Voyez Appendice, n® VI
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mie pathologique et toutes les difficultés dont il a fallu triompher pour en faire une des parties les plus positives et les plus immédiatement utiles de la science médicale.
C'est un axiome vulgaire qu'on doit reconnaître la maladie, en trouver les causes, en déterminer la nature pour la traiter avec succès, ou du moins pour la traiter rationnellement; en quoi consiste cette connaissance et comment arrive-t-on à cette détermination? Les malades ne s'en inquiètent guère; il leur sufiSt qu'on les guérisse ; mais ce problème a toujours préoccupé les médecins, longtemps avant Hippocrate aussi bien que de nos jours. La maladie étant un travail intérieur, une série d'actes morbides liés à un trouble quelconque dans l'organisation, il est évident qu'on trouble des fonctions est toujours la conséquence d'une altération plus ou moins cachée des liquides ou des solides. La traduction en langage scientifique de celte corrélation , en d'autres termes la conversion des symptômes par lesquels se manifeste la maladie en signes diagnostiques^ a été le but constant de tous ceux qui ont exercé l'art de guérir. Ce but nous paraît fort aisé à atteindre, aujourd'hui que l'œîl et l'oreille du médecin pénètrent à travers nos organes, nos tissus et nos humeurs pour y surprendre le mal à tous ses degrés de formation , et le suivre dans tous ses progrès; mais quels longs siècles de labeurs persévérants n'a-t-il pas fallu pour arriver à ce résultat si simple en apparence! Au temps d'Hippocrate, il n'y avait presque aucune notion d'anatomie normale, et, s'il est possible, encore moins d'anatomie
SON HISTOIRE ET SES A l»PLIC AXIONS. HHi
pathologique. Toutefois ce grand médecin, grâce à la puissance de son génie et à une merveilleuse sagacité, a pu jusqu'à un certain point suppléer à cette double lacune par l'étude approfondie des symptômes les plus généraux des maladies; sa vaste expérience, appuyée sur les observations de ses devanciers, lui a permis de former certains groupes pathologiques qui, devant la science moderne, n'ont presque rien perdu de la vérité de leur ancienne physionomie. Dans ses itûmortels traités Des luxations, Des Fractures et Des Plaies de tête, avec quelle sûreté Hippocrate tire parti, soit pour le diagnostic, soit pour le traitement, dé toutes les lésions ou de tous les détails de structure qu'il peut voir ou toucher; même dans un écrit qui appartient à son école, dans le traité De la Maladie sacrée ou Épilepsie, on trouve, à propos du tournis chez les moutons, quelques vues précieuses sur l'anatômie pathologique ; mais ces vues ont été aussitôt oubliées, parce que le temps n'était venu ni de les étendre, ni de les appliquer.
Hippocrate était homme de trop de sens, trop bon observateur, trop excellent praticien, pour se perdre dans la recherche des causes premières et de la nature intime des maladies; son école oublia bien vite cette
!)rudente réserve, et quand rien ne pouvait soutenir es théories, elle dissertait sans fin et sans mesure sur (5es causes premières, sur cette nature intime dont les modernes, en possession des moyens les plus précis de vérification, ne savent rien ou presque rien! De telle sorte qu'une foi aveugle dans le raisonnement arrêta pendant de longs siècles la médecine dans son essor.
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Cependant Galien, non moins enclin à la ttiéorie que ses devanciers, comprend mieux que personne avant lui, et mieux que tous ses successeurs jusqu'au dix-septième siècle, la nécessité pour le diagnostic et la thérapeutique de rattacher directement les symptômes généraux ou locaux à la lésion des organes. Sachant de lanatomie normale tout ce que pouvait lui apprendre la dissection des animaux, et créant pour ainsi dire a priori une anatomie et une physiologie pathologiques sur un ensemble de notions abstraites et de connaissances positives acquises au lit des malades, il pose les premières assises du diagnostic local ; niais ce diagnostic n*est encore que celui du siège, et non pas celui de la nature réelle de la maladie. Galien pas plus qu'Hippocrate n*a porté son scalpel sur le cadavre; jamais il n'a pu ou jamais il n a osé satisfaire, en ce point, son ardente curiosité. Combien plus grande encore n'eût pas été son impatience, en présence des obstacles ou des préjugés qui jetaient un voile entre lui et la nature, s'il n'avait eu dans les hypothèses , dans le raisonnement a priori^ la foi la plus robuste qui se soit jamais rencontrée.
Je trouve là une nouvelle et décisive démonstration de la loi presque fatale qui préside à la lente évolution de chaque science ou de chaque partie d'une science. Ainsi, pour ne prendre, comme en raccourci, que les grandes lignes de l'histoire médicale, Hippocrate, qui n'a jamais disséqué, s'attache à l'étude de ce que les maladies ont de plus général et de plus extérieur; il professe même que cela sufSt à la médecine ; et sur ces seules apparences, les médecins moins réservés
bâtissent toutes les théories imaginables. Galien, anatomiste habile, hérite de cette tendance aux hypothèses, mais il est tout naturellement conduit à localiser les affections ; seulement les données lui manquent pour rattacher les symptômes aux. lésions. Pour qu'on pût, en quelque sorte, mettre le doigt sur le mal, il ' fallut attendre près de quinze siècles qu'un pape levât rinterdit qui pesait sur les recherches anatomiques; il a fallu, de plus, passer par les autopsies timides, intelligentes et souvent fantastiques des premiers anatomistes de la Renaissance, Montagnana , Benivieni, Benedetti, et par bien d'autres essais isolés de Yésale, de Plater, de Schenck, de Bonnet, etc., pour arriver à Morgagni, le véritable créateur de Tanatomie pathologique, médecin des plus illustres , qui joignait une science profonde à une vaste érudition, et dont la place est marquée parmi les réformateurs de la science. «Pour la première fois, dit M. Lebert, on voit un homme grave et sévère s'écarter des anatomo-pathologiques de son temps, toujours à la recherche du merveilleux, pour s'occuper des questions même les plus élémentaires. Ses descriptions sont faites avec une exactitude inconnue jusqu'à lui. Toutes les fois que les documents quMl possède le lui permettent, il confronte les symptômes observés pendant la vie avec les résultats de l'autopsie, et sa tendance à pénétrer le mode de formation et la nature des maladies se fait jour à chaque page de ses Lettres sur le siège et les causes des maladies démontrées par Vanatomie. »
Cependant, ni l'anatomie pathologique elle-même , ni robservation clinique, ni le diagnostic cxpérimen*