‹ La médecine;Chapitre 88 sur 125 · VoyeiiMge · texte numérisé non relu

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3. Fagon dit quelque f)àrt (p. 305), qu'on àpt>elle Ttilgaireiiiëiit vt^^r» les DoneliaUuiceS ef aiigotBMS de restomac. Les aoteurs admettent aussi un vertige goutteux, qui pouvait bien, chez Louis XIV, avoir fait soeiété avec le vertige stomacal.

3. Voyez un excellent mémoire, Du Vertige nerveux et de ton traitement, dans le tome XXII des Mémoires de l'Académie de médecine, p. 1-*161. M. le docteur Simon y fait preuve de beaucoup de sagacité et d'une connaissance approfondie du sujet.

4. Guide du médecin-praticien, par Valleix; 4* édit. Paris, 1859, chez J.-B. Bainière H fils.

pensé, entre la menace d'une apoplexie et rimminence de Tépilepsie; c'est d'un vertige parement nerveux, analogue à celui que donnent le vaisseau, la valse ou l'escarpolette, que S. M. a été tourmentée; le fait est établi par le Journal lui-même, et l'observation prise sur le grand roi peut être ajoutée à toutes celles que MM. Max Simon, Blondeau et Trousseau ont recueillies sur de vulgaires malades.

Chez le roi, la délicatesse de poitrine est moins marquée que la faiblesse d'estomac; on voit cependant que dés sa jeunesse S. M. s'échauffait très-aisément, surtout à la répétition des ballets, genre d'exercice qu'ElIe aimait avec fureur, malgré les violents rhumes et les formidables accès de fièvre qui en résultaient. Cependant nous arrivons jusqu'en octobre de l'année 1679 pour trouver une véritable bronchite; cette bronchite même étonne d'Âquin, qui n'avait jamais vu le roi enrhumé (pag. 143) ; la toux et Yenrouûre furent opiniâtres et pénibles; comment pouvait-il en être autrement? Le roi ne s'abstint pas de sortir, de monter à cheval et d'aller à la chasse, même dans les temps les plus fâcheux de brouillard. Durant une partie des années 1680 et 1681, ces bronchites se reproduisent avec tant de violence, que d'Aquin se voit dans l'obligation de faire au roi d'humbles et sérieuses remontrances.

Mais le pauvre d'Aquin en fut pour ses frais d'éloquence. « Ses raisons ne purent persuader S. M., et de tout ce qu'il put lui proposer à l'intention de corriger l'intempérie des parties solides et des humeurs, surtout au printemps, le roi ne voulut que l'eau fraîche! »

En 1693, les années intermédiaires avaient été occupées par la goutte et par les fièvres intermittentes, les rhumes reparaissent sur la scène et se continuent avec des intervalles jusqu'en 1696; en 1705, Fagon signale de nouveau toutes sortes d'accidents catarrheux avec enffhtment de mucosités ou pituite colleuse, dans le nez et dans la gorge. Ces accidents reparaissent avec intensité en 1709 et se continuent jusqu'à la fin du Journal^.

Ainsi, quand l'histoire se platt encore à nous peindre Louis XIY tout resplendissant d'une jeunesse éternelle, il y a longtemps que le Journal nous le montre accablé sous le poids d'une vieillesse prématurée, où les infirmités, les indispositions et les maladies se succèdent à Tenvi,

Primo avulso, non déficit alter.

Les chagrins se mettent aussi de la partie ; on en sait assez les causes pour que je n'aie pas besoin de les rappeler ici ; Fagon note à chaque instant, comme pour expliquer certaines indispositions du roi, des sujets de tristesse continuels, des occasions de chagrins, des conseils extraordinaires chagrinants autant qu'appliquants, de justes inquiétudes; alors le dégoût qu'inspirent les monstrueuses indigestions du grand roi fait place à un sentiment de pitié profonde quand

1. En 1712, la princesse Palatine {Lettres, édit. Rolland, p. 323), noie, en février 1792, qiele roi a un si gros rhume, qu'on n'a pas ▼oolu le réveiller pour lui annoncer la mort du dauphin (l'ex-duc de Boorgogne).

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on songe aux implacables ennuis qui assiègent le château de Versailles pendant de si longues apnées. Louis XIY, le roi despote, nous apparaît toujours flanqué de deux tyrans, de ses passions d'abord qui ne le quittent jamais, puis successivement du Mazaria , 4e la reine fQëre, de la Montesp^n, a la femme la plu$ méchante et la plus fausse qui se puisse imaginer, » enjln de la vieille, c'est-à-dire de madame de Maiptanon. Avec cela on peut avoir de la gloire, mais japiai^ 4^ bonheur.

Les vers, la goutte et la gravelle sont trois affections qui se rattachent en partie au régime habituel du roi, ep partie à $on tempérament. Dès Tannée 1659 Ya|lot signale la présencp de vers, sans doute d'a^nde^ lombricol(des;nousen retrouvons en i696, 1(597, 1704, 1703, 1709 ; Fagon leur attribue en partie la production des étourdissements dont le roi était travaillé, tandis qu'en réalité ils tenaient à la cause même de ces étourdissements, c'est-à-dire, au mauvais réginje, et, par suite, au mauvais état des voies dig^stives, La pfeniiëre apparition de la goutte eut lieu avec une intensité peu commune, le 3 mars 1682; le roi avait alors quaraulfi*" quatre ans. Puis le 3 mai 1683, S. M, ressentit le» symptômes avant- coureurs de la gravelle. Des douldurs rhumatismales, compagnes naturelles de la gouttp et de la gravelle, se fixent tantôt sur un membre et tantôt sur un autre ; il en est queçtion d'une manière npéciale en 1683, 1684, 1685 et en 1709. Depuis 1682 il ne se passe presque pas une année où il ne soit fait mention, quelquefois à diverses reprises, d'une forte attaque de goutte ou de rhumatisme.

Le roi avait ea plusieurs accès de fièvres intermit*» tentes qui venaients'ajouteraccidentellement à sesautres maladies et les compliquer. En 1686, c'est l'année de la flstale, les accès devinrent si rapprochés que d'Âquin se décida enfin à user du vin de kina clarifié; puis la maladie se rallumant et poussant de a fortes grevées, » il prescrit le vin trouble (c'est*à-dire avec un mélange de poudre) ; ce moyen réussit, au moins momentanément. Ce fut un grand scandale; Galien n'avait pas connu ce spécifique; la Faculté Tavait proscrit! et mieux valait ^r^m6/^ toute sa vie la fièvre que de guérir en dépit de Galien et sans le privilège de la Faculté ; mais le roi n'était pas de cet avis. Nous devons à Louis XIV d'avoir hâté le triomphe de l'émétique', celui 4u quinquina, et aussi d'avoir ajo/^rour^l'usage de l'ipécacuanha, découvert au Brésil en \ 686, par un médecin français nommé Grenier. Peu de rois ont aulanj; fait pour la santé de leurs sujets. Cependantni d'Aquia ni plus tard Fagon n'eurent à tirer grande vanité de la façon dont ils administraient le quinquina; il n y a pas si petit médecin de campagne qui aujourd'hui ne se prendrait à rire en voyant avec quelle ignorance les deux premiers médecins donnaiept la poudre ou le vin à tort ou à travers, entremêlant les saignées et les purgatifs; aussi ces fièvres, entretenues d'ailleurs, à partir de 1688, par les immenses travaux de terrassement qu'on faisait à Versailles et à Marly dans des terres marécageuses, travaux que le roi inspectait, par les plus mauvais temps, pendant des journées entières, se

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