‹ La médecine;Chapitre 80 sur 125 · Pages 321 et · texte numérisé non relu

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avant que àe s'être rentré dans son carrosse ; il se laisse mouiller de la pluie qui coule par le dossier de son soufflet *. » Il n'y a pas une de ces imprudences qui ne soit suivie de quelque gros rhume, de quelque accès de fièvre, d'attaques de goutte ou de rhumatisme, et pas une de ces imprudences qui ne soit accompagnée d'excès de bouche, de sorte qu'on finit par ne plus savoir où saisir la vraie cause des maladies et des indispositions.

On sait que Louis XIY avait la manie de changer de perruque à chaque instant, d'en essayer plusieurs avant de se décider, et de ne prendre aucune précaution pendant cette grave occupation; Fagon s'en plaint fort souvent et note des rhumes ou d'autres mésaises à la suite de ces nombreux essais qui refroidissaient la tête; ce qui fait supposer à M. Le Roi que Louis XIV était rasé sous ses perruques; mais cette supposition devient une certitude, car à la page 338, Fagon écrit que le roi à été indisposé pour s'être fait raser la tôle sans prendre ensuite aucune précaution, pour éviter de la morfondre, surtout en essayant ses perruques.

C'est au roi, à ses passions, à ses appétits, qu'il faut rapporter presque toujours les maladies dont il est assailli; cependant on sait par le /ot/ma/ lui-même, que le splendide palais de Versailles, que la séduisante retraite de Marly, n'offraient pas toujours le confortable qu'on s'attendrait à trouver en de telles demeures. Le grand roi est incommodé tantôt par la chaleur des feux

1 . Voyez les Mémoires particuliers de La Porte, qui se plaint du mauvais état des carrosses et de la prarde>robe de son élève (p. 2G0 et suiv., édit. de Genève).

OU des lumières qu'on ne sait pas modérer, tantôt par le froid de sa chambre qui n*était pas suffisamment échauffée, tantôt par l'humidité et la puanteur marécageuse de Teau de toutes les fontaines qui jouaient et poussaient une eau croupie toute Tannée. Une autre fois le roi est travaillé d'inquiétude une partie de la nuit par des punaises ! Des corps de cheminée qui passent derrière lamelle de son lit augmentent pendant quelques nuits les pesanteurs de tête ; les fenêtres de la chambre il coucher sont si bien calfeutrées, que le roi est suffoqué par la chaleur étouffante qu'un grand nombre de gens parfumés de poudre ou de tabac avaient laissée dans cette chambre.

Après cela il n'y a rien d'étonnant qu'en dépit de l'étiquette indiquée dans les États de France, le roi s^ soit amusé à couper ses ongles et ses cors ^ ; même il arriva une fois que, malgré les observations de Fagon, Louis XIV s'était tellement fatigué à celte opération qu'il fut pris de langueurs, de sueurs froides et d'envie de vomir. C'est, comme on voit, toujours le même système, faire sa volonté jusqu'à ce que maladie ou défaillance s'ensuive ; nous en avons rassemblé ici maintes preuves, en voici une nouvelle : le roi était un peu incommodé par la pointe d'un chicot d'une dent d'en bas; il tourmenta si bien le chicot pour tâcher de le tirer (il coupait ses cors, il pouvait bien arracher ses chicots), qu'il mit l'inflammation à toute la mâchoire ; il se forma une tumeur, et la douleur gagna la tête, le col, l'épaule gauche et le bras droit, avec un peu de

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