuations, qu'il avait luimême, sans s'en apercevoir, démenties quelques pages plus haut (p. 177, 169 et 171). Fagon venge Félix un peu pour Félix lui-même et beaucoup contre d'Aquin, qu'il détestait et méprisait non sans raison ^« Yallot n*a pas la moindre idée des précautions qu'il faut prendre

1. Quinze fois saigné? — Oui. — Et il ne guérit point? -^ Non. — C'est signe que la maladie n'est point dans le sang ; nous le ferons purger autant de fois pour voir si elle n'est point dans les humeort, et si rien ne nous réussit, nous l'enverrons aux bains. (If. de Pourceaugnac»)

2. Ce bonhomme, rapporte Voltaire, s'asseyait sur le lit du ro! et disait : « Voilà un garçon bien malade, mais il n'en mourra pas. »

3. Fagon marque en toute occasion (Voyez, par exemple, p. 205), et avec un peu de puérilité, sa mauvaise humeur contre d'Aquin. D'Aquin donnaitdu vin de Champagne au roi , Fagon lui prescrit le vin de Bonrfro^e (page 211 et 223); d'Aquin attaque le café (page 204)

quand on administre les eaux minérales actives. En 4633 (p. 33 et suiv.), pour réparer les forces du roi, il lui prescrit chaque jour, pendant plus d'un mois, huit verres des eaux ferrugineuses de Forges, et ne s'arrête qu au moment où des accidents graves le forcent à traiter par plusieurs saignées et autres remèdes S. M. de la maladie que lui avait donnée cette belle cure. Sa justification, pour être prise sur un ton trèsélevé, n'en est pas moins fort embarrassée, et le bon apôtre Guy-Patin * , qui cependant ne valait guère mieux que Yallot comme médecin, s*en moque tout à Taise.

Yallot n'est pas seulement un mauvais médecin qui célèbre sans cesse son « expérience » ; c'est un courtisan maladroit qui délivre à son royal client le plus beau certificat de vertu et de «chasteté toute pure et sans, exemple y> juste au moment où la Beauvais venait de déniaiser S. M. et de la remettre entre les mains de la Mancini pour achever son ouvrage ^^ et eni662y quand Louis XFV est au plus fort de ses amours avec Mlle de la Yalliëre et que commence la série des grands dîners, le premier médecin ne trouve pas d'autre ex-

Fagon ne manque pas de couvrir ce breuvage de sa protecUon (page 233). Tristes épreuves pour la dignité médicale et le bien-être da malade que de telles querelles I

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